02.02.2010

Etats-Unis : une nouvelle révolution néoconservatrice est en marche

Ce n’est pas le moindre des paradoxes, mais outre-Atlantique, comme le montre le résultat de l’élection du Massachussetts, il semblerait qu’en réaction à la crise et à son traitement, le balancier politique reparte violemment à droite dans les prochains mois.

Un changement radical de climat

Et pourtant, tout devrait concourir à renforcer la majorité démocrate historique que Barack Obama avait obtenue il y a un peu plus d’un an. D’ailleurs, c’est bien le désarroi des républicains et de John McCain en particulier qui avait permis au candidat démocrate d’emporter une très large victoire. Cependant, les résultats de l’élection du Massachussetts montrent que quelque chose de très fort est à l’œuvre : cet Etat est profondément démocrate et avait élu sans discontinuer un démocrate à ce poste depuis plus de 50 ans. Il ne s’agit malheureusement pas d’un simple mouvement d’humeur.

En fait, les étasuniens sont en colère. Ils sont en colère contre les banques et les banquiers qui ont provoqué la crise, mais ils sont peut-être encore plus en colère contre l’explosion des dépenses publiques et l’extension inédite du rôle de l’Etat dans un pays où beaucoup pensent encore comme Ronald Reagan que « l’Etat est plus le problème que la solution ». Des « tea party » de protestation contre les dépenses publiques et les impôts sont organisés et il suffit de constater la radicalité de l’opposition au projet de réforme du système de santé pour constater que quelque chose se passe.

Un immense paradoxe

Cette réaction est pourtant complètement incohérente. En effet, c’est bien l’administration Clinton qui avait remis de l’ordre dans les finances publiques que les administrations Reagan et Bush Sr avaient fait déraper. De même, Georges Bush Jr a laissé une situation très largement dégradée du fait de la hausse des dépenses (militaires notamment) et des baisses d’impôt. Bref, Barack Obama a le malheur de passer après une administration peu soucieuse des deniers publics.

Pire, à peu près tous les économistes étaient d’accord pour dire qu’il fallait une intervention vigoureuse de l’Etat pour sauver les banques et éviter un cataclysme financier, ainsi qu’un plan de soutien à l’économie pour éviter une Dépression. Et pour le coup, Barack Obama a apporté une bonne réponse aux deux problèmes quand on constate que le PIB a progressé de plus de 5% en rythme annuel au 4ème trimestre 2009. Les républicains n’avaient pas de plan alternatif.

Une révolution en marche

Cependant, le niveau colossal des déficits inquiète les Etats-Unis, d’autant plus qu’il y a cette méfiance naturelle vis-à-vis  du rôle de l’Etat. Et le plan d’extension du système de santé vient paradoxalement à un mauvais moment dans la mesure où il représente une nouvelle avancée de l’Etat. Résultat, les néoconservateurs peuvent facilement effrayer la population sur l’état de leur pays et réclamer une vigoureuse remise en question des programmes publics.

La lecture de The Economist est terrifiante dans la mesure où l’hebdomadaire néolibéral se montre de plus en plus agressif vis-à-vis de l’Etat, qui a pourtant sauvé l’économie du précipice dans lequel le marché-roi l’envoyait. Le journal anglais ne cesse de réclamer des baisses de salaires pour les fonctionnaires et une réduction radicale des programmes sociaux pour combler les déficits. Paradoxalement, la crise pourrait favoriser un mouvement de balancier à droite des Etats-Unis.

Se pose alors la question du pourquoi. En effet, le contexte devrait être favorable aux démocrates et à un meilleur encadrement du marché. Mais les néolibéraux ont réussi à construire une histoire où la responsabilité vient davantage de la Fed, qui n’a pas réussi à prévenir la formation des bulles. Il faut dire également que le ton très apaisé de Barack Obama, qui contraste tellement avec le ton de Roosevelt, n’a pas permis une véritable remise en question des abus qui ont mené à la crise.

L’administration actuelle se retrouve donc dans un cul de sac depuis qu’elle a perdu sa majorité qualifiée au Sénat. Malheureusement, il y a fort à parier que les républicains sont sur le point de réaliser un des holdups idéologiques les plus incroyables qui soient. Sarah Palin a ses chances…

Commentaires

"Cette réaction est pourtant complètement incohérente."

'Videmment. Sont contre Obama. Sont cons. Voyons !

"Barack Obama a le malheur de passer après une administration peu soucieuse des deniers publics."

Il est vrai que Barack, lui, fait super gaffe :
(US Federal Budget)
2011 $3.83 trillion (submitted 2010 by President Obama)
2010 $3.55 trillion (submitted 2009 by President Obama)
2009 $3.10 trillion (submitted 2008 by President Bush)
2008 $2.90 trillion (submitted 2007 by President Bush)
2007 $2.77 trillion (submitted 2006 by President Bush)
...
(cf http://en.wikipedia.org/wiki/Federal_budget_%28United_States%29 )

Pas vraiment convaincant, tout ça. Saleté de réalité ! Zut alors.

