14.04.2010

Debout la République trace un chemin pour le retour au plein emploi

Samedi, avait lieu la Convention Nationale de Debout la République sur le plein-emploi. Quel plaisir de voir le plus grand amphithéâtre de l’Assemblée Nationale complètement plein jusqu’en mezzanine pour assister à un débat qui a bien montré que tout n’a pas été fait contre le chômage.

Un combat juste et essentiel

Le chômage de masse est le premier mal qui frappe les Français depuis plus de trois décennies. Philippe Séguin avait bien raison de parler de « Munich social » en dénonçant la passivité de la classe politique vis-à-vis de ce fléau au milieu des années 90. Malheureusement, cette passivité semble aujourd’hui encore plus grande qu’hier tant le Parti Socialiste et l’UMP ont démissionné face à ce cancer qui ronge notre société. L’emploi semble avoir disparu de l’agenda politique.

Et pourtant, ce devrait être la priorité des priorités tant il est la racine de la plupart des maux de notre société. Une très grande partie des déficits en est la conséquence directe. Il est en partie (en partie seulement) responsable de la violence des quartiers difficiles vu que parfois 40% des jeunes y sont sans emploi. Enfin, le chômage déstructure notre société, replie les Français sur la défense de leurs avantages acquis et brise les vies de certaines personnes qui y restent trop longtemps.

Le retour au plein emploi est possible !

Bien sûr, cela ne pourra pas se faire en quelques mois, ni même très facilement, mais ce qui était impressionnant samedi était l’ampleur des solutions proposées. Bien sûr, aucune ne cadre avec le « prêt-à-porter intellectuel » de l’UMP, du PS ou du Modem, mais cela démontrait bien qu’en ouvrant le champ des possibles, il serait possible de mener une politique beaucoup plus volontariste pour lutter contre le chômage et retrouver le plein emploi.

Récapitulons : sortie de l’euro pour retrouver une parité monétaire compétitive et pouvoir mener une politique monétaire adaptée aux réalités de la France et non pas une cote mal taillée pour tous les membres de la zone euro ; mise en place d’un protectionnisme raisonnable pour lutter contre l’anarchie commerciale qui multiplie les délocalisations et pousse les salaires à la baisse ; remise en cause de l’interdiction de la monétisation de la dette ; remise à plat de la fiscalité avec la TVA sociale….

Comme le souligne RST, l’immense intérêt de ce rassemblement a été de démontrer qu’il est encore possible d’agir contre le chômage pour peu que l’on retire les œillères de la pensée unique. Encore un moment qui m’a rendu heureux d’appartenir à Debout la République.

Commentaires

Bonjour Laurent
Etant pour le moment sympathisant de DLR, je suis venus assister à la convention samedi dernier en compagnie de ma compagne qui elle n'est absolument pas sympathisante (pour la petite histoire, elle en est ressortie convaincue).
Heureux d'avoir pu mettre un visage sur votre nom et de vous avoir écouté parler de la TVA sociale qui à mon sens mérite néanmoins débat.
Je tenais à remercier DLR et les personnes qui ont organisé cette convention, c'était passionnant et j'espère qu'il y en aura d'autres.

Écrit par : LaurentD | 14.04.2010

@ Laurent

Merci. Nous travaillons sur de nouvelles conventions dans les mois à venir.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 14.04.2010

-mise en place d’un protectionnisme raisonnable pour lutter contre l’anarchie commerciale qui multiplie les délocalisations et pousse les salaires à la baisse ==> un truc de communistes...(tiens moi je propose aussi de reconstruire la ligne Maginot!)

-remise en cause de l'interdiction de la monétisation de la dette ==> un truc de voleur, rembourser la dette par l'inflation c'est comme ajouter un impôt sur tout le monde, c'est voler les épargnants, les retraités et les gens pauvres pour rembourser les cocktails de l'Élysée; En plus quand on joue trop avec l'inflation de la dette, on se retrouve avec des hitlers ou des pinochets c'est pas cool...

- remise à plat de la fiscalité avec la TVA sociale==> On a déjà une TVA à 19,6 % et ça a pas l'air de leur suffire alors comme on rajoute Sociale après TVA, j'imagine que l'objectif c'est de rajouter 3 ou 4 % pour financer des bidules qui gaspilleront le triple....

Bref...Dupont Aignan (comme tout les Umpistes) est un socialiste économique et avec des idiots comme ça...viva l'abstention!!

Écrit par : Petit tonnerre | 14.04.2010

@ Petit tonnerre

Les Etats-Unis et l'Allemagne seraient donc des pays communiste s ?

La monétisation de la dette était autorisée jusqu'en 1973, à un moment où les budgets étaient en excédent. Depuis qu'elle est interdite, nous battons des records de déficits.

Encore une intervention très constructive !

Écrit par : Laurent Pinsolle | 14.04.2010

"-mise en place d’un protectionnisme raisonnable pour lutter contre l’anarchie commerciale qui multiplie les délocalisations et pousse les salaires à la baisse"

-> il faut lire le dernier discours de Pascal Lamy qui démontre que non la mondialisation n'a pas poussé les salaires à la baisse dans les pays industrialisés.

http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-ries/140410/commerce-international-mythes-et-realites-selon-pascal-lamy

Sa "démonstration": les salaires des pays émergents sont faibles car leur productivité est très faible et donc il n'y a pas concurrence frontale au niveau salarial.

