10.06.2010

Rendez-vous le 18 juin à la Sorbonne

Vendredi 18 juin à 15h30 aura lieu un colloque à la Sorbonne portant sur le thème « Après l’Europe de Bruxelles, une France libre dans une communauté d’Etats souverains ».

Qui organise ce colloque ?

C’est un collectif informel regroupé sous le nom de « Souveraineté » qui a pris l’initiative de ce débat dont l’actualité nous rappelle tous les jours davantage la pertinence. Ce collectif est animé par des gaullistes et des républicains des deux rives, venant de la droite, de la gauche ou d’ailleurs. Il comprend des militants engagés comme des membres de la société civile. Il ne s’agit pas d’un parti mais d’un lieu qui permet aux opposants à la globalisation néolibérale de travailler sur une alternative.

Vous y retrouverez des personnalités de la société civile, issus de tous les milieux : des économistes (Gérard Lafay, Jean-Luc Gréau), Jacques Sapir, dont les analyses sur la crise actuelle sont toujours d’une pertinence stupéfiante, des personnes issues des mondes industriel, juridique, sociologique, associatif ou philosophique, ainsi que votre serviteur. Cette diversité intellectuelle permettra à la fois de réfléchir aux problèmes dans leur globalité et d’avoir des éclairages très différents.

L’enjeu européen

L’Europe est bien au cœur de la crise actuelle. En effet, la grande crise de l’automne 2008 a touché notre vieux continent plus durement que les autres (alors que les ferments de la crise venaient des Etats-Unis). Pire, l’Europe allait déjà mal avant la crise et souffrait d’un manque de croissance et d’une organisation contestée par les peuples. La sortie de crise semble avoir encore empiré la situation, tant d’un point de vue économique qu’institutionnel.

Bref, le modèle européen actuel est à bout de souffle. Economiquement, de plus en plus d’analystes soulignent qu’il ne tient pas et que ce n’est pas tout de vouloir réduire les déficits, il faudrait d’abord trouver un moyen d’accélérer la croissance. Institutionnellement, les fédéralistes profitent de l’occasion pour pousser leur agenda malgré l’opposition exprimée par les peuples Français et Hollandais à ce mouvement. Bref, l’Europe est un projet qu’il faut réinventer.

C’est donc à ce débat que je vous invite d’assister vendredi 18 juin, date symbolique et choisie à dessein, pour réfléchir à la construction d’une alternative à la globalisation néolibérale.

Commentaires

Je vous suggère d'inviter Jorion, son éclairage et sa participation seraient intéressant, de plus il a aussi une notoriété. Sa proposition de Bancor n'est pas éloignée d'une monnaie commune, non unique.

Écrit par : olaf | 10.06.2010

Sinon, les chinois dans le Berry :
http://gestion-des-risques-interculturels.com/risques/un-chinatown-a-chateauroux/

Écrit par : olaf | 10.06.2010

@Laurent

Je souhaite de me rendre à ce colloque. Petit point pratique : faut-il s'inscrire ?

Écrit par : EtonnéChaqueJour | 10.06.2010

C'est vrai qu'il y a du beau monde! Des voix différentes, de vrais alternatifs.

Écrit par : Mister Jacquot | 10.06.2010

J'aurais tendance à dire que les libéraux ne souhaitent pas particulièrement le fédéralisme : plus le pouvoir est centralisé, plus les actions sont prises de manière macro-économique et plus les gaspillages sont importants. Les libéraux plaident par exemple en France pour que les impôts soient levées au niveau local pour permettre le financement (et la politique) des politiques sociales.

Donc oui, les étatistes poussent pour un fédéralisme qui leur permettrait d'accroitre leur pouvoir et éventuellement de continuer à vivre aux crochets des gens qui leur ont fait confiance. En aucun cas, il ne s'agit de libéraux.

Écrit par : Joe | 10.06.2010

Bon, allez, je me dévoue pour critiquer ces bonnes intentions...
Je mets ce colloque en parallèle avec celui qu'organisera le M'Pep le 26 juin : http://www.m-pep.org/spip.php?article1705

(courageusement intitulé "Comment sortir de la crise européenne ?", que j'aurais volontiers sous-titré "sans sortir de l'Union européenne")

C'est très joli de réfléchir à réformer l'Union européenne, à imaginer un système de monnaie duale à la Sapir/NDA, mais déjà les allemands ne veulent pas que la BCE achète des titres de dette publique. Vous allez leur faire avaler comment votre europe "alter" ?

