03.02.2010

Le tri sélectif des gaz à effet de serre

Lors du sommet de Copenhague, toute l’attention du monde était portée sur la maîtrise des émissions de CO² par l’homme. Au final, il n’y a eu aucun accord concret. Mais, pire, en se focalisant sur le dioxyde de carbone, nous ne traitons qu’une partie du problème.

Un traitement incomplet

C’est tout le problème du réchauffement climatique aujourd’hui. Au final, seule une petite partie des gaz à effet de serre sont aujourd’hui taxés, ce qui limite considérablement l’efficacité de notre action. En effet, de trop nombreuses activités polluantes échappent à tout surcoût, et donc à toute incitation pour limiter leur consommation et donc leur pollution. C’est le cas d’une partie des émissions de CO² avec le traitement de faveur dont bénéficient le fuel et le kérosène, pourtant responsables d’une grande partie des émissions. De même, beaucoup d’industries polluantes bénéficient d’exemption.

Pire, de nombreuses études montrent aujourd’hui que d’autres gaz ont sans doute un rôle aussi important que le CO² dans le réchauffement climatique. Cet article du Monde montre le rôle de l’ozone. Si des accords ont permis la suppression de ce gaz dans de nombreuses industries, il reste beaucoup à faire pour réduire les émissions de précurseurs d’ozone. Cela est d’autant plus important que l’ozone est un gaz dangereux pour l’homme et qui est responsable d’un grand nombre de morts.

Et pour compléter ce tableau, il y a également le problème du méthane, que certains scientifiques estiment encore plus important pour le réchauffement climatique. Le principal responsable des émissions de méthane serait l’élevage bovin à travers le processus de digestion des ruminants. Des recherches ont été entreprises pour limiter les émissions de méthane par la diète des bovins, ou l’action sur leur flore intestinale. Il manque d’études pour envisager le problème dans sa totalité. En outre, on peut craindre d’autres révélations qui chambouleraient ces théories.

Des politiques en retard

Face à ce problème extrêmement complexe, les hommes politiques ont du mal à réagir. Le réchauffement climatique n’est qu’une probabilité, certes fortes, mais pas une certitude. Pire, l’horizon de temps reste trop lointain pour que le produit des efforts d’aujourd’hui soit perceptible suffisamment rapidement. Résultat, les dirigeants de la planète ne savent pas résister à la pression des lobbys de toute sorte et sont incapables de concevoir une taxe juste, comme le montre le cas de la taxe carbone en France.

Qui plus est, la taxation des gaz à effet de serre se heurte à la libéralisation des échanges. En effet, dans ce système, les industriels peuvent délocaliser la production dans des zones à faible contrainte environnementale pour baisser leurs coûts de production et échapper aux contraintes réglementaires et fiscales des pays les plus en pointe dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Bref, le libre-échange agit contre l’environnement en favorisant le moins-disant.

Il y a bien une solution à ce problème, comme l’a évoqué le président de la République en début de semaine, à savoir établir une taxe environnementale aux frontières de l’Europe de manière à égaliser la compétition, au moins dans ce domaine. Mais Nicolas Sarkozy tend à oublier les discours qu’il fait en France quand il est dans un cénacle européen. Il n’a jamais vraiment poussé ce projet nécessaire qui aurait le double mérite de permettre une compétition plus loyale tout en permettant à l’Europe de pousser les industriels de la planète entière à rendre leur production plus écologique.

Bref, et c’est un paradoxe que les écologistes ne soient pas capables de l’expliquer, la lutte contre les gaz à effet de serre est aujourd’hui beaucoup trop limitée. Pire, ils sont incapables de remettre en cause le libre-échange qui met pourtant une pression vers le bas sur les standards environnementaux.

Commentaires

"Bref, le libre-échange agit contre l’environnement en favorisant le moins-disant."

une question : à votre avis, qui a inventé les voitures électriques, les voitures à carburant végétale, qui a inventé les panneaux solaires, les éoliennes, les chauffages à récupération de chaleur ? Les Etats ou les entreprises privées ? Qui a réussi à concevoir ces produits moins polluants sinon le marché et la libre concurrence ? Le libre échange que vous condamnez est arrivé à des progrès éminament plus significatifs et concrets que l'action conjuguée de tous les Etats.

Alors, qu'ils s'amusent à nous taxer encore et encore, nos sémillant politiques. Ils brassent du vent. Ca fait vibrer les foules, ca fait un flop à Copenhague et ça gaspille copieusement l'argent de nos impôts. Pendant ce temps-là, les vrais problèmes, eux, attendront...(pollution des océans, retraitement des déchets, accès à l'eau potable, éducation, etc)

Écrit par : Ben | 03.02.2010

@Ben

Notez que je parle de "libre-échange". Oui, clairement, aujourd'hui, le libre-échange, en donnant un avantage à ceux qui produisent dans les zones de plus faible réglementation agit contre l'environnement car le moins-disant est avantagé.

