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19/03/2010

Nicolas Sarkozy, le nouveau Giscard

Le verdict définitif ne sera donné qu’en mai 2012 : Nicolas Sarkozy réussira-t-il comme François Mitterrand et Jacques Chirac à se faire réélire pour un second mandat ? Ou alors, connaîtra-t-il plutôt le destin de Valéry Giscard d’Estaing, à savoir ne pas être réélu ?

Il était une fois…

Il était une fois un ministre ambitieux de la Cinquième République à l’ego certain. Assez tôt dans ca carrière, il semblait évident qu’il irait loin. D’ailleurs, il accéda très jeune à de hautes responsabilités ministérielles. Très rapidement, il fut clair qu’il serait candidat pour succéder au vieux lion alors au pouvoir, qu’il soutenait non sans avoir occupé une place assez indépendante au sein de sa majorité, n’hésitant pas à rompre le rang à des moments pourtant importants.

Ce surdoué fit une campagne de « changement dans la continuité » (« rupture tranquille » ?), souhaitant moderniser la vie politique Française, la décrisper. Au premier coup, il fut élu, contre tous les pronostics. Il voulait incarner une nouvelle façon de faire la politique, être un président davantage présent, qui ne serait pas seulement un arbitre un peu lointain et économe de sa parole. Bien au contraire, il n’hésitait pas à gouverner à la place de son premier ministre et de son gouvernement.

Même s’il prétendait s’ouvrir à d’autres en recrutant des ministres hors de sa majorité, le président se renferma rapidement sur son cercle de proches, refusant d’écouter une partie importante de sa majorité qui lui devenait de plus en plus hostile. Assez rapidement, il perdit tout contact avec la réalité et se vit infligé de lourdes défaites lors des élections locales. Pourtant, il pensait être réélu mais il fut battu lors des élections présidentielles suivantes, défaite dont il ne se remit jamais.

Des parallèles frappants

Bien sûr, il y a des différences importantes entre Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing et leur parcours n’est pas exactement le même. Pourtant, les parallèles sont frappants. Ils ont tout deux été élus à leur première candidature, alors que les deux présidents qu’ils encadrent ont attendu la 3ème fois pour accéder à l’Elysée. Il est vrai en revanche que sur le fond, il y a de vraies différences entre les deux présidents les plus jeunes de la Cinquième République.

En fait, si le parallèle n’a pas trop de sens sur le fond, il est étonnant de vérité sur la forme. L’omni-présidence de Nicolas Sarkozy n’est absolument pas une nouveauté. Elle n’est que le décalque de celle de Valéry Giscard d’Estaing, qui ne laissait guère plus de place à son Premier Ministre qu’à François Fillon. Alors que François Mitterrand et Jacques Chirac se sont davantage inscrits dans la tradition gaulliste de retenue, ils ont également préféré le soleil des médias, quitte à s’en brûler les doigts…

Du coup, peut-on prédire un destin similaire à l’actuel locataire de l’Elysée, à savoir le refus d’un deuxième mandat par les Français ? L’autisme dont semble faire preuve Nicolas Sarkozy et sa coupure grandissante avec le pays, qui s’amplifie par la déconnexion entre ses discours et ses actes parvient même à faire remonter la cote d’un Parti Socialiste pourtant toujours dominé par des éléphants guère appréciés par les Français et dont on peine à percevoir le projet.

A la base, Nicolas Sarkozy est un fils politique de Jacques Chirac. Mais plus le temps passe, et plus il se rapproche de Valéry Giscard d’Estaing. La conclusion de son aventure pourrait bien suivre le chemin de son inspiration...

Commentaires

Tu es sûr qu'il se représentera ? Moi, au train ou ça va, je ne suis même pas sûr que l'UMP le réinvestira pour 2012. Sarkozy insécurise la droite et on sent déjà un vent de fronde monter.

Voir notamment le pronostic de Todd aujourd'hui dans libé (je laisse découvrir) http://www.liberation.fr/politiques/0101625207-l-electeur-de-droite-ne-s-y-retrouve-plus

Écrit par : Malakine | 19/03/2010

@ Malakine,

Il n'a pas besoin d'être investi et je ne vois pas l'UMP soutenir un autre cheval. Au pire, une candidature dissidente pourrait emporter quelques soutiens. N'oublions pas que Chirac était très contesté en 2002 (candidature Madelin et Bayrou)...

Et puis, je ne crois pas qu'il ne se présente pas. Il est trop sûr de lui, il a trop d'ego pour abandonner, car c'est comme cela que ce serait présenté et qu'il le prendrait.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 19/03/2010

Nicolas Sarkozy est un président absolument exécrable qui agit avec ardeur contre les intérêts de la France. Il faut d'ailleurs dire qu'il le fait bien, immigration massive, diminution des effectifs policiers alors que les délinquants sont de plus en plus violents, de plus en plus nombreux, instauration de la discrimination positive qui pénalisent les français de souche dans la recherche d'emploi notamment( nous sommes en France pourtant ! il paraît... ), un laisser aller complet vis à vis des islamistes avec l'absence de réponse sur la burka...
Nicolas Sarkozy, s'il se représente en 2012 ne passera pas. Il a trompé les français une fois, pour la première et la dernière, je l'espère.

Écrit par : Jim | 20/03/2010

Il y a près de 2 ans Eric Zemmour avait déjà fait une identique comparaison! La différence est le quinquennat qui ne donne plus au président le temps de"rebondir" en changeant de premier ministre et en infléchissant sa politique. De plus le style de Sarkozy est un handicap dans la mesure où il se comporte comme un premier ministre et donc s'est tellement investi dans une ligne politique qu'il ne peut en changer sans donner l'impression de se renier comme ses prédécesseurs.
Il me paraît évident qu'il se représentera parce que sa vanité est forte, comme son ego.
Comme Malakine j'ai lu et partage les analyses d'Emmanuel Todd exprimées dans Libération du 14 mars dont j'invite tous à les méditer!

Écrit par : cording | 28/03/2010

Il y a près de 2 ans Eric Zemmour avait déjà fait une identique comparaison! La différence est le quinquennat qui ne donne plus au président le temps de"rebondir" en changeant de premier ministre et en infléchissant sa politique. De plus le style de Sarkozy est un handicap dans la mesure où il se comporte comme un premier ministre et donc s'est tellement investi dans une ligne politique qu'il ne peut en changer sans donner l'impression de se renier comme ses prédécesseurs.
Il me paraît évident qu'il se représentera parce que sa vanité est forte, comme son ego.
Comme Malakine j'ai lu et partage les analyses d'Emmanuel Todd exprimées dans Libération du 14 mars dont j'invite tous à les méditer!

Écrit par : cording | 28/03/2010

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