17.03.2010
La France questionne le modèle Allemand
Je ne suis pas le plus grand fan de Christine Lagarde, loin de là. Néanmoins, elle vient juste de poser une très bonne question en mettant en cause le modèle de développement non coopératif que suit l’Allemagne depuis une quinzaine d’années.
Le modèle du « passager clandestin »
Au début des années 90, les coûts salariaux de l’Allemagne étaient 25% plus élevés que le reste de l’Union Européenne. L’arrivée de la monnaie unique fixant irrévocablement les parités monétaires au sein de la zone, Gerhard Schröder a compris que son pays risquait de grandement souffrir de ce différentiel de coûts. Le pays a donc choisi sa compétitivité contre les salaires, qui stagnent puis 15 ans. Le Figaro rapporte ainsi que les coûts salariaux auraient progressé de 5% en Allemagne de 1996 à 2009 contre 35% en France, 45% en Espagne et 65% en Grèce.
Mécaniquement, les exportateurs Allemands ont fortement gagné en compétitivité au sein de la zone euro, ce qui a permis à l’Allemagne de considérablement augmenté son excédent commercial dans la zone car les autres pays ne peuvent plus dévaluer pour remettre les compteurs à zéro. Cette politique a une autre conséquence, une stagnation des salaires qui déprime la demande et la croissance (l’Allemagne a eu la plus faible croissance de la zone euro après l’Italie) et donc ses importations puisque la demande intérieure est atone, ce qui renforce plus encore l’excédent commercial.
Un cercle vicieux
C’est que l’euro a mis en place un cercle vicieux où celui dont les coûts salariaux évoluent le moins vite limite ses importations tout en dynamisant ses exportations au sein de la zone, du fait de la croissance plus vive de ses voisins qui ne compriment pas autant leur demande intérieure. En clair, il y a une immense prime à la compression du pouvoir d’achat et au moins-disant social du fait de la rigidité de la monnaie unique. Celui qui limite le plus les gains de pouvoir d’achat profite de ceux de ses voisins et empoche des excédents commerciaux grandissant, comme le montre l’Allemagne aujourd’hui.
C’est cela qui a fait dire à Christine Lagarde qu’elle n’est « pas sûre que ce soit un modèle viable à long terme pour l’ensemble du groupe ». Notre ministre de l’économie a bien raison car si chaque pays suit ce raisonnement, les pays européens vont faire une course à la désinflation salariale qui aura un puissant effet dépressif sur les économies européennes. Loin de promouvoir la croissance, l’euro promeut une déflation sans fin et une compétition féroce sur les coûts qui a été et sera un frein majeur sur la croissance du continent pour les prochaines années.
Christine Lagarde a raison de dire que le modèle Allemand n’est pas viable pour la zone euro mais elle oublie de dire que l’euro est la cause première de ce comportement. Le ver est dans le fruit : c’est l’euro qui pousse à des comportements non coopératifs et prédateurs.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : christine lagarde, euro, allemagne




Commentaires
Tout à fait d'accord avec vous.
Si l'on peut se réjouir des mots de Christine Lagarde, témoignant au moins d'une prise de conscience, je reste sceptique quant à la mise en œuvre d’ actions pouvant en découler. Je crois assez peu en la capacité de Sarkosy d’imposer un rapport de force à l'Allemagne. Paroles, paroles…
Écrit par : xavier | 17.03.2010
Je me doutais que tu allais écrire la dessus. C'est effectivement un sujet majeur. Nous sommes peut-être à un moment de bascule. Je ne commente pas plus car je suis en train de préparer une longue note à ce sujet.
Écrit par : Malakine | 17.03.2010
"En clair, il y a une immense prime à la compression du pouvoir d’achat et au moins-disant social du fait de la rigidité de la monnaie unique."
Ah oui, il est vrai que les Allemands ont un pouvoir d'achat plus faible que les Français et que leur système social est basé sur le moins disant.
Et l'Allemagne, en passager clandestin de la zone euro, c'est ... géniallissime.
Écrit par : h16 | 17.03.2010
Ahhh voilà les fossoyeurs néolibéraux qui débarquent ... Rappelons que si nous en sommes là actuellement, c'est de votre faute ! Il serait donc peut être temps que l'on vous juge pour tout vos crimes: désastre économique, destruction de la nation et de ces valeurs, multinationales prédatrices, ...