Mais, je suis complètement d'accord pour dire que le capitalisme et le marché produiront les solutions pour réduire la pollution. L'ingéniosité de l'homme et le capitalisme pourront produire les solutions à nos problèmes environnementaux.

Ce n'est pas le libre-échange qui est la solution mais le capitalisme et l'économie de marché, nuance. On peut être favorable au capitalisme et au marché, mais dans un cadre régional protectionniste par exemple. Je pense que cela serait plus efficace.

Je ne suis pas anti-capitaliste ou anti-marché. Je pense juste qu'il faut un cadre bien défini pour que cela aille dans le bon sens.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 03.02.2010

@Ben
"Qui a réussi à concevoir ces produits moins polluants sinon le marché et la libre concurrence"

Faux c'est la hausse du niveau scolaire globale et le fait qu'on ai jamais autant eu de gens formé ou de scientifique. Ça n'a rien avoir avec le système économique, ce dernier peu ou non favoriser le remplacement des processus de production mais il n'est pas à l'origine de la création.

Ensuite il est drôle de voir la confusion que les pseudo-libéraux font entre la concurrence et le libre-échange comme si le lien était naturel entre les deux. La concurrence n'a de sens qu'entre deux concurrents égaux, si les rivaux ne le sont pas ce n'est plus de la concurrence. Le libre-échange actuel met les peuples dans un système ou les faibles sont à égalité avec les forts créant de facto une inégalité qui détruit le potentiel de création des faibles.

Le libre-échange tel que conçu comme une suppression de toute régulation commerciale est par nature anti-concurrentiel, il concentre le pouvoir dans les multinationales et le système financier et nuit en fait gravement à l'innovation.

Écrit par : yann | 03.02.2010

@ Yann

Merci pour ces précisions, que je partage évidemment.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 03.02.2010

@ Yann :

c'est tout le contraire. Le niveau d'avancement d'une société a tout à voir avec son système économique. C'est même le système économique qui conditionne les normes de la société. C'est Le libre-échange, la liberté de circulation des personnes et des biens, qui a été le vecteur du formidable mouvement de démocratisation des sociétés modernes depuis la fin du XVIIIè siècle.

L'école n'a fait que répondre à un besoin en progrès technologiques et intellectuels, exprimé par l'économie. Besoin toujours plus important à mesure que les marchés se sont ouverts et que les échanges se sont accelerés. A contrario, l'exemple de l'URSS a montré qu'une société dans laquelle la propriété privée, le libre-échange, la liberté de circuler ne sont plus garantis aux acteurs individuels ne peut qu'imploser et mourir à terme.

"Oui mais la Chine !" me direz vous. Qu'est ce qui fait que la Chine est en processus de démocratisation et d'enrichissement de la population sinon l'acceptation de l'économie de marché ?

"La concurrence n'a de sens qu'entre deux concurrents égaux, si les rivaux ne le sont pas ce n'est plus de la concurrence." Certes, mais cette égalité n'a rien à voir avec une égalité de fait, ce doit être une égalité de droits. Et la concurrence n'est jamais aussi positive que lorsque les entreprises sont soumises aux mêmes conditions d'échanges. Et la plus situation la plus égalitaire et la plus équitable qui soit, c'est le libre échange.

C'est bien au contraire la limitation de ce libre-échange, le protectionnisme qui sont anti-concurentiels. Jugez-en par vous même avec la PAC qui empêche les agriculteurs des pays dyu tiers-monde de pénétrer les marchés agricoles européens.


"Ensuite il est drôle de voir la confusion que les pseudo-libéraux font entre la concurrence et le libre-échange comme si le lien était naturel entre les deux."

simplement Libéral, cher ami, "pseudo" est de trop :)

"le libre échange actuel", apparemment, nous n'avons pas la même définition du libre échange car tout me dit que nous ne sommes pas en situation de libre-échange actuellement :

-http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/11/16/01011-20091116FILWWW00366-la-chine-accuse-le-protectionnisme-us.php

-http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/201002/01/01-945250-le-budget-dobama-pourrait-annoncer-le-retour-du-buy-american.php

-http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2010-02-02/industrie-estrosi-la-france-doit-relocaliser-au-lieu-de-delocaliser/916/0/419614

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jobNDD6xEDmeme6ZabOdgz0rziew

Comme vous le constaterez, on est loin, très loin d'une situation de libre-échange.

Écrit par : Ben | 03.02.2010

@Yann, "les faibles sont à égalité avec les forts créant de facto une inégalité qui détruit le potentiel de création des faibles".

C'est bien une phrase qui montre combien vous etes totalement confus dans votre tete.

Ce que vous confirmez en ajoutant pseudo a liberal. Ceci dit, c'est plus original que neo ou ultra, je vous l'accorde.

