29.04.2010
Crise des dettes publiques : la rigueur va renforcer le mal !
Aujourd’hui, on entend partout la même rengaine sur la dette excessive des Etats, leur situation de faillite et l’inévitable rigueur à laquelle la quasi totalité des peuples européens devrait se préparer. Et s’il y avait une autre solution ?
La rigueur, la saignée du 21ème siècle
Pour dissiper tout malentendu, il me faut préciser une chose. A la base, je crois qu’un Etat ne doit pas avoir de déficit budgétaire en période normale. En dehors de circonstances exceptionnelles ou de projets exceptionnels, il ne me semble pas légitime de faire payer aux générations suivantes les dépenses courantes. Ceci passé, il ne faut pas oublier que la crise actuelle est la conséquence directe de celle de 2008, causée par les excès de la finance que les politiques avaient laissé faire.
Aujourd’hui, les tenants de la pensée unique n’ont que la rigueur à la bouche. La Grèce doit faire plus d’efforts : au lieu de réduire son déficit de 4 points du PIB en 2010, 5 points devient le norme. Mais après Riga, Dublin et Athènes, la même politique devra être mise en place à Madrid, Rome, Londres et Paris pour assurer que les Etats pourront bien honorer les dettes qu’ils ont contractées, en partie pour éviter que l’effondrement du système financier n’entraîne le reste de l’économie avec lui.
Le problème, et les marchés s’en sont rendus compte, est qu’une telle rigueur, si elle était mise en place dans toute l’Europe, risque de plonger le continent dans une dépression économique où l’absence de croissance rendra extrêmement difficile le remboursement de la dette. Car ce n’est pas tout de réduire les dépenses, si l’économie va mal, les recettes baisseront également et l’amélioration du solde risque d’être trop faible pour compenser ne serait-ce que l’augmentation du coût de la dette.
Une rigueur contre-productive
Les politiques qui semblent se dessiner dès 2010 pour quelques pays et 2011 pour les plus chanceux pourraient bien plonger les pays européens dans une situation comparable à celle du Japon, où la croissance trop faible ne permet pas de rétablir l’équilibre des finances publiques. Dans le passé, des pays isolés ont pu le faire, mais ils ont réussi cela en dévaluant et en profitant de la croissance de leurs voisins. Ici, la situation est différente car il n’y aura ni dévaluation ni croissance à la frontière…
Emmanuel Todd avait bien raison de dire « qu’avec l’euro fou, l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa puissance économique pour se torturer ». Nous allons atteindre ici le paroxysme de cette folie dans les années à venir. Et malheureusement, l’ensemble des gouvernements semble se diriger vers une rigueur généralisée qui a toutes les chances de tellement affaiblir les économies européennes qu’il n’est même pas sûr que cela arrivera à rétablir les comptes publics…
Une autre issue est possible
Il faut dès maintenant envisager d’autres solutions pour sortir de l’impasse budgétaire dans laquelle les pays européens sont en train de s’enfermer. Tout d’abord, il faut trouver de nouveaux moyens de financement. Une taxe Tobin paneuropéenne sur l’ensemble des transactions financières pourrait constituer une aide financière importante. En outre, l’urgence de la situation et la baisse de la masse monétaire rend la monétisation de la dette publique sans danger d’un point de vue inflation.
Mais ce n’est pas tout, la grande diversité de situation des pays impose des politiques monétaires différentes selon les situations. La Grèce, le Portugal ou l’Irlande auraient bien besoin de dévaluer pour regagner en compétitivité, et dans une moindre mesure l’Espagne et l’Italie, tandis que l’Allemagne devrait réévaluer sa monnaie. Le retour à des politiques monétaires nationales est essentiel car la rigueur budgétaire associée à une mauvaise politique monétaire sera fatale aux économies européennes.
Les politiques qui se dessinent pour les prochaines années sont une aberration de l’esprit. Pour protéger l’euro et honorer les dettes, les gouvernements vont mettre à la diète des économies déjà anémiées par la crise. Et pourtant, il y a d’autres solutions…
12:47 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : grèce, dettes publiques, rigueur




Commentaires
Le soi-disant « plan d’aide » prévoit que les Etats européens prêteront 30 milliards d’euros à la Grèce à un taux de 5 %.
Mais … les Etats européens sont eux-mêmes surendettés !
