06/05/2010

Signez la pétition pour la sortie de la monnaie unique

En 1992, lors de la campagne sur le traité de Maastricht, on nous promettait monts et merveilles avec la monnaie unique. Aujourd’hui, la réalité est là : l’euro est un boulet accroché aux pieds des économies européennes. A nous d’en tirer les bonnes conclusions.

Le mythe de la protection

Bien sûr, ses derniers partisans affirment toujours que l’euro nous a protégés pendant la terrible crise économique que nous traversons. Mais cette parole officielle est totalement démentie par les faits. En réalité, les conséquences de la crise ont été beaucoup plus dures pour la zone euro que les Etats-Unis, ce qui totalement contradictoire avec le fait que le marché immobilier étasunien s’est effondré de 30% alors que les marchés continentaux (Espagne excepté) ont bien résisté.

Les faits sont là : l’Europe est entrée en récession au 2ème trimestre 2008, les Etats-Unis un trimestre plus tard. Le PIB de la zone euro a reculé de 4%, celui des Etats-Unis de 2,5%. Pire, alors que les Etats-Unis connaissent une sortie de crise vigoureuse (avec une croissance prévue de 3% cette année), l’Europe n’est pas prête de rattraper ce qu’elle a perdu avec une croissance projetée d’à peine 1% en 2010 et 2011. Bref, il faudrait attendre au mieux 2012 pour espérer revenir aux chiffres de 2008…

La monnaie unique, un boulet dont il faut se défaire

La réalité, c’est que l’euro est un frein pour la croissance de l’Europe, pour trois raisons. La première est la surévaluation chronique de l’euro (encore 20% aujourd’hui). La seconde tient à la politique de désinflation compétitive qu’elle entraîne en Europe et dont l’Allemagne a été la pionnière, comprimant salaires et croissance. Et la troisième est le caractère inadapté d’une même politique monétaire pour des pays aussi différents, qui a encouragé des bulles en Irlande ou en Espagne.

La solution aujourd’hui consiste à quitter l’euro. Tout d’abord, cela permettra d’adopter des politiques monétaires adaptées aux différents pays, en procédant à des dévaluations pour ceux qui en ont besoin. Le problème de la dette ne se posera pas si on part du principe que les dettes souveraines seront converties au taux d’entrée dans l’euro, avant la dévaluation. Ainsi, le poids de la dette restera le même, mais avec des perspectives de croissance qui permettront de l’honorer.

Ensuite, la sortie du carcan de la Banque Centrale Européenne permettra d’utiliser la monétisation de la dette, à savoir l’achat par la banque centrale des bons du trésor, à des taux d’intérêt inférieurs à ceux du marché, ce qui permettra de réduire le déficit et d’éviter que des politiques de rigueur étouffent la croissance. Cette pratique est aujourd’hui interdite par les traités européens, alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne y ont eu recours pendant la crise.

N’hésitez donc pas à signer la pétition lancée par Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République pour sortir de la monnaie unique. C’est le seul moyen pour échapper aux politiques déflationnistes en train de se mettre en place et qui vont étouffer nos économies.

Commentaires

@Laurent

Tu compte tout de même garder la monnaie unique comme monnaie de réserve non? Parce que nous risquons une évolution à la sud américaine avec fuite de capitaux vers le dollars. Je te rappels qu'on est en régime de libre-circulation des capitaux et que beaucoup verront dans le démantèlement de l'euro un prélude à la dévaluation. Ce qui va pousser les rentiers et les capitalistes à changer leurs actifs en dollars. Il faut faire très attention à ça. C'est ce qui est arrivé à l'Argentine ou à la Russie et c'est ce qui nous pend au nez si l'on ne fait pas attention.

Je suis pour la sortie de l'euro mais je ne crois pas qu'il faille pour autant négliger la problématique des fuites de capitaux. D'autant que les USA ne verrez pas d'un mauvais œil une fuite de capital vers la zone dollars au moment où leurs déficits commerciaux recommence à se creuser pendant que la Chine rechigne à financer leur dette galopante.

Écrit par : yann | 06/05/2010

D'accord car même si on pourrait rêver d'un euro qui fonctionne différemment, il faut être réaliste et comprendre que l'euro ne pourra jamais être réformé si au moins un pays n'a pas commencé par taper du poing sur la table en sortant de l'euro.

Pour ce qui est de "procéder à des dévaluations", cette terminologie doit être oubliée dans la mesure où ça fait belle lurette que les cours de change sont flottants et qu'un État ne peut donc plus décréter une dévaluation. Mais il peut par contre émettre de la nouvelle monnaie, si du moins il se libère du carcan de Maastricht (ou des carcans équivalents instaurés nationalement, comme en France depuis 1973), ce qui pourra éventuellement avoir comme conséquence une dévaluation de la monnaie sur les marchés.

Écrit par : Michel | 06/05/2010

@ Yann

Bien sûr, la sortie de la monnaie unique ne signifie pas la fin de l'euro, qui pourrait devenir une monnaie de réserve ainsi que d'échange.

La libre-circulation des capitaux ? A titre personnel, je crois qu'il faut revenir dessus. Et même si on ne le pouvait pas, la zone euro est une zone relativement auto-suffisante (il y a un fort niveau d'épargne), donc le risque serait beaucoup plus limité. Et à la limite, une petite fuite qui pousserait l'euro 20 à 30% plus bas en valeur ne serait pas un mal pour nous.

@ Michel

Pas faux, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne procèdent en laissant leur monnaie se déprécier. En revanche, rien n'empêche d'imaginer un système monétaire plus encadré pour succéder à l'euro monnaie unique (cf propositions pour réformer la finance).

Écrit par : Laurent Pinsolle | 06/05/2010

C'est marrant qu'à partir d'un constat globalement juste, vous en tiriez la conclusion que c'est la faute de l'euro. Personnellement, je ne vois aucun lien de cause à effet direct et surtout le différentiel de croissance entre les deux zones économiques peut s'expliquer de beaucoup d'autres manières différentes, notamment par exemple par le fait que l'un est beaucoup plus étatiste que l'autre et tripote tout un tas de domaines où il n'a ni la légitimité ni la compétence, le tout en grévant des ressources qui auraient pu être utilisées autrement.