Travaillant dans une multinationale ayant des usines aux 4 coins du monde je peux témoigner que la productivité des ouvriers en Roumanie ou à Singapour est tout à fait comparable à celle d'un ouvrier Français. Il y a donc bien concurrence frontale et nivellement par le bas !

Avec des gens comme Lamy, le PS va avoir du mal à être crédible dans la lutte contre les méfaits de la mondialisation.

Écrit par : Bouboune | 14.04.2010

@ Petit Tonnerre

J'entends surtout une petite musique néo-libérale - et il y a des interprétations plus subtiles de cette partition…

Je vous suggère de vous pencher sur le débat en cours chez RST ; on y cause par exemple de la délicate délimitation entre investissement et fonctionnement, ce qui pourrait éventuellement éclairer la question que vous soulevez à propos de l'inflation. A ce propos, s'il est vrai qu'une inflation raisonnable ronge le capital et l'épargne en général, il me semble qu'elle joue à l'inverse en faveur des "gens pauvres" et surtout des gens endettés - qui sont souvent les mêmes. Je vous accorde très volontiers que la monétisation de la dette, comme l'inflation qu'elle engendre, est fondamentalement un impôt sur le capital. Mais quant à moi j'adore l'impôt sur le capital, surtout quand il est mis au service du développement et de la croissance planifiée (démocratiquement si possible).

Vous ne pouvez pas vous empêcher d'évoquer l'hyperinflation qui a sévi en Allemagne en 1923, mais je vous signale que ce phénomène n'a rien à avoir avec un inflation raisonnable et maîtrisée, et que par ailleurs les historiens sérieux expliquent l'avènement du nazisme par un faisceau d'explications, lequel inclut l'hyperinflation, mais aussi et surtout le Traité de Versailles, donc les réparations astronomiques exigées du vaincu, donc l'occupation de la Ruhr qui a suivi, sans oublier bien sûr un certain nombre de tares inhérentes à la "nature humaine". Et j'en oublie encore. Autrement dit, tout cela ne peut se résumer à : "on se retrouve avec des Hitler, c'est pas cool".

Écrit par : Joe Liqueur | 14.04.2010

Pour la Grèce, la situation devient intenable :

- Emprunt à 6 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,55 % !

- Emprunt à 12 mois :

En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,85 % !

- Emprunt à 10 ans :

Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.

En clair :

la Grèce doit emprunter à des taux d’intérêt qui augmentent de plus en plus.
La Grèce se surendette de plus en plus.
La Grèce va se déclarer en défaut de paiement.
La zone euro va exploser.

http://www.romandie.com/infos/news/201004141858040AWP.asp

Écrit par : BA | 14.04.2010

Mais ce que vous dites est très bien. Une seule question: pourquoi vous définissez-vous à droite alors que vous prônez des valeurs de gauche ?(Car on peut retirer le mot socialisme pour peu qu'on en rajoute sur le social et la démocratie!)

Écrit par : Nouvel Hermes | 14.04.2010

@ Nouvel Hermès

Mais justement, je ne me définis surtout pas de droite (et pas de gauche non plus). Je crois que cette grille de lecture ne correspond plus à rien. Le PS a autant contribué que l'UMP à la globalisation néolibérale.

Il me semble que le Général de Gaulle refusait également cette ligne de partage. Je crois seulement que le progrès économique doit être partagé équitablement, contrairement à ce qui se passe depuis trop longtemps aujourd'hui.

@ BA

On verra. J'ai peur que l'euro-camisole soit solide (ce sera le papier de demain).

@ Bouboune

Pascal Lamy, c'est limite pathologique. Sa conversion néolibérale s'est transformée en croyance quasiment religieuse dans les bienfaits du marché. Finalement les libéraux modérés et humanistes (Gréau, Stiglitz, Krugman) sont bien plus recommandables que les anciens socialistes convertis au marché, qui deviennent très dogmatiques.

@ Joe

Merci pour cette réponse.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 14.04.2010

@ Bouboune

Je travaille moi aussi dans une multinationale et je partage tout à fait votre point de vue.
Comme l'a dit Maurice Allais, il est urgent de délocaliser Pascal Lamy.

@ Joe
Merci de bien vouloir vous abstenir d'envoyer les trolls de Laurent chez moi ;-)))

Écrit par : RST | 14.04.2010

@ Laurent
Tu écris : "Le PS a autant contribué que l'UMP à la globalisation néolibérale."

Il me semble que le PS a beaucoup plus contribué à la globalisation !

Écrit par : RST | 14.04.2010

@ Laurent Pinsolle

"Les Etats-Unis et l'Allemagne seraient donc des pays communistes ?"
Je vois pas trop le rapport, mais après 8 ans de Bush et 2 ans d'Obama, les Etats Unis sont en effet déjà bien avancée sur l'autoroute du socialisme...

"La monétisation de la dette était autorisée jusqu'en 1973, à un moment où les budgets étaient en excédent. Depuis qu'elle est interdite, nous battons des records de déficits."
==> ben oui avant on faisait de l'inflation pour payer les dettes, on volait tout les épargnants sans leur dire...et donc depuis 1973, le petit tour de magie a été interdit et ça s'est bien vu dans les comptes publiques...comme vous l'avouez vous même.

Encore une intervention très constructive !
==> Oui je sais vous êtes adepte du constructivisme...

