30.12.2009

Barack Obama, un an après, les réussites

Il y a un an, Barack Obama était président élu, et même s’il n’avait pas encore le pouvoir, il avait totalement éclipsé une administration Bush décrédibilisé par d’innombrables erreurs. Un an après, le bilan du nouveau président est mitigé, comme le montre la baisse de sa côte de popularité.

Un président sur tous les fronts

La particularité de Barack Obama est d’avoir lancé d’innombrables chantiers sans craindre de se disperser. C’est ainsi qu’il a fait adopter dès le début de sa présidence un plan de soutien de plus de 700 milliards de dollars pour sortir l’économie étasunienne de la pire récession qu’elle traversait depuis 80 ans. Et le moins que l’on puisse dire est que ce plan semble un succès puisque les Etats-Unis sont officiellement sortis de la récession au troisième trimestre et que le chômage semble avoir atteint un plateau.

Mais ce n’est pas tout, Barack Obama veut également transformer son pays. Il est le premier président à réellement prendre en compte l’hypothèse du réchauffement climatique. Il a donc poussé une loi, qui, si elle est encore largement insuffisante, du fait du poids des lobbys, représente néanmoins un grand pas en avant de la part du premier pollueur de la planète. Enfin, il est sur le point de faire passer une vraie réforme du système de santé qui va enfin aboutir à une meilleure couverture de la population.

Sur la scène internationale, Barack Obama a commencé par rompre avec la pratique de son prédécesseur avec la fermeture de Guantanamo Bay, ou la critique sévère de la politique de colonisation d’Israël. Il a également adopté une attitude plus conciliante et plus ouverte au dialogue avec les pays en marge de la communauté internationale, Iran ou Corée du Nord. Enfin, après huit ans d’enlisement, il a lancé une nouvelle stratégie pour l’Afghanistan.

La méthode Obama

Cette première année de présidence démontre qu’il existe une méthode Obama, assez originale. Suite à l’échec de la réforme du système de santé d’Hillary Clinton sous la présidence de son mari, l’administration Obama n’hésite pas à sous-traiter très largement les dossiers au Sénat et au Congrès pour arriver à obtenir leur accord. Cette méthode a réussi dans une large mesure puisqu’il a réussi à passer trois réformes difficiles : le plan de soutien, le plan environnement et la réforme du système de santé.

Outre sa capacité à associer les autres pouvoirs, point essentiel dans un pays qui comporte tant de contre-pouvoirs, Barack Obama a un style bien à lui. Il est un nouveau type de président, charismatique, maniant les discours comme personne, toujours calme, cool et refusant la confrontation directe en interne (même s’il peut avoir des mots durs contre les ennemis des Etats-Unis). Enfin, il ne semble pas s’embarrasser du passé, n’hésitant pas à promouvoir de vraies ruptures.

Cette méthode présente plusieurs avantages. Elle peut démonétiser les critiques trop radicales de certains républicains extrémistes qui n’ont pas hésité à le comparer à Hitler ou Staline pour sa réforme du système de santé ou qui soutenaient que cette réforme reviendrait à laisser mourir les personnes âgées par décision de bureaucrates. Le professionnalisme et le calme de Barack Obama peut être un grand atout pour conserver les électeurs indépendants lors des élections de mi-mandat l’an prochain.

Bref, même s’il a déçu certaines personnes, Barack Obama a réussi beaucoup de choses en seulement un an, dans un contexte pourtant difficile. Pourquoi alors cette présidence laisse-t-elle un goût amer, y compris à certains de ses soutiens ?

Demain, Barack Obama un an après, les échecs

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