27.10.2009

Frédéric Lordon, promoteur d’un nouveau monde économique

Comme dans son précédent livre, Frédéric Lordon ne se contente pas d’une analyse des raisons de la crise. Il fait de nombreuses propositions, volontiers radicales, pour changer notre système économique.

Pour un système socialisé du crédit

Depuis un an, Frédéric Lordon a apporté une contribution majeure à la réflexion sur la construction d’un système économique alternatif. Au regard des propositions faites dans son précédent opus, il prend un virage radicalement plus interventionniste qui a le grand mérite de pousser la réflexion sur la construction des structures même du capitalisme, de manière à éviter toutes les dérives qui ont pu être observées depuis plusieurs décennies. Une réflexion essentielle.

Sa première proposition est la mise en place d’un « système socialisé du crédit ». Cette réflexion est naturellement la conséquence du sauvetage des banques par les Etats. Mais elle se justifie également par le fait que « les dépôts, les épargnes et des possibilités minimales de crédit doivent être considérés comme des biens publics vitaux pour la société marchande ». Et pour lui, les évènements extrêmes de l’automne imposent des solutions radicales, même s’il reconnaît les limites du modèle public.

C’est pourquoi il est contre un « pôle étatique unifié », y voyant le spectre du Crédit Lyonnais. Il propose donc une concession de service public à plusieurs établissements qui ne seraient pas des sociétés privées par action, mais des organisations à profitabilité nulle ou limitée, qui rappellent les social business de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix pour le micro-crédit.

« Défaire le capitalisme anti-salarial »

La deuxième proposition phare du livre est le SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin). Pour lui, même un encadrement radical du système financier ne suffira pas à faire sortir nos économies de ce « capitalisme de basse pression salariale ». La pression de la finance actionnariale est si forte qu’elle aboutit à une baisse de la part des salaires dans le PIB et une hausse de celle des profits des entreprises. Pire, les grandes entreprises restituent aujourd’hui davantage au marché qu’elles ne lui demandent.

Bref, les actionnaires ont pris le pouvoir et extraient toujours plus au détriment de salariés, conduits à s’endetter pour maintenir leur pouvoir d’achat. Il propose donc de mettre en place une rémunération maximale autorisée (SLAM), écrêtée par prélèvement fiscal intégral ! C’est pour lui le seul moyen de mettre fin à la hausse sans fin des exigences actionnariales dont on ne peut pas attendre la moindre modération. En outre, cela limiterait la pression sur les fournisseurs des grands groupes.

Frédéric Lordon se place clairement dans le camp des partisans du protectionnisme en soulignant les grandes incohérences des défenseurs du libre-échange. Il souligne que leur promotion de la concurrence non distordue se fait au milieu des pires distorsions (salariales, sociales, environnementales, monétaires) et rappelle que les modèles de développement asiatiques comportent une forte part protectionniste. Pour lui, la solution passe par une « inter-régionalisation » avec une nouvelle Europe.

Une véritable alternative de gauche

En conclusion, il va encore plus loin en proposant une refondation complète des entreprises, ce qu’il appelle « la récommune » (res communa, en référence à la res publica) en dénonçant « l’aliénation marchande ». Il propose donc « une démocratie radicale partout », qui revient à la mise en place de « l’autogestion », parce que « la vie salariale est dans son essence indigne, indigne d’un idéal d’égalité de dignité dès lors qu’elle est instituée sur le double manquement de l’asymétrie et de la dépossession ».

La forte radicalisation des propositions de Frédéric Lordon est la conséquence directe de la violence de la crise que nous traversons. La socialisation (au moins partielle) du crédit trouve aujourd’hui des arguments très forts. Sa proposition de SLAM est également particulièrement intéressante quand on constate la course sans fin aux profits des grandes entreprises. De même, comment ne pas être d’accord avec ses propositions en faveur de la mise en place d’un protectionnisme interrégional ?

J’avoue, en revanche, être plus circonspect sur la « récommune ». Par-delà les considérations pratiques, qui rendent un tel projet hautement aléatoire, je crois que les autres propositions (protectionnisme, SLAM, socialisation partielle du crédit) pourraient déjà radicalement changer les rapports au sein des entreprises. En outre, la mise en place d’une véritable participation des salariés à la marche des entreprises me semble déjà représenter une grande avancée.

L’immense mérite de Frédéric Lordon est de proposer des solutions structurelles fortes qui pourraient contribuer à radicalement transformer notre système économique. En cela, ce livre est essentiel.