@ Joe Liqueur

"J'entends surtout une petite musique néo-libérale"
==> c'est un terme brocardé partout et tellement vague, qu'à vrai dire je suis bien incapable de deviner à quelle théorie conspirationniste vous voulez m'associer. Vous avez une vision duale des choses: le bien contre le mal et vous êtes bien sûr dans le camp des gentils. Moi j'ai aucun a priori négatif sur le fait d'être Gaulliste, ils font juste de graves erreurs économiques et ils méritent d'être titillés pour ça...

". A ce propos, s'il est vrai qu'une inflation raisonnable ronge le capital et l'épargne en général, il me semble qu'elle joue à l'inverse en faveur des "gens pauvres" et surtout des gens endettés - qui sont souvent les mêmes. "

==> En gros, vous venez de dire qu'il faut punir les gens raisonnables qui épargnent pour récompenser les gens moins raisonnables qui s'endettent trop. Avec l'inflation vous avez donc réussi à créer un mécanisme incitant les gens à s'endetter et pas à épargner. Plutôt que de laisser les gens aller couper du bois dehors pour se chauffer, vous les encouragez à bruler les meubles de la maison. A la fin il y'aura plus un meuble dans leur maison et quand on s'assoit par terre on a mal aux fesses...

"Mais quant à moi j'adore l'impôt sur le capital, surtout quand il est mis au service du développement et de la croissance planifiée (démocratiquement si possible)."
==> Bon, si vous adorez un impôt vous devez être déjà un peu masochiste, mais ce que vous faites chez vous je respecte et ça ne me regarde pas. Maintenant l'économie planifiée démocratique et populaire, désolé mais c'est un truc de communistes, vous pouvez pas le nier...seulement venez pas vous scléroser les partis de droite et faites vous plutôt griller une saucisse à la fête de l'huma.

"Vous ne pouvez pas vous empêcher d'évoquer l'hyperinflation qui a sévi en Allemagne en 1923, mais je vous signale que ce phénomène n'a rien à avoir avec un inflation raisonnable et maîtrisée"
==> Reprenez l'exemple de la maison dont vous brulez tous les meubles. En gros l'économie qu'on stimule à coup d'inflation, c'est plutôt aujourd'hui à coup de taux d'intérêts très bas proposés par les banques centrales aux banques privées qui proposeront ensuite des taux très bas à leurs clients...Mais les banques centrales, peuvent elles prêter cet argent? Non, elle non pas de fonds à proprement parler. Elles créent artificiellement de la monnaie qu'elles n'ont pas et elles la prêtent. Du coup si vous êtes un ménage vous allez avoir pleins de crédits à la conso pas cher et vous aurez pas d'incitation à épargner puisque ça rapporte rien. Cet argent facile c'est celui qui a crée la bulle du Nasdaq, puis après l'éclatement de cette bulle, la FED américaine a baissé ses taux à 1% et on a vu une inflation folle des prix de l'immobilier et finalement la crise de 2008. Donc finalement vous déréglez complètement votre économie et les crises se succèdent, et à chaque fois que vous baissez les taux, l'économie se détruit un peu plus, les gens sont toujours plus incités à consommer et à s'endetter et non à épargner pour investir et produire, jusqu'à la crise finale où la banque centrale a tellement imprimé pour "relancer" la machine que la monnaie papier de ce pays ne vaut plus rien. C'est une technique très pratique pour acheter de la dette de son propre pays, d'ailleurs c'est ce que la Fed américaine à fait plusieurs fois en 2009.
La bulle du dollar c'est ce qui risque de se produire très bientôt aux Etats Unis où très bientôt il y'a une bonne chance qu'on ai une crise d'hyperinflation.

"Autrement dit, tout cela ne peut se résumer à : "on se retrouve avec des Hitler, c'est pas cool"."
==> Quand on arrive au stade final du désastre causé par l'inflation, la monnaie ne vaut plus rien, l'Etat n'a plus de ressources mais que du papier avec des chiffres à zéros infinis, les fonctionnaires ne sont plus ou très mal payés et je pense que dans ce cas un flic ferait mieux de protéger sa famille que de risquer sa vie pour des quenelles, les gens pillent les supermarchés (Argentine 2000 par exemple)... Le Zimbabwe est un bon exemple.

Bref c'est le bordel et les gens tomberont dans le panneau du premier "sauveur" qui voudra remettre de l'ordre. Un Hitler c'est donc un aboutissement très probable au terme de ce petit voyage inflationniste.

Écrit par : Petit tonnerre | 14.04.2010

@ Petit tonnerre

Puisque vous avez un peu de mal à comprendre, si pour vous, le protectionnisme est du communisme, alors l'Allemagne et les Etats-Unis sont des pays communistes. L'Allemagne utilise ses normes DIN pour protéger ses industriels. Et les Etats-Unis multiplient les protections pour leurs industriels et agriculteurs (Boeing, acier, pneus...).

Je voulais juste vous montrer le ridicule d'une position qui consiste à tout peindre en noir ou en blanc. Tout le monde fait du protectionnisme. La chose que je réclame est simplement d'en faire davantage, mais en aucun cas de finir en autarcie. Le libre-échange avec des pays comparables est souhaitable en revanche.

Sur la monétisation, vous avez tout faux. Pendant les années 60, l'inflation était modérée et le budget équilibré, tout en ayant la possibilité de monétiser la dette au cas où. C'est un retour à ce shéma que je préconise.

Plus globalement, vos raisonnements sont d'une simplicité absolument ridicule. Vous traitez de communiste toute personne qui suggère qu'une politique publique peut être positive. C'est pitoyable. Il y a tout de même beaucoup de nuances entre le communisme et le laissez-faire intégral dont vous semblez être un adepte.

