18.05.2010

L’ode incroyable au marché et à l’austérité du Monde

La grande crise de 2008 semblait avoir remis en cause certaines certitudes et tempérer la croyance théologique dans les vertus du marché. Mais, comme dans le monde politique, la crise actuelle semble révéler les idées et le caractère de chacun. Malheur aux vaincus !

« Merci les marchés et vive la rigueur »

C’est par ce titre surréaliste que le nouveau responsable de l’économie du quotidien du soir a titré sa chronique de samedi. Sa présentation de la crise actuelle est à sens unique. Les Etats sont coupables de « cavalerie budgétaire » et « d’incurie », les marchés ont bien raison de leur mettre la pression et d’ailleurs « le pouvoir des marchés sur les Etats a augmenté au même rythme que progressait l’endettement de ces derniers ». Une seule solution : la rigueur.

Ce manque de nuance est assez stupéfiant. Si l’on ne peut naturellement pas exonérer les hommes politiques de responsabilités en France du fait du laxisme budgétaire de la plupart des équipes au pouvoir depuis trente ans, le raisonnement du journaliste du Monde est totalement excessif. Mettre l’Espagne dans le même panier est totalement injuste puisque ce pays avait une dette de moins de 40% du PIB en 2007 après plusieurs années d’excédents budgétaires.

Et puis, il est tout de même incroyable de sanctifier à ce point le dieu marché, à peine 18 mois après une crise où les marchés financiers étaient partis pour s’autodétruire si les Etats n’étaient pas venus à leur secours. L’histoire récente nous a de tout de même montré le caractère autodestructeur, exubérant et égoïste des marchés et toutes les limites qu’il y a à les laisser faire sans la moindre contrainte véritablement structurante. Tout ceci semble avoir été totalement oublié.

Le summum de la pensée unique

Ce qu’il y a également de choquant dans cette chronique est l’affirmation à peine voilée qu’il n’y a qu’une seule politique possible. L’auteur ridiculise la proposition du Front de Gauche et du Parti Communiste de fermer les marchés pour un mois et ne propose comme alternative que des taux d’intérêt à 15%, une faillite ou une explosion des dettes publiques. En clair, la seule politique possible serait l’austérité budgétaire (terme plus juste que la rigueur vu les politiques suivies).

Et, naturellement, les divins marchés ont en plus la délicatesse « d’avoir fait comprendre aux dirigeants européens, certes par la manière forte, que sans évolution rapide vers le fédéralisme, sans politique budgétaire commune, l’union monétaire était vouée à disparaître ». Pour ceux qui n’auraient pas compris : les gouvernements nationaux vont devoir rapidement céder à nouveau des prérogatives à Bruxelles pour essayer de faire tenir cette construction bancale qu’est l’euro.

Bref, nous aurions le choix entre la continuation, et même l’accélération de l’intégration européenne couplée à une austérité budgétaire et une fausse alternative que serait la vision crypto marxiste du Front de Gauche. L’adorateur du marché devrait pourtant reconnaître que même les marchés doutent de son modèle dont ils se demandent bien comment il pourra produire la moindre croissance et s’il ne risque pas d’aggraver la situation au lieu de résoudre les problèmes.

Il est absolument hallucinant de lire une telle chronique empreinte d’un culte sans nuance pour le marché à peine quelques mois après la plus grave crise du capitalisme depuis près d’un siècle. Naturellement, l’auteur passe complètement à côté des solutions alternatives.

Commentaires

L'euro, et sa principale conséquence pour la France, cad les taux bas (cad plus bas qu'avant l'euro car depuis l'euro on "bénéficie" de taux normalement réservés aux "allemands") sont le nouveau veau d'or de Sarko and Co et des français depuis 2000 (ça et les crédits d'impots).

C'est l'unique raison de la bulle immobilière française depuis l'an 2000 (outre le rattrapage au tout début de la hausse à la fin des années 1990 car les prix étaient tombés très bas mi-décennie 1990). Pour le neuf on a même poussé le bouchon encore plus loin avec les multiples crédits d'impots (borloo, scellier etc).

