25.10.2009
Energie : le déni libéral de The Economist
Alors que la Commission Européenne continue de préconiser une libéralisation des marchés de l’énergie en Europe, il n’est pas peu piquant de voir The Economist, la bible néolibérale, questionner durement l’efficacité du marché et de la concurrence dans ce même domaine de l’énergie…
La faillite du marché et de la concurrence
L’analyse de l’hebdomadaire anglais néolibéral repose sur l’étude du marché britannique de l’énergie. En effet, ce marché a été libéralisé au milieu des années 90, par le dernier gouvernement conservateur. Les investissements dans les centrales produisant de l’énergie sont réalisés par des acteurs privés et une demi-douzaine d’entreprises se partagent le marché de la distribution de l’énergie aux ménages. Il n’y a pas de contrôle des prix et l’intervention de l’Etat se limite à quelques centrales nucléaires.
Mais dans un papier intitulé « La remise en cause de la main invisible », The Economist critique radicalement la libéralisation. L’hebdomadaire liste trois arguments qui la remettent en cause. Le premier est le changement climatique : le journal souligne que malgré de lourdes subventions, la Grande Bretagne génère beaucoup moins d’énergies propres que ses voisins européens. L’explication vient de la variabilité des prix de marché qui rend aléatoire la rentabilité de projets à long terme.
Le deuxième argument avancé est le renouvellement du parc énergétique. Un tiers du parc britannique doit être renouvelé en dix ans. Mais les acteurs privés ne font pas les investissements nécessaires pour l’instant. S’ils le font cela augmentera le coût de l’énergie de 60% ! Enfin, les seuls investissements faits le sont dans les centrales à gaz, qui compte déjà pour 40% de l’énergie utilisée en Grande-Bretagne, augmentant dangereusement la dépendance du pays…
Contre la libéralisation du marché de l’énergie
La synthèse de l’hebdomadaire est sévère. Il explique même que les bas prix dont ont profité les consommateurs britanniques s’expliquaient essentiellement par le manque d’investissements des acteurs privés et que les lendemains seront difficiles, entre hausse des prix et risque de coupures électriques. Le seul argument que trouve The Economist pour des marchés dérégulés est le fait que les hommes politiques peuvent rejeter la responsabilité des problèmes sur les entreprises privées !
En fait, ce qui apparaît avec le cas britannique, c’est que certains marchés, et notamment le marché de l’énergie, ne sont pas adaptés à la libéralisation. La compétition entre un trop grand nombre d’acteurs peut avoir le bénéfice de faire baisser les prix à court terme, mais cela se paie par un sous-investissement chronique dangereux pour l’avenir. En fait, seule la puissance publique peut prévoir des investissements suffisants sur plusieurs décennies car elle n’a pas la pression des résultats trimestriels.
Globalement, ce sont les marchés dits de « monopole naturel », où le niveau d’investissement est très important, qui doivent rester dans le domaine public. Parce qu’il serait aberrant de construire deux réseaux d’autoroute, deux réseaux électriques ou deux réseaux postaux, et parce qu’un monopole privé tend à se transformer en rente, ces marchés sont des services publics. Par dogmatisme, la Grande-Bretagne a voulu tout privatiser. On en voit le résultat sur le transport ferroviaire ou sur l’énergie.
Le cas britannique devrait faire réfléchir les ayatollahs du tout-marché. Même une revue comme The Economist reconnaît les limites de la libéralisation. Mais même une telle remise en cause ne sera sans doute pas suffisante pour que la Commission renonce à son dogmatisme néolibéral…
Source : The Economist 17 octobre
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : services publics, libéralisation, grande bretagne, commission européenne, the economist




Commentaires
Au moment où nous sommes, il y a une chose à faire ; une seule. Laquelle ?
Relever la France.
Relever la France. Pour qui ? Pour la France ? Non. Pour le monde. On ne rallume pas le flambeau pour le flambeau.
On le rallume pour ceux qui sont dans la nuit ; pour ceux qui étendent les mains dans la cave et tâtent le mur funeste de l’obstacle ; pour ceux à qui manquent le guide, le rayon, la chaleur, le courage, la certitude du chemin, la vision du but ; pour ceux qui ont de l’ombre dans leur horizonceux qui ont besoin que l’on rallume le flambeau sont nombreux parmi les victimes de la crise éco-financière que nous vivons, jetées à la rue au plus fort des délocalisations, étranglées de charges comme les producteurs de lait qui, pratiquement, payent pour travailler, pour ses enseignants à qui l’on ne reconnaît plus d’autorité et la liste est longue des souffrances silencieuses vécues au jour le jour.
On rallume le flambeau pour celui ou celle qui l’a éteint, et qui, en l’éteignant, s’est aveuglé ; et c’est pour l’Europe qu’il faut relever la France. Une France libre au milieu d’une Europe esclave d’elle-même et qui par son obstination étouffe chaque nation plus qu’elle ne la délivre et , petit à petit, nous impose par la force, comme vient de le vivre l'Irlande, l'honteux traité dit de 'Lisbonne"que notre Peuple de France avait pourtant refusé. Notre constitution est écrite par le Peuple, pour le Peuple.
Reprenons notre Droit.
La lumière délivre.
Mais pour rallumer le flambeau, pour relever la France, comment s’y prendre ? Qu’y a-t-il à faire ?
Cela est difficile, mais simple.
Il faut faire jaillir l’étincelle.
D’où ?
De l’âme du peuple. Cette âme n’est jamais morte. Elle subit des occultations comme tout astre puis, tout à coup, lance un jet de clarté et reparaît. Et aujourd’hui, ce jet de clarté est représenté par Nicolas Dupont-Aignan, qui dans son action ne trahi pas la voix du peuple, et la représente au mieux devant les partisans du nihilisme républicain, ces jean-foutre de la politique vendus à la finance et au pouvoir supranational.
La France avait deux grandeurs, sa grandeur matérielle et sa grandeur morale.
Sa puissance matérielle seule est atteinte, et bien atteinte, sa puissance intellectuelle est entière, pour peut qu’on veuille bien l’entendre.
On amoindrit un territoire, non un rayonnement : jamais un rayon ne rebrousse chemin, et le chemin de la France est celui d’exalter la Liberté.
On peut toujours essayer de faire taire les voix de la Liberté, et les médias s’en donnent à cœur joie, mais à force de tenter d’éteindre le cri de la république, ils finissent par lui donner plus d’écho.
Les jalons sont posés, ancrés et les souffrances endurés par le peuple ont une mémoire que les oligarques établis paieront un jour ou l’autre très cher.
La France est Une et Indivisible ; elle peut participer mais jamais se soumettre.
.
www.petitionduweb.com/APPEL_POUR_RENDRE_LE_POUVOIR_AU_PEUPLE-5185.html
Ecrit par : enoch | 26.10.2009
Tout cela n'est pas étonnant: c'était même la base de mes cours d'économie sur la plus grande éfficacité des monopoles publics pour tout ce qui touche aux services publics (eau, electricité, gaz etc...).
Tout ceci a déjà été théorisé il y a plus de 20 ans mais personne ne semble le savoir!
Ecrit par : torpe | 26.10.2009
Mais qu'attends on pour leur bottés les fesses à ces néolibéraux ? Allons nous laissez marcher dessus indéfiniment ?
Ecrit par : michel | 26.10.2009
Écrire un commentaire