Alors on nous explique que les Etats européens vont emprunter sur les marchés internationaux, et qu’ensuite ils vont prêter ces sommes à la Grèce !
Mais … les Etats européens vont se surendetter encore plus !
1- Exemple : l’Irlande.
Le taux d’intérêt des obligations de l’Irlande à 10 ans est de 5,26 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND
L’Irlande va donc emprunter à un taux de 5,26 %, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce à un taux de 5 % !
En clair : l’Irlande va se surendetter encore plus, et elle va perdre de l’argent encore plus !
2- Autre exemple : le Portugal.
Le taux d’intérêt des obligations du Portugal à 10 ans est de 5,64 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND
Le Portugal va donc emprunter à un taux de 5,64 %, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce à un taux de 5 % !
En clair : le Portugal va se surendetter encore plus, et il va perdre de l’argent encore plus !
Etc.
Dernier problème : même si les Etats européens réussissaient quand même à prêter 30 milliards d’euros à la Grèce, ce serait à fonds perdus car la malheureuse Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.
Ce soi-disant « plan d’aide » est complètement pipeau ; il ne sert qu’à essayer de rassurer les marchés internationaux.
Écrit par : BA | 29.04.2010
Quand tu dis "honorer leur dette" il faut naturellement entendre "continuer de payer leur tribut au pouvoir financier" !
La question que je me pose en ce moment c'est de savoir où est l'intérêt pour la finance de mettre à genou financièrement un Etat ? A priori nulle part, mais le problème c'est que la finance se comporte comme un nuage de sauterelles. Quand un hedge fond achète une entreprise en LBO pour la rançonner jusqu'à ce que mort s'en suive, il ne se soucie d'aucun raisonnement économique à long terme. Il se contente de prendre ce qu'il peut prendre. Et tant qu'il peut prendre, il prend !
Écrit par : Malakine | 29.04.2010
@ Malakine,
Attention, il y a "honorer ses dettes" et "honorer ses dettes". Je propose trois choses qui permettraient de soustraire les Etats de leur asservissement au monde financier :
- une taxe Tobin sur toutes les transactions financières
- une possibilité de monétisation de la dette
- lors de la sortie de l'euro, une conversion des dettes publiques au taux d'entrée dans l'euro pour que la dette n'augmente pas en cas de dévaluation
L'intérêt de la finance. Je ne suis pas certain de la capacité de la finance à raisonner de la sorte... Elle ne raisonnait pas mieux quand elle valorisait France Telecom 219 euros l'action en 2001 et seulement 7 euros (-93%) deux ans après.
Le marché est moutonnier et soumis aux esprits animaux...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 29.04.2010
@Malakine
Sur la totalité de la dette de l' Etat en OAT , les non résidents détiennent 60% et les assurances 20%
Ces "assurances" sont, je pense, les assurances-vie détenues par de nombreux petits porteurs / épargnants... sans doute pas des gens de la "finance"
Ceci dit l'imposition - à la source - sur les revenus du capital peut sans doute permettre d'éviter les erreurs ...
Écrit par : A-J Holbecq | 29.04.2010
Créer des impôts ou en augementer d'autres : mais bien sûr, c'est la solution miracle à tous les problèmes. La France approche les 60 % de prélèvements obligatoires et vous pensez qu'elle peut se payer le luxe d'augmenter encore les impôts et donc de prendre encore un peu plus de pouvoir d'achat aux Français qui s'apprauvissent toujours plus ?
Bien sûr, comme on ne veut pas (on sait très bien pourquoi quand on est un homme politique, il n'y a que sa petite réélection qui compte, sinon fini le champ, les petits fours et les putes, les finances du pays, c'est peanuts à côté) baisser les dépenses, on propose, depuis des décennies, la même solution : encore des impôts. La solution de facilité sauf qu'il est plus facile de baisser les dépenses qu d'augmenter les recettes pour une raison toute simple : si vous prévoyez une recette de 100, qui vous garantit que vous l'aurez ? Rien. En revenche, si vous avez prévu 100 de dépenses, vous pouvez faire des économies.
La solution, c'est bien la rigueur : quand on embauche un fonctionnaire, on met un salarié du privé au chômage : il faut lui payer son salaire, ses charges et sa retraite. De même, on prend du pouvoir d'achat aux salariés qui auraient pu affecter cet argent à de l'épargne et donc de l'investissement ou à une consommation. Comme on sait que l'essentiel de l'argent collecté par l'Etat se perd dans les rouages de la machine : des centaines de milliards s'évaporent et les Français s'appauvrissent. N'est pas économiste qui veut.