Au bout de combien de colloques et à quel taux de chômage parviendrez-vous à la conclusion qu'il n'y a pas d'intérêt général européen (distinct de celui de l'humanité en général) et qu'il n'y a donc rien d'autre à faire qu'à sortir de l'Union.

Voilà. J'attends les accusations d'extrêmisme obstiné, mais je suis assez blasé sur ce sujet...

Écrit par : edgar | 10.06.2010

Hummm , le camarade Jorion ? ... le penseur laborieux d'une théorie monétaire fumeuse bricolé avec des peaux de sauss' devant les yeux, et dont l'ouvrage fondamental ne manquera pas de bouleverser la science économique lorsqu'il aura convaincu les 99% de ceux qui ayant réfléchi sur la question , de quelque bord que ce soit, sont d'un avis opposé ?

L'homme qui , à l'aide d'un bataillon de Pieds Nickelés où l'ignorance le dispute à la prétention , mais toujours nappé d'une juvénile sincérité , va batailler par monts et par vaux en débitant avec l'allure du vieux sage jouant au gourou , des banalités drapées dans de l'indignation intransigeante , qui cachent d'ailleurs un grand flou dans la pensée, et des positions tellement conventionnelles (spéculation, euro, construction européenne , globalisation, richesse, Palestine, et même monnaie au fond) que lorsqu'on les a un peu décryptées on est sidéré de tant de voilure déployée sur ce si peu d' originalité mélangé à tant d'erreur prétentieuse.

Son dernier billet (Quand les spéculateurs combattent la spéculation) m'a ému aux larmes : Paul J. pardonne à Soros puisque ce dernier aurait appelé à luter contre la spéculation . Et , sous le patronage d'Aristote (excusez du peu) P.J. l'accueille dans la grande fratrie des "des partisans de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix !" ... qu' ont déjà rejoint "Mme Merkel et Mr Sarkozy réunis, ainsi que de Mr Bill Lockyer, Trésorier de la Californie".
... bref ce sont les grands de ce monde qui rallient la bannière jorionesque bienveillante et magnanime : elle n'est pas grandiose cette perspective ?

Et il n'est pas beau le chevalier Jorion ? , le stérilisateur à vapeur des indignations en cola maillard , qui enferme et enfume grâce à son pipeau magique gentiment castrateur , des files entières de blogueurs contributeurs qui se font des papouilles endogames , sous les tombereaux de leurs propres commentaires perlés d'audaces masturbatrices , tandis que notre héros du mécénat militant va, répandant sa radicalité à base de yaourt humaniste , sautillant d'un média à un colloque, répandre ses prédictions aussi floues que définitives devant des journalistes en quête de discours tous plus pseudo-radicaux les uns que les autres , et de figures médiatiques émergeant vaguement, le temps d'un instant, du discours critique convenu.

PS/ Bon ... oui , mais c'est l'exercice veut cela : l'important étant que cela ne soit pas trop mal vu .. et pas faux .

Écrit par : Oppossum | 10.06.2010

Oppossum,

Très drôle, bien écrit, mais un peu radical comme jugement.
Personnellement, il m'arrive d'avoir ce type de critiques sur son approche.

Je trouve Sapir plus solide dans ses argumentations.

Mais lors d'un débat, il me parait nécessaire d'avoir divers mouvements critiques du système actuel.

Écrit par : olaf | 11.06.2010

Sur la non création monétaire on connaissait déjà Jorion
Sur la "censure" on connaissait déjà Jorion
Mais sur la philosophie ? moi je n'y connais rien, mais certains, ici http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article227 sont assez critiques me semble t-il.

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

@ Tous,

Pas besoin de s'inscrire.

@ Edgar,

Ca ne va pas rater...