Source : « La crise de trop », Frédéric Lordon, Fayard

Commentaires

Face à la faillite du communisme il y a de cela 20 ans et la faillite du capitalisme néolibéral l'année passé; une alternative sérieuse est nécessaire. Ces propositions sont incarnés par Debout la République, et je suis fier de les défendre. Je tenais particulièrement à vous alerter sur certains points notamment celui-ci dessous, et j'aimerais connaître votre avis en espérant un futur article pourquoi pas sur les opinions de DLR à l'égard de la création monétaire, de la dette/intérêts:

Il y a peu de temps encore (avant le 3 janvier 1973), la Banque de France avait le droit d'émettre en faveur des Collectivités - et en particulier de l'État - la monnaie nécessaire à financer leurs développements. Ainsi, pas d'intérêts ruineux puisque ces intérêts n'étaient dus qu'à la Banque de France et donc revenaient à l'ensemble de la collectivité au travers de sa banque nationale.

Or, qui crée aujourd'hui cette monnaie dont nous avons collectivement tant besoin ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont les banques privées par le moyen du crédit.

Force est de constater que malheureusement, aujourd'hui, sans débat public préalable, les Nations sont rabaissées au même rang que chacun de leurs citoyens. Elles sont obligées d'emprunter l'argent tiré initialement du néant auprès du privé et de payer de substantiels intérêts, ce qu'elles n'auraient pas à faire si elles exerçaient leur droit légitime d'émettre leur propre monnaie.

Nous payons, bon an mal an, 40 milliards d'euros par an pour les seuls intérêts, ce qu'on appelle élégamment "le service de la dette". C'est l'équivalent de 240 airbus A350, ou de 3 porte-avions "Charles de Gaulle. C'est prélever sur notre travail et notre production plus de 100 millions d'euros par jour, oui, par jour, et le transférer à ceux qui sont déjà les plus riches, eux qui, d'ailleurs, peuvent ainsi nous les reprêter, à nouveau contre intérêt... Et tandis que la richesse publique sert à gonfler chaque année un peu plus les poches des financiers et autres traders, nous laissons se détériorer les services publics, nous supprimons des acquis sociaux et nous ne trouvons pas l'argent nécessaire aux investissements structurels qu'exigent la gravité et l'urgence des problèmes actuels !

Imaginez-vous la force que nous aurions à notre disposition si les États pouvaient de nouveau mobiliser toutes les ressources de leurs Peuples pour affronter ensemble les terribles problèmes que connaît notre planète, au lieu de s'éreinter à chercher une vaine croissance qui ne profite de toute façon qu'à la minorité la plus nantie ?

Écrit par : juaio | 27.10.2009

@ Laurent
Très bonne analyse.
Sur la « récommune » je pense qu’il faut prendre un peu de recul pour appréhender le concept. Comme tu l’écris, c’est en fait la forme moderne de l’autogestion qui selon Lordon n’a encore jamais été expérimentée, pas même dans l’ex URSS. Quelle est la situation aujourd’hui dans le monde du travail et notamment celui des multinationales que je connais ? Je reprends ici une partie de ce que j’avais écrit chez moi :

« A travers la remise en cause de la vie salariale qui est "dans son essence indigne" et en s’appuyant – paradoxalement – sur les valeurs de l’individualisme libéral qui exige l’égalité en droit et en dignité de tous les hommes, il propose ni plus ni moins que de faire rentrer la démocratie radicale partout et notamment dans le monde du travail, en créant les « récommunes » – "res communa" sur le principe de la "res publica", forme moderne et actualisée de l’autogestion – pour supplanter l’entreprise capitaliste, "lieu du despotisme patronal". "Dépasser le capitalisme, c’est donc faire entrer en grand dans la sphère des rapports économiques, (…) l’exigence démocratique radicale". La proposition de Lordon s’appuie sur le constat impitoyablement réaliste et lucide des rapports de force dans le monde du travail, de sa violence. Il démystifie le discours convenu et les pratiques associées tendant à faire croire que le salarié est un « collaborateur » maitre de son destin et non le serf des temps modernes. Il n’idéalise pas la solution proposée et reste tout à fait conscient des difficultés à surmonter et de ses défauts inhérents : "il n’existe aucune formule, pas plus récommunale qu’autre chose, de la parfaite harmonie sociale" »

Je pense que l’idée de la récommune se place à un autre niveau. Elle est à voir, non pas comme une solution immédiate pratique comme le SLAM par exemple, mais comme la première étape d’une nouvelle donne possible (comme annoncé par Lordon en introduction) envisageant, sinon une sortie totale du capitalisme, tout au moins "d’en changer la face à un degré tel qu’on hésiterait à le nommer encore « capitalisme »". Cela peut être le début d’un système, d’une idéologie qui ne soit ni le socialisme ni le capitalisme comme le mentionnait déjà le Général De Gaulle il y a 50 ans.

Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire par « la mise en place d’une véritable participation des salariés à la marche des entreprises me semble déjà représenter une grande avancée ».
La participation des salariés aujourd’hui dans les multinationales se limite à gérer le CE c'est-à-dire les voyages et les cadeaux de Noël !


