08.11.2009
Sarkozy à mi-mandat : la faillite économique et sociale
Nicolas Sarkozy n’a jamais brillé par ses compétences économiques, même s’il fut ministre du budget en 1993 et brièvement ministre des finances en 2004. A mi-parcours de son mandat présidentiel, son bilan montre à nouveau qu’il ne maîtrise guère ce domaine.
La France résiste mieux à la crise
Le gouvernement a pourtant une ligne de défense assez habile : parmi les pays européens, la France est un de ceux qui s’en sortent le moins mal. Si l’Allemagne maîtrise mieux son déficit budgétaire et son chômage, en revanche, le recul de son PIB, affecté par l’effondrement des exportations est plus important. L’Italie est plongée depuis des années dans une forme de stagnation économique qui ne semble pas prendre fin.
Le déficit de la Grande-Bretagne est beaucoup plus important que le nôtre et son économie semble tarder à sortir de la récession (son PIB a encore reculé au 3ème trimestre, alors que le PIB Français a renoué avec la croissance dès le 2ème trimestre). Enfin, l’Espagne a vu son chômage exploser et l’envolée de ses coûts fait peser une lourde menace sur sa compétitivité.
Comparativement, la France est donc plutôt dans la moyenne haute. Le gouvernement ne manque pas une occasion de porter à son crédit ce résultat qui serait la conséquence des plans de soutien. Mais cette présentation des choses n’est pas juste. En effet, le plan de relance Français était parmi les plus limités des pays occidentaux, ce qui relativise l’impact annoncé par le gouvernement.
… malgré Nicolas Sarkozy
Mais surtout, si la France a plutôt mieux traversé la crise, c’est grâce à son modèle, que Nicolas Sarkozy voulait remettre en cause. En effet, les ménages Français sont près de deux fois moins endettés que les ménages britanniques, ce qui a limité la bulle immobilière chez nous. Ensuite, notre système de protection sociale limite davantage la casse que dans les pays anglo-saxons.
En fait, pendant la campagne, Nicolas Sarkozy voulait justement remettre en question tout ce qui fait que la France a mieux résisté à la crise. Dans son programme, le candidat Nicolas voulait importer en France les crédits hypothécaires qui sont en partie responsables de la crise des subprimes, affirmant même qu’il ne fallait pas uniquement se baser sur la capacité à rembourser !
Une politique injuste et irresponsable
Le bilan économique du gouvernement est une catastrophe. L’explosion du déficit a autant à voir avec les innombrables baisses d’impôt décrétées par le gouvernement qu’avec la crise. Entre le « paquet fiscal », la baisse de la TVA dans la restauration et la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement n’y est pas allé par quatre chemins, malgré les déficits. Du coup, le poids des prélèvements obligatoires a connu une baisse historique depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy.
Malheureusement, cette politique est doublement néfaste. Tout d’abord, les exonérations se concentrent sur les ménages les plus aisés, qui avaient pourtant beaucoup plus profité de la dernière décennie, augmentant des inégalités qui avaient pourtant besoin d’être réduites. Ensuite, l’augmentation de la dette liée à ces mesures sera financée par l’ensemble des Français. Mais Nicolas Sarkozy va bientôt devoir affronter les conséquences de ses actes quand il devra réduire les déficits à partir de 2011…
Le bilan économique de la présidence Sarkozy est très mauvais. Aidé par un modèle Français qui nous protégeait de la crise, il en a profité pour prendre des mesures hasardeuses et injustes qui hypothèquent en partie notre avenir. Demain, la faillite républicaine.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Présidentielles 2007, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, paquet fiscal




Commentaires
L'analyse est exacte, précise et peu contestable : il suffit d'observer honnêtement et sans esprit partisan.
Ce matin sur France Inter, un ancien est-allemand qui avait fui la RDA par la Hongrie plusieurs années avant la chute du mur de Berlin, déclarait la trahison de ses espérances en faisant le constat que tout ce qui faisait la cohésion sociale, en un mot les services publics ou d'intérêt général, sont à présent démantelés au seul profit des intérêts privés et au détriment de la collectivité.
En un mot, c'est le problème lié au fait que nos élites, de gauche comme de droite, ont rejeté ce que l'on pourrait appeler avec Michel Albert, dans Capitalisme contre capitalisme, le rejet du modèle européen au seul profit du modèle financiariste américain. Par ailleurs, culturellement, en France tout particulièrement, les "penseurs" ont rejeté le modèle culturel français, au point qu'à présent on assiste à une récupération politique avec le lancement d'une réflexion générale sur l'identité nationale. Quand on en arrive au point de se se demander ce qu'est être Français en 2009, on ne peut que mesurer la faillite de tous nos politiciens depuis au moins trente ans !
Ce que Laurent Pinsolle évoque de la faillite de la politique économique de l'actuel occupant du palais de l'Élysée me semble fort être aussi le cas chez nos voisins allemands, pour ne pas dire sur l'ensemble de l'espace européen.
On n'est donc pas "sortis de l'auberge", ou plutôt du brouet européiste imbécile dénoncé par Nicolas Dupont-Aignan...
Ecrit par : Erel | 08.11.2009
Je ne résiste pas à l'envie de communiquer le lien suivant qui me semble compléter de manière intéressante les dernières analyses de LP :
http://www.causeries-republicaines.com/article-republique-en-toc-par-n-brunel-38953601.html
Ecrit par : Erel | 08.11.2009
Tu te fais un apôtre de la rigueur budgétaire maintenant ?? Pourtant il n'y a pas si longtemps tu nous affirmais que le niveau d'endettement de la France restait "parfaitement gérable" ...
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009/07/21/dette-deficits-cessons-le-catastrophisme.html#comments
Ecrit par : Malakine | 09.11.2009
@ Malakine,
Ma position sur les déficits est la suivante :
- en période de croissance, je suis partisan de l'équilibre
- en revanche, en cas de récession, je suis partisan d'une relance (si besoin, radicale) car seul l'Etat peut relancer l'économie, le marché ne revenant pas de lui-même à l'équilibre
- au global, même si les déficits et la dette ont beaucoup augmenté, leur niveau reste gérable aujourd'hui
Ici, je dénonce plus les baisses d'impôt inutiles décidées par Nicolas Sarkozy que le niveau des déficits. Je ne suis pas d'accord avec les discours catastrophistes de personnes qui font mine d'ignorer que la position de la France est plutôt meilleure que la moyenne.
Ecrit par : Laurent Pinsolle | 09.11.2009
J'ai quand même du mal à comprendre comment les comparaison internationales peuvent venir en atténuation de jugement :
"Ensuite, l’augmentation de la dette liée à ces mesures sera financée par l’ensemble des Français. Mais Nicolas Sarkozy va bientôt devoir affronter les conséquences de ses actes quand il devra réduire les déficits à partir de 2011…"
Ecrit par : Malakine | 10.11.2009
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