Déjà, je crois qu'il y a une différence de fond : as-tu seulement envie d'une coopération interétatique européenne ? Moi, oui, car je pense que cela peut avoir du sens en matière de politique industrielle. Je suis pour une monnaie européenne commune et je crois que la réglementation de la finance internationale ne peut pas seulement se faire depuis Paris... Il y a un certain nombre de mesures qui nécessitent que nous nous entendions a minima avec l'Italie, l'Espagne, et l'Allemagne (ou 2 des 3).

Après sur la méthode, là, il me semble que je t'ai compris : on quitte l'UE, puis on discute. Et c'est là aussi que je n'ai pas la même opinion. Pour moi, on discute en menaçant de quitter l'UE et si on obtient pas ce que l'on veut, je n'ai pas de problème pour partir. De toutes les façons, l'UE sans la France, cela n'a pas de sens vu notre position géographique.

Je crois que commencer par partir avant même de commencer des négociations serait mal pris par nos partenaires et que cela handicaperait toute possibilité de coopération dans les années qui suivent, à notre détriment.

Même si je suis un opposant radical à la politique européenne actuelle (mon premier vote a été exprimé le 20 septembre 1992 et j'ai voté "non"), je crois qu'il y a un minimum de formes à respecter pour obtenir ce que nous voulons. Je crois que ta méthode serait trop agressive et contreproductive.

Et puis, s'il te plaît, arrête de caricaturer nos positions, en sous-entendant que notre sortie de l'euro ne changerait rien. Et depuis quand ai-je dit qu'il existait un intérêt général européen ? Tu ne sais pas ce que je vais dire au colloque.

C'est à nouveau un procès d'intention qui continue à me donner une image bien peu flatteuse de l'UPR et ses membres.

@ Oppossum

Oui, mais cela n'enlève rien à la qualité des livres de Jorion que j'ai pu lire. Il se fourvoie peut-être depuis quelques temps, mais il a aussi écrit de bonnes choses.

@ Joe

Pas du tout d'accord. Le mouvement d'intégration fédérale au niveau européen va de pair avec la libéralisation. D'ailleurs, dans le TCE, "la concurrence libre et non faussée" était promue objectif de l'Union, une aberration incroyable.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 11.06.2010

Laurent, je ne vous dis pas que tout doit être jeté dans l'Europe, la liberté de circulation des biens, des capitaux et des personnes, c'est bien, la lutte contre les monopoles et les oligopoles de tous poils, c'est bien, le choix de normes communes pour éviter le protectionnisme normatif, c'est bien. Je n'ai aucun mal à l'avouer.

Je dis juste que pour un libéral, les structures publiques et les décisions politiques doivent être prises au plus proche des électeurs, car cela augmente l'efficacité des politiques et la responsabilité des hommes politiques.

Dans ce sens, une fédération d'états européens rajouterait une couche supplémentaire au mille feuille administratif et entrainerait vraisemblablement des volontés dirigistes plus importantes.

Soyez rassurer néanmoins, la présence des Tories et des libéraux tempèrera fortement les ardeurs de fédéralisme au niveau de l'UE. Par contre, au niveau de la zone euro ...

Écrit par : Joe | 11.06.2010

Disons Laurent que je ne vois pas bien en quoi une union politique est nécessaire pour coopérer avec ses voisins. Le traité de l'Elysée restera même après que nous serons sortis de l'Union européenne, et nous pourrons, dans ce cadre, librement coopérer avec l'Allemagne - et de nombreux autres pays, y compris hors de l'Europe. Nous avons plus d'intérêts communs, dans le domaine agricole par exemple, avec le Brésil ou l'Inde, qu'avec n'importe quel autre pays européen.

La position qui consiste à dire qu'il faut négocier dans le cadre de l'UE est intenable. Les seuls à rester constamment dans le jeu sont les fonctionnaires de la Commission. Un chef d'état français fait 5 à dix années, max. Avec ça pas le temps de réformer en profondeur des institutions irréformables. La seule question qui permettrait de croire à une crédibilité de NDA est de savoir quel délai il s'accorde avant de décider de sortir. Jusqu'à quand accepte-t-on l'impuissance ?

NDA, avec sa position alter-européenne, est comme de nombreux autres figurants, avec toujours deux fers au feu : pour les européens il continue à se dire favorable à une coopération parce que l'europe c'est la paix blabla et surfer sur la vague eurobéate, pour les antis il roule les mécaniques.