Demander la sortie de l'euro, c'est se préparer tout doucement à enfoncer une énorme aiguille de ponction de l'argent des français que l'on nomme inflation et redonner aux politiques les moyens de toutes leurs bidouilles et de leur irresponsabilité : l'accès à la planche à billets. Les taux d'intérêts des marchés sont le coup de sifflet qui siffle la fin de la récré : fini de claquer des milliards à tour de bras pour défendre la vache landaise, les petits insectes du bois de machin, les tours en avions privés, les éoliennes qui ne produisent pas d'électricité, ... C'est déplaisant, ça confirme que nos gouvernants ne font que des conneries depuis au moins trente ans, mais ce n'est pas en monétisant la dette que ça va changer.

Écrit par : Joe | 06/05/2010

@ Laurent

C'est dans les vieux pots que l'on fait la meilleure soupe, je viens de retrouver la motion du labour sur l'Europe en 1950... à l'époque le labor était vraiment bon dans le sillage d'Atlee:

http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2010/05/04/pour-le-labour-party-la-construction-europeenne-est-incompatible-avec-le-socialisme-democratique/#more-243

Écrit par : René Jacquot | 06/05/2010

@Joe

Sortir de l'Euro, c'est indispensable mais ce n'est effectivement pas suffisant.

Indispensable, parce les marchés ont signé la fin de la récré sur la dette des états. On a profité jusqu'ici de taux très bas, et sur sur les 2 dernières années, de manières opportuniste, d'arbitrage en faveur de la France, en défaveur de pays comme la grèce, le portugal ... et malgré cela, le service de la dette est de 42 Milliards d'Euros cette année. De combien sera t-il dans 1, 2, 3... 5 ans, quand il faudra refinancer la dette dans des conditions dégradées ? On a déjà largement utilisé le paramètre étalement de la dette, des échéances courent jusqu'en 2060 ! Nous allons tout droit vers la spirale infernale de méfiance des marchés, augmentation des taux, augmentation de la dette, dégradation des notes, ré-augmentation des taux ... pour finalement aboutir à une situation comparable à celle de la Grèce. Non merci !

Il faut permettre à la France d'emprunter à sa Banque à taux 0 ou très faible. On ne sauve pas un type qui se noie en lui enfonçant la tête dans l'eau. On ne peut pas le faire si l'on reste dans l'Euro.

Il faut pouvoir retrouver de la compétitivité et dévaluer, parce qu'actuellement notre monnaie est surévaluée de 20 à 30%. Cette surévaluation nous coûte actuellement notre industrie et l'industrie, c'est les 3/4 de nos exportations et 4/5 des investissements en R&D privés. On ne peut pas le faire si l'on reste dans l'Euro.

Mais c'est insuffisant et vous soulevez justement un grave problème, le problème chronique de la France depuis des années : le laxisme budgétaire.

Pour le combattre, il faut mettre fin au déficit structurel de la France. Il est estimé par la cours des comptes à 3,5% du PIB soit 3,5% de 1950 Milliard d'Euros, soit environ 70 milliards d'Euros. Faut-il l'interdire hors période de crise au niveau de la constitution ? J'y suis pour ma part largement favorable.

Comment y parvenir :

- réduire le service de la dette qui est inclus dans ces 70 milliards : c'est le plus gros poste. Le remplacement des titres venant à échéance par des titres à taux 0 y contribuera. On peut aussi faire défaut sur une partie de la dette. Tout le monde doit participer à l'effort, pas seulement le monde du travail.

- augmenter les prélèvements fiscaux (Augmentation de l'impôt sur le revenu, suppression des niches fiscales des particuliers et des entreprises, en particulier des plus grosses, du bouclier fiscal, augmentation forte de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices non réinvestis en France ....).

- revoir un certain nombre de dépenses : contribution nette de la France à l'ue ...

- faire en sorte que les PME, PMI puissent accéder au crédit pour financer leurs investissements en France, favoriser l'emploi et donc la croissance du PIB.

- Permettre aux TPE de grandir et de devenir des PME performantes en leur réservant une partie de la commande publique

- relancer à 2, 3 pays Européens volontaires des programmes type Airbus

- montrer qu'il n'y a pas de fatalité et qu'une autre politique, différente de celle menée depuis 74 est possible. Redonner confiance aux Français et donner de l'espoir à nos jeunes. La confiance, le sentiment qu'on est sur le bon chemin, c'est tout bon pour la croissance. Et c'est ce qui manque le plus actuellement aux Français.

Écrit par : EtonnechaqueJour | 06/05/2010

Pour créer une véritable banque nationale et organisé la distribution du crédit selon les lignes d'un plan, il va falloir passer les banques au karchër et casser l'oligopole BNP-SG-CA-BPCE

Ma proposition:
LE GLASS-STEAGALL GLOBAL ET LE PRECEDENT FRANCAIS
http://www.solidariteetprogres.org/article6594.html

Écrit par : Bertrand | 06/05/2010

@ Laurent

Je suis très sceptique quant à l'utilité des pétitions. A quoi ça sert ? A qui cela va-t-il faire peur ? qui va seulement en tenir compte ? Nous dirigeant s'asseyent sur le résultat des référendums, alors une pétition !!!
C'est quoi l'objectif recherché exactement ?

En plus j'ai peur que dans ce cas précis, cela soit totalement contre-productif et que les média en profitent pour faire passer NDA pour un pauvre type réac qui n'a rien compris à comment-qu'on-fait-pour-faire-le-bonheur-du-peuple... malgré-lui.

Écrit par : RST | 06/05/2010

Ne soyons pas pusillanimes ! Osons ! Le plus urgent est de sortir de l'UE, et en même temps accessoirement de l'euro-monnaie unique pour la garder en monnaie commune.

Mais sortir de l'UE est la priorité des priorités, elle permet tout le reste. Entre autres un strict contrôle des changes, en particulier pour toutes les transactions de la grande finance.