"il ne me semble pas légitime de faire payer aux générations suivantes les dépenses courantes."
Au moins vous êtes honnête : vous avouez être un socialiste irresponsable. C'est pas grave de faire des conneries, on présentera la facture aux gosses. Oseriez vous faire un truc aussi répugnant cela à vos enfants si vous en avez ?
Écrit par : Nono | 29.04.2010
@ Nono
Apprenez à lire : j'ai écrit que je ne trouve pas légitime de faire payer aux générations suivantes les dépenses courantes. Hors situations exceptionnelles, je pense que le budget de l'Etat doit être équilibré...
"la France approche les 60% de P.O." : mais bien sûr !!! Nous sommes à 42/43% aujourd'hui. Mais la rigueur intellectuelle ne semble pas votre fort. N'est pas économiste qui veut.
Il est illusoire de croire qu'on s'en sortira aujourd'hui en coupant uniquement dans les dépenses pour rétablir les comptes publics. L'effet dépressif de telles mesures serait tel que cela rendrait même difficile l'amélioration des comptes publics. L'avantage d'une taxe Tobin, c'est que ce n'est pas une taxe sur les activités productives ou sur les citoyens. Elle ne porte que sur les transactions financières.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 30.04.2010
@ Nono
Chaque jour nous payons, seulement en intérêts de la dette, 150 millions d'euros: c'est 3 Airbus A320 , dont 2 s'envolent vers l'étranger, qui sont donnés aux plus riches !
Essayez donc de justifier la logique qui préside au fait de devoir payer au privé des intérêts sur notre propre monnaie alors que la Banque de France est notre entière propriété :)
Écrit par : A-J Holbecq | 30.04.2010
Bonjour Mr Pinsolle,
Je suis employée de banque et suis ravie d'apprendre que je n'était pas une citoyenne et que je ne travaillais pas.
Elle ne porte que sur les transactions financières.
Et tous ces salariés (et citoyens) qui placent leurs petites économies dans des assurances vie pour financer les entreprises et l'Etat, vous proposez donc de le taxer.
Avec des raisonnements pareils on comprend que la France parte dans le mur.
Écrit par : Noémie | 30.04.2010
@ Noémie
En quoi ai-je dit que vous n'étiez pas une citoyenne et que vous ne travailliez pas ?
En effet, je propose une taxe sur toutes les transactions financières. A l'échelle de l'Europe, même en prenant pour hypothèse une réduction de 50% du nombre de transactions financières, une taxe de 0.1% permettrait de lever la bagatelle de 360 Mds EUR. Etant donné le poids de la France en Europe, cela représenterait plus de 70 Mds pour nous.
Ne vaut-il mieux pas faire cela plutôt qu'augmenter d'autres taxes et impôts ?
Écrit par : Laurent Pinsolle | 30.04.2010
"Aujourd’hui, les tenants de la pensée unique n’ont que la rigueur à la bouche. "
Comme qui ?
Qui a dit haut et fort en France que c'était le seul moyen de s'en sortir ? Quel journal ose ouvertement critiquer le manque de rigueur du gouvernement ? Qui détaille les actions urgentes à mener et les coupes prioritaires à effectuer ?
je dois avoir des éditions caviardées, car ce matin chez mon marchand de journaux, tous les canards titraient sur la burqa...
Ou peut-on rencontrer cette majorité écrasante avec la pensée unique néo-libérale en étendard ?
Au manifs du 1er mai ? au PS ? à l'UMP ? le front de gauche peut-être ? ou alors le FN ?
Mais oui, ça y est, j'y suis !!
la pensée unique, ce sont les abstentionnistes : ils sont majoritaires, trouvent que leur représentants sont des jeanfoutres profiteurs qui n'ont aucun sens de l'interet général, préfèreraient voir le pays gérer sainement, avec plus de raison que de pathos, en ont marre de la course à l'échalotte revendicative, etc...
Ha les salauds !
Écrit par : pythéas | 30.04.2010
@Malakine
Cessez de racontre n'importe quoi sur l'Etat, la fonction publique et le privé. En réalité : embaucher un fonctionnaire a la même effet que créer de l'emploi dans le privé.