Autour de moi je vois encore bcp bcp d'idiots inutiles, de pigeons hystériques-paniqués, qui achetent de l'or et de l'immo à paris intra-muros en s'endettant au maximum en croyant au grand soir inflationiste (ce qui a pour conséquence de provisoirement faire remonter les prix de maniète irrationnelle et exhubérante concernant l'or, les MP et l'immo à paris intra-muros depuis 6 mois).

Le reveil sera terribe pour tous ces gens. Car la logique veut que les taux finissent par remonter (même en gardant l'euro), ce qui va provoquer un terrible choc. Sans compter les énormes hausses d'impots qui vont bientôt s'imposer à nous.

Au débuit des années 70, lorsque le chomage était à 2%, on pouvait bien augmenter les salaires de 10% (en mettant en parallele pas mal de gens au chomage), mais aujourd'hui, avec un chomage à 10%, on ne dépassera jamais les 2% d'augmentation (et encore). La seule inflation sera celle sur les produits importés, avec aucun impact sur les salaires. Donc point de monétisation, bien au contraire.

Le salut dans la décennie 2010 sera de suivre la devise "prudence, discipline, jugement" (la première des choses étant de ne PAS s'endetter et de rembourser ce qu'on doit au plus vite). La dette c'était bon pour la décennie 2000.

Écrit par : Nam | 18.05.2010

Je me demande comment les journalistes économiques comme cet abruti de Pierre Antoine Delhommais arrivent à atteindre un tel degré de servilité à l'égard du pouvoir financier. Pourtant, ils ne doivent pas être payés par leur journal au point d'en arriver à penser comme un Trader ou un Rentier. Est-ce qu'ils sont payés en sous main par les banques ? des fondations à finalité idéologiques américaines ? La CIA ?

Tout cela ressemble tout de même furieusement à une opération de déstabilisation du continent européen voire à un acte de guerre économique.

Delhommais est un pur et simple collabo au service de l'Ennemi. En cas de révolution, il ne faudra pas l'oublier sur la liste des salopards qu'il faudra conduire à l'échafaud. Je sais. La liste sera longue ...

Écrit par : Malakine | 18.05.2010

@Laurent

Tu fais parti des derniers lecteurs du Monde tu a bien du courage, soutenir la pluralité de la presse en se forçant à lire des obscénités, je suis admiratif. Sinon pour redevenir sérieux je crois que ce texte du Monde en dit long sur l'état pitoyable de la presse française. A force d'éliminer les penseurs différent ils ont fini par s'enfermer dans une bulle qui les condamnent à disparaitre.

@Malakine

Je ne crois pas que ce soit une espèce de stratégie de soutien c'est simplement un phénomène de sélection. Ce journaliste est à son poste parce qu'il pense comme le système. Tout ceux qui pensaient différemment ont été éliminé ou n'ont tout simplement jamais été embauchés. Et c'est finalement bien plus efficace que la propagande à papa.

Écrit par : yann | 18.05.2010

Ne pas oublier non-plus que le bouclier qui a défendu la France de l'américanisation (ou l'anglicisation à l'époque de jeanne d'arc) a tojours été léglise catholique romaine et le Pape. Dès que les médias et les bien pensants se sont mis à caricaturer les propos du pape, et même à le diaboliser, cela a été la porte ouverte à l'américanisation et aux "idées" de mai 1968 (college unique, avortement à tour de bras, culture de la mort, culture de l'excuse pour les délinquants).

Les europeistes ont eut besoin d'abattre le pape pour imposer leur systeme et l'europe de Bruxelles. L'église catholique romaine est le ciment idéologique de la nation française, et ce depuis clovis. Défendre le pape des attaques (visant par ex a faire croire que tous les curés sont pedophiles) et des caricatures c'est defendre la France.

Écrit par : Nam | 18.05.2010

Tant que le pouvoir de création monétaire appartient aux banques privées, il n'y a pas d'autre solution que de voir les dettes de l'État, des entreprises, ou des ménages, augmenter... puisque toute monnaie n'est que dettes.
Le choix actuel n'est pas d'empêcher les dettes d'augmenter, mais de savoir "qui" va les augmenter en les prenant à sa charge.
(Lire Vallageas : http://johnmaynard.free.fr/deficit.doc )

Écrit par : A-J Holbecq | 18.05.2010

a Holbecq

Pas d'accord, il y a aussi des periodes ou la masse monétaire diminue (années 1990).