Écrit par : babelouest | 06/05/2010

@RST

Je ne suis pas tout à fait de ton avis ;)

Je pense que NDA a bien fait: il fallait prendre date (il est donc le premier à proposer au peuple de s'exprimer par une voix il est vrai peu porteuse) et le débat qui s'en suivra va permettre d'expliquer les positions de DLR.
Si cette pétition est un bide, elle sera vite oubliée. Si elle a un impact, on en parlera..

Le débat va aboutir à une comparaison des avantages et des inconvénients.. il va falloir affuter nos arguments.

De toute façon réformer le fonctionnement de l'euro et de la zone euro me semble impossible (les espoirs de la réunion d'aujourd'hui me semblent nettement excessifs...)

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

Pour le moment, ceci me semble également très grave et démontre la surévaluation de notre monnaie
http://tinyurl.com/35ujzx5

"Le déficit commercial de la France s'est dégradé à 4,728 milliards d'euros en mars après 3,597 milliards (révisé) le mois précédent, selon des données CVS/CJO publiées vendredi par les Douanes."

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

@ EtonnechaqueJour

Vous concluez votre tirade de vieilles recettes (augmentation des impôts, stigmatisation des plus riches, bonnes intentions) par "montrer qu'il n'y a pas de fatalité et qu'une autre politique, différente de celle menée depuis 74 est possible."

C'est marrant, parce que depuis 74, l'augmentation des dépenses publiques (de près de 20% du PIB à 55% de nos jours), l'augmentation corrélée des prélèvements obligatoires jusqu'à 44% du PIB, l'interventionnisme étatique, l'incitation fiscale, les grands programmes, ... j'avais un peu l'impression que c'était précisément la politique menée depuis 74.

Oui, une autre politique est possible, c'est celle de la baisse des dépenses publiques, mais pas la baisse imbécile comme elle est proposée aujourd'hui (le gel des dépenses est une ânerie si on ne revoit pas les missions de l'état en parallèle), mais une véritable réflexion sur les actions de l'Etat et la pertinence de les maintenir aux vues de notre situation financière. Un peu comme un ménage qui vit au dessus de ses moyens décide de rendre au magasin son deuxième écran plasma pour ne pas sombrer dans le surendettement.

Pour prendre un exemple concret, regardons de plus près les APL (Aide pour Le Logement). J'imagine que ça doit faire quelques milliards. Qui en sont vraiment les bénéficiaires ? Au début, les locataires mais aujourd'hui, ce sont les bailleurs, qui pratiquent des loyers plus élevés. A mon sens, l'état ferait mieux de ne pas verser d'APL mais de se porter garant ou d'apporter une caution aux plus démunis.

Écrit par : Joe | 07/05/2010

@ Joe
" (le gel des dépenses est une ânerie si on ne revoit pas les missions de l'état en parallèle)"

Aaahh nous sommes d'accord.
Citez nous celles auxquelles vous pensez (en plus de l'APL): je ne doute pas que nous ayons des idées communes

Moi, dans l'autre sens, j'en vois une qu'il faudrait absolument rajouter aux missions de l'État: le droit exclusif de création monétaire en enlevant ce "faux droit" aux banques privées.

Les créances détenues par les banques de la zone euro, c'est # 16000 Md€; a 5% en moyenne seulement, c'est 800 nMd€ qui reviendraient dans les caisses des Etats, chaque année (sensiblement 160 Md€ pour la France)

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

Je suis également assez perplexe sur ce mot d'ordre de "sortir de l'Euro", car il me semble que ce n'est pas vraiment le problème aujourd'hui.

L'enjeu majeur c'est le financement des Etats qui sont devenus ouvertement et officiellement structurellement déficitaires. Soit ils se financent sur les marchés financiers et c'est une généralisation du cas grec et toute l'Europe qui plonge dans la dépression, sous l'effet de l'explosion des taux d'intérêts et des cure d'austérité. Soit ils se financent dans des conditions contrôlées par les banques centrales à des taux "normaux". A mon avis, c'est sur ce point qu'il faut insister !

Je lisais ce matin dans le figaro que des économistes anglo-saxons pressaient la BCE d'acheter directement des obligations d'Etat comme la Fed et la banque centrale d'angleterre l'ont déjà fait. Il semblerait même que c'est ce qu'attendent les marchés financiers ! Pour l'instant la BCE s'y refuse. On ne sait toujours pas pourquoi !

Écrit par : Malakine | 07/05/2010

@ A-J Holbecq

Le problème avec la dette, c'est le décalage dans le temps des effets. Quand l'Etat vote 17 milliards de crédits à la Grèce, les français sont majoritairement (2/3) pour : parce que ça n'a aucune conséquence au quotidien.

Avec l'obligation d'un budget annuel à l'équilibre, il faudrait bien compenser les 3,9 milliards de crédits de paiement de la Grèce cette année. Par de l'impôt, forcément, question de timing. Pas sûr dans ce cas que le gouvernement aurait ne serait-ce que proposer ce plan de sauvetage.

Je suis d'accord avec vous, il faut réduire les dépenses de l'état et revoir les missions. Mais je pense qu'il est impossible de le faire sans au préalable avoir reconnecté les français à la réalité de leurs dépenses. Et ça, cela se fait par l'impôt. Bon courage à vous pour réformer les APLs si dans l'année les Français n'en perçoivent pas les effets.

Bien sûr que cela fera mal sur le coup, un peu j'imagine comme un drogué que l'on sèvre, c'est pourquoi TOUT le monde (personnes, capital, entreprises) doit participer à l'effort. Et le politique doit être EXEMPLAIRE dans cet effort.

Après cela, et seulement après cela, il sera effectivement possible de lancer des actions de réduction des dépenses et d'engager un processus vertueux de réductions de dépenses - réduction des impôts.

Et de se poser alors les questions des véritables missions de l'état et les montants alloués à ces missions.

Par exemple :

- Guerre en Afghanistan

- Contribution nette de la France à l'UE (5 milliards). Autres dépenses du ministère des affaires étrangères.

- A t-on besoin du sénat ?

- Utilité des haras nationaux ?

- ...

Écrit par : Etonnechaquejour | 07/05/2010

@Joe


"C'est marrant, parce que depuis 74, l'augmentation des dépenses publiques (de près de 20% du PIB à 55% de nos jours), l'augmentation corrélée des prélèvements obligatoires jusqu'à 44% du PIB, l'interventionnisme étatique, l'incitation fiscale, les grands programmes, ... j'avais un peu l'impression que c'était précisément la politique menée depuis 74."


