29.10.2009

« Agriculture : Nicolas Sarkozy écope un bateau qui coule »

Avant-hier, le président de la République a annoncé un plan de soutien de plus d’un milliard d’euros à direction des agriculteurs, victimes d’une baisse des prix qui a provoqué une réduction de leurs revenus de 20% cette année. Une réponse conjoncturelle à un problème structurel.

L’abandon de la PAC

Le titre est une reprise du communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan, qui résume parfaitement la situation de l’agriculture Française et européenne, avec le démantèlement de la PAC. Car la réponse du gouvernement aux problèmes du monde agricole, aussi bienvenue soit-elle, pose deux problèmes majeurs : elle vient bien tardivement pour une profession qui souffre depuis près de deux ans et elle n’est qu’une réponse momentanée à des problèmes durables.

Les agriculteurs le disent eux-mêmes : ils souhaitent seulement pouvoir gagner leur vie décemment avec leur travail et ne sont pas particulièrement heureux d’avoir à demander le soutien financier de l’Etat pour vivre. C’est malheureusement la conséquence logique du démantèlement progressif de la PAC, que nos gouvernements, de droite comme de gauche, ont accepté. Il y a quelques années, il y avait un prix minimum garanti, mais la volonté dérégulatrice de la Commission a emporté ce pilier de la PAC.

Une agriculture abandonnée à l’anarchie marchande

On pourrait dire que les agriculteurs vivent dans un marché, comme toutes les autres entreprises. Mais cela n’est pas le cas. En effet, les prix des autres marchés présentent une certaine inertie protectrice alors que le prix des produits agricoles, dont dépendent les revenus des agriculteurs, sont fixés par le marché, avec tous les aléas que cela représente. Comment aujourd’hui ne pas reconnaître que les prix du marché sont forcément très volatiles et représentent un facteur d’instabilité colossal ?

La logique marchande qu’affrontent les agriculteurs est beaucoup plus violente que celle qu’affrontent l’immense majorité des entreprises privées. Pourtant, leur métier est essentiel à la collectivité. Ce sont eux qui nous permettent de nous nourrir et qui entretiennent une bonne partie du territoire. Qui plus est, leur métier est difficile et extrêmement prenant. C’est pourquoi il est scandaleux de les abandonner aux variations de cours anarchiques des marchés.

Ce que serait une véritable solution

La solution du gouvernement revient à donner un ballon d’oxygène à une personne qui se noie sans chercher à la sortir de l’eau. Cette aide, temporaire, et conditionnée à l’accord de la Commission de Bruxelles, ne règle pas le problème. Que se passera-t-il demain si les prix baissent encore. Faudra-t-il un nouveau plan de soutien ? En outre, une partie de ce plan d’aide consiste en des prêts qu’il faudra bien rembourser un jour et dont on se demande comment cela sera possible.

La seule solution durable consisterait à revenir à un système de prix minimum garanti et de quotas en cas de tensions sur les prix. Malheureusement, ce mode de fonctionnement heurte une Commission dogmatiquement figée sur la « concurrence libre et non faussée ». En outre, si nous persistons dans l’anarchie néolibérale, nous finirons par aboutir à une concentration dangereuse de la production pour la sécurité alimentaire de la planète.

Bien sûr, le gouvernement a bien fait de faire un geste pour les agriculteurs. Malheureusement, ce geste est à la fois trop tardif et limité. Il ne traite pas les causes du problème mais simplement ses symptômes. Cette solution ne sera donc pas durable.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/16/paroles-d-agriculteurs-ca-ne-peut-plus-durer-on-est-au-bord-de-la-falaise_1254955_3224.html#ens_id=1254664

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/26/nicolas-sarkozy-face-a-l-ampleur-de-la-crise-agricole_1258842_823448.html#ens_id=1254664

http://www.debout-la-republique.fr/Agriculture-des-prix-plutot-que.html

Commentaires

"La seule solution durable consisterait à revenir à un système de prix minimum garanti et de quotas en cas de tensions sur les prix."

Encore une solution hors sol : 1° aucun consensus politique possible à l'échelle européenne (et encore moins mondiale), sinon dans 20 ans ou plus...
2° C'est soit le prix minimum, soit les quotas. Je ne vois pas bien l'intérêt d'avoir recours aux quotas si il y a un prix minimum fixé. D'autant que dans quelques années, la surproduction (ou surcapacité agricole) ne sera plus d'actualité, notamment dû à l'appauvrissement des sols (pesticides et surexploitation), à l'augmentation vertigineuse de la population mondiale, et en parallèle, parce que le recul des surfaces agricoles disponibles au profit du béton est constant. Dans moins d'une décennie, la tension à la hausse des prix sera constante. Dans moins d'une dizaine d'années (4 ou 5 ans ?), on parlera de prix maximum...


En attendant ces quelques années, je pense que l'État doit laisser faire le marché, et se mettre en embuscade pour racheter les exploitations agricoles qui font faillite. À l'État ensuite d'exploiter les terres qu'il aura acquises au prix du marché. Une bonne façon pour l'État, de passer des discours sur l'agriculture raisonnée, et l'agriculture bio, aux actes.

