26.11.2009

Nouveau coup de pouce pour la taxe Tobin

Après le président de l’autorité de régulation de la finance, c’est au tour de Gordon Brown de se prononcer en faveur d’une taxe très proche de la taxe Tobin en Grande-Bretagne. Réelle avancée ou faux-semblant ?

Révolution en Grande-Bretagne

The Economist rapporte cette proposition du Premier Ministre britannique dans un article titré « mesures désespérées ». Lors de la réunion du G20 du 7 novembre, Gordon Brown a évoqué l’idée d’une taxe globale sur les transactions financières destinée à financer un fond d’assurance au cas où les banques auraient à nouveau besoin d’un soutien financier des gouvernements lors d’une crise financière. Même la Grande-Bretagne semble donc faire un pas en faveur d’une plus grande contribution du monde de la finance à la collectivité suite à la terrible crise d’il y a un an.

La proposition du Premier Ministre britannique rappelle certaines solutions évoquées aux Etats-Unis. En effet, devant l’immensité des sommes mobilisées par l’Etat dans les deux pays, il y a un consensus politique pour imposer, sinon une nouvelle taxe sur la finance, au moins une forme d’assurance obligatoire pour compenser la garantie de fait que l’Etat leur donne en cas de crise. The Economist note même avec horreur que les conservateurs se sont à peine opposés à l’idée et évoquent eux-aussi l’idée d’une assurance obligatoire pour les banques ou une réduction des bonus !

Réelle avancée ou faux-semblant ?

A court terme, il y a pourtant peu de chances que cette annonce soit autre chose qu’une gesticulation électoraliste pour mobiliser un électorat écœuré par une crise qui aura vu les Etats voler au secours des banques sans se soucier des difficultés des individus. Gordon Brown ne semble pas sérieusement vouloir mettre ce sujet à l’ordre du jour sinon il aurait essayé de trouver des appuis parmi les autres dirigeants du G20 pour faire avancer l’idée. Rien n’aurait été plus facile tant certains pays flirtent avec l’idée. Il aurait pu demander de lancer un groupe de travail sur le sujet par exemple.

Cependant, cette annonce du Premier Ministre britannique recèle sans doute une avancée pour un avenir plus lointain. En effet, cette conversion orale à l’idée d’une taxe sur les transactions financières de la part d’un des dirigeants de la planète qui a le plus contribué à la globalisation néolibérale peut contribuer à populariser cette idée et à lui faire dépasser le cadre un peu trop étroit des penseurs alternatifs. En cela, cela ouvre peut-être la voie à sa mise en place dans quelques années.

Bien sûr, tout laisse à croire que la déclaration de Gordon Brown est principalement électoraliste, tant il ne fait rien pour réellement mettre en œuvre une telle taxe. Cependant, il aura contribué à populariser l’idée.

Source : The Economist 13 novembre

Commentaires

Parler de cette taxe sans mentionner son taux relève précisément du faux-semblant.

Si le taux est de 1%, ce sera une réelle avancée
Si le taux est de 0,0001%, on perd tous notre temps à en discuter

Écrit par : Bouboune | 26.11.2009

Le libre échangisme est le principal facteur d'unité aux Royaumes Unis, c'est là bas une tradition historique et une réalité culturelle, ce pays s'est développé grâce au commerce, à la mer et à ses implantations à travers le monde. Il n'y a pas grand chose à en esperer.

Écrit par : Adrien | 26.11.2009

Taxe Tobin...

Prônée depuis 30 ans par ATTAC, depuis 10 ans par des gens comme Pierre Larrouturou ou d'autres économistes, depuis 2007 par Edouard Balladur (!)...

Comme quoi l'utopie finit un jour ou l'autre par s'imposer comme sagesse.

Attendons cependant effectivement de voir ce qu'il en sortira de concret, car on peut craindre que ce ne soit encore que de la pure gesticulation médiatique.

http://www.nouvellegauche.fr/sortir-de-la-crise-budgetaire/

Écrit par : MKL | 01.12.2009

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