- Quels grands programmes ont été lancés depuis 74 ?

- Interventionnisme étatique : Privatisations des autoroutes, de GDF, des banques (Crédit Lyonnais, Société Générale) , médias (TF1) : on va vers plus d'état ? Et lorsque l'état n'exerce pas ses droits de vote aux conseils d'administration des sociétés dans lesquelles il a des participations , on va vers plus d'état également ?

- incitations fiscales : d'accord avec vous, il est grand temps de faire le ménage.

Écrit par : EtonneChaqueJour | 07/05/2010

@Malakine

J'ai lu le lien donné npar RST ... arguments classiques

Vous écrivez " ...Soit ils se financent dans des conditions contrôlées par les banques centrales à des taux "normaux". A mon avis, c'est sur ce point qu'il faut insister !"

Si les Etats se financent auprès de la banque centrale, quelque soit le taux, c'est in fine un taux zéro si leur financement est proportionnel à leur répartition dans la BCE

Pour ma part j'avais proposé que les Etats puissent se financer directement à la BCE au taux refi des banques, comme le décide leur Parlement et seulement pour les investissements (je sais que la limite est mal définie, mais néanmoins...)
Les intérêts payés seraient in fine zéro pour les Etats qui resteraient "dans leurs limites" et seraient un "transfert" positif (d'un pourcentage des intérêts) vers ceux qui utilisent le moins ce financement.

Possible que ce qui précède n'est pas très clair: si c'est le cas dites le j'essayerai de reformuler ;)

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

@ EtonnechaqueJour

Dans les grands programmes, vous avez le fameux plan cable (gros bide), Areva, EADS, ... je suis sûr que j'en oublie des biens meilleurs.

Pour les privatisations, vous semblez oublier qu'en partant de 74, il y a en 81 les nationalisations qui ont permis les privatisations à partir de 86. L'état fait mieux qu'exercer son droit d'actionnaire dans les conseils d'administration, il convoque des entreprises dans lesquelles il n'a pas une action pour leur dicter ce qu'elles doivent faire : Total, les banques, les constructeurs automobiles, Alstom, les restaurateurs, les sous-traitants, demain les agences de notation.

De toute façon, c'est simple, l'état, c'est pile je gagne, face tu perds. Si c'est bien c'est grâce à son action, et si ça foire, c'est de la faute des autres et pour simplifier "des méchants capitalistes tapis dans l'ombre".

@A-J Holbecq

Pour moi, la principale mission de l'Etat, c'est d'être le garant de l'égalité en droit et des libertés de chacun. Lorsque cette mission sera convenablement remplie on pourra envisager d'élargir son champs d'intervention. En attendant, monétiser la dette, c'est encore une fois donner le moyen aux politiques de ne pas se remettre en question et de continuer à faire jouer l'orchestre pendant le naufrage.

Encore une fois, ce n'est pas en soignant les symptômes que vous guérirez le malade.

Écrit par : Joe | 07/05/2010

Sortir de l'Euro ? Pourquoi ne pas favoriser une harmonisation des politiques fiscales et économiques au sein de l'union ? Les pays européens peuvent-ils sérieusement envisager moins d'union dans un monde ou aucun d'entre eux ne sera écouté seul sur la scène internationale ?

N'est-il pas temps de reconnaître que l'Euro et sa gestion par la banque centrale ont été exemplaires, qu'en revanche l'irrespect des critères de Maastricht et autres "agilités" de la comptabilité publique sont blamables ? L'Euro apporte une grande crédibilité aux économies européennes, seul le Deutsche Mark pourrait prétendre à une telle crédibilité. Le Franc français serait une monnaie de singe dans le contexte actuel.

Les européens qui ont vécu aux Etats-Unis, en Chine ou au Japon comprendront mon propos: nos pays sont des nains économiques, ils doivent s'allier, ils doivent fusionner, sous peine de devenir négligeables. Je suis persuadé qu'une majorité des européens de moins de 35 ans accepteraient davantage de transfert de souveraineté vers l'Union Européenne: les générations plus âgées qui dirigent actuellement les pays n'ont pas cette culture européenne et trahissent ainsi l'avenir de leurs descendants. Allons de l'avant, harmonisons les politiques fiscales et économiques, assurons un contrôle poussé des comptabilités nationales ainsi que le souhaitait feu Philippe Séguin, et assurons une vraie légitimité démocratique à l'Union, qui ne doit pas être cet actuelle entité désincarnée présidée par un inconnu.

Écrit par : Gerry | 07/05/2010

"La France devra se serrer davantage la ceinture si elle veut réduire ses déficits "
Une politique qui va être catastrophique: http://tinyurl.com/24v8ndv
'Ils" ont vraiment oublié que les dépenses des uns font les recettes des autres...

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Un très intéressant point de vue sur l'euro

"Avec l'euro, Trichet a construit un tunnel dont il a bouché l’entrée"

par Philippe Villin, banquier d'affaires et ancien directeur du Figaro.


//La situation actuelle n’est pas une surprise parce que l’euro souffre d’un vice fondamental : on a créé une monnaie unique avant une unité politique qui me paraît définitivement compromise par l’élargissement décidé postérieurement.

Comme je l’ai écrit à de nombreuses reprises (dans le Figaro que je dirigeais à l’époque,) j’y étais personnellement opposé. On a mis la charrue avant les bœufs. "//


... la suite sur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/opinion/20100507.OBS3611/tribune-avec-l-euro-trichet-a-construit-un-tunnel-dont-il-a-bouche-l-entree.html

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

@Gerry

Le Costa Rica (que je connais bien) est un "nain économique" ... et pourtant, c'est le pays où les gens se sentent les plus heureux
http://www.mediapart.fr/club/blog/lamia-oualalou/080709/le-costa-rica-le-pays-le-plus-heureux-du-monde

Est ce le cas aux États-Unis, en Chine ou au Japon ?

Quel est le "but" recherché en gouvernant un pays ?