Pour faire clair : l'Etat percoit des taxes et impots, embauche des enseignants, qui fournissenet un service aux familles (l'éducation des enfants). Ca peut très bien être fait par le privé que les familles paient directement pour leur fournir le service. Le cout final pour la société est le même puisqu'il faut payer le salaire de l'enseignant et les cotisations qui vont avec, sauf que dans le premier cas toutes les familles peuvent envoyer eurs enfants à l'école, alors que dans le second seule les familles riches pourront le faire.
Écrit par : Theo | 30.04.2010
@Nono
"quand on embauche un fonctionnaire, on met un salarié du privé au chômage "
Celle là je ne la connaissais pas...
Vous pouvez développer ?
Écrit par : A-J Holbecq | 30.04.2010
Bon, pour essayer de mettre tout le monde d'accord, ne pensez-vous pas que le plus important serait d'abord de "simplifier l'administration" (de l'Etat, fiscale, des collectivités diverses et variées, des administrations de la "solidarité", etc..)
Écrit par : A-J Holbecq | 30.04.2010
@ A-J H
Je suis parfaitement d'accord pour dire qu'il y a un gros exercice de simplification de l'administration qui permettrait de faire des économies (notamment au niveau de la Sécurité Sociale).
@ Pythéas
Trichet, Minc, DSK, Valls, Juppé, Fillon, Apathie, Duhamel...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 30.04.2010
DSK la rigueur ?? Vous avez lu le point ou marianne ? Il dit exactement le contraire : on va tout faire pour l'éviter;
Minc est capable de changer plusieurs fois d'avis dans la même phrase.
Trichet : en tant que directeur de la BCE, c'est son role. S'il disait le contraire, on pourrait attendre du pape qu'il prone le sexe libre sans contrainte et avec capote. Y'a que Greenspan pour dire que non, c'est pas grave de dépenser plus que ce qu'on gagne et qu'il suffit de toujours aller plus loin. Très beau résultat, bravo et merci !
Valls : un ovni au PS qui essaie de se singulariser en disant des gros mots. Oui, pour un socialiste, 'rigueur' est un gros mot.
Juppé : facile a sa place.
Aphatie et Duhamel : les derniers journalistes pas encore complètement bisounoursisés, ils ont encore des yeux pour voir et un peu d'esprit critique.
C'est ça votre pensée unique ? Moi je parlait de la ligne éditoriale de l'ensemble des médias français (France Info et inter en tête, s'en est même une insulte à l'intelligence en plus d'être un doigt d'honneur au contribuable), l'opinion donnée par tous les représentants des principaux partis (Que dit Bertrand : 'tout va bien ma bonne dame, parlons plutot burqa'), des syndicats, des associations, etc...
Écrit par : pythéas | 30.04.2010
En France, la pensée unique, c'est la social-démocratie matinée d'idées keynésiennes qui sont appliquées dans les Etats européens avec les résultats que l'on sait : déficits et dettes abyssaux, terrorisme fiscal, croissance molle ou inexistante et pour finir chômage de masse, et bientôt, retour de l'inflation.
@pythéas : les putes subventionnées de Fce désinfo et France Inter(nationale communiste) ne vont pas demander aux gouvernements de scier les branches sur lesquelles ses journalistes s'empiffrent. Sont pas masos quand même.
Écrit par : Théo31 | 30.04.2010
@ Pythéas
DSK la rigueur ? Et que fait le FMI en Grèce ? DSK a lui-même annoncé que la solution pour Athènes, c'était la déflation !
Qui dit aujourd'hui qu'il ne faut pas en passer par une certaine rigueur ? Personne à ma connaissance. Presque personne ne propose des solutions alternatives comme la monétisation de la dette ou la sortie de l'euro.
@ Théo
Quelle mesure...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 01.05.2010
Il s'agirait de prendre quelques cours d'économie avant de faire des blogs sur l'économie
Écrit par : fred | 02.05.2010
"je propose une taxe sur toutes les transactions financières."
Quand vous mettez un impôt sur les vaches, qui le paie ? Les vaches ou leurs propriétaires ?
D'accord avec le commentaire de fred.