Écrit par : Gaulliste | 17.03.2010
"Rappelons que si nous en sommes là actuellement, c'est de votre faute !"
mmm développez un peu, les ultranéoanarcho libéraux n'attendent que vos explications.
Écrit par : Omboy | 17.03.2010
On doit vous faire un dessin pour expliquer les dégâts du libre-échangisme ? Du monétarisme néolibérale ? Du non-interventionnisme d'État ? De la destruction des acquis sociaux ? De la baisse des impôts pour les mêmes ? Il est grand temps que l'hégémonie néolibéral prenne fin, cela n'a que trop durer.
Écrit par : Gaulliste | 17.03.2010
@ Laurent
Quand on voit la violence des réactions d'outre-Rhin, on a l'impression que Christine Lagarde vient de remettre en cause un véritable dogme!
http://www.boursier.com/vals/all/christine-lagarde-met-fin-a-la-polemique-avec-l-allemagne-eco-718.htm
Même si elle semblait reculer en apparence ce matin sur RTL (Apathie en avait eu des sueurs froides), elle maintient ses critiques en toile de fond.
Écrit par : Yanis Lapeyre | 17.03.2010
Voila ce qui nous attend : l'Allemagne qui dcide du budget de la France.
http://www.dailymotion.com/video/xck13c_charles-gave-euro-ligne-maginot-m%C3%83%C2%AAm_news
Et c'est certainement à cause des affreux néo-libéraux capitalistes mondialistes, que la France s'est endettée.
Écrit par : john_ross | 17.03.2010
En attendant, nous subissons déjà les délires économiques de la BCE qui détruit petit à petit l'économie française. Pareillement, les agences de notation décident quelle politique doivent mener les états ! Non mais, jusqu'où irons ils ? En quoi un pays ne peut il pas mener la politique économique qu'il entend ? C'est vraiment une dictature, et bien sur les néolibéraux cautionnent cela !
Écrit par : Gaulliste | 17.03.2010
@Gaulliste
Savez-vous au moins ce qu'est le libéralisme?
Et pourquoi qualifiez-vous les libéraux de néo-libéraux?
Au passage si vous aviez vue (de Charles Gave) la vidéo que j'ai posté vous seriez ce que pensent les libéraux dont Friedman du frankestein économique (voulu par les politichiens français dont notamment ceux du RPR) qu'est l'euro.
Écrit par : john_ross | 17.03.2010
Votre idéologie néolibérale est dédié à mettre fin à l’indépendance de la France et à lui faire adopter un modèle anti-social et anti-démocratique puisque dans votre fantasme de totalitarisme de marché vous vous engagez à détruire les institutions de l’Etat jusqu’à ses fonctions régaliennes privatiser ( voir à supprimer celui-ci et la nation pour les anarchistes néolibéraux ! ). Vous êtes aussi parmi les promoteurs de la mondialisation financière fer de lance d’un ultra-libéralisme de plus en plus débridé dont on constate actuellement les très nombreuses défaillances et limites, ce qui n'empêche pas pour autant les divers partis politiques de toujours plus accentuer ce système pour notre plus grand malheur.
Écrit par : Gaulliste | 17.03.2010
@Gaulliste
Rappelez moi la position de De Villepin sur le traité de Maastricht?
Rappelez moi aussi sa position sur le TCE?
N'y voyez-vous pas une légère incohérence avec propos?
Et pensez-vous que associer Gaulliste et Villepiniste est un sens?
La france perdra son indépendnace par l'incurie de ses politichiens qui comme de Villepin (voir son passage à Matignon) sont incapables de ne pas dépenser plus que les recettes de l'état.
Si la France perd son indépendance c'est de la faute des politichiens qui nous ont poussé à adopter la monnaie unique et qui n'ont pas voulu respecter les critères de Maastricht, si bien qu'aujourd'hui nous avons laissé le champ libre à l'Allemagne, et au rythme ou vont les choses elle dictera bientôt à la France sa politique économique.
Et je vous prierai de bien vouloir baller devant votre porte et de regarder les responsabilités de De Villepin, avant d'accuser les libéraux qui jamais au grand jamais n'ont voulu de la monnaie inique, ni encourager l'état à s'endetter.