Écrit par : A-J Holbecq | 07/05/2010

@ Joe

Un peu courte l’argumentation pour défendre l’euro tout de même… L’euro est un boulet pour la croissance européenne par sa surévaluation, par le fait qu’il pousse à une politique de désinflation compétitive et par son inadaptation à des situations différentes. Je ne vois pas pourquoi la sortie de l’euro serait forcément l’occasion d’une augmentation de l’inflation. Après tout, l’inflation a été vaincue par l’équipe du programme commun de la gauche. Idem sur la planche à billets : c’est à partir du moment où elle a été interdite que les déficits ont augmenté… En outre, dans un contexte où la masse monétaire est en recul et le chômage élevé, le risque est quasiment nul.

Je crois que le problème n’est pas la réduction des dépenses publiques, qui, aujourd’hui, aura un effet dépressif sur des économies qui n’en ont pas besoin, mais bien plus de redynamiser la croissance. Après, je suis d’accord pour dire qu’il y aurait sans doute beaucoup d’économies à faire.

Un peu caricaturale la vision de l’Etat tout de même. Je pense que cela conviendrait davantage aux banques : quand tout va bien, elles gagnent, telles des sangsues sur l’économie réelle, et quand tout va mal pour elles, elles sont sauvées.

Monétiser la dette, c’est éviter des cures de rigueur qui n’apporteront rien à personne. A quoi pourrait-il bien être utile de faire encore souffrir des populations éprouvées par une crise dont elles ne sont pas responsables pour pouvoir rembourser les créanciers qui ont été secourus par les mêmes Etats aculés à la rigueur aujourd’hui.

@ René

Lien très intéressant. Merci

@ Etonnechaquejour

Complètement d’accord, sur la monétisation et la dévaluation. Pour le complément fiscal, je crois qu’une taxe Tobin serait largement suffisante (0.1% sur toutes les transactions financières, c’est 7% du PIB de l’UE aujourd’hui…)

@ Bertrand

Merci pour le lien

@ RST

Je crois que la pétition a eu le très grand intérêt d’attirer l’attention sur NDA qui n’est jamais autant passé dans les médias. Je suis même passé dans la Grande Edition de Canal Plus à 13h15 aujourd’hui.

Merci pour l’article, très bon.

@ Babelouest

Je suis d’accord sur les objectifs (contrôle des changes) mais la sortie de l’UE ne me semble qu’un dernier extrême qui n’est pas souhaitable en soit. Je crois que la coopération entre Etats souverains européens peut nous apporter beaucoup.

@ A-J H

Complètement d’accord. Il faut noter que la France avait un excédent commercial avec les Etats-Unis il y a 10 ans et qu’aujourd’hui, nous avons un déficit de 5 Mds, belle preuve des conséquences de la surévaluation de l’euro.

@ Malakine

Si, c’est un problème à double titre. Premièrement, c’est une camisole qui nous empêche de monétiser les dettes par exemple. Mais surtout, économiquement, l’euro plombe nos économies depuis 10 ans, et le fera plus encore si nous y restons.

@ Gerry

La gestion de l’euro exemplaire ? Cela s’appuie sur quoi comme arguments ? Surtout en face d’argumentaires aujourd’hui validés par des prix Nobel…

C’est complètement l’inverse, ce sont les plus âgés qui soutiennent l’intégration et les jeunes qui s’y opposent. Les Etats ne sont pas des entreprises que l’on rationalise comme un vulgaire consultant. Seules les États nations défendent l’intérêt général, l’Union Européenne ne fait que défendre les intérêts d’une minorité.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 07/05/2010

@ Laurent
Toutes mes félicitations pour ton passage sur Canal +

Bien content de m'être trompé sur l'utilité de la pétition.

NDA est aussi un des invités de la dernière émission d'Arrêt sur Image.

Les choses bougeraient-elles enfin ?

Écrit par : RST | 07/05/2010

@RST

Il y a ton économiste préféré Lordon qui vient de sortir un texte sur la crise Grecque c'est comme toujours aussi croustillant le fond comme la forme:

http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

Écrit par : yann | 07/05/2010

@Laurent

Je viens de te voir sur canal+ je dois dire que tu n'a pas pu dire grand chose. Franchement çà fait plusieurs années que je n'avais plus regardé canal+ mais je constate qu'il sont encore plus nul qu'à l'époque ou je me suis mis à ignorer le petit écran. On a droit un monologue de Nicolas Domenach bien pensant notoire entouré d'une jolie palette bien représentative de la bonne bourgeoisie typiquement parisienne. Un petit pouf de rire sur l'hypothèse de la sortie de l'euro et des réflexions du genre: "mais les sondages disent que la sortie de l'euro c'est surtout voulu chez les gueux et les ouvriers, chez nous les intelligences supérieures on veux garder l'euro.". Même réflexes pavloviens qu'en 2005 et en pire.

Vous n'avez qu'a voir la partie du journal sur l'euro ici:

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3355-c-p-edition-speciale.html

C'est assez désespérant cette bêtise chez des gens qui pensent être à l'avant-garde de l'intelligence française.

Écrit par : yann | 07/05/2010

@Joe

"L'état fait mieux qu'exercer son droit d'actionnaire dans les conseils d'administration, il convoque des entreprises dans lesquelles il n'a pas une action pour leur dicter ce qu'elles doivent faire : Total, les banques, les constructeurs automobiles, Alstom, les restaurateurs, les sous-traitants, demain les agences de notation. "

L'Etat est actionnaire à 15% de Renault non ? Il n'a pas son mot à dire ?

Pour les banques et à leur demande afin qu'elles ne sombrent pas, l'état a pris massivement via la SPPE lors de la crise financière de 2008 des participations à la BNP ( l'état était ainsi le 1er actionnaire avec 17% du capital), Société Générale, CA (bonne action) ... sans droit de vote (lamentable).

Alstom n'existerai plus si en 2003 l'état ne s'était pas porté à son secours

...

Ce que j'appelle un grand programme, c'est par exemple Airbus : alors que l'aéronautique était totalement dominée par les américains (Boeing), quelques pays Européens (pas 27) ont lancé Airbus et c'est un vrai réussite. EADS, c'est autre chose, cela procède de la volonté de créer à une époque
des "champions Européens". Idem pour Areva.

