29.12.2009
De la monnaie unique à la monnaie commune
Le bilan de la monnaie unique est désastreux. Les tensions grandissantes provoquées par l’euro devraient conduire à moyen terme à son explosion. Est-ce à dire qu’il suffirait juste de revenir à la situation d’avant 1999 ou y aurait-il une voie médiane ?
La fin programmée de la monnaie unique
Non seulement le sujet n’est plus tabou, mais il est de plus en plus fréquemment évoqué par les médias. Tout dernièrement, c’est la situation économique de la Grèce qui a amené les chroniqueurs à se poser la question de la possible sortie d’Athènes de la monnaie unique. Même Christian Saint Etienne, dans son dernier livre, évoque la fin de l’euro. Bref, l’impensable pour les bien-pensants semble désormais pensable : l’euro n’est pas forcément là pour durer comme monnaie unique.
Plusieurs phénomènes pourraient provoquer une telle issue. Le premier serait une cessation de paiement d’un des membres de la zone euro qui ne serait pas secouru par ses pairs. Pour remettre les compteurs à zéro, le pays concerné pourrait être contraint de revenir à une monnaie nationale. Plus probable, la concurrence sans merci que se livrent les pays européens, en déprimant la croissance, pourrait pousser un pays à tenter de nouveau une aventure monétaire en solo.
Il faut dire en plus que l’euro est une des monnaies les plus surévaluées du monde, ce qui a accéléré un mouvement de délocalisations massif, à destination des pays asiatiques comme des pays d’Europe de l’Est. Résultat, la croissance est profondément handicapée dans toute la zone euro et la désindustrialisation se poursuit à un rythme accéléré. Il est donc probable qu’à un moment ou un autre, les électeurs d’un pays européen finissent par choisir un candidat opposé à la monnaie unique.
L’alternative de la monnaie commune
Mais cette fin ne voudra pas forcément dire fin de l’euro. En effet, en 1992, les économistes débattaient de l’opportunité de mettre en place une monnaie unique ou une monnaie commune, arguant que l’Europe n’était pas une zone adaptée au partage d’une seule monnaie. En effet, la zone euro ne correspond pas à une Zone Monétaire Optimale, que ce soit par le manque de mobilité des travailleurs, l’absence de convergence économique ou de budget central.
Dès lors, une solution pourrait consister à conserver l’euro comme monnaie d’échange entre pays européens, ainsi qu’avec les autres pays, ce qui en ferait un concurrent au dollar, tout en rétablissant des monnaies nationales qui rétabliraient de la souplesse dans le système. Ainsi, les taux d’intérêts à court terme pourraient être différenciés en fonction de la situation économique des pays, de même que le cours des monnaies, au lieu de la situation uniforme actuelle, qui ne convient à personne.
La fin de la monnaie unique ne représente pas forcément la fin de l’aventure, loin de là. L’Europe a seulement besoin d’une construction qui permette à ses Etats de mieux défendre leurs intérêts, en veillant à mettre fin à la surévaluation chronique de l’euro ainsi que d’un outil plus souple qui permette aux différents pays de mener des politiques adaptées à leur situation. Une monnaie commune pourrait parfaitement remplir ce rôle, surtout si les parités entre monnaies nationales sont négociées entre Etats.
La fin de la monnaie unique, ce n’est pas seulement un retour au franc. Cela peut être la transformation de l’euro en une monnaie commune au service des peuples européens et le retour à la souplesse des monnaies nationales, afin d’avoir une politique monétaire adapté aux réalités nationales.
10:53 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : euro, monnaie unique, monnaie commune, franc, zone monétaire optimale




Commentaires
Pour cela, il faudrait sans doute changer le statut de la BCE, singulièrement son indépendance, et donc mettre en cause le traité de Lisbonne...
Écrit par : Erel | 29.12.2009
Écrire un commentaire