Enfin, dire que la crise actuelle est uniquement la conséquence de la Fed et des taux trop bas est extrêmement simpliste. La crise avait des origines un peu plus complexes, qui prenaient ses racines dans l'ensemble du mouvement de déréglementation. L'anarchie néolibérale a provoqué une explosion des inégalités salariales qui en bonne partie responsable de la crise. En effet, en pressurant les classes populaires aux Etats-Unis, ces dernières ont emprunté pour compenser la baisse de leur pouvoir d'achat, grâce aux prêts délirants concoctés par les banques étasuniennes. De l'autre côté du prisme, comme le montre Galbraith, c'est aussi l'explosion des hauts revenus à créé un excès de liquidités qui a provoqué l'immense mouvement spéculatif qui a abouti à la bulle de la valeur des actifs. Quand le salaire des patrons passe de 500 000 dollars à 5 millions de dollars en 20 ans, une grande partie va dans des placements, ce qui contribue fortement à la formation d'une bulle.

Là-dessus, se sont ajoutés les montages farfelus des banques qui ont transformé des créances en actifs, ce qui leur permettaient d'emprunter davantage et d'augmenter l'effet de levier. Vous avez entendu parler des CDO, CDS, ABS ?

Votre explication est celle donnée par les néolibéraux. Mais sa simplicité apparente est une mystification intellectuelle. Je vous invite à lire un peu plus sur le sujet :

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/02/12/6a59f5d733abad1647d26e5dbe3f4f9e.html#comments

Écrit par : Laurent Pinsolle | 15.04.2010

A mon sens, sans avoir encore lu vos commentaires, le problème principal du chômage est le coût du travail pour l'employeur (ie, le coût chargé). Le poids des charges sociales et l'incertitude sur leurs évolutions n'incitent pas à l'embauche. De nombreuses activités pourraient être rentables avec un coût du travail plus faible mais ne le sont pas actuellement.

Etant donné qu'il est hors de question de diminuer les salaires nets et qu'augmenté les salaires chargés est impossible, la seule solution réside dans la diminution des charges sociales et assimilées. Et donc par une meilleure gestion de ces services. Tout est lié ma bonne dame.

Après, protectionnisme, pas protectionnisme, ce sont des discussions sans fin même si j'ai une opinion sur le sujet. Vous parlez du protectionnisme de l'acier aux US. C'est la pire décision que les US aient pu prendre, puisque le coût de leurs aciers et leur qualité étaient désastreuses par rapport à l'acier japonais mais c'était le seul disponible. Des études ont prouvé que sur les 10 dernières années, les délocalisations avaient rapporté plus à la France qu'elles ne lui avait coûté. Le problème des délocalisations n'est pas un problème économique mais un problème humain. Vous laissez sur le carreau ceux qui ne sont pas capables de s'adapter et de se recycler. Pourquoi ? parce qu'il n'y a pas de structure adaptée à la formation professionnelle au cours de la vie, parce que l'éducation nationale produit des millions d'individus bridés intellectuellement, ...

On en revient toujours au même point. Avant de vouloir faire plus, que les politiques commencent déjà par faire mieux ce qu'ils ont promis de faire. Bien gérer notre argent, rechercher la meilleure qualité de service possible. Bref que l'Etat soit irréprochable sur les missions que la nation lui a confié avant de vouloir se répandre dans d'autres domaines.

Écrit par : Joe | 15.04.2010

@Jo

2 gros désaccord!


le premier est géopolitique, un grand pays comme les USA se doit pour rester indépendant de conserver une industrie métallurgique de qualité. La France aussi d'ailleurs et on ne peut pas dire que ça va très bien chez nous aussi de ce coté la. Parce que vous faites quoi de notre indépendance quand toute nos industries stratégiques seront en Chine et que l'on aura perdu tout le savoir faire et les filières qui vont avec???


deuxième choses, combien de fois faudra il répéter que ce que vous appeler charges sociales est un complément mutualisé de salaire? la France à un salaire net relativement bas par rapport à ses voisins parceque justement il y a ces cotisations qui le complètent :la secu, la retraite par répartition et l'assurance chômage autant de chose que le salarié devrait payer sur son salaire.
Et une assurance santé voir un autre débat d'il y a quelques jours sur ce blog c'est a la louche dans les 300-500 euros pour une personne seule fonction de son age et de sa santé.

Donc votre solution s'apparente à une baisse généralisé des salaires dans ce pays et sa participation à la déflation salariale mondiale qui crée le manque de demande généralisé et est la cause principale de la crise actuelle. Et ce n'est pas moi qui le dis lisez donc Todd, Greau, Sapir ou d'autre. Parceque j'imagine que votre baisse des charges elle doit servir a exporter plus?? mais ou? aux USA ou ils sont endettés jusqu'aux coup? en Allemagne ou le pouvoir d'achat de classe laborieuse n'augmente quasiment plus depuis 2000? en chine? bon courage...
Non aujourd'hui une solution c'est de revenir justement sur le libre échange pour pouvoir enfin redistribuer de façon plus équitable les revenus issus des hausse de productivité et relancer la consommation des ménages. continuer dans le modèle de développement d'avant la crise n'est plus possible, il n'y a plus de gens solvables à endetter pour compenser le manque de consommation au niveau mondial.