Le plan câble était un grand programme. Il y a eu certes de nombreuses péripéties, mais actuellement 9,5 millions de français sont raccordés au câble et la techno est loin d'être dépassée et trouve une nouvelle jeunesse avec internet et la voip. Pour rappel, au lancement en 82, il y avait 3 chaines de TV en France et l'ADSL n'existait pas ...

A mettre au crédit de l'UE, Galiléo, qui devrait arriver en 2014, avec 5 ans de retard (merci le fonctionnement de l'UE) mais bon, cela participe dune idée qui va dans le bon sens.

A la manière d'Airbus, il faudrait lancer des grands programmes pour reprendre la main sur l'électronique grand public où l'on est complètement absent, l'informatique ....

@ Laurent

Mea cupla, j'avais oublié la taxe tobin, qui est une vrai bonne idée.

Écrit par : Etonnechaquejour | 08/05/2010

Frédéric Lordon défends la monnaie commune
http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

Citation

// L’occasion d’une autre monnaie unique : la monnaie commune Retour à la table des matières

Mais faut-il laisser les Grecs aller au défaut ? Du point de vue des autres Etats européens non, puisque c’est assez vraisemblablement libérer les forces de la contagion qui n’attendent que ça – or, il faut en être bien certain, le sauvetage de la Grèce, monté dans la douleur, ne sera pas reproductible à l’échelle espagnole par exemple. Du point de vue des Grecs seuls, la question mérite d’être étudiée. Si l’on veut répondre oui cependant, il faut répondre complètement, c’est-à-dire en accompagnant le défaut d’une sortie, éventuellement temporaire, de l’euro. Le cas russe de 1998 et le cas argentin de 2001-2002 montrent que la combinaison du défaut et d’une vigoureuse dévaluation a d’excellentes propriétés.

Certes la dévaluation renchérit la dette libellée en devises, mais on s’en moque puisque de toute façon on en suspend les paiements. Les finances publiques s’en trouvent considérablement allégées et n’ont plus à effectuer un ajustement violent n’ayant pas d’autre effet que d’approfondir la récession (par là d’ailleurs ruinant in fine sa propre efficacité budgétaire). La dévaluation donne un coup de fouet aux exportations et relance la croissance. Or ça n’est que par la reprise de la croissance qu’on stabilise les ratios Dette/PIB et qu’on restaure la solvabilité souveraine – on en finit presque par se demander si ça n’est pas la seule formule véritablement efficace pour sortir par le haut de ce genre de situation autrement vouée à abandonner les intéressés à une décennie, au moins, d’austérité aggravée.

Le problème de la sortie de l’euro… c’est qu’il faut en sortir ! Là où il peut s’opérer aisément dans n’importe quel autre cas, l’ajustement de change est constitutivement interdit par la monnaie unique (sans parler des difficultés logistiques), et y procéder par sortie (puis rentrée – à un niveau révisé) est la croix et la bannière. C’est la malfaçon princeps de la monnaie unique. Plusieurs personnes, dont Jacques Sapir, avaient plaidé à l’époque pour une monnaie commune, seule convertible contre les devises extra-européennes, par rapport à laquelle les monnaies européennes auraient reçu chacune une parité de départ, mais révisable selon, non pas des mécanismes de marché (systématiquement désordonnés et incapables de produire à chaud le moindre ajustement smooth) mais des processus de négociations politiques (à l’unanimité ou à la majorité très qualifiée, avec contreparties à l’autorisation de dévaluation d’un des membres, etc.). Les monnaies nationales auraient fonctionné en gros comme des dénominations de la monnaie commune européenne, mais – et c’est une différence immense – des dénominations aux taux politiquement ajustables. C’est ce mécanisme qui fait cruellement défaut, et si les événements, aujourd’hui ou dans quelques mois, tournent à la décomposition complète du traité de Lisbonne avec obligation de tout refaire à neuf, c’est une telle idée qu’il faudra vigoureusement pousser.

Car il ne faut pas s’y tromper : à supposer que le calme revienne prochainement, il serait tout à fait temporaire. Le plan grec est auto-invalidant ! La brutalité de la récession qu’il va produire condamne le rétablissement budgétaire à être toujours à la traîne de l’effondrement des recettes fiscales et tous les efforts mis à réduire le déficit aboutiront à le creuser davantage (ou à le maintenir très haut) ! C’est pourquoi si elle ne vient pas aujourd’hui, l’heure de vérité sonnera d’ici douze ou dix-huit mois, lorsqu’on s’apercevra de cette dynamique du désespoir et que, la solvabilité grecque apparaissant pour ce qu’elle est, à savoir irrattrapable dans ces conditions, il faudra bien rendre les armes et passer à autre chose.//

Écrit par : A-J Holbecq | 08/05/2010

Bonjour Laurent

Un ami m'oppose l'objection suivante .. qu'en penses tu ?

Citation

//1) Soit: nos partenaires acceptent un mécanisme de « monnaie commune ». Le franc serait notre monnaie nationale et l’euro notre monnaie commune avec nos partenaires de la zone euro. Dans ce cas, le franc n’est pas convertible sauf en euro à la banque centrale, euro qui sert pour tous les échanges extérieurs.
Mais ceci a une conséquence très importante. Pour qu’une telle monnaie commune fonctionne, il faut que la BCE s’engage à fournir des euros à la Banque de France, autant qu’elle en demandera et quelle que soit cette quantité. C’est pourquoi en général on insiste sur le fait que les déséquilibres des balances courantes doivent être résorbés, sinon on aura un flux permanent de monnaie commune des pays excédentaires vers les pays déficitaires.//

Écrit par : A-J Holbecq | 09/05/2010

Brèves de comptoir...

Vous avez définitivement perdu la raison,expliquer qu'il faut revenir au franc pour faire baisser les prix,c'est à proprement parlé affligeant.C'est du sabotage!
Chavez a dévalué le peso,résultat des courses un taux d' inflation de près de 30%.
Mais ce ne sont pas les salaires qui ont augmenté!Mais le prix du lait,du blé celui de l'essence ou du riz!
Peut-être que vous allez me répondre qu'il faut instaurer un contrôle des prix...
Si j'étais à l'UMPS je m'arrangerais pour vous faire inviter au 20H....