Écrit par : monoi | 03.02.2010

@Ben et monoi
Je suis bien d’accord avec vous : le marché et une juste concurrence sont les conditions dans lesquelles peuvent naître innovation et progrès techniques. Il faudra s’appuyer là dessus pour faire face aux défis environnementaux. Nous donnons le meilleur de nous même lorsqu’une saine émulation nous permet de nous dépasser. C’est ce que nous montrent les sportifs battant des records lorsque plusieurs compétiteurs sont très près les uns des autres. Libéral dans l’âme, cette juste concurrence est pour moi un idéal.
Cependant, l’analogie sportive nous apprend aussi que les compétiteurs se soumettent à une règle commune. Imaginons 2 équipes de football s’affrontant ; l’équipe A suit les règles actuellement en vigueur alors que l’équipe B a la possibilité de balancer des coups de matraque dans la tronche de leurs adversaires. Quelque soit le talent des joueurs de l’équipe A, il est impossible pour eux de gagner. Une compétition faussée ne permet donc pas aux plus talentueux de s’imposer.
Les règles économiques, sociales et environnementales sont complètements différentes pour les divers protagonistes de la compétition économique internationale. Si les joueurs de l’équipe B refusent de laisser leurs matraques aux vestiaires, il est fort probable que les joueurs de l’équipe A, pour ne pas mourir, finiront par adopter eux aussi l’usage de la matraque. C’est exactement ce que nous sommes en train de faire : pression à la baisse sur les salaires et les droits sociaux. Croire que nous pourrions amener nos partenaires commerciaux à adopter les mêmes règles que nous serait une utopie. Continuer d’essayer de s’aligner sur les règles de ces partenaires ne pourra se faire car les français trancheront des têtes avant de s’être aligné sur les conditions des chinois, roumains, indiens ou bulgares. Si l’on ne peut imposer nos règles et qu’on ne veut adopter les leurs, je ne vois guère qu’un protectionnisme raisonnable pour retrouver une juste concurrence.
Je n’ai aucune culture économique. Je viens sur les blogs pour essayer de comprendre et d’apprendre et je suis donc en attente d’arguments qui me permettraient de saisir où mon raisonnement n’est pas cohérent. Si des arguments me permettent d’apprécier différemment la situation, je suis preneur car il n’est pas confortable de soutenir un protectionnisme lorsque la pensée ultra dominante (au moins dans les médias) parle du protectionnisme comme de la plus abjecte des choses.

Écrit par : xavier | 03.02.2010

@ Xavier

Complètement d'accord.

@ Monoi

Pour illustrer le propos de Yann, il y a cette étude que rapporte Paul Krugman. Aux Etats-Unis, les élèves de 4ème qui sont dans les 25% les plus riches et qui sont dans le dernier quart de la classe ont autant de chance d'aller à l'université que les élèves qui sont dans le premier quart de la classe mais qui sont dans les 25% les moins riches.

Là, cela montre que le système étasunien est mauvais car il n'y a pas du tout égalité des chances et l'argent joue un rôle trop important dans la détermination de l'avenir des individus. Je ne nie pas que l'argent et le milieu socio-culturel a forcément un rôle, mais quand on atteint un tel extrême, alors la situation n'est pas juste.

@ Ben

Il n'y a pas corrélation parfaite entre développement économique et démocratie. Ce serait trop facile et ce serait accorder une bien trop grande vertue au libéralisme économique...

"Le libre-échange, solution la plus équitable et la plus égalitaire qui soit" : ben voyons. Avec des salaires qui sont un vingtième des salaires européens, comment voulez-vous que le commerce avec la Chine soit équitable. Il introduit forcément une pression à la baisse sur les salaires ainsi que des délocalisations massives.

Sur l'agriculture, cela n'est pas complètement juste. De nombreux pays africains souffrent également du libre-échange. La Côte d'Ivoire avait essayé de développer une culture vivrière du riz qui a été durement frappé par les exportations de la péninsule indochinoise, alors en excédent. Les pays asiatiques qui se sont développés ont commencé par une phase de fermeture de leur marché agricole pour enclencher le développer. Les mouvements du marché sont trop brusques pour permettre d'enclencher le développement économique.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 04.02.2010

De mémoire, il me semble avoir lu un article récemment indiquant que la Chine était en passe de devenir numéro 1 de l'éolien dans le monde. D'autres articles récents pointent également les difficultés actuelles des industriels allemands du solaire face à la concurrence des chinois.

Aussi, taxer écologiquement les européens qui bientôt n'auront plus le choix que d'importer les alternatives propres en provenance de Chine (sans surcoût ni taxation là-bas), j'ai comme un doute sur le bilan et l'efficacité écologique du libéralisme à la sauce "mondialisation".

Écrit par : realworld | 04.02.2010

On nous fait avaler n'importe quoi. Qui de censé peut croire plus de trente seconde que un de ses quatres matins le soleil va nous crammer parce qu'on aura mis pendant 30 ans un peu de saloperie dans l'athmosphère.