La réalité est que la structure européenne est aujourd'hui si complexe qu'elle n'est pas réformable. Un NDA élu en disant qu'il choisit l'option négociation s'expose à devoir admettre son échec à obtenir toute réforme substantielle quelques mois (ou années au mieux) après son élection.
Pour ses partisans c'est pas très grave, entre temps il aura été élu, pour ses électeurs ayant envie d'en finir c'est plus gênant.

Pour le système de double devise, ça n'a d'intérêt que pour préparer une monnaie unique. Sinon c'est un carcan inutile.

Écrit par : edgar | 11.06.2010

@ Olaf
Oui, Sapir et les autres me semblent avoir des fondations plus costaudes. Maintenant ne leurs manque-t-ils pas parfois une réflexion plus anthropologique ? C'est ce qu'a un peu O. Todd et pas du tout Lordon.
Bon je dis ça mais je n'ai ni leur culture technique, ni celle de Jorion, à qui il arrive de poser des questions intéressantes.

Je crois que son désir un peu enfantin d'être reconnu comme un économiste qui compte , l'égal des plus grands, voire même celui qui , rien qu'en se penchant sur chaque problème, trouverait la solution à laquelle personne n'avait pensée , juste en appliquant son savoir socio-anthropologique , l'amène non seulement à un péché de prétention (masqué par sa bonhomie et sa simplicité) mais aux erreurs les plus grossières.
Il ne sortira de cette ambiguïté vis à vis des personnes qu'il entraîne excessivement et de façon trop émotionnelle dans cette impasse, qu'à ces dépends et aura alors droit en prime à quelques petites vengeances en forme de coup de pied de l'âne de la part de ceux qu'il aura bousculés avec sa candeur naïve , qui se manifesteront de ci de là , l'air de rien . Il retombera alors dans l'oubli médiatique, à sa place naturelle, avec quelques plumes en moins , et un petit tassement de vertèbres s'il négocie mal ses reculades.

Écrit par : oppossum | 11.06.2010

Aujourd'hui sur "Boursorama"
"Les marchés pressent la France de faire plus et mieux en matière budgétaire "

Extraits
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Rassurés par une Allemagne qui donne des gages, les marchés se montrent plus prudents envers la France, qui doit payer plus cher que son voisin pour emprunter, exigeant d'elle plus de visibilité et d'efforts en matière budgétaire.

Pour s'endetter à 10 ans, la France doit régler un taux d'intérêt d'environ 3,1%, contre 2,6% pour l'Allemagne, un écart inédit depuis début 2009.

La totalité des emprunts français sur les marchés s'élevant à 188 milliards d'euros pour 2010, dont 60% aux mains de créanciers étrangers, cela peut représenter un coût annuel de plusieurs centaines de millions d'euros.

La France, avec un déficit public prévu à 8% du Produit intérieur brut en 2010, ne rassure donc pas assez des investisseurs occupés à faire la chasse au mauvais élève budgétaire.

"Les marchés ont commencé à se préoccuper du dernier de la classe, la Grèce, puis ont remonté le classement et même si vous êtes bien classé cela vous rattrape", estime Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities.

Après l'annonce lundi par Berlin d'un plan de rigueur devant permettre d'économiser 80 milliards d'ici 2014, l'Allemagne a creusé l'écart avec ses partenaires.

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Je vous laisse lire la suite: http://tinyurl.com/3xgkkct

Vous voulez mon avis ? Il faut envoyer promener les marchés et financer par nous même nos besoins de trésorerie: ça s'appelle "monétisation de la dette publique par la Banque Centrale!" et ça sera mieux de toute façon que de perdre notre souveraineté face... "au marché"

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

@ AJH

En premier lieu, si les marchés font la chasse aux mauvais élèves, c'est parce qu'il y a des mauvais élèves. Retrouvez des finances saines et vous retrouverez votre souveraineté.

En second lieu, si vous faites sauter le garde fou des marchés, comme vous protégerez vous de 30 nouvelles années de déficit budgétaire ? Il y aura toujours une bonne raison de faire du déficit !

