25.11.2009

La chienlit à l’école

Ce n’est qu’un fait divers mais il est assez significatif du climat qui peut régner dans nos écoles : des élèves de terminale ont lancé une opération pour changer de professeur parce que celle-ci leur a demandé de… ranger leur téléphone portable.

Un fait divers ahurissant

Au départ, cela ne semble qu’un banal fait divers. Un professeur d’anglais en terminale demande à ses élèves de ranger leur téléphone portable pendant les cours, lassée de les voir téléphoner, passer des SMS, ou pour les filles, les utiliser comme miroir pour se maquiller. Elle note qu’elle n’a pas le droit de les confisquer. Du coup, la majeure partie de la classe envoie une lettre au proviseur où ils lui « conseillent vivement d’opérer un changement de prof », lui demandant de « cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains ».

Ils écrivent même que si « il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… ». Bref, les élèves réclament le fait de pouvoir faire ce qu’ils veulent pendant le cours, et notamment le fait de ne pas le suivre. Depuis la semaine dernière, les professeurs du lycée se sont mis en grève. L’affirmation de l’inspecteur d’académie pour qui  « la sanction collective n’existe pas » en est sans doute un peu responsable…

Un manque d’ordre et de repères à l’école

Il est proprement hallucinant de voir que des élèves de terminale ne se sentent pas gênés d’envoyer une telle lettre au proviseur, puis que notre système scolaire soit incapable de punir de tels comportements. Soyons clairs, les élèves qui utilisent leur portable en cours devraient voir leur appareil confisquer pour la journée la première fois, plus longtemps s’il le faut en cas de récidive. Il est inacceptable de laisser faire de telles pratiques qui ne permettent pas d’étudier sérieusement.

Ensuite, il faut trouver un moyen de sanctionner cette lettre (confiscation des portables de la classe pour tous les cours ?) car laisser impuni un tel geste est une incitation à l’affranchissement de toutes les règles élémentaires de savoir vivre en société. Plus globalement, ce cas montre bien que l’école est trop souvent devenue une zone de non-droit. Il est crucial pour la société que les élèves apprennent à l’école qu’il y a des choses qui peuvent être faites et d’autres pas. Et pour le faire, la sanction est essentielle.

C’est pourquoi il est crucial de sanctionner à sa juste mesure les actes d’incivilité des élèves, pas pour le plaisir de punir, mais pour assurer un meilleur respect des règles. Toute faiblesse risque d’entraîner de nouveaux comportements inacceptables. Il faut donc punir tout écart, quitte à le faire par des sanctions relativement mineures afin de montrer que les dérives ne seront pas acceptées. Le moindre renoncement en entraîne d’autres, souvent pires.

L’école est un lieu important pour apprendre les règles de vie en société. Un certain esprit a encouragé une trop grande permissivité depuis quelques décennies. Ce fait divers montre qu’il y a un grand besoin de remettre de l’ordre et des repères pour que l’école puisse continuer à jouer son rôle.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/21/operation-zappe-ton-prof-dans-un-lycee-parisien_1270172_3224.html#ens_id=1229424

Commentaires

Vingt ans après la loi d'orientation Jospin consacrant "l'élève au centre", je trouve que ces élèves de terminale sont plutôt longs à la détente pour s'apercevoir qu'ils sont effectivement le centre.

Maintenant qu'ils ont compris, cela va être encore plus difficile. Il semble bien qu'on n'ait pas encore touché le fonds.

Écrit par : David Desgouilles | 25.11.2009

Il faudrait surtout leur rappeler que la scolarité n'est obligatoire que jusqu'à 16 ans (âge que doivent avoir dépassé les élèves de cette terminale) et que s'ils ne veulent pas se plier au règlement du lycée et aux exigences de leurs professeurs, ils peuvent aller voir ailleurs, rester chez eux et préparer leur bac en candidat libre (l'avoir, c'est autre chose).

A force de citoyenneté, de valorisation de compétences, d'expression spontanée, de participation, d'évaluation positive, d'écoute et de tolérance, on a supprimé tous les cadres et tous les repères des élèves. Or pour grandir, un enfant/ado a besoin d'un cadre (qui augmente avec l'âge) et d'en expérimenter les limites (en acceptant la sanction quand il sait qu'il les a passées). S'il n'y a pas de cadre ou si les sanctions sont absentes, il n'y a plus de limites.

Écrit par : Claribelle | 25.11.2009

Laurent, Laurent, Laurent,

Atention !!!

Attention de ne pas tomber dans les accès d'une certaine presse. Tu as bien vérifié tes sources. Tu es sûr du déroulement de l'histoire. Par exemple "la majeure partie de la classe envoie une lettre au proviseur". J'ai cru comprendre qu'il y avait eu 2 lettres dont une anonyme qui contenait les propose les plus virulents.

Il y a certainement des problèmes mais ce n'est rendre service à personne ( chez les démocrates, j'entends) que baser une démonstration sur des faits approximatifs.

Écrit par : RST | 25.11.2009

(si cette histoire est vraie) les parents de ces bambins doivent vraisemblablement faire partie des cadres dynamiques utilisant compulsivement leur Black-Berry pendant les réunions, se foutant ainsi totalement des exposés et discussions, et intervenant à tort et à travers entre 2 envois de mails inutiles à l'orthographe et à la synthaxe approximatives...

Après tout la position de ces élèves est compréhensible: "Si mon papa le fait à son travail, pourquoi j'aurai pas le droit de le faire à l'école?" ou encore : "j'connais un président de la république qui envoit des SMS pendant que le Pape fait un discours"

Écrit par : Bouboune | 26.11.2009

@ RST

Pour le coup, je me base sur l'article du Monde. Je n'ai malheureusement pas le temps de vérifier ce qu'avancent les journalistes, sinon, ce blog serait un travail à plein temps. Mais que ce soit la totalité de la classe ou quelques individus, cela ne change pas le fait qu'il s'agisse de comportements innacceptables.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 26.11.2009

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