Écrit par : john_ross | 18.03.2010
Ce qui est marrant en France (et, de manière générale, chez les gaullistes et autres socialistes) c'est que c'est toujours, systématiquement de la faute des autres : les marchés qui spéculent, les méchantes agences de notation qui font rien qu'à embêter les gentils Etats, les Allemands qui ont des salaires trop bas, les Irlandais qui ont des impôts trop faibles, etc.
Evidemment, c'est le reste du monde qui a tout faux et pas la France.
Écrit par : Cocorico!!! | 18.03.2010
"""""Evidemment, c'est le reste du monde qui a tout faux et pas la France."""
Et bien bizarrement mal grès les attaques de Sarkozy contre notre modèle, celui-ci s'avère être le plus résistant face à la crise. Et ils en sont ou vos modèles néolibéraux pendant ce temps là ?
"""libéraux qui jamais au grand jamais n'ont voulu de la monnaie inique, ni encourager l'état à s'endetter."""
Mais bien sûr, l'euro correspond tout à fait aux délires de l'ultra libéral Milton Friedman, de retirer le pouvoir monétaire au nation. Et Barosso s'est un marxiste pendant que nous y sommes ?
Écrit par : Gaulliste | 18.03.2010
Aux libéraux fossilisés, je signale sur le même sujet quelques papiers de journalistes qui sont plutôt connu pour leur bienpensance économique et qui vont dans le même sens.
Eric Le boucher : http://www.slate.fr/story/18595/lagarde-Allemagne-croissance-commerce-exportation-europe
Guillaume Duval : http://www.alternatives-economiques.fr/lettre-ouverte-a-mes-amis-allemands_fr_art_633_48598.html
J'avoue que la question est complexe. Hier, j'ai coincé en voulant faire un papier sur le sujet. C'est quand même difficile présenter l'Allemagne comme la Chine de l'Europe et de mettre toutes les difficultés de la France sur la concurrence allemande.
Il n'en demeure pas moins que :
- Le coût salariaux en allemagne ont été réduit ces dix dernières années, ce qui donne aujourd'hui un avantage sur les coûts à l'allemagne par rapport à la France et l'Italie.
- Les performances allemandes à l'exportation se sont faite essentiellement sur le dos des français et des italiens.
- La balance commerciale entre la France et l'Allemagne est quasiement aussi déficitaire que celle avec la Chine.
- Sans l'Euro, l'allemagne aurait une monnaie beaucoup plus forte compte tenu de ses excédents, ce qui rétablirait mécaniquement la compétitivté de la France et de l'Italie.
- La compression de la demande intérieure réalisée par l'allemagne sur la décennie a un effet récessif sur toute l'Europe qui n'est pas étranger aux déficits budgétaires de ses voisins.
- L'Allemagne joue perso sans aucun sens de la solidarité européenne.
- L'Allemagne est le bon élève du libre échange mondialisé, système dans lequel être compétitif signifie de savoir martyriser sa population.
et en conclusion j'ajouterais bien que la RDA était elle aussi le "bon élève" du bloc communiste, ce qui ne l'a pas empécher d'être le premier pays à s'effondrer !
Écrit par : Malakine | 18.03.2010
"Mais bien sûr, l'euro correspond tout à fait aux délires de l'ultra libéral Milton Friedman,"
Mon dieu, il était tellement favorable à l'euro qu'avant son instauration il avait dit que l'euro pouvait ne pas résister à une récession de forte ampleur en Europe.
Et sinon vous avez quoi à dire sur De Villepin qui a voté oui à Maastricht?
Que c'est un néo-ultra-libéral-capitaliste-mondialiste qui voulait retirer le pouvoir de la monnaie aux Etats?
Écrit par : john_ross | 18.03.2010
> Mais bien sûr, l'euro correspond tout à fait aux délires de l'ultra libéral Milton Friedman, de retirer le pouvoir monétaire au nation.
Vous êtes très, très mal renseigné sur Milton Friedman, qui a toujours dénoncé l'euro.
Quant au "pouvoir monétaire confié aux nations", ça ne veut rien dire. On ne confie rien à la nation, concept abstrait. Vous voulez sans doute parler de l'Etat...
