16.03.2010
Le néolibéralisme est un darwinisme
C’est Jacques Généreux qui l’affirmait à raison dans son livre « La dissociété ». La démonstration de l’ancien socialiste passé depuis au Front de Gauche se trouve considérablement renforcée par les évènements des 18 derniers mois.
La loi du plus fort
Dans ce livre de référence, l’économiste se faisait volontiers philosophe et affirmait que le libéralisme avait muté à la fin du 19ème siècle en néolibéralisme sous une double influence. Tout d’abord, les théories de Darwin, pour lesquelles la loi du plus fort serait la loi de la nature à travers la théorie de l’évolution. Puis l’application des mathématiques à l’économie puisque la mise en équation de l’homme doit présupposer un être autonome uniquement mû par ses intérêts égoïstes.
La thèse du livre était de dire qu’au contraire, l’homme avait deux facettes : « l’être soi » et « l’être avec », le premier représentant le versant individualiste et autonome de l’homme, le second, son besoin de lien social. Il va sans dire que pour l’auteur, l’homme ne peut s’épanouir que dans un équilibre de ces deux êtres. Il soutient en revanche que la société néolibérale en construction depuis quelques décennies tend à nier le besoin d’être avec pour ne retenir que l’être soi.
Une crise darwinienne
La crise que nous traversons est une illustration parfaite de cette analyse. En effet, les néolibéraux ont obtenu des Etats et des hommes politiques de droite comme de gauche qu’ils laissent faire le marché, que ce soit pour le commerce, la monnaie ou la finance. Ainsi, les droits de douane ont baissé, les marchés monétaires ont été libéralisés, les mouvements de capitaux libérés et les banques ont d’autant plus pu faire ce qu’elles voulaient que ce sont elles qui fixent leurs règles…
C’est bien l’anarchie néolibérale qui est responsable de la crise. Pour reprendre les termes du Général de Gaulle, le « laissez-passer » provoque en Occident chômage et perte de pouvoir d’achat, ce qui pousse les ménages à s’endetter toujours davantage pour pouvoir acheter un logement, d’autant plus qu’ils sont appâtés par les prêts trompeurs des banques, que l’on a « laissé-faire » pour cela et pour se couvrir par des mécanismes qui démultipliaient le risque au lieu de le couvrir.
Une solution toute aussi darwinienne
Pire, la loi du plus fort s’est aussi illustrée dans les remèdes apportés à la crise. Alors que l’on a laissé les ménages empêtrés dans des emprunts léonins faire faillite et perdre leur maison, les banques qui avaient joué avec eux ont été jugé « trop grosses pour faire faillite ». Pire, la crise a encore aggravé la concentration du secteur tout en ayant consacré l’aléa moral du système financier qui sait aujourd’hui que les Etats les sauverons forcément en cas de crise, pour éviter une faillite du système.
Et aujourd’hui, alors que les grands pays peuvent avoir des déficits massifs sans sanction du marché, les plus petits (Irlande, Grèce, Lettonie) se voient imposer des plans de rigueur sauvages. De même, si la crise frappe durement les plus pauvres, avec l’envol du chômage et la stagnation du pouvoir d’achat, les grandes fortunes et les traders ont passé une très bonne année 2009, au point que certains se portent presque déjà mieux qu’avant la crise.
Naomi Klein avait raison de parler d’horreur économique. C’est bien ce qui caractérise le système actuel. La volonté de libéralisation sans limite de l’économie provoque un retour en arrière effrayant où l’homme revient à l’état de nature dans une loi de la jungle qui efface notre humanité.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : néolibéralisme, jacques généreux, la dissociété




Commentaires
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Écrit par : OrangeOrange | 16.03.2010
Bonjour,
un billet qui parle de Jacques Généreux ne peut qu'être qu'enrichissant.
Entièrement d'accord avec votre analyse dans la critique de la dérive néolibérale de notre société.
(tout) Petit bémol : il me semble que c'est plutôt Vivianne Forrester qui avait parlé de l'horreur économique ; Naomi Klein avançant plutôt une thèse sur la stratégie de la terreur et du choc utilisée par le capitalisme néolibéral pour s'imposer contre la volonté populaire (en tout cas dans son dernier livre)
Merci encore pour votre blog.
Écrit par : Stef_Paris | 16.03.2010
Cher Laurent,
Il ya beaucoup d'erreurs dans ton papier qui sont d'ailleurs celles de Généreux.
Le darwinisme n'a pas inspiré le néolibéralisme, d'ailleurs Adam Smith - qui n' airne d'un néolibéral - rendait hommage à Darwin pour l'avoir inspiré.
