27.05.2010
Ces banques qui gagnent toujours à la fin
La crise actuelle a eu un immense mérite : montrer aux citoyens les privilèges incroyables dont bénéficient les banques, qui, pour reprendre la formule de The Economist, guère suspect de marxisme, arrivent à collectiviser leurs pertes tout en privatisant leurs profits. Nouveaux exemples.
Critique du plan de soutien Français
Je vous recommande vivement ce très bon papier de Marianne 2 qui dissèque le rapport de la Cour des Comptes sur le plan de soutien de la France aux banques. Nicolas Dupont-Aignan avait dénoncé les conditions accordées par le gouvernement, et notamment le fait de ne pas prendre de participations, accordant seulement une forme de prêt bonifié. Ce choix privait l’Etat de représentants au conseil d’administration, contrairement aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne.
Mais outre le fait de priver l’Etat de tout moyen de pression sur les dirigeants des banques, Marianne raconte bien comment cela a privé l’Etat Français de belles plus-values. En effet, si le gouvernement prenait le risque de ne pas être remboursé, il a renoncé de manière incompréhensible à toute possibilité de gain sur cette aide. Il faut noter que si l’Etat avait pris une participation au capital, alors il aurait pu doubler sa mise, un gain pas inutile par les temps qui courent.
Les conséquences de la crise
Mais ce n’est pas tout. Les dirigeants de la planète « réfléchissent » aux conséquences à donner à la crise financière de l’automne 2008. Après 18 mois de réflexion, l’idée qui s’impose, au FMI comme à la Commission Européenne est une taxe sur les banques qui servirait à alimenter un fond de soutien en cas de nouvelles crises. En clair, rien ne sera fait pour éviter les excès passés, mais de l’argent devrait être mis de côté pour aider les banques à traverser les conséquences de leurs futures folies.
Les banques ne sont pas folles. Elles constatent bien que le crédit des Etats occidentaux est largement dégradé et qu’il ne sera peut-être pas possible de compter sur eux lors de la prochaine crise. Il est donc plus prudent, pour elles, de préparer une autre cagnotte. En outre, il est assez évident qu’elles trouveront le moyen de faire payer par leurs clients ce nouvel impôt en augmentant pour la énième fois les frais bancaires facturés aux entreprises et aux particuliers.
Heureusement, la prise de conscience pourrait créer un contexte politique permettant des réformes beaucoup plus radicales des institutions financières. Reste à savoir si cela aura lieu lors d’une nouvelle grande crise ou à froid, par le choix des peuples.
10:55 Publié dans Actualités, Dupont-Aignan, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banques, marianne 2, crise financière, nicolas sarkozy, nicolas dupont-aignan




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