Friedman proposait que les banques centrales soient gouvernées par des principes (taux d'inflation constant) plutôt que par la volonté des hommes politiques, qui passent leur temps à bidouiller l'économie avec une vision à court terme, en vue de se faire ré-élire.
Et ce n'est pas un ultra-libéral, puisqu'il ne remettait pas en cause le rôle des banques centrales (contrairement, par exemple, aux autrichiens).
Écrit par : Cocorico!!! | 18.03.2010
> L'Allemagne est le bon élève du libre échange mondialisé, système dans lequel être compétitif signifie de savoir martyriser sa population.
Pauvres allemands, qu'est-ce qu'ils sont martyrisés !
Alors que, grâce au modèle social français, inventé par De Gaulle et ses amis communistes, cela fait 50 ans que la pauvreté a été éradiquée en France !
Écrit par : Cocorico!!! | 18.03.2010
" les agences de notation décident quelle politique doivent mener les états ! Non mais, jusqu'où irons ils ?En quoi un pays ne peut il pas mener la politique économique qu'il entend ? C'est vraiment une dictature"
Béh ouai, quand on depense plus que ce qu'on gagne, on perd une partie de sa liberté c'est la vie ...
Écrit par : Jean bira | 18.03.2010
C'est bien ce que je disais, le mépris de la nation et de sa souveraineté et les pleins pouvoirs aux financiers, voilà le programme néolibéral.
Écrit par : Gaulliste | 18.03.2010
@ Malakine,
Merci pour tes ajouts qui complètent parfaitement mon propos. Il est frappant de voir Le Boucher et Duval aller dans le même sens.
@Tous
Ce qui me frappe, c'est tout de même la pauvreté des arguments des néolibéraux. Développez un peu votre pensée. J'ai fait un papier complet. Malakine a développé ses arguments. Vous, vous contentez de phrases ironiques sans vraiment développer une argumentation.
Pour moi, cela montre le côté théologique du néolibéralisme qui vire à un fanatisme religieux qui se ressent même plus le besoin d'argumenter.
Certes, l'Allemagne engrange des excédents commerciaux records, mais il faut tout de même rappeler qu'un excédent commercial est qqch de très abstrait pour les citoyens d'un pays. Le concret, c'est l'emploi, le pouvoir d'achat... Et justement, l'Allemagne conserve un fort volant de chômage (certes plus bas qu'en France, mais cela est la conséquence de sa démographie qui provoque une forte réduction de sa population active) et le pouvoir d'achat stagne, au mieux. Des études ont montré que le salaire réel médian a baissé depuis 10 ans. A titre personnel, cela vient au passif du bilan des dernières années.
Si je comprends bien, pour les néolibéraux, la juste voie économique, ce serait une baisse du pouvoir d'achat de 90% de la population et une forte hausse pour les 10% restant. Les Allemands, pays de classe moyenne, n'accepteront pas cela très longtemps.
@ John Ross
Notez que je distingue les libéraux des néolibéraux.
Pour le nom du blog, j'avoue qu'il est surtout la conséquence de l'époque à laquelle je l'ai créé. Sur le fond, je suis gaulliste, et c'est tout. Et outre le Général de Gaulle, ce sont JP Chevènement et P.Séguin qui ont participé à la construction de ma pensée. Villepin m'a donné envie de reprendre la politique fin 2006 car je souhaitais qu'il soit candidat. Aujourd'hui, je suis au service exclusif de NDA.
J'ai voté contre Maastricht et contre le TCE, ce qui me distingue de DDV et c'est un point de divergence très important. En revanche, Villepin a été un des rares premiers ministres à exprimer un certain souci de l'équilibre budgétaire puisqu'il a nettement réduit les déficits, à la veille d'une présidentielle qui plus est, ce qui est d'autant plus méritoire.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 18.03.2010
Ce que le Figaro n'indique pas, avec les hausses salariales comparées, c'est que les pays qui ont connu les plus forts hausses de salaires ne sont pas ceux qui ont le moins de chômage ou le plus faible taux d'inactivité chez les jeunes et les seniors.
Lorsque, comme en France, ces hausses sont dues aux salaires indexés sur le SMIC et arbitrairement relevés, on comprend le désastre en terme d'emplois et de pouvoir d'achat, surtout au sein d'une même zone monétaire qui interdit les ajustements de ces errements par le change.