Écrit par : Junk Bond | 02.05.2010
Junk Bond devrait relire James Tobin... :)
Écrit par : A-J Holbecq | 02.05.2010
@ Junk Bond et Fred,
Il faut dire que vos interventions aussi développées que nuancées démontrent une bonne connaissance de l'économie...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.05.2010
Petite contribution sur la dette publique : quoi que vous fassiez, la France est allée trop loin dans la dette publique et fera faillite. Cueillez, cueillez votre jeunesse...
http://www.contrepoints.org/Le-piege-mortel-de-la-dette.html
Écrit par : Joe | 03.05.2010
@Joe
J'ai parcouru votre article et il me semble que vous oubliez quelques éléments, en particulier celui des intérêts payés depuis 1973
Depuis 1980, nous avons payé 1350 Md€ d'intérêts: si nous n'avions pas eu d'intérêts à payer, nous aurions remboursé la dette de 236 Md€ telle qu'elle apparaissait fin 1979 et nous n'aurions quasiment plus aucune dette.
http://monnaie.societal.org/Arnaque/
Deuxième point: vous n'envisagez même pas que nous puissions quitter l'euro ou faire sauter l'article 123 de Lisbonne et monétiser la dette existante, progressivement: le "piège" serait inexistant
Troisième point: avez vous calculé quelle a été néanmoins la Formation Brute de Capital Fixe depuis 30 ans, en France? Vous verrez qu'on est pas trop loin de 50% du total de l'emprunt: cette dette a quand même servi à quelque chose (et bien qu'on aurait pu s'en passer)
Quatrième point: si la Grèce est dans cet état c'est que :
1 - elle n'aurait jamais du rentrer dans l'euro
2 - elle aurait ainsi pu faire ce qui nous est refusé (dévaluation + monétisation des besoins d'équipement collectif)
Écrit par : A-J Holbecq | 03.05.2010
@ A-J Holbecq
L'article n'est pas de moi mais est intéressant. Personnellement, je ne pense pas que la France ira jusqu'à la faillite, elle génèrera de l'inflation avant.
Même si je ne suis pas d'accord sur votre analyse du "c'est la faute aux intérêts d'emprunts qu'on est endetté" et notamment sur le montant des intérêts dans le total de la dette actuelle, ce débat est tout bonnement stérile car la réalité, c'est qu'actuellement nous avons 1 500Md€ de dettes et que nous en aurons 150Md€ en plus l'année prochaine.
Bien sûr, vous pouvez monétiser la dette, mais vous êtes forcés de quitter l'euro. Le différentiel de spread actuel entre la France et l'Allemagne indique que la dévaluation immédiate de la monnaie Française serait de l'ordre de 15% par rapport à l'euro. (Avant monétisation de la dette). Le pouvoir d'achat des français en produits importés (donc la plupart des biens de consommation) serait instantanément amputé de 15% et ce n'est qu'un début. Rajouter à cela, la dévalorisation des épargnants (et surtout des petits épargnants et des retraités, incapable de se couvrir contre le risque de change et de taux), 95% de la population s'appauvrit. Si pour vous, c'est indolore voire une victoire, pas pour moi !
Si vous pensez que la dette publique a quelquechose à voir avec l'évolution du PIB, ce n'est pas dans ce sens qu'il faut chercher. L'état se finance en ponctionnant les ressources des entreprises par l'impôt et renchérit leur coût d'emprunt en captant la masse des preteurs recherchant un faible rendement. La dette publique, en tant qu'allocation de ressources inefficiente, a un coût et la formation brute de capital fixe aurait été supérieure sans endettement public et les bulles n'auraient pas été entretenues par les pouvoirs publics (comme celle de l'immobilier avec leur désir d'accession à la propriété pour tous, qui au final ne profite qu'aux agents immobiliers et aux investisseurs).
C'est aux mécanismes de marché, pourvu qu'on les laisse fonctionner sans y mêler des règles étatiques qui tendent à les détraquer, de récompenser les meilleures et de forcer les moins fiables à s'améliorer ou à disparaître, et ce sont ces mêmes mécanismes de marché qui sont à même de déclencher les crises dûes à de mauvaises décisions suffisamment tôt pour qu'elles restent limitées dans leur étendue et ne créent pas de risque systémique socialement et politiquement inacceptable
Écrit par : Joe | 04.05.2010
@Joe
Vous me permettrez de ne pas être d'accord avec vous, mais comme je m'en suis déjà expliqué de multiples fois, je n'argumenterai pas plus ici.
Écrit par : A-J Holbecq | 04.05.2010
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