Écrit par : Nam | 18.05.2010

Est on obligé de supporter les délires des agités du goupillon? C'est bien l'Europe fédérale qui essaya d'introduire la notion de racines chrétiennes de l'Europe. Pour le reste, lire mon article sur le blog de Voltaire République ou sur Riposte laïque de ce jour.

Écrit par : Simon Archipenko | 18.05.2010

@ Yann

Ton explication est crédible mais elle n'invalide pas pour autant mon hypothèse. A ce stade de servilité on peut tout imaginer.

Tu as raison. Le monde est devenu un journal abject. Perso, j'en pouvais plus des éditos de Delhommais et des papiers de cet illuminé de Kempf. J'ai résilié mon abonnement au monde.fr pour revenir au Figaro !

@ AJ Holbecq

Je suis en train de lire ton bouquin. Enfin j'essaie ... Je m'accroche quoi ... et cette phrase lue page 65 me semble lourde d'implications dans le contexte actuel.

"Globalement, à l'échelle du monde, puisque les banques commerciales sont les seules pourvoyeuses de monnaie, il faudra bien qu'elles créent à un moment ou à un autre, dans un lieu ou un autre, cette monnaie nécessaire au paiement des intérêts"

Aujourd'hui, on est dans une phase de désendettement violent (privé et public) mais pour autant le système bancaire n'a aucunement l'intention de faire le deuil du remboursement du capital et des intérêts sur la dette accumulée. C'est contradictoire, impossible, intenable, explosif ... non ? Voilà un argument de plus pour la monétisation massive des dettes publiques me semble t-il ...

Écrit par : Malakine | 18.05.2010

a Simon Archipenko

Les europeistes qui ont tentés de mettre les "racines chrétiennes" dans la constitution sont en fait les ennemis du chritianisme véritable.

Je vous renvois à la lecture de "la vocation chrétienne de la France" de JF Chemain au éditions Via Romana.

Il explique très bien que "l'empire" (le saint empire romain germanique) a toujours eut la pretention de representer la religion à la palce du Pape (ils nommaient eux mmes des antipapes, ils ont fait la reforme, etc). Seule la France, fille aineé de l'église catholique romaine, a toujours defendu la doctrine papale. Jeanne d'Arc a combatu les anglais et leur eglise anglicane anti-pape.

Écrit par : Nam | 18.05.2010

@ A-J H,

Il me tarde d'avoir le temps pour attaquer votre livre ! Mais sur le fond, je suis d'accord. La monétisation est aujourd'hui la seule voie possible. Je viens de lire un papier intéressant dans The Economist qui montre que le système bancaire des pays émergents est en bonne partie public, ce qui ne semble pas avoir de mauvaises conséquences pour leur croissance, loin de là...

@ Malakine,

Je retrouve ton style flamboyant. J'ai complètement halluciné en lisant ce texte. A la limite, l'écrire en 2007 pourrait être compréhensible mais aujourd'hui, après ce que nous avons traversé....

Pour croiser un certain nombre de phénomènes de ce genre (du fait de mon parcours), je ne crois pas qu'il y ait une quelconque opération de déstabilisation. Je crois qu'il s'agit plutôt de personnes qui ne cherchent pas à penser. Il suffit d'observer les hommes politiques comme Copé, sur lequel tu avais fait un beau papier. Il ne fait que débiter des idées reçues sans réfléchir vraiment à la question. Il y a à la fois un manque de temps consacré à la vraie réflexion (et entre autres à aller voir ce que les autres pensent) et un conformisme idéologique qui les fossilisent idéologiquement.

@ Yann

C'est justement parce qu'il est le summum de la pensée unique que le Monde est intéressant à lire. Il faut connaître son ennemi (cf l'art de la guerre).

@ Nam

Je suis d'accord sur le problème des taux trop bas (ce sont eux qui expliquent la crise espagnole). En revanche, si on applique votre raisonnement (hausse prochaine de l'inflation et des taux), il vaut mieux s'endetter aujourd'hui à taux fixe. C'est ça la bonne affaire car le remboursement pourrait être plus facile que prévu....