Écrit par : Joe | 11.06.2010

@Joe

Depuis 1973 le solde primaire des budgets des administrations publiques (c'est à dire sans intérêts) n'est que très faiblement déficitaire (moins de 120 Md€ cumulés à fin 2008), bien moins que la nécessité d'émission monétaire sur cette période.
S'il n'y avait pas d'intérêts à payer il n'y aurait quasiment pas de déficit.

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

@Joe

Je rajoute que bien que n'ayant pas fait le calcul précis, j'avais vérifié que la création de patrimoine public pendant cette période excède largement ce chiffre, justifiant ainsi, s'il le fallait, ce cumul de déficit
(ah, mes chiffres sont en euros courants 2009)

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

@Joe

Comme j'avais les données sous la main, quelques clics sur un tableur, et hop, voilà la réponse: entre 1973 et 2008, les administrations françaises ont réalisé 1633 Md€ de Formation Brute de Capital Fixe...

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

@ AJH

Ce que vous ne comprenez pas, c'est que nos amis les politiciens n'ont pas été en déficit A CAUSE de la dette. Même sans intérêts de la dette, ils auraient été en déficit, tout bonnement parce qu'ils auraient dépensé plus !

Les dépenses publiques n'ont cessé d'augmenter depuis 1973, l'Etat aurait très bien pu les limiter de telle sorte qu'après remboursement de la dette, il soit à 0. Non, ils ont préféré avoir un déficit.

Sur la formation Brute du Capital, que l'Etat crame beaucoup trop de pognon, je suis d'accord avec vous.

Écrit par : Joe | 11.06.2010

Non, Joé, ne mélangeons pas tout, je ne suis pas du tout d'accord avec vous: ces 1633 Md€, c'est, pour une bonne partie, l'équipement de la France sur cette période. Cet équipement était évidemment nécessaire. Ce qui est tragique c'est que nous en transférons parfois la propriété à prix bradé aux entreprises privées...

Pour le reste, c'est faire un mauvais procès sans aucune preuve....

Écrit par : A-J Holbecq | 11.06.2010

"Même sans intérêts de la dette, ils auraient été en déficit, tout bonnement parce qu'ils auraient dépensé plus !"

Ce que vous dites est 'pensable', mais tiré sur la comète : car cependant avant 73, l'Etat était peu endetté . Bon ok, c'était une autre époque avec une autre mentalité. Mais enfin on peut imaginer un autre butoir aux mauvais comportements étatiques poussées par la démagogie et la facilité de notre système.

Il reste que l'Etat ne devrait pas être obligé d' emprunter sur le marché , ni a un taux de marché , les capitaux dont il a besoin (Surtout pour financer du fonctionnement).

Parce que là votre système de bons et mauvais élèves aboutit à des catastrophes insensées de toutes manières , et en plus , nous auront précisément ce qu'on voulait éviter au départ , à savoir une monnaie dévaluée et corrompue , puisque au total le BCE va avaler peu à peu la dette des Etats !

Donc , il faut un régime d'exception pour l'Etat qui doit pouvoir emprunter à sa banque Centrale directement à un taux très bas ET en même temps, effectivement , bridage des déficits à 2% par voie constitutionnelle -sauf cas exceptionnel- (C'est plus sûr avec tous les zozos qui nous ont seriné que la dette était magiquement et d'emblée un investissement, et que les châteaux de la Loire et la tout Eiffel faisaient de la France un pays au dessus de les autres pouvant éternellement emprunter en AAA)

Écrit par : Oppossum | 11.06.2010

@opposum
Vous voulez dire que l'État ne devrait pas être obligé d' emprunter sur le marché , pour financer de l'équipement ?
Tiens j'ai mis à jour les données de déficit des budgets depuis 1973
http://postjorion.wordpress.com/2010/06/11/103-article-invite-a-j-holbecq-evolution-des-soldes-primaires-du-budget/

Le régime d'exception est justement, me semble t'il de ne pas pouvoir emprunter directement à sa banque centrale... et dans ce cas, le AAA on s'en fiche royalement (non, "souverainement" ;))