Écrit par : red2 | 15.04.2010

@ Red2

Nous sommes d'accord sur le fonds : les prélèvements sociaux sont du salaire mutualisé (==> égalitarisme, la victoire de la cigale sur la fourmi).

Par contre, je maintiens qu'une assurance privée, de retraite, de santé, de chômage, ... est bien moins cher que ce que l'on paye déjà. C'est moi qui vous ai donné le prix de l'assurance de santé privé et j'ai fait le calcul, j'y gagnerais 10k€ par an pour une couverture meilleure.

Pourquoi ne vous battez vous pas aussi pour une assurance automobile obligatoire et mutualisée, pour une assurance habitation obligatoire et mutualisée. Pendant qu'on y est, on pourrait prendre un forfait téléphonique commun pour tous les français, comme ça, on aurait peut être de meilleurs prix. Et entre nous, c'est un peu comme du salaire non ? Bien sûr, on rétablirait le monopole de France Telecom, à moins que l'on garde France Telecom pour la masse des français, Bouygues Telecom pour les hauts fonctionnaires et SFR pour les élus ? Ultime étape, c'est bien sûr de raser tous les bâtiments construits et de construire 30M de petits maisonnettes identiques, également répartis sur le territoire et de faire un loyer mutualisée et obligatoire.

Comme ça, le salaire de base serait pas très élevé mais ce ne serait que de l'argent de poche. Pardon ? Excusez moi, on me dit dans l'oreillette que ça se rapproche un peu trop du communisme.

Écrit par : Joe | 15.04.2010

@Jo
Oui pardon c'est vrai que c'etait vous le prix de l'assurance santé. On est effectivement d'accord sur le fond economique; Si les transferts du public aux privé son compensés intégralement en terme de salaire, l'effet sur la consommation se doit d'être limité.

par contre sur le social nous n'avons définitivement pas la même vision de la société et sur la ligne liberté/sécurité nous ne plaçons pas le curseur au même endroit.

Vous avez par exemple l'air de penser que le choix d'une assurance de voiture est une liberté fondamentale!!! moi le prix et gagner 5 ou 10 euros sur mon contrat je m'en contrebalance ce qui me soule c'est l'inverse d'avoir à lire 15 contrats et a lutter contre une meute de commerciaux cherchant a arnaquer le pigeon quand je voudrait simplement assurer ma voiture comme il faut en 5 minutes.
Du coup avoir un assureur garant de l'intérêt collectif dont le but n'est pas de faire de l'argent sur mon dos ne me dérangerait pas mais alors pas du tout. Et encore de par mes études et ma culture je suis en capacité de lire et de comprendre les 15 contrats ce qui n'est pas de loin a la porté de tous nos concitoyens... qui peuvent ensuite se retrouver avec des facture mirobolante ou en en surendetement parce qu'ils ont mal compris ou pas su gérer la chose. Un exemple de tout ça c'est quand même les surprimes et tout ces pauvres américains à la rue pour avoir écouté les conseil d'un banquier véreux alors quils ont pour beaucoup passer 30 ans à payer leurs maisons.


Personnellement je serais pour un retour a un monopole de France-Telecom, comme a celui D'EDF et GDF d'ailleurs, ça fera des économies de commerciaux et de publicité et ça m'éviterai les heures de téléphone pour expliquer que la vente forcé n'est pas légale par exemple...

Parce que vous ne me ferais pas croire que la libéralisation à toujours du bon parfois un bon monopole d'état c'est plus simple et plus efficace! par contre d'accord avec vous que dans ce cas des contrôles sont nécessaire pour éviter les abus mais dans le privé aussi sur le téléphone justement les bonnes ententes sur les prix entre les sois disant concurrents on y a pas coupé...

PS: Désolé pour le message s'éloignant de plus en plus du sujet initial sur le discours intéressant et novateur de NDA.

Écrit par : red2 | 15.04.2010

@ Joe et Red2

Je suis d'accord pour dire que le coût du travail total est trop élevé en France et est une des raisons du niveau élevé du chômage. Je suis d'accord avec Joe pour dire qu'il est hors de question de baisser le salaire net, qui est relativement bas en France. Mais pour baisser le coût du salaire brut, une meilleure gestion ne sera pas suffisante. Je crois qu'il faut quelque chose de plus radical, une réforme globale de la fiscalité. Ce pourrait être la TVA sociale (je vais revenir dessus très bientôt).

Bon point sur l'acier : c'est vrai que le protectionnisme n'a pas eu que des bonnes conséquences. En revanche, sur le fond, le problème est que le libre-échange sans limite met en compétition des salariés payés un vingtième des salariés de l'UE. Même avec un écart de productivité, dans la plupart des activités productrices, cela pousse irrésistiblement les entreprises à délocaliser et à comprimer les salaires. C'est ce que nous voyons depuis 30 ans. Les études de soutien au libre-échange sont très partiales et partielles.

Des études récentes (INSEE) indiquent que la France perd 10 à 60 mille emplois industriels par an du fait des délocalisations. Et quand on prend en compte le multiplicateur (un emploi génère en général 3 à 4 autres emplois), on voit que l'impact est colossal et plus conforme à la baisse radicale du nombre d'emplois industriels en France.

Un seul exemple : en 2004, Renault et PSA construisaient 3 millions de véhicules en France et 2 millions à l'étranger. La Francce avait un excédent commercial automobile. En 2008, le rapport a été inversé : 2 millions d'auto produites en France, 3 millions à l'étranger. Renault affirme qu'une Clio produite en Turquie coûte 1000 euros de moins qu'en France...

