01.12.2009

La régulation de la finance est au point mort

Le simple titre de l’article du Monde Economie montre que rien n’avance depuis un an puisque le quotidien du soir se demande encore « peut-on taxer la finance ? ». L’analyse des journalistes montre cruellement l’écart entre les mesures et les grandes déclarations du G20…

Des « paradis fiscaux » toujours aussi obscurs

C’est bien ce qui est terrifiant étant donné que nous avons traversé la crise économique la plus violente depuis 80 ans. Un autre article au titre savoureux montre bien que s’il n’y a plus de pays dans la liste noire des « paradis fiscaux », dans la réalité, rien n’a changé puisque, comme un expert l’affirme « même si les paradis fiscaux ne sont plus censés exister, ils existent encore. Il y a toujours des moyens de contourner la réglementation ». En clair, les grandes déclarations des dirigeants de la planète ne sont que du flan destiné à rassurer une opinion publique qui n’est pas dupe.

Dans le cas des « paradis fiscaux », l’article montre bien que les nouvelles règles n’ont strictement rien amélioré. En effet, pour quitter la liste noire, il faut fournir des informations aux pays qui le demandent, mais les enfers de l’argent sale contournent la réglementation en exigeant des « éléments prouvant l’existence d’un délit », sachant qu’ils camouflent souvent ces preuves… Pire, pour quitter la zone grise, il faut signer des conventions de partenariat avec seulement une douzaine de pays, quels qu’ils soient. Mais le Groenland vaut autant que les Etats-Unis ou la France…

Une finance toujours aussi libre

De même, on attend toujours le moindre début de proposition pour mieux réglementer le risque pris par les institutions financières. Même s’il s’agit d’un sujet complexe, on sent bien les résistances du milieu bancaire, qui ne veut pas vraiment de changement et pourrait se satisfaire d’une situation où il profite d’une assurance vie gratuite…. On évoque une taxation des transactions financières, des profits des banques ou des bonus : il fallait bien une année pour trouver des idées aussi originales !

Et même si quelques personnalités britanniques évoquent l’idée d’une taxation des transactions financières, l’absence de progrès de cette idée laisse penser que rien de sérieux ne sera fait. Si même un journal dit de gauche en est encore à se poser la question de la capacité des pays à le faire… Car derrière, cela indique en creux qu’ils ne croient pas que cela soit possible. Au mieux, nous aurons un étalement des bonus (pratique qui existait déjà) et une taxation des activités les plus dangereuses, une restriction qui sera facilement contournable, et qui limitera la contribution de la finance à la collectivité.

Alors que le casino financier mondial a manqué provoquer une catastrophe économique comparable à la Grande Crise de 1929, les gouvernements peinent toujours autant à avancer. Ils se contentent de mesurettes ridicules qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.

Commentaires

Rappelez-vous des propos présidentiels réitérés : " Il faut que les mêmes causes ne produisent plus les mêmes effets".

Je ne pense pas qu'en l'espèce il puisse invoquer un lapsus. Ce me semble au contraire des propos traduisant le fond de sa pensée.

Écrit par : Erel | 01.12.2009

Rappelez-vous de ce propos présidentiel maintes fois réitéré : " Il ne faut plus que les mêmes causes produisent les mêmes effets".

Je ne pense pas qu'il puisse invoquer un lapsus. Bien au contraire, ils me semble traduire sa pensée profonde.

Écrit par : Erel | 01.12.2009

Paul Krugman est le prix Nobel d'Economie 2008.

Mardi 30 novembre 2009, Paul Krugman explique ceci :

Le protectionnisme n'est pas la cause de la Grande Dépression de 1929.

Le protectionnisme est la conséquence de la Grande Dépression.

http://krugman.blogs.nytimes.com/2009/11/30/protectionism-and-the-great-depression/

Écrit par : BA | 01.12.2009

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