Naturellement, je ne suis pas du tout d'accord sur le bouclier catholique qui nous aurait protégé. Les Etats-Unis sont un des pays développés les plus religieux et on voit où cela les mène. Pour reprendre Todd, je crois davantage que c'est notre héritage égalitaire qui nous a protégé. En outre, beaucoup des républicains qui défendent le modèle Français par rapport au modèle anglo-saxon sont de farouches laïcs...

De toutes les façons, pour moi, le cocktail Etat-religion est forcément dangereux.

@ Simon

Merci.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 18.05.2010

Laurent

Il faut d'une manière ou d'une autre lutter contre des taux trop bas, et c'est ce que vous faites indirectement en pronant la sortie de l'euro (sans le dire explicitement). Mais il ne faut pas souhaiter l'inflation: l'inflation rampante c'est déjà la politique de Sarkozy et de l'UMPS.

Écrit par : Nam | 18.05.2010

Laurent

Il faut vraiment que vous lisiez le petit livre de JF Chemin, très eloquent et d'une centaine de pages seulement.

« la France est […] un pays laïque parce que pétrie de tradition chrétienne ». L'auteur n’hésite d’ailleurs pas à regretter ouvertement que la séparation de l’Église et de l’État n’ait pas été prononcée plus tôt.

Cet auteur a tout plaqué pour enseigner en ZEP et y a trouvé son bonheur en affirmant les valeurs de l'église catholique romaine (pour des élèves issus de l'immigration et habituellement enseignés par des gauchistes sectaires sauce IUFM).

http://www.via-romana.fr/?pageid=fiche&prod=107&ftitre=La+vocation+chr%E9tienne+de+la+France

Écrit par : Nam | 18.05.2010

J'ajoute que je ne suis pas moi meme une grenouille de béniter, mais simplement intérréssé par l'histoire et la civilisation française.

Écrit par : Nam | 18.05.2010

@Malakine

J'ai effectivement écrit "Globalement, à l'échelle du monde, puisque les banques commerciales sont les seules pourvoyeuses de monnaie, il faudra bien qu'elles créent à un moment ou à un autre, dans un lieu ou un autre, cette monnaie nécessaire au paiement des intérêts"

Mon éditeur m'avait demandé 120 pages maxi (ca c'est terminé à près de 140, à 7,5 € il y laisse sa chemise, le pôvre ;) ), et j'ai parfois du faire des raccourcis ou éviter de développer...

Bien évidemment on peut envisager des périodes où l'ensemble des emprunteurs d'une zone monétaire n'ont plus la possibilité d'emprunter toujours plus pour payer ces intérêts (l'autre possibilité, valable seulement un certain temps, est l'augmentation de la vitesse de circulation, mais elle ne se décrète pas).

Dans les périodes difficiles il y aura moins de nouvelle création de monnaie (et donc moins d'intérêts pour les banquiers), mais n'oublions pas, qu'au niveau global les créances non remboursées restent dans les actifs des banquiers mais qu'en échange la monnaie correspondante ne leur a pas coûté grand chose à produire. En fait, ce qui intéresse les banquiers, ce sont les intérêts. Et comme tu le soulignes, alors que nous sommes en phase de désendettement, ils se payeront sur les actifs réels (immobiliers par les hypothèques, appels en cautionnement de la belle-mère ... ou d'États dans le cas de dettes souveraines, etc) tant qu'ils le peuvent, lorsque l'emprunteur ne rembourse pas de la monnaie qui a été créée "ex nihilo" (je sais que certains n'aiment pas ce terme ;)

Oui, nous sommes dans une phase de désendettement violent et c'est effectivement intenable et explosif: on n'est d'ailleurs pas passé loin fin 2008.

Tous les éléments dont nous avons connaissance poussent à la monétisation de la dette publique, et je dirais plus; à la reprise totale du pouvoir de création monétaire par la "collectivité"

Écrit par : A-J Holbecq | 18.05.2010

Déclarations Merkel : "c'est la mort annoncée de l'euro" pour Jacques Myard.