Pour Darwin la sélmection se fait au niveau de la classe et non de l'individu et ça change tout! La classe cela veut dire la coéhrence de la société et de ses liens sociaux pour faire face à un environnement hostile. Cela n'a rien à voir avec le "darwinisme social" des nazis et des communistes.
Par contre, ce qui a inspiré le néolibéralisme ce sont les théories de Malthus qui sont à l'origine de la révision de la loi sur les pauvres en Angleterre de 1832.
La gauche est aussi darwinienne que les libéraux: elle pense également que les ressources sont limitées et qu'il faut partager le gateua existant.
De même, elle partage avec les néolibéraux (Marx s'en revendiquait) la théories de Ricardo sur les vantages comparatifs relatifs, qui ont pour conséquence de maintenir les pauvres dans la pauvreté.
D'où l'idée absurde du "partage du travail" chère à Miss Aubry et aux Verts.
La seule ligne de fracture qui vaille en économie est celle qui oppose ceux qui pense que les rendement sont décroissants (les ricardiens) et ceux qui pensent - ce qui est le cas - que les rendement sont croissants (les schumpéteriens).
La sortie est donc dans l'industrie et non dans le pétainisme de gauche des Généreux et du retour à la terre.
Amitiés
Écrit par : Claude Rochet | 16.03.2010
@Claude Rochet
"Le darwinisme n'a pas inspiré le néolibéralisme, d'ailleurs Adam Smith - qui n' airne d'un néolibéral - rendait hommage à Darwin pour l'avoir inspiré."????????????????????
Darwin est né en 1809 soit 19 ans après la mort d'Adam Smith(mort en 1790) il y a comme un problème de cohérence temporelle dans votre assertion.
Écrit par : yann | 16.03.2010
Exact, au temps pour moi: ma fourche a langué, c'est Darwin qui rend hommage à la systémique de Smith, dont le premier ouvrage est un traité d'astronomie.
Smith concevait le monde comme un équilibre possible, non par le jeu du marché, mais par l'aspiration à la justice, dont il faisait le pivot de son analyse dans "La théorie des sentiments moraux".
Cela dit, Darwin n'a rien à voir avec le néolibréalisme. Le titre de l'article de Laurent devrait être "Le néolibéralisme est un malthusianisme".
Écrit par : Claude | 16.03.2010
@ Yann
Merci. Tu m'as devancé.
@ Claude
Je pense qu'on ne s'est pas bien compris. Je n'ai pas attaqué Smith, qui est un libéral et non un néolibéral (je fais la distinction sur le blog depuis le début).
Pour lire The Economist depuis longtemps, j'ai quand même l'impression que ce que soutient Généreux est juste. Il y a un côté darwinien chez les néolibéraux (attention, je ne parle pas des libéraux). Je crois que cela se retrouve dans la société étasunienne et dans le laissez-faire. En outre, ce n'est pas parce que Malthus a influencé les néolibéraux que Darwin ne les aurait pas influencé... En quoi penses-tu que Darwin n'a pas influencé les néolibéraux ?
Note que je n'ai pas dit que la gauche n'était pas sous influence darwinienne. Ce qu'on appelle la gauche aujourd'hui s'est pour beaucoup rallié aux thèses néolibérales.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.03.2010
@ Laurent,
Si je me souviens bien, le Darwinisme ce n'est pas la loi du plus fort. Ceux sont les individus les mieux adaptés qui survivent et transmettent le gène contenant l'avantage comparatif à leurs descendants, faisant évoluer progressivement l'espèce toute entière. Si on applique le Darwinisme à l'économie, c'est le système économique le plus adapté qui survivra. Et il ne faut pas oublier la notion du temps, fondamentale dans l'évolution. L'économie moderne est beaucoup trop récente pour avoir vécu un véritable processus d'évolution au sens darwinien.
Sur le fond, je crois qu'on peut en effet dire qu'un système trop individualiste (libéralisme à outrance, tel que le néolibéralisme actuel) est condamné car il ne satisfait que la partie égoïste de l'être humain. Un système trop égalitaire (idéal communiste) est également voué à l'échec car il oublie le besoin de différenciation et d'individualisme. Je pense que nous vivons des mouvements d'oscillation entre les deux extrêmes, qui souhaitons- le finiront pas se stabiliser dans un système équilibré. La chute du communisme à l'est a provoqué une relance de l'ultralibéralisme. Les excès de cet ultralibéralisme que nous vivons actuellement devraient un jour ou l'autre provoquer un virement dans l'autre sens, espérons que ce ne sera pas jusqu'à l'extrême.