Et puis la faillite(une dévaluation,la restructuration de la dette) ce n'est pas une politique!
Se préparer au pire pourrait en être une.

Continuez et vous allez enterrer pour de bon le gaullisme.

Entre parenthèse,comme aujourd'hui je n'ai pas de temps à perdre je ne répondrais pas à votre réponse à mon commentaires sur vos 18 mesures,mais ce n'est que partie remise(tant pis pour vous...).

L'euro,l'Europe,la Grèce,le FMI,l'Allemagne,le krack...Hier le jour anniversaire de la victoire,aujourd'hui la fête de Jeanne d'Arc.L'histoire est cruelle.

Écrit par : Balthazar | 09/05/2010

@ A-J H

Très bon point. Le mécanisme décrit ressemble grandement à la proposition de Frédéric Lordon. Il est vrai que dans un système de monnaie commune, la BCE conserve un pouvoir important. Il est donc essentielle qu'elle soit bel et bien subordonnée aux ministres des membres de la zone.

Sur la balance des paiements, théoriquement, un système de monnaie commune doit favoriser son rééquilibrage puisqu'un pays déficitaire aura tendance à voir sa monnaie baisser, à gagner en compétitivité prix et donc à rééquilibrer ses échanges, contrairement à un système de monnaie unique, qui avec la rigidité des cours et d'une politique monétaire unique, a tendance à accroître les écarts.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 09/05/2010

@ Balthazar

Comme d'habitude, vous déformez mes propos. Je n'ai jamais dit que le retour au franc ferait baisser les prix. J'ai dit que le retour au franc ne provoquerait pas forcément une hausse de l'inflation. En effet, la dépréciation du dollar et de la livre nous montre qu'une baisse de la valeur d'une monnaie ne provoque pas forcément de poussée inflationniste. Si la masse monétaire n'est pas en croissance et qu'il y a un fort chômage, alors le risque inflationniste est quasiment nul.

N'est-il pas plus pertinent de comparer la France à la Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis qu'au Venezuela ?

Écrit par : Laurent Pinsolle | 09/05/2010

Je ne déforme pas du tout vos propos!
Je n'ai aucun compte personnel à régler avec vous,je vous lis,je vous écoute;
"Ca réduirait sans doute l'inflation du prix des petits produits(...)"

Votre mécanique intellectuelle me déroute,à juste titre vous répétez depuis des années que la France à désintégrer sa base industrielle,que les comptes courants sont désastreux.Si on abandonne l'euro pour un franc dévalué le prix des produits importés ne va pas baisser!
Si une télévision fabriqué en Chine coûte 500 euros,si le nouveau franc cote 30% de moins que l'euro vous n'allez pas la payer moins chère!Les coûts pour les fabricants chinois ne vont pas baisser,ils sont en yuan.
Les matières premières sont cotées en dollar,quand l'euro baisse les prix augmentent,on va bientôt s'en aperçevoir...
Le baril cote 80$,l'euro/dollar cotait il y a peu 1.45,il cote aujourd'hui 1.25,le prix du baril(à peu près stable dans le même temps)augmente.
Vous confondez l'inflation domestique(qui peut-être favorable)et l'inflation importée,(j'ai déjà commenté un de vos posts à ce sujet,de mémoire "Faut il plus d'inflation?").
En Allemagne,au début des années 30,ce ne sont pas des tensions sur le marché du travail qui ont provoqué l'hyperinflation,au Zimbabwe non plus,c'est bien une désintégration monétaire.

Les Etats-Unis,l'Angleterre.
Aux Etats-Unis l'inflation est réelle mais les statistiques,comme celles du chômage,sont biaisées(il faut bien contenir le marché obligataire...),et les désordres monétaires rendent les comparaisons encore plus difficiles(le dollar a beaucoup baissé en 2009,mais depuis 6 mois il rebondit).
En Angleterre,alors que les pressions déflationnistes demeurent élevées les prix augmentent,de 3.5%l'an.En d'autres termes et sans même considérer l'état des finances publiques(...) les taux longs pourraient très bien déjà s'élever à 6 ou 7%!
Ne vous en déplaise la politique menée par la Banque centrale est calamiteuse,quand la Banque d'Angleterre ne pèsera plus sur les marchés les taux s'envoleront,et si elle continue la livre va s'effondrer,et un krack obligataire est inévitable!
Evidemment les autorités anglaises s'en prendront alors aux spéculateurs...

Evidemment qu'il faut sortir de l'euro!
Mais comment?
La dette souveraine est libellée en euro,les entreprises et les particuliers sont endettés en euro,si le nouveau franc est dévalué le montant et la charge de la dette deviendront insupportables.
Ne pas honorer nos dettes c'est condamner nos banques à la faillite.
Les taux vont se tendrent.
Les Français perdront une partie de leur épargne(le marché boursier va s'effondrer,"l'assurance vie" accusera de lourdes pertes),l'inflation détruira le pouvoir d'achat(surtout celui des plus fragiles).
La France sera mise à l'encan,les entreprises seront à la merci d'OPA,et on verra les chinois racheter Paris,débarquer dans le Bordelais pour mettre la main sur nos vignobles,exporter toutes nos oeuvres d'arts,les Allemands coloniseront la Côte d'Azur comme la Costa Brava...
Evidemment le pays bénéficiera d'un regain de compétitivité,mais il faut des années pour reconstruire(pour bâtir...)une économie tournée vers les exportations,et en attendant?

C'est cette perspective("la seule alternative crédible"?)que NDA veut aller défendre devant les médias?Il va se faire étriller,ridiculiser!
Encore une fois la faillite n'est pas une politique!

Quel cauchemar!
...

Écrit par : Balthazar | 09/05/2010

500 milliards...

Il y a quelques jours,manifestement agaçé,vous m'avez demandé ce que je proposais(pourtant il suffit de me lire).

Et bien voilà;une pétition pour envoyer ceux qui nous gouvernent à l'hopital psychiatrique Sainte-Anne.