Le député UMP Jacques Myard estime que les déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel au journal Le Monde signent "la mort annoncée de l'euro".

Dans un entretien au quotidien daté de mercredi 17 mai, Angela Merkel affirme que "l'appartenance à la zone euro ne peut donner naissance à une Union faite de transferts financiers".

"Cette déclaration signifie la fin de l'euro car c'est refuser par avance que les zones économiques développées paient pour les zones économiques plus pauvres", affirme Jacques Myard dans un communiqué.

"C'est donc la mort annoncée de l'euro !", poursuit-il. "Il ne nous reste qu'une chose à faire : comment organiser calmement la sortie de l'euro? Commençons par l'Allemagne !".

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=8ccba78ceaa42886398ba14961104d03

Écrit par : BA | 18.05.2010

Quand on dépense plus que ce que l'on gagne, on appelle cela vivre au-dessus de ses moyens. Pour revenir à une situation saine d'équilibre entre dépenses et recettes, il faut passer par l'étape dite de la 'rigueur' où l'on supprime les dépenses les moins utiles, où l'on économise. Il y aurait bien la solution d'augmenter les recettes, mais avec quand on a le record des prélèvements obligatoires, il est difficile de faire plus.

Bref, l'article est plein de bon sens. Ce n'est pas très gaulliste de fuir ses responsabilités et de rejetter sur l'Euro et l'Europe la cause de nos problèmes! Le déficit et la dette de la France a commencé avant l'Euro.

Écrit par : France Libre | 19.05.2010

@France Libre
Réfléchissez une seconde: si on dépense exactement que ce que l'on gagne, on ne pourra plus jamais investir, ni espérer une quelconque croissance.
La seule possibilité (actuelle) pour un Etat, des ménages ou des entreprises de croître sans en appauvrir d'autres est de s'endetter et ce n'est possible qu'auprès des créateurs de monnaie: les banques commerciales.

.

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

Je rajoute: la monnaie actuelle (émise en contrepartie de créances) est une formidable invention.
Mais la seule solution intelligente me semble tenir dans deux mots: nationalisation de la monnaie !.

Comme le note un intervenant sur le Blog "éco(dé)mystificateur"
http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/Le-Th%C3%A9or%C3%A8me-de-Lordon

" dans le préambule de la Constitution de 1946, cité par le préambule de notre Constitution (celle de 1958) :"Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité"."

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

"si on dépense exactement que ce que l'on gagne, on ne pourra plus jamais investir, ni espérer une quelconque croissance."

C'est vrai, faut surtout pas épargner, terme obscène dans la bouche des keynésiens. En attendant, les pays où l'épargne est abondante (Chine, Hong Kong, etc) sont ceux qui ont les économies les plus prospères.

Libre à vous de financer l'économie sans épargne, de créer des bulles régulières et des mauvais investissements.

Écrit par : Théo31 | 19.05.2010

@ André Jacques

J'aime beaucoup l'image de l'appel à la caution de la Grand mère ! :-) Appliquée aux Etats surendettés, ça donne la privatisation forcée de grands services publics ou carrément la prise de contrôle de l'Etat via le FMI ou la commission européenne. :-)

Donc si on reprends le raisonnement (arrête moi quand je dis une connerie) On est dans une phase de violent désendettement public et privé donc une phase d'intense destruction monétaire (hors le cas d'une monétisation massive) ce qui se traduit par un appauvrissement global de l'économie. Or, comme le système financier n'entend rien lâcher sur le tribut qu'il exige des peuples (remboursement capital et des intérêts, rémunération des actionnaires) et qu'il a toujours tout pouvoir sur l'économie et les Etats, la pression est intégralement répercutée sur les peuples.

Dans ce tribut, une part est légitime (capital, rémunération raisonnable du capital) une autre ne l'est pas (intérêts notamment)

Cette grille d'analyse conduirait donc à recommander une monétisation globale des dettes publiques par création monétaire ex nihilo (j'ai rien contre l'expression) et sans intérêts correspondant à la sommes totale des intérêts sur la bulle d'endettement public et privée accumulée ces dernières années. On organiserait ainsi une sorte de Yalta entre les peuples et la finance pour partager le plus équitablement possible le coût du désendettement ...