Écrit par : Antoine | 16.03.2010
Non, le darwinisme n'est pas la loi du plus fort, car la théorie de Darwyn s'applique A LA CLASSE et non à l'élément. C'est donc la cohérence d'un système, par la quantité et la qualité des interactions qu'il est capable de générer en son sein, qui le rend capable de survivre et de dopminer un environnement turbulent.
Écrit par : Claude | 16.03.2010
Non, le darwinisme n'est pas la loi du plus fort, car la théorie de Darwyn s'applique A LA CLASSE et non à l'élément. C'est donc la cohérence d'un système, par la quantité et la qualité des interactions qu'il est capable de générer en son sein, qui le rend capable de survivre et de dopminer un environnement turbulent.
Écrit par : Claude | 16.03.2010
@ Antoine,
Attention, je dis seulement que les théories de Darwin ont influencé les néolibéraux. Et je persiste à le penser.
Je suis complètement d'accord avec la deuxième partie de votre post, qui est exactement ce que Généreux développe avec les concepts d' "être avec" et "être soi".
@ Claude
Oui, mais si c'est la "classe" ou l'espèce la plus fort qui survit et les individus les plus adaptés qui survivent, cela correspond bien au discours de Généreux il me semble.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.03.2010
@ Stef
Merci d'avoir rendu à Viviane Forrester ce qui lui revient. C'est un livre de 1996. Je me souviens de l'avoir acheté, parce que j'aime beaucoup Virginia Woolf, dont V. Forrester est une grande spécialiste. Je me souviens du soulagement, de l'impression que mes yeux se dessillaient à cette lecture... Tant d'années passées dans la confusion parce que j'étais d'autant plus victime du TINA (« There is no alternative... ») qu'il m'était assené par des « socialistes » : DSK, Lamy, etc.
Ce livre de Viviane Forrester fut pour moi celui du retour à la vie (je ne connaissais pas encore Généreux...).
Merci à vous, Laurent Pinsolle, pour ce blog que je fréquente presque tous les jours, et dont j'apprécie les analyses, sans pour autant être gaulliste ou villepiniste (mais chevènementiste, oui, toddiste (Emmanuel) aussi !
Écrit par : Alexandria | 16.03.2010
@Laurent
Bon disons que le pauvre Darwin a été outrageusement simplifié et appliqué à l'économie et à la société en générale par les néolibéraux. Je crois aussi qu'ils ont sorti les thèses de Darwin de leur contexte. Ccomme les libéraux classique ont utilisé les outils mathématiques usités en physique pour parraitre scientifique aux yeux des naïfs.
Les néolibéraux se servent des autres sciences en les simplifiants et en les sortant de leurs contexte au lieu d'analyser le monde réel et d'en déduire des solutions ou des hypothèses validé par des mesures pratiques. Ils n'ont pas une démarche scientifique, mais tel BHL en philosophie , ils font semblant et vont piqué les idées qui semblent momentanément coller à leur objectif idéologique à savoir la supression du collectif et de l'état.
De plus il faut rappeler que la théorie darwinnienne n'explique pas l'appariition des organes complexes par exemple, et ignore des phénomènes comme la coopération. La symbiose par exemple est un processus coopératif entre différentes espèces extrêment fréquent et qui entre en contradiction avec les principes de la sélection naturelle. Les espèces travailant ensemble au lieu de se concurrencer. La selection n'est qu'une parite des mécanismes de l'évolution, elle n'explique pas tout loin s'en faut même.
Sinon que pense tu, Laurent, des derniers propos de Christine Lagarde sur l'Allemagne?
http://lebondosage.over-blog.fr/article-krugman-attaque-la-chine-lagarde-l-allemagne-46773106.html
Écrit par : yann | 16.03.2010
@ Yann,
Christine Lagarde a raison dans l'analyse mais oublie de citer la cause du comportement de l'Allemagne : l'euro. C'est mon papier de demain.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.03.2010
Il est incontestable que Darwin fut influencé par thomas Malthus, alors si ce dernier a influencé les néolibéraux pourquoi ne pas imaginer un " certain " rapport entre ceux ci et darwin ?
Mais tout cela a t il vraiment une grande importance ?
Écrit par : Patrick Mennessier | 16.03.2010
mais qui sont ces affreux néolibéraux qui font rien qu'à pourrir la société qu'était si bien avant ? (certainement des cosmopolites qui se réunissent les nuits de pleine lune pour inventer des nouveaux produits financiers afin de piéger les états légèrement endettés).
Plus sérieusement, pourrait-on avoir une définition du néolibéralisme claire et précise ? De Buffet à Zemmour on le voit partout, mais personne ne le décrit de la même manière... serait-ce un nouveau dahu ?