@Joe
Vous devriez lire Vallageas (école circuitiste) "POURQUOI LES ETATS ET LES ENTREPRISES ONT NORMALEMENT UNE TRESORERIE NETTE NÉGATIVE OU POURQUOI LES ETATS SONT NORMALEMENT EN « DEFICIT » "

Résumé du papier " Nous rappelons que les agents non financiers ne peuvent avoir dans leur ensemble qu’une trésorerie nette négative, c’est-à-dire que la somme de leurs encaisses monétaires sont inférieures à leurs emprunts bancaires. En appliquant ce principe à l’Etat, on montre que, sauf s’il y a apport net de devises étrangères, la seule manière d’obtenir un excédent budgétaire serait que les agents privés s’endettent à la place de l’Etat en monnaie centrale. Mais ceci revient à substituer à l’endettement public un endettement privé et n’a aucun effet macroéconomique. En définitive la recherche de l’excédent budgétaire est vaine et inutile."

http://johnmaynard.free.fr/deficit.doc

Le problème pour l'Etat n'est ni le déficit du à l'investissement, ni la dette... seulement les intérêts de la dette

Quand au montant élevé de FBCF (qui dépasse le montant de "la dette"), ça prouve au moins que ces déficits (donc ces emprunts) ont bien été utilisés en investissements, et non pas, comme on l'entends sans arrêt, à payer grassement des fonctionnaires sans utilité et donc du fonctionnement (je pense néanmoins qu'il faudrait simplifier tout l'appareil d'État et l'organisation territoriale: il y a surement un tas de doublons et des activités inutiles)

Écrit par : A-J Holbecq | 12.06.2010

Je regrette beaucoup de n'être point parisien et de rater cette occasion de débat...
Concernant la discussion qui précède, certains participants ne semblent pas comprendre les racines du déficit public. La bonne ou mauvaise gestion des finances publiques n'est pas en cause. Presque tous les États ont creusé leurs déficits depuis 30 ans - même l'Allemagne. Ceux qui ne le font pas sont de petits pays qui adoptent une stratégie de coucous : profiter de l'expansion des marchés voisins tout en comprimant leurs propres coûts.
La question de fond est l'alimentation monétaire du circuit économique, tout le reste est anecdotique. Les entreprises laissées à elles-même ne distribuent pas assez de revenus, et surtout pas assez de salaires, pour que la production soit vendue avec un profit raisonnable. La "loi de Say", bible des ultralibéraux, ne fonctionne pas. Elle a été d'ailleurs réfutée dès l'origine par Malthus avec des arguments assez définitifs ; sa survivance ne tient qu'au raisonnement borné de certains milieux patronaux qui ne conçoivent pas que leurs principes de gestion privés sont inopérants au niveau macroéconomique.
De ce point de vue, toute limitation a priori au déficit public est absurde, qu'elle soit de 0, de 2% du PIB ou du montant qui affole les "marchés". L'État doit ajuster ses dépenses au niveau qui empêche la déflation. Voilà le seul principe budgétaire valable. Et le reste de l'organisation économique : finance, traités internationaux, etc., doit s'organiser en fonction du même impératif : stabiliser le flux monétaire, assurer la continuité des affaires et le maintien de l'emploi. Ce n'est qu'alors que les activités privées convergeront vers l'intérêt général et que le "libéralisme" aura un sens.

Écrit par : J. Halpern | 12.06.2010

@ Joe

Oui, mais justement, je reviendrai en partie significative sur la trop grande libéralisation impulsée par l'Europe.

Ne trouvez-vous pas tout de même que le mouvement d'intégration européenne va de pair avec le mouvement de déréglementation que vous appelez de vos souhaits ?

@ Edgar

Je reste partisan d'une organisation européenne destinée à favoriser les coopérations inter-étatiques. Je crois que l'absence de structure pénaliserait ces coopérations puisqu'il faudrait à chaque fois créer une nouvelle structure. Une structure permanente (du moment qu'elle respecte la souveraineté des Etats) me semble une bien meilleure solution.

C'est pourquoi je suis également partisan de négocier la refonte totale des traités européens depuis l'UE, sans la quitter, au moins au démarrage. Je pense que cela faciliterait la négociation. Après, il ne s'agit pas de rester cinq ans à négocier qqch sans que rien n'avance concrètement. Je pense que nous devrions nous mettre un horizon de temps pour arriver à une vraie réforme et que cet horizon est nécessairement beaucoup plus court qu'un mandat présidentiel.