Écrit par : Aurelien | 18.03.2010
@ Aurélien
J'adore. Merci de nous montrer le fond de la pensée néolibérale. Ainsi, des hausses du SMIC de 2 à 4% sont des errements. J'aimerai bien vous y voir avec de tels revenus ! Tous les théoriciens néolibéraux qui disent que les salaires sont trop élevés en France devraient se poser deux secondes la question de ce que c'est de vivre avec de tels revenus.
Pour moi, la hausse du pouvoir d'achat est un véritable objectif. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire des choses arbitraires et sans rapport avec les progrès de productivité, mais aujourd'hui, on constate que le système économique actuel confisque les gains de productivité pour le seul bénéfice d'1% de la population et des bénéfices des entreprises.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 18.03.2010
Sincèrement, n'essayez pas de vous en prendre aux libéraux, vous n'avez pas la culture économique pour le faire, ça se voit dans tout ce que vous écrivez.
Écrit par : Le dernier dino | 18.03.2010
Je ne sais pas ce qu'est le "néolibéralisme". En revanche, je vous recommande cette analyse de deux économistes de gauche, membres du CAE, Pierre Cahuc et André Zylberberg :
http://www.cae.gouv.fr/spip.php?article138
Lorsque le revenu par habitant va du simple au double d'une région à l'autre, fixer ce revenu plancher créé des disparités cruelles. Ensuite, quoi que vous pensiez de ce seuil de revenu, pensez à tous les emplois qui n'existent pas parce que les employeurs préfèrent s'en passerà ce prix, et qui excluent durablement du monde du travail des personnes peu qualifiées. Le coût social et humain des chômeurs de longue durée, et de ceux qui ont baissé les bras, est beaucoup plus fort que la caricature que vous faites de mon propos.
Mais quand on gagne bien sa vie après de bonnes études, on se moque des démunis qui n'ont pas de bagage ni d'expérience, sinon pour en exploiter l'image dans des discussions de salon.
Je suis triste pour vous.
Écrit par : Aurelien | 18.03.2010
@ Le dernier dino
Je vous conseille la partie livres du blog pour en juger. En outre, je ne m'en prends pas aux libéraux, mais aux néolibéraux...
@ Aurélien
Certes, mais en France, vivre avec un SMIC n'est tout de même pas du plus grand confort. Après, il y a une différence entre le salaire brut, qui est élevé en France et le salaire net, qui est assez bas par rapport au reste de l'Europe. Une solution serait de réformer la fiscalité pour éviter un tel écart.
L'emploi doit être la priorité des priorités. Mais je crois qu'il y a d'autres solutions qu'un SMIC à 750 euros net pour faire baisser le chômage.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 18.03.2010
Le SMIC planifié à la française n'est qu'un des nombreux facteurs explicatifs du chômage, il est loin d'être dominant, même s'il engendre une exclusion massive.
Mais quand vous savez qu'un salaire sur trois est impacté par une indexation sur le SMIC, vous comprenez que les hausses annuelles supérieures à l'inflation décidées par les gouvernements successifs ont abouti à une augmentation relative de ce tiers des salaires français comparativement à l'Allemagne qui n'a aucun SMIC.
Cela revient à une réévaluation par les salaires plutôt que par un taux de change. Hélas, plus aucune dévaluation n'est possible pour laisser les forces du marché réguler ces artifices d'Etat. Nous en payons le prix fort.
Plutôt que de faire la morale aux allemands vertueux, corrigeons nos vices.
Écrit par : Aurelien | 18.03.2010
@ Aurélien
De toutes les façons, je suis contre la monnaie unique...
Augmenter le SMIC davantage que l'inflation serait un vice ? J'aime quand les masques tombent ! Votre idéal, c'est un SMIC à quel niveau ?
Écrit par : Laurent Pinsolle | 19.03.2010
Mon idéal, c'est le plein emploi.
Le meilleur outil pour lutter contre la pauvreté et faire monter naturellement les salaires, c'est le plein emploi.