Le libre-échange non tempéré provoque une saignée de nos emplois industriels. Le problème est humain ET économique.

Sur la Sécurité Sociale, dire que le système Français est une victoire de la cigale sur la fourmi me semble un gros abus. C'est l'inverse que l'on voit aux Etats-Unis avec un système privé et une population cigale alors que les Français sont plutôt fourmis avec un système étatique...

En outre, certaines caractéristiques du système étasunien font froid dans le dos : refus d'assurance des personnes ayant une mauvaise santé, ou prix des primes abusif. Il y a des personnes qui sont ruinées à cause de la maladie. Ce système est révoltant et inhumain. Heureusement, la réforme Obama devrait en corriger les pires défauts.

La comparaison avec la téléphonie ne me semble pas juste. La téléphonie est un service purement marchant. La santé, c'est différent : si on laisse faire le marché, on aboutit aux horreurs du système étasunien. N'oubliez pas que ce système coûte plus de 60% de plus que le système Français, tout en étant beaucoup moins performant et en ne couvrant pas 15% de la population. Il n'y a pas de démonstration qu'en matière de santé, un système privé est plus efficace.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 15.04.2010

D'accord avec vous sur le coup du travail trop élevé si on raisonne compétitivité encore que tout dépend si on se considère en système ouvert ou fermé mais dans l'état actuel de "concurrence libre et non faussée" c'est a peu près clair que si on veut garder des emplois en France on a pas le choix.

juste une remarque, quand vous parlez "coût du travail" et TVA sociale je suis complètement d'accord avec vous si la hausse de TVA et les baisses de cotisation sociales associés sont intégralement compensées par des hausses de salaire correspondantes sinon on va vers une baisse de la consommation et dans le contexte actuel de manque de demande globale je ne pense pas que ce soi le but rechercher.

Attention de bien le préciser sinon on retombe sur des mesures extrêmement impopulaires car s'attaquant justement aux porte monnaie des classe populaire. Rappelez vous l'impact de Fabius à l'entre de tour de législatives de 2007 sur le sujet.


Si les augmentations de salaires ont bien lieu c'est évidement une bonne idée car ça va faire participer les importations aux financement de notre modèle social comme le dit très bien NDA. Attention aussi a la fraude cependant qui risquerait d'augmenter, le voyage en Andorre devenant de plus en plus rentable avec la hausse de TVA....

Écrit par : red2 | 15.04.2010

@ Red

Abandonner sa liberté au profit de la sécurité, c'est l'assurance de perdre les deux à terme (on le voit bien avec les retraites : j'ai abandonné la liberté de m'assurer où je voulais pour ma vieillesse et au final je vais me retrouver avec peau de zob dans 30 ans).

Je pense que notre point de désaccord est sur notre vision de la gestion par les partenaires sociaux. Ce que je pense, c'est que certes un assureur privé cherche à se faire du profit pour le refiler à ses actionnaires, mais l'assureur public, géré par le patronat et les syndicats a une gestion beaucoup plus insidieuse : pour acheter la paix social, le patronat accepte les effectifs pléthoriques et les généreux émoluments demandés par les syndicats. Au final, votre service public vous coûte plus cher que le privé car il faut entretenir cette armée mexicaine prête à descendre dans la rue à la moindre étincelle. A contrario, le profit que demande l'assureur privé est limité par la concurrence entre les acteurs, qui se battent tant sur les tarifs que sur les niveaux de remboursement.

Pour les subprimes, je crains que vous n'ayez une vision parcellaire de la chose. Qu'il y ait eu des personnes malhonnetes dans cette histoire, c'est une certitude. Mais n'oublions pas que la source du mal vient de notre ami Clinton, qui a fait passer une loi de non-discrimination, forçant les banques à prêter aux pauvres, afin que tout le monde puisse devenir propriétaire. Les banquiers, contraints et forcés, ont prétés aux pauvres, mais à des taux d'intérêts qu'ils jugeaient dissuasifs. Comme dans le même temps la politique de la FED maintenait des taux relativement bas et un niveau de liquidités élevé, le marché immobilier était en forte croissance. Ainsi, les pauvres s'endettaient à taux élevé et remboursaient leurs échéances en hypothéquant leur maison sur une valeur toujours plus élevée. Certainement sur les conseils de financiers, mais bon, faut être complètement crétin pour ne pas voir que si ça couille, ça part au carton. Sauf que les mecs savent pertinemment qu'ils peuvent faire faillite à titre personnel et qu'au final, au pire, ils se retrouveront dans la situation initiale, c'est à dire, sans maison. En attendant, ils vivent leurs rêvent et ça leur va bien.

Le retour au monopole de FT signifie aussi moins d'inventivité et des prix plus élevés. Sans concurrence, vous n'auriez pas eu Free, vous n'auriez pas eu le triple play, vous n'auriez pas eu internet illimité, vous n'auriez pas eu les prix les plus bas d'Europe pour Internet, ... Quant à EDF, me dire que je paye mes factures d'électricité plus cher pour financer la CGT via le CE d'EDF ... Qui dit monopole, dit corporatisme, dit acquis sociaux défendus, dit sur-coûts, dit dégradation du service, dit manque d'innovation, ...

Et je suis totalement d'accord avec vous que la concurrence doit être réelle, c'est à dire qu'elle ne puisse pas être faussée par des ententes, du lobbying génant l'entrée de nouveaux concurrents, ... sinon, c'est remplacer un monopole par un oligopole.