Comme vous pouvez le noter dans le projet mis en avant dans le Livre Mauve, la réforme que nous proposons consiste à faire page blanche. Il ne s'agit en aucun cas de rafistoler les textes existants.

NDA tiendrait un discours à direction des partisans de l'Europe actuelle ? Là, je crois que c'est tout simplement une hallucination. Il suffit de voir par quel mépris les tenants de cette Europe évoque NDA (cette semaine encore, Duhamel et Apathie sur RTL dans leur "débat" du jeudi).

Non, un système de double devise, cela permet d'avoir une monnaie de réserve commune à opposer au dollar et faire perdre aux Etats-Unis leur privilège monétaire.

@ Joe

Complètement d'accord avec AJH : la dette de la France est principalement le fruit des intérêts, ce qui pose la question d'un transfert de richesses incroyable et des mécanismes d'emprunts publics.

"l'Etat aurait dépensé plus" ? Pas forcément, je crois que donner plus de responsabilité peut au contraire limiter les actes d'irresponsabilité (après tout, c'est juste après avoir interdit la monétisation que les déficits ont grandi). On pourrait dire aussi que le contexte de forte croissance des 30 Glorieuses aurait pu pousser aux déficits puisque la croissance nominale du PIB effaçait rapidement les dettes, contrairement au contexte actuel.

@ J Halpern,

Complètement d'accord. On ne limite pas les choix démocratiques a posteriori.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 12.06.2010

Il y a déjà le Conseil de l'Europe.

A part ça, dire à la fois "la réforme que nous proposons consiste à faire page blanche" et vouloir ne pas quitter l'Union européenne est totalement incohérent.

Surtout en moin de cinq années. Ca revient à dire aux 26 partenaires : on va réécrire tous seuls les nouveaux textes.

Il est paradoxalement certainement moins agressif de dire simplement : nous n'en voulons plus, l'Union européenne nous plombe trop, on trouvera des terrains de coopération, ou pas, à la carte.

Écrit par : edgar | 12.06.2010

"il faudrait d’abord trouver un moyen d’accélérer la croissance"

Je crains que cette voie soit "sans issue": la capacité de production pétrolières et sa conséquence, "le prix de l'énergie", vont vite nous rattraper. Il me semble peu probable que dans la décennie qui vient nous puissions dépasser les 1,5% de croissance annuelle.

Réinventer une UE confédérale me semble indispensable, mais il faut aussi réinventer la re-régionalisation des productions , donc diminuer l'emprise des importations et donc des transports.

Le problème est qu'un discours "il faut quitter l'U.E." ou "il faut quitter l'euro" semble suicidaire à beaucoup de français et je crains qu'ils ne votent pas pour une telle option... discutez en autour de vous, vous verrez.

Il me semble qu'une "menace" de quitter l'euro "si" on ne peut obtenir d'aménagements concernant nos besoins d'investissements (sans pressurer le peuple ni augmenter les intérêts de dette; ce qui impose une reformulation de l'article 123 de Lisbonne et des statuts de la BCE), et y compris sur une dose de protectionnisme , ainsi que de reprendre une certaine indépendance vis à vis de Bruxelles permettrait d'amener des partisans à nos idées sans leur faire peur.

Écrit par : A-J Holbecq | 12.06.2010

Je ne sais si la deuxième partie de votre intervention, M. Holbecq, concerne mon commentaire.

Mais on est là typiquement dans un problème spéculaire : si chacun se base sur ce qu'il croit que l'autre pense, on tourne en rond.

C'est la même chose en bourse (modèle du "concours de beauté" keynésien).

Comme on tourne en rond en matière européenne depuis 1957, la seule position salutaire est d'expliquer tranquillement et posément qu'il n'y a pas d'autre voie que de quitter l'Union européenne.

Il s'agit de trancher le noeud gordien et d'en finir, sans prétendre être celui qui réformera l'Union européenne là où tout le monde échoue depuis plus de 50 années (le diagnostic de déficit démocratique est fait dès l'origine, et la non-viabilité économique a été diagnostiquée par Pierre Mendès-France dès 1957 également).