@ France libre

Tu crois vraiment qu'il est indispensable de s'exprimer sur les blogs (surtout celui ci) si c'est pour répéter bêtement ce qu'on entend partout à la radio et à la télé et ce qu'on lit dans la grande presse ? La moindre des choses lorsqu'on n'a rien à dire, c'est de se fermer sa gueule. Apathie, Delhommais ou Le Boucher disent tout cela beaucoup mieux que tu ne sauras jamais l'exprimer.

Écrit par : Malakine | 19.05.2010

@Théo31
"C'est vrai, faut surtout pas épargner, terme obscène dans la bouche des keynésiens."

Il ne faut pas avoir lu Keynes pour dire une telle bêtise. Keynes n'a jamais été contre l'épargne, il était contre la rente c'est très différent. D'autre part est-ce parce qu'il ont une épargne que les pays d'Asie sont prospères ou n'est-ce pas plutôt parce qu'ils sont prospères qu'ils ont une épargne?

D'autre part le Japon qui est le roi de l'épargne a une croissance nulle, de la même manière et contrairement à ce que vous semblez croire la France a un taux d'épargne extrêmement important nous sommes parmi les pays développé le pays qui met le plus de coté. Cela n'empêche pas le niveau d'investissement d'être trop faible parce que figurez vous que contrairement aux élucubrations de Jean-Baptiste Say et des libéraux l'épargne et l'investissement ne sont jamais égaux naturellement. Si on laisse le marché "Libre" il n'y a pas d'investissement suffisant. L'épargne française sert à boucher les trous des états anglo-saxon, donc vue sous cet angle l'épargne n'est pas le remède miracle qui permet la croissance. Au contraire même puisque notre pays connait depuis la libéralisation des capitaux une fuite constante de son épargne.

Écrit par : yann | 19.05.2010

Le problème si on ne rémunère pas assez l'épargne, c'est le mal-investissement.

Le non-investissement est preferable au mal-investissement.

Je vous renvois au "non-agir" des chinois.

Écrit par : Nam | 19.05.2010

@Théo31

Vu votre réaction, c'est que je me suis mal exprimé.

Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas épargner, et je pense que l'épargne est souhaitable si cette épargne peut correspondre à satisfaire un besoin de financement d'un autre acteur.
Mais cette épargne est bien un appauvrissement en monnaie (celle utilisable tous les jours et immédiatement) du prêteur, compensé par une augmentation de son patrimoine (ou actifs divers).

Ce que je voulais surtout répondre à France Libre, c'est que s'il n'y avait pas d'emprunts bancaires (de crédits), il n'y aurait tout simplement pas de monnaie (d'argent). Quand on entends Barnier, pourtant commissaire de Bruxelles , déclarer : "on ne peut continuer à vivre indéfiniment à crédit" et que l'on sait qu'aujourd'hui il n'y a pas de monnaie pour l'économie sans crédit, ça donne une idée de la sagacité de nos leaders....

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

@Malakine
Tu ne te trompes pas, je ne t'arrête donc pas ;)
100% d'accord ... il y a plusieurs moyens pour parvenir à ce que la dette publique ne soit plus un fardeau et que les nouvelles dettes qui correspondent à des besoins d'équipement ne soient pas non plus des charges pour les citoyens.

Lorsqu'une banque "fait crédit" elle se contente de porter à son actif la garantie correspondant à la monnaie qu'elle crée et porte à son passif au compte du bénéficiaire du crédit.

Si l'Etat a besoin de procéder à des investissements (collectifs et nécessaires) la "Banque Centrale" porte à l'actif la dette de l'Etat (obligation) et au passif le montant de monnaie utilisable au compte du Trésor Public.
Il me semblerait seulement "logique" que cette dette (sans intérêts) soit remboursée par la collectivité sous forme d'impôts dont le montant ne sera pas redistribué (la monnaie correspondante étant détruite), au fur et à mesure de l'usure de la richesse créée permise par l'émission monétaire de la B.C.. ... la notion d'amortissement des "biens publics" prends ici toute sa valeur, et ce remboursement progressif évitera la création d'une masse monétaire trop importante.
Les frais de "fonctionnement" doivent eux, être couvert par l'impôt (mais là, sans destruction de monnaie)

Je ne sais pas si je suis assez clair dans mon explication...