Si vous lisez le rapport du CAE, vous trouverez les arguments incontestables sur le caractère contreproductif du SMIC. Ce n'est pas la solution idéale, mais dans l'attente d'une vraie politique de flexsécurité faisant tomber le chðmage avec la reprise, rendons d8déjà le SMIC aux partenaires sociaux afin qu'ils adaptent, lorsqu'ils le croient nécessaire, ce niveau au contexte local par branche.
Écrit par : Aurelien | 19.03.2010
"Les libéraux fossilisés"
"Notez que je distingue les libéraux des néolibéraux"
Non évidemment!Quand vous écrivez néolibéraux il faut lire en filigrane libéraux.
Je l'ai déjà écris plusieurs fois,le plus grave ce n'est pas tellement le désastre économique mais plutôt la faillite intellectuelle...
Il convient bien sûr de distinguer les néolibéraux des libéraux tout simplement parce que les néolibéraux ne le sont pas!
Comme vous(!)les néolibéraux sont...néokeynésiens!
Comment ne pas comprendre en effet que le néolibéralisme est un keynésianisme dévoyé,un Etat confisqué au profit d'intérêts particuliers,Galbraith(que vous citez parfois)parle d'"Etat prédateur".
Si votre "mémoire"(et celle de vos amis)est défaillante je vais m'efforcer de la rafraîchir.
D'abord vous devez savoir que si Maurice Allais(libéral!)a consacré sa vie aux sciences économiques c'est parce que tout jeune homme il avait été bouleversé par un voyage à travers les Etats-Unis ravagés par la crise de 1929.
Il est aujourd'hui en France le chef de file et la caution intellectuelle des partisans de la préférence communautaire.
D'autre part vous devriez(du verbe devoir...)vous rappeller à qui la France doit les plans Pinay-Rueff de 1958(sur l'assainissement financier du pays)et Armand-Rueff de 1959/1960(sur les obstacles à l'expansion économique).
"Toutes les turpitudes de notre régime,j'en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l'Etat.Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l'action généreuse,alors qu'ils organisent la misère et la ruine"
Jacques Rueff.
Il est stupéfiant de lire,jour après jour,que le porte-parole d'un parti soit disant gaulliste(néogaulliste?)partage aujourd'hui les mêmes idées que des gauchistes illuminés.
Entre parenthèse;
John_ross
Villepin est un gaulliste d'opérette.
Cocorico
"Le modèle social francais inventé par de Gaulle et ses amis communistes" c'est 5% de croissance pendant 30 ans,le plein emploi et pas de dettes,alors vous repasserez...
Quand à l'Allemagne...
Ce que dit Lagarde est très juste,une fois n'est pas coutume(...),mais la "droite la plus bête du monde" à près de 10 ans de retard(et Lagarde est ministre depuis 3 ans!),et puis elle oublie l'essentiel.
La politique allemande est non seulement contraire à l'intérêt de l'Union mais aussi une calamité pour les Allemands qui s'appauvrissent.
L'excédent commercial n'est pas un indicateur pertinent pour juger de la prospérité économique d'un pays(ni même de sa compétitivité)et encore moins du niveau de vie(de la "qualité de la vie").
Une politique calamiteuse pour les Allemands et un chemin de croix pour les Yougoslaves!
Un des secrets de la compétitivité allemande réside dans la délocalisation de nombreuses activités de production et de sous-traitance vers les PECO(les pays d'Europe centrale et orientale).
Pays(jadis perdus...)que l'Allemagne a ramené dans son giron par les armes...
En somme Lagarde est loin du compte,arrive un peu tard,et de toute façon a fait machine arrière dès le lendemain.
Pour finir je note que vous êtes encore une fois très difficile à suivre,vous critiquez la politique allemande mais vous voulez la singer!Mener une politique de désinflation compétitive(TVA "sociale",dévaluation monétaire).Une politique qui par nature pénaliserait les autres pays de l'Union,pays qui à leur tour seraient tentés d'entrer dans la danse(effet dépressif garanti).
Entre parenthèse(même si ce n'est pas vraiment le sujet du billet)vous ne comprenez pas que l'Euro("trop cher" et "mal géré" dixit NDA)n'est pas le problème(le problème c'est plutôt l'Union).Si il suffisait de détruire sa monnaie pour être compétitif l'Afrique serait un continent prospère.
Les Chinois porteront l'estocade quand ils libèreront le yuan,une économie forte c'est une monnaie forte!