Écrit par : Martial | 04.02.2010

Permettez à un timide « sceptiquo-réchauffiste » de lever timidement le doigt, et suggérer que le problème du « réchauffement » n’est pas à débattre sur l’aire de tennis du libre échange ( ?) mais bien sur celui de la vérité scientifique, laquelle repose elle-même sur l’humilité du scientifique et la fiabilité des preuves qu’il avance.

« Des études montrent aujourd’hui que d’autres gaz ont un rôle au moins aussi important que le CO2 dans le réchauffement climatique ». Oui, tout à fait ! La vapeur d’eau par exemple, premier gaz à effet de serre et de très loin (80 % de l’assiette). Sa présence a pourtant toujours été singulièrement limitée par les modèles « imparables » du GIEC (crosse de Mann et tutti quanti, il est interdit de rire). Le problème (pour le GIEC) est que la production de vapeur d’eau ne dépend pas –ou très peu- de l’activité humaine, mais est en étroite relation avec les vents solaires magnétiques.

« Et pour compléter ce tableau, il y a également le problème du méthane, que certains scientifiques estiment encore plus important pour le réchauffement climatique ». Non Laurent, même avec cette évocation de scientifiques (lesquels, il y en a tellement et même pas mal qui ne sont pas plus scientifiques que le premier journaliste venu) votre tableau n’est pas complet. Quelques chiffres pour bien situer le problème :

o Le CO2 émis annuellement par toutes les activités humaines se monte, selon le GIEC, à 22 milliards de tonnes.
o Les animaux eux aussi respirent et rejettent du CO2 en quantité considérable, bien supérieure au gaz carbonique humain. Les insectes à eux seuls émettent 350 milliards de tonnes par an (treize fois plus que l'homme et toutes ses industries).
o L'atmosphère contient de façon naturelle 1.750 milliards de tonnes de CO2, les océans 2.300 milliards de tonnes, le sol et les roches infiniment plus.
o Les plantes absorbent annuellement 120 milliards de tonnes.
o La décomposition des plantes et des animaux morts libère annuellement 60 milliards de tonnes.
o Les océans absorbent chaque année 80 milliards de tonnes de CO2 et en rejettent à peu près autant.

Les Don Quichotte du réchauffement ont donc pas mal de moulins à charger devant eux. Sus aux vaches, aux insectes, aux cadavres, aux plantes, et longue vie aux océans, il faut leur dire pour les encourager ! Le problème en cette affaire et qu’il y a beaucoup plus de banquiers intéressés que de Don Quichotte (ah ! L’impôt parfait sur l’air que nous respirons et QUELLE BULLE en perspective !), et beaucoup plus de scientifiques carriéristes (Oui Laurent cela existe, comme dans n’importe quel autre domaine, c’est même l’un des moteurs de l’histoire) que de Don Quichotte.

Plus sérieusement, Laurent, Il y a des blogs et des sites aussi sérieux que le vôtre qui traitent (ou ont traités) de ce sujet, et tenus et par des gens aussi passionnés et honnêtes que vous l’êtes, et, en général, très compétents. Voici les plus connus :

http://www.pensee-unique.fr/
http://climat-sceptique.over-blog.com/article-4878804.html
http://co2climate.e-monsite.com/accueil.html
http://www.laterredufutur.com/html/modules.php?name=News&file=article&sid=953&mode=nested&order=0&thold=0

Je vous invite à les parcourir, afin d’y récolter des informations que, de toute façon, vous ne trouverez pas dans le Monde ! Vous y constaterez par exemple que la certitude du réchauffement n’est pas acquise, loin de là, de plus en plus nombreux étant d’estimables scientifiques qui pensent que nous sommes plutôt entrés dans un nouveau cycle de refroidissement. D’autres croient encore au réchauffement mais pensent que, vu la nature de sa vraie cause (les cycles solaires), lutter contre l’émission de gaz à effets de serre anthropique serait taper sur des casseroles pour faire pleuvoir (il est possible que cela aide). Parier sur l’adaptation de l’espèce humaine, qui a connu bien pire en matière de bouleversement climatique (mais on l’a oublié) serait bien plus raisonnable.

Je vous rassure aussi tout de suite, je ne vais pas défendre cette cause-là sur votre blog, lequel risquerait d’exploser !

Écrit par : Daniel Dresse | 05.02.2010

@ Daniel

Notez que je dis dans mon papier "le réchauffement climatique (consécutif à l'action de l'homme) n'est qu'une probabilité, certes fortes, mais pas une certitude". Je ne fais pas partie des personnes qui sont 100% convaincus par cette théorie car j'ai lu trop de choses infirmant les thèses du GIEC.

Cependant, les démonstrations du GIEC ne sont pas moins convaincantes que les démonstrations des opposants au GIEC et, à ma connaissance, il y a plus de scientifiques qui se déclarent convaincus de l'impact du CO² produit par l'homme sur le climat que l'inverse.