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

@ Malakine et A-J H

Vos précisions sont très claires et j'y souscris totalement.

La création monétaire est un bien éminemment public et dans une période de destruction monétaire comme aujourd'hui (la masse monétaire est en recul pour la première fois depuis des décennies en Europe), il n'y a pas de danger à faire de la monétisation.

@ Théo

Je rejoins Yann : attention à ne pas caricaturer Keynes en un dépensier irresponsable. Ce n'était pas du tout sa pensée, qui a été un peu travestie par certains de ses suiveurs. Il me semble qu'en période de croissance normale, il était pour un budget à l'équilibre (ce qui est mon cas également)... Keynes a théorisé le déficit public en cas de crise économique à l'occasion de la Grande Dépression où le seul moyen de faire repartir l'économie a été de creuser les déficits et de relancer la consommation par la dépense publique.

@ France Libre

Idem, il ne faut pas caricaturer. Aucune des personnes qui défend ici la monétisation est un irresponsable qui souhaite prendre le risque de l'hyperinflation. Simplement, la potion actuelle ressemble dangereusement à la politique de Hoover de 1929 à 1932...

@ Nam

Pas faux. Même le laïcard que je suis doit reconnaître qu'il y a tout de même des racines chrétiennes et catholiques dans notre culture (pour le meilleur et pour le pire...). J'étais un peu caricatural. En outre, le Général de Gaulle en est un bon exemple.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 19.05.2010

@ Holbecq

Oui, la création de monnaie se fait par l'emprunt. Mais trop d'emprunt public fait courir un trop grand risque au système monétaire. Et puis, il n'y a pas que l'Etat qui emprunte. Particuliers et entreprises (le privé) créent aussi de la monnaie en empruntant. Là aussi, il faut savoir rester raisonnable. Mais je crois qu'il est plus sain pour l'économie si c'est le secteur privé qui investit et emprunte, plutôt que l'Etat.
Mais pour investir, l'acteur privé doit avoir une certaine foi dans l'avenir et la conviction que son investissement sera profitable. Or, quand les impôts en tous genres sont élevés, le risque est grand de ne pas s'y retrouver...

Écrit par : France Libre | 19.05.2010

@Laurent

A mon avis (ce qui sous entends que je peux me tromper ;) ) à aucune moment il n'y aurait de danger à faire de la monétisation si le politique a prééminence sur le financier.
En effet, si la collectivité a besoin (pour elle) de faire "beaucoup" de monétisation, le politique doit avoir la possibilité de limiter la capacité des banques commerciales à ne faire que "peu", de telle manière à ce que la quantité totale de monnaie soit compatible avec les objectifs économiques.

L'aboutissement de cette réflexion est (pour moi) la nationalisation totale de la monnaie (Ricardo , Walras , Von Mises , Hayek, Rothbard, de Soto , Currie , Fisher , Friedman, Allais, Gomez,, etc ) dans le "100% money", la monnaie en circulation devant être couverte à 100% par de la monnaie centrale.

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

@France Libre

Trop d'emprunts (donc de création de monnaie), qu'ils soient le fait de l'Etat, des entreprises ou des ménages, s'ils ne sont pas couverts par des actifs solides (de véritables créations de richesses et non pas des actifs pourris ou de la consommation qui détruit les ressources) font de toute façon courir un grand risque au système monétaire... là nous sommes d'accord.

Écrit par : A-J Holbecq | 19.05.2010

Il faut imposer aux banques des ratio plus raisonnables. Il faut aussi absolument separer les banques d'affaires des banques de depots.

Force est de constater, une fois n'est pas coutume, que les ratios des banques sont bcp plus sains aux USA qu'en France. Le Glass Steagall Act inventé aux USA dans les années 1930 et détricoté en 1999 par l'ami Bill Clinton et les "démocrates", avait l'avantage de brider les banques et ainsi de contenir la fuite en avant.

Écrit par : Nam | 19.05.2010

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