Par ailleurs, il est amusant que vous ayez construit votre argumentation autour de la loi du plus fort. Ce n'est pas la thèse de Darwin (comme le signalait très justement un post). Rapprocher Darwin du libéralisme, pourquoi pas ? Le plus innovant, le plus adapté s'en sortira effectivement mieux.
J'espère que M. Généreux ne fait pas la même erreur.
De plus, si je vois très bien les problèmes posés par la trop grande 'mathématisation' de la science économique, je constate qu'une fois de plus vous êtes dans l'approximation, en confondant (à dessein ?) l'utilitarisme (qui est une approche économique) et le libéralisme (qui est plutot une philosophie du Droit).
Enfin, penser qu'on a 'laisser faire' les banques est plus qu'un déni de réalité ; c'est une contre vérité historique. L'administration Clinton a en effet pousser Fanny et Freddie à preter à des ménages possiblement non solvables. Le risque pris par un gouvernement à travers des sociétés d'économie mixte est assez éloigné du 'laisser faire' libéral. Je passe évidement sous silence le droit bancaire international, lourd, rigide et complexe. Si la loi de la jungle était organisé comme le droit bancaire, le lion devrait retirer le formulaire A17 au guichet XXXII avant de chasser la gazelle.
Votre blog est décidément délicieux.
Écrit par : pythéas | 17.03.2010
@Pythéas
"Enfin, penser qu'on a 'laisser faire' les banques est plus qu'un déni de réalité ; c'est une contre vérité historique. L'administration Clinton a en effet pousser Fanny et Freddie à preter à des ménages possiblement non solvables."
Mais vous avez raison, c'est les méchants pauvres et le gros état stupide qui ont fait s'effondrer le château de carte. Posez vous la question, que ce serait il passé depuis trente ans aux USA sans la bulle du crédit? Il n'y aurait pas eu de croissance du tout. Pour la bonne et simple raison que les idées néolibérales, celles qui consistent à faire un usage massif des trois libertés, liberté de circulation des capitaux des marchandises et des personnes on produit une compression des salaires et une dégradation vertigineuse de l'industrie US.
Le néolibéralisme empêche l'état d'intervenir là où il est efficace dans la limitations des importations ou dans les poliques industrielles. Il se contante alors d'intervenir sur le plan social avec comme effet secondaire de faire exploser les dépenses public, et les mesures absurdes comme l'endettement des minorités. Parce qu'il faut bien que les gens continuent à manger même si certains verraient bien les inutiles mourrir de faim en bon darwiniste sociaux qu'ils sont.
Je suis stupéfait par la malhonnèteté intellectuelle qui consiste à présenter la crise comme celle de l'état interventionniste, c'est du pur sophisme, sans fondement. La crise est le fruit du libre-écchange, du système moéntaire à change flottant et de la libre circulation des capitaux, ce sont ces trois absurdités néolibérales ou monétaristes qui sont à la source de tous ce merdier. C'est bien parce que les nations ont renoncées à controler réellement l'économie que rien ne va plus.
Qui plus est il y a véritablement une contradiction entre le libéralisme économique et le libéralisme politique. Le libéralisme économique cassant la possibilité pour la démocratie de s'exprimer dans le domaine de l'économie par le truchement de l'état. Le libéralisme économique est un ennemie de la démocratie par cet état de fait, et il est alors guère surprennant de voir des néolibéraux faire l'apologie de dictatures. Comme c'est visible dans ce texte:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3003
C'est bien ce à quoi mène leurs raisonnement visant à "naturaliser" l'économie, alors qu'elle n'est qu'un rapport de force sociologique. Là ou le libéralisme politique menait à la paix sociale et au dialogue et des rapports de force civilisées, le libéralisme économique mène à la guerre de tous contre tous.
Écrit par : yann | 17.03.2010
"La crise est le fruit du libre-écchange, du système moéntaire à change flottant et de la libre circulation des capitaux, ce sont ces trois absurdités néolibérales ou monétaristes qui sont à la source de tous ce merdier." effectivement, c'est du pur sophisme. Quand à la pratique de mettre des 'si' devant des évènements historiques, c'est intellectuellement amusant, mais c'est du temps perdu. 'et si' Nivelle n'avait pas été aussi bavard, 'et si' Bonaparte s'était embarqué avec La Pérouse... super !
'C'est bien parce que les nations ont renoncées à controler réellement l'économie que rien ne va plus'
Contrôler l'économie ? L'Etat français contrôle toujours l'économie nationale... quand on en absorde 53%... on en controle la majorité. Mais pour en faire quoi ?