Du coup, pour une fois, je vais adopter la position de The Economist, très raisonnable, à savoir, ne pas être dogmatique sur le réchauffement climatique, reconnaître que le GIEC a peut-être tort, même si aujourd'hui, j'ai plutôt tendance à les croire du fait qu'il semble rassembler une majorité de scientifiques. Je sais que dans quelques années, on nous expliquera peut-être que nous faisions fausse route.

Néanmoins, si le GIEC a raison, et si le réchauffement suivait un scénario pessimiste (cela fait deux "si"), les conséquences pour la planète et l'homme pourraient être désastreuses. Je ne sais pas s'il y a 0% ou 50% de chances que cela arrive, mais étant données les conséquences potentielles, je pense qu'il vaut mieux agir au cas où.

De toutes les façons, nous avons intérêt à décarboner nos économies, ne serait-ce que par rapport à la finitude des ressources de carbone sur la planète. Cela donne donc une autre bonne raison.

En revanche, je suis d'accord pour dire que l'homme saura s'adapter.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.02.2010

La lecture du commentaire de Daniel m'a donné la larme à l'oeil ... Quand je pense à ce que j'ai pris dans les commentaires sur M2 lorsque j'ai osé braver ce dogme en pleine Ecolomania ... Aujourd'hui c'est l'inverse !

Tout cela n'est que du vent ! C'est une grosse manip du système pour détourner l'attention d'une économie mondialisée en pleine déconfiture et un moyen de fixer l'angoisse des gens sur un sujet inoffensif et d'occuper tous les rebelles sans causes qui pullulent sur internet !

Dans les années 90, on a eu le trou dans la couche d'ozone, puis la vache folle, puis la grippe aviaire, le terrorisme international, puis la grippe A et maintenant l'islam (je dois oublier quelques unes de ces psychoses collectives) Aujourd'hui on est passé à l'Islam ... Mais à chaque fois c'est toujours pareil. C'est un moyen de fixer l'angoisse des populations face à une économie au bord du précipice et un monde sans pilote identifié ...

Je suis sûr que demain, on passera à autre chose. Pourquoi pas les invasions des extraterrestres ou les nanotechnologies ...

Écrit par : Malakine | 05.02.2010

@ Malakine

La théorie du complot me semble franchement abusive. Je crois simplement qu'en fonction des hypothèses qu'ils prennent, les scientifiques obtiennent des résultats différents, mais pour moi, on ne peut pas rayer d'un trait l'hypothèse du réchauffement climatique d'origine humaine. Il y a quand même trop de scientifiques qui la défendent. Ils ont peut-être tort. Nous le saurons sans doute dans quelques années, mais pour l'instant, nier en bloc me semble abusif.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.02.2010

@ Malakine
Tu as oublié le bug de l'an 2000! Il était pas mal celui-là aussi...
L'hypothèse du réchauffement climatique a déjà du plomb dans l'aile, celle de son origine anthropique en est carrément farcie... de plombs.

@Ben
Concernant le libre-échange, j'ai du mal à croire que l'on puisse encore le défendre aujourd'hui. Comment éviter les délocalisations sans barrières protectionnistes? On nous sert la "société de la connaissance" depuis des années, on nous gave de "le niveau de vie des pays émergents montera et tout se rééquilibrera" depuis des années mais il faut quand même se rendre à l'évidence: les délocalisations s'accélèrent pour les emplois non qualifiés ET qualifiés (outsourcing en informatique par ex.) et même si notre recherche fondamentale permet de créer quelques emplois à "haute valeur ajoutée", toutes ses applications pratiques seront fabriquées dans les pays de main d'oeuvre à bas coût. C'est sans solution.

Écrit par : Ryan | 05.02.2010

@ Laurent

Je n'ai pas parlé de complot ! L'angoisse est diffuse et elle se focalise toute seule sur telle ou telle pseudo menace, juste par un effet d'emballement servie par le comportement de meutes des médias.

Naissance d'une information inquiétante - focalisation de l'angoisse - mobilisation des médias - naissance d'une pensée unique et impérative - suivisme des politiques - légitimation du danger - action publique disproportionnée - dégonflement de la bulle médiatique et naissance d'une nouvelle. Voilà le mécanisme

@ Ryan

Tu as raison, je l'avais oublié, mais celui là c'était peut-être bien un complot. Cette peur a rapporté un gros paquet de fric à l'industrie informatique !

Écrit par : Malakine | 05.02.2010

Finalement, peu importe que le réchauffement climatique soit du à l’activité de l’homme ou pas. Par contre, le tournant vers une moindre utilisation des énergies fossiles et l’utilisation de nouvelles énergies est de toute façon indispensable. Je rejoins Laurent lorsqu’il évoque « la finitude des ressources de carbone sur la planète ». Il y a là un sujet majeur : l’indépendance énergétique devrait être un objectif pour tous ceux qui espère une France souveraine. Si l’activité économique redémarre, nous aurons dans la foulée un retour de très fortes tensions sur le prix du pétrole. Climato-sceptique ou fervent des thèses du GEIC, nous avons tous un intérêt commun à penser un futur où l’énergie deviendrait rare.