Cette solution que je propose a cette avantage opérationnel qu'elle est constitutionnelle et compatible avec Lisbonne, elle permet au gouvernement de la France d'agir dans un cadre souverain (malgré l'Europe), et c'est applicable sans modification législative, donc facile à mettre en oeuvre.

Par ailleurs, ainsi, l'État pourrait par exemple réserver sa production aux marchés intérieurs (fournir par exemple les cantines scolaires et RU avec des produits de saison, autant que possible de proximité, et issu de l'agriculture raisonnée ou bio, ceci pour un moindre impact sur l'environnement, et pour des effets bénéfiques sur la santé des consommateurs)

Il reste à dire, mais déjà, si les politiques pouvaient retenir que ce n'est pas aux contribuables de subventionner les profits des distributeurs, ni le patrimoine des agriculteurs, pour au final payer ses produits alimentaires plus cher que partout ailleurs en Europe, on aura fait un grand pas.

Écrit par : sammy | 29.10.2009

Il faut que Sarkozy rembourse sa douche à 245 572 euros, douche jamais utilisée, construite à l'occasion du sommet de l'Union pour la Méditerrannée, à 500 mètres de son logement de fonction.

Pour signer la pétition pour le remboursement de la douche de Sarkozy

http://www.impots-utiles.com/petition-pour-le-remboursement-de-la-douche-de-sarkozy-a-245-572-euros.php

Écrit par : impots-utiles.com | 29.10.2009

Nicolas Sarkozy a prononcé un discours "copié-collé" sur l'agriculture

Ils ne croyaient pas si bien dire. Ils, ce sont les critiques qui ont parlé de "déjà vu" à propos du discours sur l'agriculture prononcé mardi 27 octobre à Poligny (Jura) par Nicolas Sarkozy. Mercredi sur Canal +, "Le Petit Journal" de Yann Barthès a relevé les nombreuses similitudes entre ce discours et celui prononcé huit mois plus tôt, le 19 février 2009 à Daumeray (Maine-et-Loire).

Plusieurs phrases étaient ainsi calquées mot pour mot, à commencer par une longue définition de l'agriculteur : "un chef d'entreprise qui doit s'adapter en permanence au climat, aux marchés, aux technologies, aux réglementations." On retrouve également dans les deux discours une référence à l'identité nationale : "Le mot 'terre' a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française." Si cette phrase a été largement reprise mardi, en raison du débat relancé par Eric Besson, elle était passé inaperçue en février.

Par deux fois, Nicolas Sarkozy a affiché son soutien à son ministre de l'agriculture. En février, il affirmait avoir "une totale confiance" en Michel Barnier. Sauf qu'entretemps, le ministère a changé de main. Bruno Le Maire a remplacé Michel Barnier en juin.

La différence réside toutefois dans les annonces faites pour venir en aide au secteur agricole. Mardi, Nicolas Sarkozy a dévoilé un plan d'un milliard d'euros de prêts bancaires à taux bonifiés et de 650 millions d'euros d'aides supportées par les finances publiques.

Sollicité jeudi sur les surprenantes redites du discours présidentiel, l'Elysée n'avait toujours pas réagi dans la soirée.


http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/28/nicolas-sarkozy-prononce-un-discours-copie-colle-sur-l-agriculture_1259980_823448.html#xtor=AL-32280184

Écrit par : juaio | 29.10.2009

Chaque année, les agriculteurs mettent en avant leurs difficultés et leurs problèmes. Sans nier l'évidence, il faut se demander à quoi aura servi l'UE depuis la création du marché commun agricole. La politique d'encourager la production (ou la destruction) par des primes européennes auxquelles s'ajoutent les primes propres à chaque pays est l'EMPECHEMENT majeur aux lois du marché.
Vous verrez, dans peu de temps, les pêcheurs se plaindre également puis ce sera....
On oublie trop aisément que la population veut acheter le moins cher possible : résultat, les distributeurs recherchent les produits les moins chers pour eux et qui leur permettront de conserver leurs marges, donc généralement dans d'autres pays que la France !
Réfléchissez braves gens ce qu'entraîne la recherche du moindre coût... C'est comme prendre le moins-disant pour des travaux : vous n'en avez que pour votre argent mais surtout pas la qualité ni le SAV...

Écrit par : marie | 06.03.2010

Notre président est dans la déconquète, au sens propre comme au sens figuré il n'est plus bon qu'à ruminer des rumeurs et ce n'est pas une visite dans le monde agricole qui le sauvera du péril, de la catastrophe, de la solitude qui viendra avec l'usure du pouvoir, le grignoter petit à petit sous les regard amusés de ces anciens amis. Peu être qu'un petit voyage sur un beau bateau lui ferait le plus grand bien.

Écrit par : deguisement pompier | 08.04.2010

Écrire un commentaire