Les caves de la Commission européenne sont remplies des cadavres de tous ceux qui ont voulu réformer l'ouvrage. De Gaulle y a échoué. Vous pensez que NDA va réussir ?

Écrit par : edgar | 12.06.2010

@ Edgar

Je trouve que dire que l'on veut une réforme radicale de l'UE en y restant et en donnant un horizon de temps pour négocier un nouveau traité est beaucoup moins agressif que partir.

Sur la volonté de réforme, je crois que les années passées et les années qui viennent vont permettre une réforme radicale car les peuples et les dirigeants constatent que l'Europe fonctionne mal et pas au profit des peuples européens. Si la France bascule dans le camp confédéral, aujourd'hui, une majorité peut rapidement se constituer en faveur d'une réforme radicale. Les Anglais y seront favorables. L'Allemagne reconnaît (elle) la supériorité de son droit sur le droit européen et les Italiens et les Espagnols sont en train de perdre leurs illusions.

Le moment de la réforme est proche et je crois plus à une méthode qui consiste à dire qu'il faut réformer, simplifier et réorganiser l'Europe sur un modèle confédéral, donner (par exemple) 18 mois à 2 ans pour parvenir à un texte, faute de quoi la France quitterait l'UE. Il me semble qu'une telle méthode aurait beaucoup plus de chances d'aboutir que le fait de sortir directement.

Mais notre divergence vient peut-être d'objectifs différents : je crois qu'une communauté européenne a un intérêt et je ne lis pas cela dans aucun des commentaires.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 13.06.2010

Je ne crois pas qu'il soit utile de construire des structures de type constitutionnelles/politiques pour des coopérations internationales, en dehors des organismes qui existent déjà : Organisation des Nations Unies et Conseil de l'Europe.

Écrit par : edgar | 13.06.2010

@edgar

Il n'est pas utile que je fasse une redite de ce qu'écrit notre hôte sur ce blog: je suis d'accord avec Laurent.
Disons néanmoins que le terme de 18 mois à 2 ans de la "menace" de quitter totalement l'actuelle U.E. si nos partenaires ne veulent pas revoir de fond en comble cette organisation existante dans le sens confédéral me semble excessif: je donnerais plutôt 6 mois au maximum car les évènements nous poussent à aller le plus vite possible....

Écrit par : A-J Holbecq | 13.06.2010

En dehors de l'économie, je vais témoigner ici de mon travail en recherche et développement industrielle en Allemagne.

Eh bien la différence par rapport à la France est quasi terrifiante.

Les moyens d'efficacité mis ici sont stupéfiants, je n'avais jamais vu en France le quart de ce qu'ils font ici, la France me parait une petite joueuse en comparaison.

Écrit par : olaf | 13.06.2010

François Asselineau le 18 juin à VITRY SUR SEINE : Il dit la même chose mais en plus clair, avec les moyens pour s'en sortir!
Il faut faire vite ! Il y a urgence !!

http://u-p-r.fr/

Merci

Écrit par : Schrouki | 13.06.2010

Je rejoins Schrouki, la situation est gravissime.

Si on continue à ronfler au coin du feu, ça va aller mal.

Écrit par : olaf | 13.06.2010

Bonsoir à tous

J'arrive un peu tard ici, mais tout cela est tellement passionnant…

@ Laurent

Je crois que Joe tenait à distinguer les vrais libéraux (dont il est semble-t-il) et les néo-libéraux/ordo-libéraux ; et je crois qu'il a bien raison de faire cette distinction. Assimiler le libéralisme au néo-libéralisme est faire un bien mauvais procès à celui-là.

@ Laurent et A-J Holbecq

Concernant vos échanges avec Edgar, j'avancerai simplement un argument démocrate qui me tient à cœur : on ne saurait tolérer la moindre divergence entre le périmètre de la démocratie et celui de la souveraineté de l'Etat. "Partenaires" ou pas. A cet égard il n'y a pas de délai qui tienne. Par conséquent il n'y a rien à sauver de l'UE. En tout cas c'est mon point de vue.

Écrit par : Joe Liqueur | 16.06.2010

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