Écrit par : xavier | 05.02.2010

@ Tous

En écartant le débat purement technique et qui n’est pas simple, j’en conviens, il me paraît utile de rappeler la position du professeur Vincent Courtillot, grand scientifique et homme pondéré s’il en est, ce qui n’a pas empêché qu’il soit victime d’attaques proprement infectes en particuliers venant de journalistes du Monde (sur le mode « les amis des amis des amis de mes ennemis sont des fascistes »).

- Il y a d’une part la vérité scientifique qui répond des règles strictes, lesquelles n’ont rien à voir avec celles qui régissent la démocratie parlementaire. Une vérité scientifique est établie quelle que soit le nombre de ceux qui croient en cette vérité, et en aucun cas elle ne saurait être décrétée par un quelconque parlement des scientifiques qui voteraient le vrai et le faux à la majorité relative, et j’ai l’impression que c’est l’argument qui est avancé par ceux qui valident la thèse du réchauffement anthropique « à la majorité des scientifiques ». Monsieur Courtillot rappelle d’ailleurs utilement que toutes les grandes découvertes scientifiques n’ont jamais soulevé l’enthousiasme des foules à leur origine, parce que l’homme est fait ainsi qu’il a toujours tendance à se rassurer et se draper dans des certitudes majoritaires pré-établies (je rappelle au passage que je n’ai jamais parlé de « complot » à propos des « réchauffistes »). Pour caractériser la théorie des variations climatiques terrestres en liaison avec les vents solaires magnétiques (formulée de manière intuitive par William Herschell il y a deux siècles et défendue aujourd’hui par l’équipe du professeur Svensmark du CERN de Genève), Vincent Courtillot –géologue de formation- évoque le long chemin parcourue par la théorie de la dérive des continents d’Alfred Wegener, émise en 1912, et qui a du attendre les années soixante dix pour être validée par l’ensemble de la communauté scientifique. Je suis d’accord qu’il faut donner du temps au temps, à condition de reconnaître que cette maxime de sagesse contrevient à la rigidité volontiers aveugle (pensez à ce qu’il vient encore de se passer avec la vaccination de la grippe A) de l’envahissant Principe de Précaution.

- Il y a d’autre part l’attitude citoyenne qui ne doit pas être forcément à la remorque des vérités scientifiques, d’autres considérations, d’ordre purement politique, pouvant entrer en jeu. A ce titre, la mobilisation et la lutte pour le contrôle strict de l’utilisation des énergies fossiles n’est pas absurde à priori. Il faut alors quand même se demander s’il n’y a pas d’autres problèmes bien plus urgents que celui de la DEPLETION énergétique (non pas donc de la pénurie des énergies, comme beaucoup se plaise à le seriner, mais de leur cherté, leurs conditions d’exploitation devenant toujours plus onéreuses). Vincent Courtillot rappelle à ce sujet QU’A TRES COURT TERME, les deux défis majeurs des sociétés humaines, concentrées en mégapoles anarchiques, sont l’approvisionnement en eau potable et le traitement des déchets urbains,cela pour toutes les conséquences –sanitaires notamment- que ces deux problèmes peuvent engendrer.

Quelques vidéos d’un grand bonhomme qui sait de quoi il cause et mérite d’être entendu (sans préjuger des sites –plutôt d’orientation « libérale »- sur lesquels je les ai trouvés) :
http://alerte-environnement.fr/?p=2432
http://www.france-info.com/chroniques-parlons-net-2009-11-27-parlons-net-vincent-courtillot-un-climatosceptique-tempere-373798-81-264.html
http://www.objectifliberte.fr/2009/09/rechauffement-climatiquecourtillot-expose-erreurs-du-giec.html

Et cette rétrospective http://vincentcourtillot.blogspot.com/

Écrit par : Daniel D. | 05.02.2010

@ Laurent : J’apprécie beaucoup votre article, ainsi que vos commentaires ; vous essayez de faire preuve de mesure et vos propos sont équilibrés, c’est rare et très appréciable sur ces sujets... Permettez-moi quelques remarques complémentaires, dans un ordre à peu près chronologique en suivant votre article (je ne parlerai pas de celui du Monde, trop confus - même s’il garde un intérêt) et les autres commentaires.

Il ne faut pas réduire la manière dont est appréhendé un sujet, avec ce qu’en disent les médias et les politiciens (qui, en l’occurrence, sont totalement incompétents, Al Gore et YAB y compris). La focalisation excessive sur le CO2 existe (et est déplorable), mais de nombreux scientifiques et certaines ONG ont bien conscience que le problème est plus large et ont une approche globale (notamment avec le méthane, les oxydes d’azote, etc).

Précisons que les émissions de CO2 imputables aux activités humaines ne concernent pas que les combustions de matières organiques fossiles (pétrole, gaz, charbon) : il y a aussi les cimenteries, la déforestation, etc. Tout ceci est chiffré, on peut trouver les données facilement en ligne. Idem pour les autres GES et leurs sources (méthane issu du bétail mais aussi des rizières par exemple - et apparemment bientôt du pergélisol septentrional et des hydrates benthiques, ce qui est encore plus préoccupant...).