"Le pouvoir n'est pas à prendre,il est à ramasser"
De Gaulle,1958...
PS:N'en déplaise à Anne(qui conseille à ceux qui ne sont pas d'accord avec la "ligne" du blog de passer leur chemin...),réfléchir c'est penser contre soi,pas s'enfermer dans sa forteresse idéologique...
Écrit par : Balthazar | 21.03.2010
@ Aurelien
Merci de donner une définition de votre idéal, le "plein emploi"
C'est un emploi pour tous (comme l'entend le bon sens) ou seulement un emploi pour tous ceux qui veulent travailler, "aux conditions du marché" (comme le définisse les libéraux)?
Ca change pas mal de chose selon que l'on prend l'une ou l'autre des définitions.
Ce serait bien que tous les libéraux bon teint qui viennent faire la leçon dans les parages fassent preuve d'autant de rigueur intellectuelle que le maitre de lieux.
On gagnerait du temps
Écrit par : RST | 21.03.2010
La critique de la position allemande est facile alors qu'elle exige de la part de la classe politique une rigueur et un courage dont nos propres responsables politiques (peu importe leur tendance, de droite ou de gauche) qui préfèrent en France gérer la paix sociale par des saufs semblants, ou l'absence de décision comme dans le secteur des caisses de retraite ou de l'assurance maladie, ce dont les syndicats se contentent avec bonne grâce.
Ne vous êtes vous jamais posé les questions suivantes:
- pourquoi la France avait-elle le taux de chômage le plus important ?
- pourquoi la France avait-elle le taux de chômage ou de non activité le plus élevé chez les jeunes et chez les seniors ? Tout simplement parce ce que cela ne gène personne, et surtout pas les élus politiques ni les syndicats qui préfèrent en faire un enjeu de conflit que de se pencher sur des solutions concrètes
- pour l'Allemagne avait réussi à sauver son système de protection sociale alors que nous préférions collectivement fermer les yeux et avec le résultats qui nous attend, un système dégradé et inégalitaire favorisant les plus riches.
Et la liste pourrait être longue.
Écrit par : Christophe | 25.03.2010
@Christophe
En France il y des jeunes au chômage parce qu'il y a des jeunes qui sont nés tout simplement. Renseignez vous sur les divergences démographiques entre la France et l'Allemagne et vous verrez pourquoi à croissance égale nous produisons plus de chômeur.
Quand au courage politique où est il en Allemagne? Le courage pour vous c'est toujours favoriser les vieux et les rentiers qui sont nombreux et qui votent beaucoup au détriment des jeunes de moins en moins nombreux. La classe dirigeante allemande n'est en rien plus responsable que la notre ses conditions électorales sont juste différentes et liées à la démographie du pays.
Et puis la responsabilité ce n'est pas de taper toujours sur les plus faible, c'est prendre sur soit. Que je sache ce ne sont pas les salaires des députés allemands ou de la chancelière qui sont amputé, la rigueur est bonne surtout pour les autres.
Écrit par : yann | 25.03.2010
Ma question reste posée...
On ne peut pas critiquer la politique allemande(à juste titre)et en même temps militer pour la TVA "sociale" et une dévaluation monétaire.
Entre parenthèse je ne vous demande pas de me consacrer votre dimanche,vous pouvez simplement me répondre en quelques mots,histoire de faire preuve de "rigueur intellectuelle"(pour paraphraser RST...).
Écrit par : Balthazar | 28.03.2010
Croissance et consommation
J’aimerais d’attaquer ici une idée (lieux comment fortement enraciné et complètement faux) que la consommation incite à la croissance. L’article initial « La France questionne… » insinue que la faible croissance allemande s’explique par la faible consommation faut de ressources chez la population. Je n’ai pas le moindre espoir de convaincre qui que ce soit mais je propose d’examiner deux cas extrêmes.
1). Le pays consomme tout ce qu’il produit. La croissance est égale à 0, puisque il n’y a plus de sous pour construire quoi que ce soit.
2) Le pays ne consomme rien. La croissance est exponentionnelle, puisque faute de produire consommables, l’industrie produit des machines-outils, qui à son tour produisent encore des machines-outils, et ainsi de suite.
Écrit par : Kron | 06.04.2010
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