@ Laurent

Bien sûr qu'une bonne gestion ne serait pas suffisante (mais ce serait déjà beaucoup). Il faudrait également que l'Etat réfléchisse à quelle est sa mission. L'Etat doit il être assureur ? Assureur pour tous ou uniquement pour les plus démunis ? Doit il gérer des hôpitaux ou uniquement les contrôler ? La solution passe par une redéfinition de la place de l'Etat. L'Etat doit avoir un pouvoir absolu dans un nombre de domaines cruciaux, tels que la justice. Aucune compromission avec le droit ne doit être possible et la justice doit être efficace et rapide et les sanctions immédiates et appliquées. En dehors de ces domaines, l'Etat doit être totalement absent.

Les épisodes Amazon et Google ont largement montrés pourquoi la TVA sociale ne marcherait pas. D'une part, notre taux de TVA est déjà élevé et d'autre part, avec Internet, plus besoin d'aller à Andorre pour acheter "discount".

Au sujet du libre-échange, je crains que vous ayez une vision figée des choses. On perd certainement des emplois industriels dans certains secteurs. Mais combien sont créés à côté en logistique, en distribution, en conception, ... qui sont des métiers à plus forte valeur ajoutée ? Le problème dans ce cas n'est plus de conserver à tout prix à coup de subventions des activités peu rentables mais d'accompagner la population dans le changement d'activité, permettre une mobilité accrue, ...

Faites attention aux généralités sur le système de santé US. Les coûts sont plus élevés car la proportion d'obèses est plus grande, que le recours à la chirurgie esthétique est plus développée, ... Il y a certes des abus et des travers à ce système mais n'oubliez pas que les plus pauvres sont couverts depuis longtemps contre les risques santé (selon un système proche de la CMU). Le soucis vient de contrats d'assurance corporate (souscrits par une entreprise pour l'ensemble de ses salariés) un peu light, qui ne couvrent pas l'ensemble des risques. Rien ne vous empêche d'exiger de la population une assurance santé obligatoire avec un niveau de prestation minimum défini. (comme c'est le cas pour l'assurance automobile).

Je ne sais pas où vous avez vu que seul 15% de la population était couverte aux US mais ce chiffre est totalement faux. La grande majorité des américains est couverte correctement. Si ça vous intéresse, je peux vous faire un topo avec quelques chiffres démontrant que la réforme Obama ne sert à rien et ne correspond en rien à l'idée qu'on s'en fait en France.

Je me rends compte que j'ai écrit un pavé énorme et je m'en excuse.

Écrit par : Joe | 16.04.2010

@Joe

Au sujet du libre échange, les propos que vous avancez sur les emplois créés à haute valeur ajoutée sont-ils le fruit de vos lectures, ou de votre expérience sur le terrain ?

Je travaille dans une multinationale dans le domaine automobile, où les secteur que vous citez (logistique, distribution, conception) sont évidemment cruciaux.

Je peux témoigner ici que TOUS ces secteurs sont en cours de délocalisation : la logistique et la distribution se doivent d'être en étroit lien géographique avec les lieux de production (déjà délocalisés), et nous investissons massivement dans des centres de R&D en Roumanie, en Inde, en Chine... car ça coûte beaucoup moins cher, et ils sont loin d'être idiots !

Votre concept de "je délocalise les activités à faible valeur ajoutée et je garde les plus nobles" c'était peut-être vrai il y a 10 ans, mais aujourd'hui ce n'est plus du tout valable. C'est un mythe, doublé d'une attitude déplacée de supériorité vis-à-vis de ces populations émergentes. Elles vont bientôt nous dépasser sur le plan technologique (c'est déjà fait dans biens des domaines) alors je ne vois pas comment on pourrait se targuer de protéger ici nos activités à forte valeur ajoutée...

Dans nos compagnies, il ne reste plus que quelques postes non délocalisables (et encore) : le CEO, le Directeur Financier, et le Staff de direction. Vous pensez que ça fait assez d'opportunités pour assurer le plein emploi en France ?

Désolé pour ce tableau un peu noir, mais c'est ce que je vis au quotidien. Il est temps de ce détacher des dogmes de l'orthodoxie économique libérale, et de voir ce que cela engendre réellement sur le terrain.

Écrit par : Bouboune | 16.04.2010

Il s'agit de mon expérience de terrain, lors de discussion avec des chefs d'entreprise ayant beaucoup délocalisé et relocalisant partiellement.
La raison d'être d'une entreprise est de faire du profit. Vous pouvez le nier mais les faits seront têtus. En partant de là, comment se prend la décision de délocaliser ? Si la délocalisation me permet de globalement augmenter mes profits, j'opterais pour la délocalisation. Maintenant, comment savoir si cela augmente mes profits ? Il y a les économies immédiates et évidentes (coûts de production - coûts de transport) et beaucoup s'arrêtent à ce calcul. Par contre, il y a aussi tous les coûts cachés : coût de réactivité moindre, coût d'un éventuel espionnage industriel, ... Ces coûts peuvent vite être non négligeable sur certains fonctions, ce qui fait que les entreprises n'ont pas forcément intérêts à tout délocaliser.