Il faut dégonfler la bulle obligataire,ils la gonflent...

Écrit par : Balthazar | 10/05/2010

@ Balthazar

Je persiste : vous déformez mes propos puisque je dis que "cela réduirait sans doute l'inflation du prix des petits produits". Notez l'emploi du conditionnel et la limitation aux petits produits. Pour ceci, je me base sur le fait que l'inflation des petits produits a beaucoup augmenté lors du passage à l'euro qui a changé les répères (cf prix baguette ou café).

Bien sûr qu'en cas de dévaluation / dépréciation, le prix de certains produits importés augmenterait. Mais je crois qu'évoquer l'hyperinflation allemande est totalement abusif. Il y a de la marge tout de même !!! Les exemples britanniques et étasuniens montrent qu'une dépréciation ne mène pas forcément à une envolée de l'inflation.

Vous sous-estimez deux phénomènes :
- la situation économique est plutôt porteuse de déflation (fort chômage, rigueur budgétaire, recul de la masse monétaire), donc le risque d'inflation est très limité
- en outre, si la France quitte l'euro, autant le franc se déprécierait face à l'euro-mark, autant la peseta ou la lire italienne baisseraient sans doute davantage que le franc, donc au global, la France serait sans doute à un point d'équilibre. Le prix des produits importés d'Allemagne augmenterait, mais sans doute pas ceux d'Italie ou d'Espagne. CQFD

En outre, lors d'une sortie de l'euro, il suffirait de convertir l'ensemble des dettes souveraines en monnaies nationales au taux d'entrée éviter d'étrangler financièrement les Etats. Les marchés préfèreront sans doute perdre 20% de la valeur des dettes en ayant une bien meilleure chance de remboursement.

St Anne : ce n'est pas une solution...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 10/05/2010

@ Laurent

Reponse point par point à votre post du 7 mai:

- Je considère la gestion de l'euro comme exemplaire dans la mesure ou l'euro est davantage crédible que le Deutsche Mark dans son rôle de devise de réserve et de transaction internationale. Rappelez-vous qu'il y a quelques mois encore les dirigeants chinois évoquaient la définition de la parité du RMB selon un panier intégrant l'Euro autant que le dollars US. J'apprécie également le cap tenu par la BCE en matière de contrôle de l'inflation; je n'en demande pas plus à une banque centrale indépendante. Il est vrai que les décisions prises ces derniers jours ne vont pas dans ce sens, et je suis bien curieux de voir comment l'inflation à venir sera gérée. Et puis vous savez les prix Nobels se contredisent souvent !

- S'agissant de davantage d'intégration, de toute évidence nous ne nous sommes pas compris. Je pense qu'il arrivera un jour ou ces querelles nationales apparaitront futiles et s'effaceront devant une évidente identité européenne. Les jeunes générations ont pu expérimenter cela davantage que les plus anciennes, mais je ne fais ici que partager un sentiment acquis lors de ma fréquentation d'européens, aussi bien en Europe qu'ailleurs. Notez bien que je trouve l'UE pas assez démocratique, trop technocratique. Quant à seule légitimité de l'état nation à défendre l'intérêt général, pouvez-vous développer ? On pourrait tenir le même discours péremptoire à propos de la région (cf Corse) de la ville, du quartier...
Enfin je vous rassure, je n'interviens pas en tant que consultant sur votre blog, point de facturation ;-) ce serait effectivement vulgaire !

Écrit par : Gery | 14/05/2010

"Je persiste"
Vous vous trompez,vous vous enfoncez,et essayez de noyer le poisson.

"Notez l'emploi du conditionnel et (...)".
Franchement...

C'est vous qui encore une fois dans votre réponse dénaturez mon propos,je n'ai jamais écris que nous allions connaitre une hyperinflation comparable à celle qui a frappé la République de Weimar.
Dans votre réponse à un de mes commentaires vous avez écris qu'avec un taux élevé de chômage le risque inflationniste était "quasiment nul".
Je vous ai répondu que ce n'était pas des tensions sur le marché du travail qui avaient provoqué les épisodes hyperinflationnistes en Allemagne ou au Zimbabwe.

Et vous remettez le couvert...
"La situation économique est plutôt porteuse de déflation(fort chômage,rigueur budgétaire,recul de la masse monétaire),donc le risque d'inflation est très limité".
Otez vous de la tête que l'inflation c'est la hausse des salaires(!),l'hyperinflation est synonyme de dépression!Il n'y a pas incompatibilité entre une situation économique calamiteuse et l'inflation,au contraire(Corée du Nord,Vietnam,Islande,Vénézuéla).

Ce n'est pas parce que l'Union va exploser que les prix ne vont pas augmenter.Les matières premières ne sont pas libéllées en lire italienne ou en peseta,mais en dollar,et évidemment quand le dollar baisse le prix des matières premières augmente.CQFD.

"En outre lors d'une sortie de l'euro il suffirait de convertir l'ensemble des dettes souveraines en monnaies nationales au taux d'entrée"
"Il suffirait"!!!
Vous n'avez pas pris la mesure du désastre(c'est une chance vous pouvez continuer à dormir sur vos deux oreilles)!
Si des Etats "majeurs" tombent(si les obligations souveraines s'effondrent)le système financier sombre.Il ne faut évidemment pas s'inquiéter pour les banquiers,les traders ou les petits actionnaires mais pour la légitimité de l'appareil d'Etat,pour le financement de l'activité,du commerce international(pour les plus fragiles en Afrique ou en Asie du Sud-Est),pour l'épargne populaire,en un mots pour la paix civile,la démocratie,enfin ce qu'il en reste...
D'autre part le problème de l'endettement privé(celui des entreprises et des ménages)ne serait pas réglé,au contraire la charge de la dette serait encore plus lourde.
Ceci étant dit je ne suis évidemment pas favorable aux politiques menées aujourd'hui("hier" et "avant hier"...),elles sont vraiment calamiteuses,c'est une fuite en avant stupide,irresponsable,peut être même désespérée!
La seule question qui se pose(ou plus justement qui devrait être posée...) c'est comment organiser la liquidation de la dette,la faillite du système?

Écrit par : Balthazar | 16/05/2010

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