Bien que NDA se revendique de droite, est-ce que DLR compte reprendre à son compte officiellement certaines des propositions de Lordon ?

Écrit par : RST | 27.10.2009

Comme d'habitude dans ce genre d'essais, dans l'ouvrage de Frédéric Lordon, —mettons les idées qu'il défend de côté un instant, on est dans le discours. "La crise de trop" n'offre —concrètement- aucune perspective citoyenne, ni même une offre politique, il invite tout au plus à la réflexion du lecteur...
La belle affaire, si en 2012 on a à choisir entre le programme de l'UMP ou celui du PS...

Voilà pour la forme, quant au fond, malgré quelques néologismes pour faire impression, rien de révolutionnaire, rien qui n'est jamais été déjà écrit ou dit. Pire, on ne compte plus les titres références sur le même thème, bien meilleurs à tout point de vue, qui méritent d'être lus ou relus.

"La crise de trop", c'est un peu le bouquin de trop pour ne rien dire. On n'est dans le narcissisme intellectuel, plus que dans l'utilitaire (le propre de toute démarche citoyenne).

Écrit par : sammy | 27.10.2009

@ sammy
Je n'arriverai jamais à comprendre ce genre de commentaire.
Vous n'avez pas aimé ? C'est votre droit le plus strict, mais vous pourriez au moins argumenter pour faire avancer le débat plutôt que de troller vos impressions.
Sur l'offre politique vous ne risquez pas d'en trouver, Lordon refuse explicitement de s'aventurer sur ce terrain là. Ce n'est pas une découverte.

Écrit par : RST | 28.10.2009

@ Joaio

Je suis d'accord sur la question de la création monétaire clairement.

@ RST

Merci. J'ai plutôt compris que la ré-commune est la dernière étape de la transformation (après le SLAM et le système socialisé du crédit). Je crois qu'il viendrait plutôt après tout le reste.

Mais à titre personnel, je ne suis pas très favorable à une ré-commune qui deviendrait la seule norme pour l'organisation des entreprises. Je crois plutôt à un développement du capitalisme social, pour reprendre l'expression de Yunus, à savoir des entreprises dont l'objectif n'est pas le profit et où ceux qui le souhaitent pourraient travailler.

L'idée de ré-commune me semble trop révolutionnaire pour les entreprises privées. Je crois qu'une mesure comme le SLAM et une meilleure participation permettraient de nettement améliorer certains travers. Par participation, je parle de la participation gaulliste, pas seulement une meilleure association au partage des profits mais également à la gestion de l'entreprise, comme le disait le Général. Je ne sais pas si cela doit s'inspirer de ce qui se passe en Allemagne. Je n'ai pas encore assez creusé le sujet.

Je vois donc plutôt une cohabitation entre des entreprises sociales et des entreprises privées dont l'activité serait mieux régulé pour assurer une meillleure association de l'ensemble des salariés.

@ Sammy

Je ne comprends pas votre commentaire. Lordon devrait-il arrêter de réfléchir parce qu'il n'est pas au PS ou à l'UMP ? L'engagement politique n'est pas une obligation pour un penseur comme lui. C'est lui qui peut choisir s'il s'engage (comme un Généreux, au PS puis au PG) ou pas. C'est sa liberté. Par des livres comme les siens ou ses articles, il influence le débat.

Sur les mesures, je ne suis pas d'accord. Pour avoir lu pas mal de livres de penseurs alternatifs (vous pouvez voir dans la section livres les résumés), il fait des propositions vraiment originales (système socialisé du crédit, SLAM, ré-commune). Je ne comprends pas comment vous pouvez trouver ces propositions déjà vus, à moins que vous nous fournissiez des liens...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 28.10.2009

@ RST

Soit... Je suis un méchant polémiste (c votre avis). Néanmoins je persiste, j'aurais posté la même chose aujourd'hui.

Je vous encourage quand même à relire ma contribution, vous êtes visiblement passé à côté de l'essentiel.