Parallèlement, l'Angleterre ne s'est-elle pas développée en encourageant l'économie au lieu de vouloir la controler ?
By Jove, c'est qu'ils sont pas si cons ces gibons !
Votre lien est stupéfiant ! Tout comme vouloir le libéralisme politique sans libéralisme économique.
Cela dit, je viens enfin de comprendre ce que vous désignez par 'néolibéraux' : des gens comme criticus ou maxime zjelinski, qui associent le bon sens économique (ce que vous appelez libéralisme, mais qui n'est pas que ça. j'ai un peu la flemme de vous en mettre des tartines sur les variantes et nuances, mais la science éco est pas aussi doctrinale que ça) et conservatisme des moeurs.
Votre vision de l'économie comme une lutte est marxiste.
l'économie n'est pas une lutte : c'est une entente !
En revanche, la lutte est sociale, car certains ont toujours du mal à comprendre qu'il est plus interessant de faire grossir le gateau que de sans cesse vouloir en négocier le partage.
ce sont des méthodes de flibustiers, ou de gauchistes.
Le fait d'en avoir rien à foutre de la façon dont vivre les autres est la voie du milieu entre le vivrensemblisme et la guerre de tous contre tous.
Ce qui n'empeche pas de donner du temps aux indigents ou à combattre la misère. Mais sans misérabilisme. Et seulement si on veut. Pas d'obligation de grands discours sur la misère et les tempsquisontdursmapov'dame. Just act !
Écrit par : pythéas | 17.03.2010
Les arguments de pytheas sont assez culculs et très classiques.
Il est clair qu'il y a eu capture de l'appareil d'Etat par les néolibéraux, processus qui avait été décrit à la fin du XIX° par Thorstein Veblen sur "la théorie de la classe de loisir" (le titre exact en norvégien est "théorie des gens qui ne font rien").
Le théoricien libertarien Buchanan est d'ailleurs cohérent sur ce point en déclarant qu'il ne faut pas d'Etat du tout car même les libéraux au pouvoir le font grossir à leur profit.
La question n'est pas celle d'un Etat qui serait bon en soi, mais du rôle qu'il joue et s'il doit jouer un rôle.
Le fait est qu'aucune société ne s'est développé sans Etat, à commencer par les sociétés dites libérales, à commencer par l'Angleterre et les US.
Le problème aujourd'hui est que nous avons un "Etat prédateur" comme le définit bien Galbraith fils, en actualisant la pensée de Veblen.
Écrit par : Claude | 17.03.2010
Le néolibéralisme est véritablement une idéologie mortifère, de la guerre de tous contre tous. Alors que la gauche est elle devenue aussi complices de son développement, il est de notre devoir en tant que gaulliste, de devenir les résistants des temps modernes face à cette merde néolibérale, sans quoi on ne peut que craindre pour notre avenir et celui de nos enfants.
Écrit par : Gaulliste | 17.03.2010
C'est vrai qu'avec 60 % de prélèvements obligatoires, des règlementations qui étouffent tout le système économique, à commencer par le système bancaire, la France est vachement libérale. La France est sociale-démocrate et finira par le payer très cher.
Mais dites-moi, avez-vous déjà lu un livre écrit par un libéral ?Bastiat, Mises, Hayek, l'école autrichienne d'économie : ça vous dit quelque chose ? Visiblement non.
Dernier truc : le néolibéralisme, ça n'existe pas.
Finalement, c'est Audiard qui a raison.
Écrit par : toto87 | 18.03.2010
Je crois que vous n'avez pas lu Hayek: je l'ai fait c'est intéressant. D'une part c'était qqn de très honnête, d'autre part, son système d'émergence spontané des institutions par le bas n'est pas faut, mais il suppose l'existence d'un Etat, qui est un dispositif central chez Hayek.
Finalement Hayek tombe sur une aporie et démontre l'impossibilité pratique du libéralisme.
Enfin, cher toto, ou zozo, votre ton condescendant est inacceptable: je ne suis pas plus débile que vous et a priori beaucoup plus qualifié pour me prononcer sur ces questions.
Écrit par : Claude | 19.03.2010
Cela me fera toujours marrer de voir des gogoglistes se plaindre du grand capitalisme. C'est oublié que la politique du colonel de gaulle a été de favoriser le grand capital au détriment des PME PMI et des entreprises familiales.
On se demande pourquoi la famille Dassault se dit toujours gaulliste...
Que son premier ministre fut Pompidou un ex banquier de Rotchild.
Écrit par : Olivier | 13.01.2011
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