28.10.2009

Le grand pas de Dominique de Villepin vers 2012

Hier soir, l’ancien Premier Ministre rassemblait ses sympathisants à la Maison de l’Amérique Latine à Paris. Devant près d’un millier de personnes, il a implicitement endossé les habits de candidat pour la prochaine élection présidentielle.

Du premier opposant au candidat

Il y a quelques jours, le baromètre du Figaro consacrait de nouveau Dominique de Villepin comme le premier opposant à Nicolas Sarkozy, devant les socialistes, François Bayrou ou les écologistes. Il y avait déjà eu un précédent en septembre 2007 quand il avait, le premier, émis un certain nombre de critiques sur le président récemment élu, que ce soit sur « l’esprit de cour », le « paquet fiscal », ou son style. Le procès Clearstream l’a de nouveau consacré rival principal de Nicolas Sarkozy.

Mais hier soir, ce n’était pas le premier opposant qui s’est exprimé, malgré quelques petites flèches, finalement limitées et pas trop méchantes. Dominique de Villepin s’est surtout exprimé comme un candidat à la présidence de la République, plutôt rassembleur, à la manière du Jacques Chirac de 1995. Il a commencé par dresser les enjeux du monde, de l’Europe et de notre pays (chômage et dette) avant d’esquisser sa vision d’une France républicaine, solidaire et indépendante.

Une candidature implicite

Même si nous sommes encore très loin de la campagne présidentielle de 2012, il était difficile de ne pas sentir un fort parfum de campagne dans ce rassemblement. Quand Dominique de Villepin évoque le suffrage universel dans le journal télévisé de France 3 juste après, on a du mal à croire qu’il évoque les élections régionales ou les élections cantonales… La seule échéance électorale qui donnerait du sens à la création du Club Villepin et à ce rassemblement est bien l’élection présidentielle.

Il faut dire que le timing est absolument parfait. Le procès de l’affaire Clearstream a coïncidé avec de nombreuses affaires qui relativisaient la fable de la victimisation du clan Sarkozy. En outre, la plupart des commentateurs judiciaires semblent parier pour un acquittement de Dominique de Villepin en janvier. Dès lors, le fait de tourner une nouvelle page politique juste après la fin du procès permet à l’ancien Premier Ministre de faire un nouveau départ et de retrouver la rubrique politique.

Nicolas Sarkozy a voulu l’éliminer avec l’affaire Clearstream. Il n’a fait que décupler la volonté de celui qui pourrait bien être son rival le plus sérieux pour sa réélection en 2012. Il suffit de l’écouter quelques minutes pour se rendre compte qu’il sera un adversaire bien plus solide que ceux de 2007.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/27/villepin-se-pose-en-alternative-republicaine-a-sarkozy_1259554_823448.html

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/28/01002-20091028ARTFIG00226-villepin-la-republique-est-menacee-.php

Commentaires

Sur le site internet du Figaro, mercredi 28 octobre, Charles Pasqua jette quelques bombes. En tout, Charles Pasqua balance huit hommes politiques :

- Pour la période 1993-1995 : François Mitterrand, Edouard Balladur (Balladur est littéralement flingué par Pasqua dans cet interview), Edmond Alphandéry, François Léotard.

- Pour la période 1995-1998 : Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean Arthuis, Charles Millon.

Dans cet interview extraordinaire, Charles Pasqua ne prend plus de gants, il flingue, il balance, il dénonce, il donne les noms, il ne correctionne plus, il dynamite, il disperse, il ventile.

LE FIGARO. - Vous n'étiez pas mardi à l'audience pour la lecture du verdict sur l'Angolagate. Aviez-vous peur d'un mandat de dépôt à l'audience ?

Charles PASQUA. - Pas du tout. Je n'ai pas eu peur de la prison. Je vous rappelle que je suis parlementaire et que l'immunité ça existe. Personne ne savait d'ailleurs ce que le tribunal allait dire. Mes avocats, qui m'avaient conseillé de m'y rendre, étaient plutôt optimistes : ils pensaient même à une relaxe ! Lorsqu'on est venu m'annoncer la décision, dans l'après-midi, je me suis dit qu'il s'agissait d'un jugement aberrant.

LE FIGARO. - Le porte-parole du gouvernement laisse entendre que votre demande de levée du secret-défense pourrait être examinée. Qu'en attendez-vous ?

Charles PASQUA. - Je vois que cela progresse… Tant mieux ! Dans l'affaire de l'Angolagate, de nombreux documents ont été classifiés secret-défense, et le tribunal n'a pas pu y avoir accès. Or, avec ces documents, on aura la preuve que tout le monde était au courant des ventes d'armes à l'Angola.

LE FIGARO. - Tout le monde ? Qui visez-vous ?

Charles PASQUA. - Le président de la République, le premier ministre, le ministre des Finances et le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant.

LE FIGARO. - De quelle période parlez-vous ?

Charles PASQUA. - Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé.

LE FIGARO. - Édouard Balladur a pourtant affirmé hier « ne pas avoir eu d'information » au sujet de ce trafic d'armes…

Charles PASQUA. - Balladur peut dire ce qu'il veut. Malheureusement pour lui, un document a été présenté au tribunal montrant que son directeur de cabinet lui avait fait remonter une note. M. Balladur n'a plus de mémoire, cela peut arriver.

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/29/01002-20091029ARTFIG00007-charles-pasqua-que-chirac-prenne-ses-responsabilites-.php

Écrit par : BA | 28.10.2009

Et Dominique de Villepin,ancien SG de l'élysée , puis plus tard premier ministre de J.Chirac, lui aussi visé par Ch.Pasqua ,( voir différents quotidiens du 29 10), pouvait-il ignorer? Que pense-t-il de la levée du Secret défense ?

Écrit par : anatole | 31.10.2009

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