L’une des autres pressions du libre-échange est l’inflation des transports qu’il requiert, donc l’explosion de la dépense énergétique associée...

En anticipant sur le reste des commentaires, je propose deux autres sites d’information :

http://iceblog.over-blog.com/

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/

Sur le second, il y a de nombreux articles (qu’il faut retrouver, je reconnais que ce n’est pas facile car l’auteur publie beaucoup et pas seulement sur ce sujet) qui sont éclairants pour eux-mêmes et les liens qu’ils recèlent, mais aussi par les vifs débats qui ont lieu dans les commentaires (c’est long et fastidieux mais édifiant).

@ Daniel : vous avez parfaitement raison de poser le problème sur le plan de la vérité scientifique ; mais cela implique de fait que tout le monde n’est pas habilité à débattre et que les débats doivent obéir à des règles précises qui ne sont pas celles du jeu politique habituel (en particulier le relativisme et la possibilité de réflexions “hors sol”) - d’ailleurs, *personne* ne peut prétendre parler de ce sujet de manière exhaustive, la complexité du système climatique fait qu’on ne peut pas maîtriser toutes les disciplines qui interviennent dans son étude et c’est précisément pour cela que le GIEC a été constitué : il regroupe des spécialistes de divers domaines qui apportent chacun leur petite contribution... En parlant du GIEC, il faut également distinguer les différents textes qu’il produit (traductions comprises) car tous n’ont pas la même qualité... inutile donc de trop prêter attention aux récentes polémiques montées en épingle à propos de simples coquilles qui ont été corrigées et abondamment justifiées depuis.

Vos données chiffrées montrent la confusion qui règne dans les esprits sur ces sujets. Je ne peux pas faire un cours ici, j’essayerai d’être bref. L’enjeu à propos du CO2 ne réside pas dans les quantités totales de carbone présentes sur la planète, mais dans les déséquilibres introduits par les activités humaines lorsqu’elles déstockent vers l’atmosphère une partie du carbone auparavant immobilisé (gisements organiques fossiles notamment). Idem pour les différents GES dans leur globalité : que la vapeur d’eau soit responsable de la plus grande partie de l’effet de serre ne change rien à l’affaire. C’est un peu comme pour le déficit d’un budget : vous n’avez pas besoin d’acheter un yacht pour être à découvert, si vous étiez ric-rac l’achat d’un simple bouquin suffit - et alors toute une procédure bancaire s’enclenche, agios etc (et ceci, indépendamment du fait que certaines lignes budgétaires sont considérables par ailleurs, comme le loyer ou le remboursement du prêt pour l’achat du logement).
Vous pensez bien que le GIEC n’aurait pas pu se constituer et agir auprès des Etats si des éléments aussi simples et évidents permettaient de mettre à bas toutes les considérations sur les changements climatiques (j’évite sciemment le terme de réchauffement, qui ne me convient guère à moi non plus). J’en profite pour un petit aparté : les données et les théories de base sur ces questions climatiques ne sont pas l’effet d’une mode même si les médias en donnent l’impression, tout ceci est dans les tuyaux depuis plus de trente ans et, en tout état de cause, bien avant le milieu des années 1990 où il est devenu “juteux” pour certains milieux scientifiques et autres, de faire monter la mayonnaise. On ne peut donc pas se contenter de dénoncer une tendance complotiste ou opportuniste (même si je crois effectivement qu’il existe certaines dérives, lesquelles pour autant ne remettent pas en cause le fond du problème) ni de balayer d’un revers de main toutes les considérations actuelles sur le climat...
Il y a donc un cycle (dit biogéochimique) du carbone, qui décrit des flux et des transformations très divers et complexes, à peu près équilibré à l’échelle planétaire (équilibre dynamique bien entendu). Les activités humaines viennent le perturber en divers points, notamment en augmentant la quantité de carbone en circulation et en le transférant vers l’atmosphère (peu importe que les quantités soient dérisoires face aux stocks totaux, il n’est pas nécessaire de mettre un piano sur une balance pour modifier son point d’équilibre, une plume peut suffire). Notons en passant qu’une partie de cet excès de carbone atmosphérique se retrouve ensuite dissous dans les océans ce qui a des conséquences très graves sur l’écosystème (via une augmentation de l’acidité des eaux, je ne détaillerai pas) : il n’y a donc pas que l’aspect climatique en jeu...

Dire que l’espèce humaine a pu traverser à des perturbations climatiques importantes relève d’une curieuse extrapolation, dans la mesure où les conditions n’étaient pas du tout les mêmes (effectifs, consommations de matière et d’énergie, etc) et où la manière dont les choses se sont passées n’est pas franchement réjouissante (une survie finale certes, mais pour quel taux de mortalité au bilan?).