Pour l'automobile, s'agit il vraiment de délocalisation ? Les voitures produites en Chine sont destinées à quel marché ? Les voitures produites en Amérique Latine sont destinées à quels marchés ? Aux marchés locaux, qui sont les relais de croissance de groupes installés sur des marchés saturés et matures, à faible marge. Il est donc normal que l'essentiel de leurs investissements portent sur la conquête de ces nouveaux marchés et que la logique industriel sur les marchés matures soit l'optimisation des coûts. Ce n'est pas du capitalisme, du libéralisme, ou ce que vous voulez en -isme, c'est de la stratégie d'entreprise, visant à garantir la pérennité de l'entreprise sur le long terme.

"L'orthodoxie économique libérale" consiste juste à dire que l'Etat fait plus de mal que de bien à chercher à manipuler les différents secteurs économiques (par des règlementations, des subventions, ....). Après les lois de protection des consommateurs, les lois condamnant les ententes et les atteintes au droit de la concurrence, sont clairement condamnables.

Écrit par : Joe | 16.04.2010

@Joe

Je contestais votre raisonnement selon lequel nous devions nous concentrer sur les activités à forte valeur ajoutée, et laisser les autres aux pays émergents.

Je ne vois pas d'éléments de réponse de votre part sur ce point précis. C'est pourtant ce dogme qui va nous tuer.

Allez-vous former nos ouvriers à des métiers de R&D ? Ou voulez-vous les verser dans le formidable gisement d'emploi des services à la personne (sic) ?

Écrit par : Bouboune | 16.04.2010

C'est donc à moi la charge de la preuve. C'est pourtant un fait que sur des activités à faible valeur ajoutée, la part des salaires étant ce qu'elle est, la France n'est pas compétitive.

Néanmoins, votre remarque est justifiée : toute la population ne peut pas être ingénieur. Pour être un peu technique, les emplois ne présentant pas d'intérêt pour une délocalisation sont les emplois où la part du salaire dans le coût de revient n'est pas déterminante. Et contrairement à ce que vous semblez penser, il existe bon nombre de secteur d'activité de production où c'est le cas. Prenez par exemple la fabrication d'éléments aéronautiques, demandant plus de temps-machine que de temps-homme, la fabrication en petites séries d'élements mécaniques, tous les métiers de fabrication où les coûts de transport ne sont pas compensés pas les gains en salaire, tous les métiers où les besoins en réactivité sont tel que la proximité avec le client du site de production revêt un aspect stratégique, ... on peut trouver beaucoup plus d'exemples.

Vous voyez, pas besoin d'aller faire la nounou ou le ménage, pour peu que les moyens soient donnés à la reconversion et non à des tentatives vaines de sauvetage.

Écrit par : Joe | 16.04.2010

@ Joe

Attention, je n'ai jamais dit que la gestion par les partenaires sociaux est parfaite. Mais pour certaines activités, la gestion privée est moins efficace qu'un monopole public.

Deux exemples :
- le service de renseignements téléphoniques : il y a 15 ans, on pouvait avoir plusieurs numéros pour un peu plus de 3 francs. Aujourd'hui, on en a un pour plus de un euro et il faut se souvenir de plusieurs numéros. Résultat, le volume d'appel a baissé de 20% l'année de son introduction. Seuls les médias en ont profité.
- la santé : le cas étasunien montre que le tout privé ne fonctionne pas forcément bien. La santé représente 16% du PIB contre 10% en France et en plus, l'OMS classe les Etats-Unis au 27ème rang mondial... Bien sûr, il y a des obèses et de la chirurgie esthétique mais cela ne me semble pas à même d'expliquer un tel écart entre le coût et la performance

Je ne vois pas comment vous pouvez dire qu'un système public coûte plus cher qu'un système privé étant donné l'exemple des Etats-Unis qui montre le contraire.

Pour les subprimes, je suis désolé, mais c'est vous qui avez une vision parcellaire puisqu'à chaque fois vous dénoncez la responsabilité de l'Etat (politique de taux de la Fed ou décision de Clinton). Je crois que cela est beaucoup plus complexe, comme je le soulignais dans un autre commentaire. Les banques ont fait n'importe quoi aux Etats-Unis (au point que certains Etats avaient interdit certaines pratiques) pour gagner des parts de marché (cf livres de Jorion). Et cela, ce n'est pas l'Etat qui leur a demandé de le faire.

La santé est pour moi un service public. La pure logique privée ne marche pas comme l'exemple étasunien le montre : la fragmentation du marché, l'explosion des frais de commercialisation et la nécessité de faire des marges font exploser les prix et le service est mauvais pour les plus faibles qui n'arrivent pas à s'assurer. Je n'arrive pas comment vous arrivez un système qui a échoué.

Vous n'avez pas bien lu : j'ai dit que 15% de la population n'était pas couverte...

Sur le libre-échange : la compensation de la perte des emplois plus basiques par des emplois à haute valeur ajoutée est un mythe. Il suffit de voir que des A320 sont assemblés en Chine aujourd'hui.

Tous les pays recourent à des formes de protectionnisme pour assurer leur développement industriel, sauf l'Europe qui défend un libre échange dogmatique déconnecté de la réalité. Il suffit de constater l'effondrement du nombre d'emplois industriels dans toute l'Europe. N'oubliez pas que l'UE importe 4 fois plus de Chine qu'elle n'y exporte...

Je suis d'accord, le but des entreprises est de faire du profit et vu que les écarts de salaires peuvent aller de 1 à 20 entre pays émergents et pays développés sans que les écarts de productivité ne le justifient, alors les activités sont forcément fortement délocalisés dans les pays émergents, au prix de pertes d'emplois massives et d'une stagnation des salaires.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.04.2010

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