Cordialement

Écrit par : sammy | 28.10.2009

Depuis plusieurs années, les libéraux tirent la sonnette d’alarme à propos du montant de la dette publique cette dramatisation repose sur un diagnostic erroné qui a pour fonction de légitimer la réduction des dépenses de l’État et les effectifs de fonctionnaires. On nous répète tous les jours un discours simpliste qui s’appuie sur le sens commun : on ne peut durablement dépenser plus qu’on ne gagne, et par conséquent il faut dépenser moins et ajuster les dépenses aux recettes. Sinon, on accumule une dette qui viendra peser sur les générations futures. Cet argumentaire semble si bien ficelé qu’il ne reste plus au fond qu’à décider dans quel budget il faut couper ! Pourtant, ce raisonnement apparemment irréfutable est un tissu d’absurdités et de contresens. Pour commencer, l’État dispose de la possibilité - à vrai dire assez peu répandue chez les particuliers de fixer lui-même ses recettes ; et ses dépenses peuvent elles mêmes engendrer des recettes. La dette de l’État n’est en aucun cas assimilable à celle d’un ménage : l’horizon de l’État est bien plus long, et on peut dans l’abstrait définir les conditions d’un recours stable à l’emprunt, comme alternative à l’impôt. Quant aux intérêts de la dette, ils ne seront pas payés demain par nos enfants, mais le sont par les contribuables contemporains. Enfin, la montée de la dette de l’État est principalement liée à une baisse de ses recettes, et cette configuration permet de comprendre pourquoi un tel déficit public n’a pas les vertus keynésiennes attendues. Les ménages sont inégalement concernés par les arbitrages publics entre impôts et endettement public. Les baisses d’impôts ont en effet favorisé systématiquement les détenteurs de revenus du capital et les plus hauts revenus. De ce point de vue, les contre-réformes fiscales successives ont représenté un transfert de revenu vers ces catégories sociales. Mais ce sont elles aussi qui disposent des capacités d’épargne nécessaires pour souscrire aux emprunts d’État. Ils gagnent donc sur les deux tableaux : moins d’impôt et accès à un placement rentable et sûr. Voilà pourquoi les baisses d’impôt ne relancent pas la consommation. Le supplément de revenu disponible que ces baisses procurent aux plus hauts revenus est pour l’essentiel épargné. La croissance de la dette publique tend donc à auto-entretenir un cercle vicieux de faible activité qui contribue à son tour au creusement des déficits. Une baisse d’impôts accordée aux "rentiers" sera en grande partie épargnée sous forme d’obligations du Trésor, de telle sorte que la consommation n’en sera pas augmentée. Pour résumer : la montée de la dette de l’État n'est pas le résultat d'une croissance immodérée des dépenses (à l'exception des intérêts sur cette dette). Elle découle du choix consistant à faire payer de moins en moins d’impôts à une couche sociale auprès de laquelle il faut ensuite s’endetter à des taux d’intérêt prohibitifs (et non révisables). Si cette analyse est correcte, elle permet d'abord de mieux comprendre la nature sociale du déficit, qui est l’instrument d’un transfert de ressources de la masse des contribuables vers ceux qui bénéficient le plus de baisses d’impôts trop rapides. Cette présentation permet de mieux décrypter les discours alarmants dénonçant le report de la charge de la dette sur les générations futures, afin de justifier la discipline budgétaire. En réalité, le transfert ne se fait pas entre générations, mais entre couches sociales : ce sont les contribuables d’aujourd’hui (et pas les générations futures) qui paient les rentes d’Etat versées aujourd’hui à ceux qui en bénéficient. Comme on l’a montré, ce mécanisme fait rapidement boule de neige : les charges d’intérêt de la dette publique exercent une pression constante sur le déficit : il faut emprunter à nouveau pour payer les intérêts de la dette publique, de telle sorte que celle-ci ne cesse d’augmenter. Le choix public d’endetter l’État auprès des rentiers au lieu d’augmenter l’impôt ces rentiers explique en partie l’augmentation de la dette publique.

Écrit par : frontdegauche | 28.10.2009

@ Frontdegauche

IoI C'est quoi ce pavé qui n'a pas de rapport avec l'article de référence ? tu viens d'apprendre quelque chose ?

À côté de ça, prendre l'UMP pour un parti libéral (Sarkozy en tête de gondole), c'est n'avoir aucune idée de ce qu'est le libéralisme (notion politique et économique). Je serais déjà membre de l'UMP si c'était le cas.

Par ailleurs, il faut rappeler que le père de la CSG c'est Rocard (le RDS mis en place par Juppé viendra après). C'est à tes camarades du PS que tu dois cette trouvaille fantastique, Jean Luc Mélenchon et le PC inclus (on ne les a jamais entendu remettre en cause la CSG, ni le RDS)...

Sinon, sur le fond, l'analyse du mécanisme de transferts des charges des plus riches vers le plus grand nombre est bonne. Et tout comme toi, je suis CONTRE la CSG et le RDS, et contre le principe. Tu devrais essayer de convaincre des camarades du Front de Gauche de la partager (officiellement). Néanmoins, on reste dans l'analyse. On attend toujours le projet fondateur du Parti de Gauche... Et on est aussi impatient de savoir ce que le PC propose comme nouveau projet économique, qui serait différent du projet qu'il a défendu en 2007 (2% des voix au premier tour)...

Mon sentiment est que le Front de Gauche est une coquille vide...

Écrit par : sammy | 29.10.2009

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