@ Laurent : la nécessité de “décarboner” notre mode de vie est en effet un autre (sinon LE) motif pour poursuivre les efforts, c’est une question d’indépendance énergétique (d’autant plus prégnante avec l’épuisement progressif des ressources) et d’économie (les coûts vont augmenter, probablement de manière chaotique). Ceci dit, il ne s’agit pas d’exiger “zéro émissions de CO2” (ce serait d’ailleurs impossible dans certains secteurs) : la planète peut absorber une partie du surplus d’origine anthropique, et il n’est nécessaire de réduire ces émissions “que” de 75% (le fameux facteur 4, qui prend en compte l’accroissement inévitables dans les pays en développement).

@ Malakine : cf. ce que je disais ci-dessus : ce n’est pas parce qu’un sujet est instrumentalisé qu’il est faux sur le fond... tu devrais d’ailleurs savoir mieux que quiconque te méfier des tourbillons médiatiques, tu as même décrit le processus... (pour les nanotechnologies, on y est déjà, tu trouveras un très bon article sur le blog que j’ai cité plus haut)
En matière de pensée unique, il faut faire attention : comme nous le disions plus haut, nous sommes ici sur le terrain scientifique et il n’obéit pas aux règles du débat politique, donc on ne peut pas dire tout et son contraire juste pour dire de controverser... il ne s’agit pas d’opinions !
Sur l’éventuel complot, j’ai déjà parlé des possibilités d’opportunismes scientifiques ou industriels ; ils n’invalident en rien le fond de l’affaire. De manière générale, on peut très bien être “du bon côté” pour de “mauvaises raisons” (lors d’un referendum, les deux camps réunissent chacun des gens aux motivations diverses et toutes ne sont pas forcément à notre goût ni même défendables). De plus, il y a forcément un intérêt économique quelque part dès lors qu’on parle des activités humaines dans leur globalité (transports, etc), ça ne signifie pas que les arguments relèvent uniquement de ça...

@ Daniel : La démarche de M. Courtillot est (semble?) honnête et je l’apprécie dans une certaine mesure. Cependant, il le dit lui-même, il n’est pas compétent sur le sujet et s’est mis à l’examiner il y a quelques années seulement alors qu’il travaillait dans un tout autre domaine auparavant. A cet égard, il était prévisible de trouver des éléments apparemment contradictoires ou faibles dans l’énorme dossier constitué depuis des années : par exemple, le système climatique est l’objet de contraintes diverses qui ne vont pas toutes dans le même sens (de la même manière qu’un budget comporte... des recettes et des dépenses) et cela n’a pas grande signification d’en isoler certaines pour discuter de leur orientation contraire au discours global... ou encore, les évolutions du climat sur les différentes régions de la planète ne sont pas toutes comparables ni même cohérentes, ce qui n’invalide pas forcément les mécanismes généraux considérés (pour caricaturer, des régions peuvent se réchauffer et d’autres se refroidir - c’est en partie pour cela qu’il est préférable de parler de changement climatique). Pour mémoire, et sauf erreur de ma part, M. Courtillot ne conteste pas l’existence d’un réchauffement climatique global. Il faut d’ailleurs considérer l’ensemble de son discours (et pas juste ce qui arrange, comme l’affaire de la dérive des continents - qui ne reste d’ailleurs qu’un exemple historique et ne démontre rien ni dans un sens ni dans un autre dans le cas actuel), qui tord le cou à pas mal d’idées reçues qui circulent chez les “sceptiques” et permet de faire avancer le débat, en l’épurant des erreurs les plus grossières qu’il devient fatigant de retrouver sans cesse dans les discours et de devoir rectifier... Quant au reste des arguments des “sceptiques”, il conviendrait également d’écouter ce que leur répondent les “tenants de l’orthodoxie” et c’est parfois édifiant (le plus intéressant est d’ailleurs probablement ce vigoureux “ping-pong” auquel on assiste quand les gens débattent sérieusement et honnêtement). Même si nous sommes parfois largués en tant que non-spécialistes...
Bien sûr qu’il y a des problèmes tout aussi (voire plus) urgents que la déplétion énergétique, mais le politique doit être sur tous les fronts et ne doit rien négliger, c’est tout de même sa fonction ; par ailleurs, il doit également considérer le long terme, anticiper (y compris la future pénurie) et donc prendre dès aujourd’hui les mesures nécessaires compte tenu de l’inertie considérable de certains domaines (en l’occurrence, les modifications profondes de la société en termes d’urbanisme, bâtiment, transport, etc - ainsi que le système climatique lui-même). La question de l’eau est d’ailleurs pleinement reliée à la question énergétique (dessalement, irrigation, traitement/épuration, etc).

Écrit par : florent | 10.02.2010

@ Florent,

Merci pour votre commentaire, très enrichissant et d'autant plus appréciable qu'il vient de quelqu'un qui maîtrise beaucoup mieux ces sujets que moi.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 10.02.2010

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