Écrit par : h16 | 02.02.2010

@ H16

Il paraît que nous traversons la plus grave crise économique depuis les années 30. Forcément, cela gonfle un peu les dépenses...

Plus sérieusement, alors que Clinton avait remis le budget en excédent, Bush l'a plongé en déficit, y compris à la fin du cycle de croissance. Théoriquement, en 2007, il aurait dû laisser un budget en excédent, sauf qu'il a trouvé le moyen d'augmenter les dépenses en poids du PIB en période de croissance (il faut le faire) tout en réduisant considérablement les recettes.

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Revenue_and_Expense_to_GDP_Chart_1993_-_2008.png

Les républicains devraient balayer devant leur porte !

Que voulais-tu qu'Obama fasse : pas de plan de soutien ? L'économie étasunienne serait rentrée dans la Dépression. La critique des déficits serait plus intéressante si les gens avaient à l'époque proposé une alternative ou expliqué qu'un plan de 300 Mds aurait suffi par exemple, mais nous n'avons pas eu cela (je l'ai peut-être raté sur ton blog, on ne sait jamais).

Même The Economist était partisan du plan de relance.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010

Le problème, c'est Obama lui-même, ne le voyez-vous pas ? Je pense que les Américains ne voient pas vraiment ce qu'il a dans le ventre et ressentent une profonde méfiance. Le budget, et les lois sociales me semblent être surtout des prétextes. J

Écrit par : Marie | 02.02.2010

@ Marie,

Je suis d'accord pour dire que Barack Obama a également des limites. Il est sans doute trop consensuel dans le ton. J'aimerai davantage sentir ses convictions que son talent oratoire ou une stratégie bien conçue.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010

Regardez les enfants, un authentique article de désinformation et de révision la plus totale faite par un réactionnaire gaulliste.

Écrit par : Visiteur | 02.02.2010

@ Visiteur

Quelle argumentation brillante...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010

Parce qu'il y en a dans votre torchon ? Vous ne savez visiblement pas de quoi vous parler dans bien des sujets, mais cela ne vous empêche pas de faire le malin sur bon nombre de sujet. J'en connais un qui doit se retourner dans sa tombe avec de pareil idiot qui se revendique de lui ...

Écrit par : visiteur | 02.02.2010

@ Visiteur

Quelle démonstration concrète et limpide...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010

oublier dans quel état déplorable les républicains ont laissé les états unis (et par extension l'influence abjecte sur le reste du monde), c'est vraiment avoir la mémoire courte!!!

@visiteur
ou sont tes arguments?

Écrit par : xavier | 02.02.2010

Laurent, ne perds pas ton temps avec des connards de cette espèce. Tu ne devrais même pas publier les insultes. J'ai fait cette erreur aussi, mais lorsque je reprends la censure sera implacable.

Écrit par : Malakine | 02.02.2010

"""oublier dans quel état déplorable les républicains ont laissé les états unis (et par extension l'influence abjecte sur le reste du monde), c'est vraiment avoir la mémoire courte!!!"""


Personne n'a ici fait l'éloge des républicains.


"""Quelle démonstration concrète et limpide...

Ecrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010 """

Quand on voit que vous arriver à traiter de néo-conservateurs ( que je n'apprécie pas aux passages) de simple gens n'ayant pas envie de voir leurs argents partir pour renflouer des banques il faut se poser des questions sur votre santé mentale, filer leurs votre pognon si sa vous chantes tellement. Mais bon, on ne vas pas trop vous en demander après tout vous êtes près à falsifier les idées d'un illustre personnage de l'histoire Française pour parvenir à vos fins électoralistes donc .. .

Écrit par : Visiteur | 02.02.2010

@ Visiteur

Pas facile de débattre avec quelqu'un comme vous. Vous n'argumentez presque pas.

Je ne traite absolument pas de néo-conservateurs les personnes qui ne veulent pas que leur argent parte renflouer les banques. Je dis juste que les néo-conserateurs étasuniens sont en train de gagner la bataille de la communication autour de la crise. Vous pouvez aller dans la section économie pour voir un peu ce que je pense de la crise. Là, votre jugement est aussi lapidaire que peu argumenté.

C'est une chose de venir sur un blog apporter de la contradiction en argumentant réellement, ce que beaucoup font. C'en est une autre d'attaquer ma santé mentale et de dire que je falsifie la pensée du Général de Gaulle (je me demande bien où j'ai fait cela).

Discutez au lieu d'invectivez sans le moindre argument !

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.02.2010

Comme disait Bernanos, "méfiez vous des ratés car ils ne vous rateront pas".
Ne prêtez pas attention à ce genre d'énergumène, il est venu m'insulter sur mon site, je n'ai même pas pris la peine de lui répondre.

Écrit par : Martial | 02.02.2010

Des paradoxes effectivement durs a résoudre pour vous etant donné que vous n'avez ABSOLUMENT rien compris à la situtation.
Un article lamentable.

Écrit par : Jean-Jacques | 13.02.2010

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