01.08.2010
Le retour des farines animales ou l’horreur européenne
On pourrait croire à une mauvaise blague si nous étions le 1er avril. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Alors que la maladie de la vache folle est en voie d’être éradiquée, la Commission Européenne propose d’autoriser à nouveau l’utilisation des farines animales !
Le laissez-faire appliqué à l’alimentation
Petit retour en arrière. Dans les années 80, les agriculteurs pouvaient nourrir leurs animaux avec des farines animales (poudre de reste de bovins notamment), riches en protéines et favorisant la croissance. Il faut déjà noter le caractère plus que douteux (pour ne pas dire plus) qui consistait à rendre des herbivores carnivores, et même cannibales. Malheureusement, ces expérimentations dignes d’un docteur Frankenstein ont eu des conséquences calamiteuses.
L’utilisation des farines animales a provoqué un des plus grands scandales sanitaires du siècle puisqu’elle a été reconnue responsable de la transmission de la maladie dite de la vache folle, qui a touché près de deux cent mille bêtes, puis qui s’est transmise à l’homme, en faisant plus de deux cent victimes. Après dix ans d’interdiction, encore 67 cas de « vache folle » ont été déclarés dans l’Union Européenne en 2009. La Commission souhaite pourtant lever les restrictions.
Tout d’abord, elle propose de lever l’abattage systématique des troupeaux quand un cas de « vache folle » est décelé : elle propose d’autoriser à la consommation humaine les animaux des troupeaux infectés du moment que la bête a un test négatif. Cette proposition semble délirante tant ce systématisme a prouvé son efficacité pour venir à bout de l’épidémie et tant ses conséquences sont aujourd’hui limitées. Ensuite, elle propose carrément de lever l’interdiction d’utilisation des farines animales.
L’oubli complet du principe de précaution
Heureusement, les autorités sanitaires Françaises semblent s’opposer à ce nouveau délire de la Commission. Car comment qualifier autrement cette proposition ? Nous savons que les farines animales présentent un risque pour la santé humaine. Nous avons réussi à circonscrire une épidémie qui a fait des morts mais elle propose de relâcher notre vigilance, avant même la disparation de la maladie. Qu’est-ce qui peut bien les pousser à vouloir prendre une telle décision ?
C’est à croire que les commissaires européens vivent sur une autre planète que les citoyens, une planète où le principe de précaution n’existe pas. Pourtant, ce principe devrait nous pousser à refuser de telles idées. On peut malheureusement soupçonner l’action de certains lobbys derrière cette suggestion malheureuse. Cela démontre une nouvelle fois que la Commission n’est pas apte à exercer de tels pouvoirs sans le moindre contrôle démocratique.
Du coup, comment accorder la moindre confiance à la Commission Européenne quand elle souhaite pousser la commercialisation des OGM ? Son manque de jugement stupéfiant dans l’affaire de la vache folle et des farines animales est extrêmement inquiétant quand on voit son acharnement de tous les instants pour permettre la commercialisation des OGM en Europe. Est-il possible de se sentir en sécurité quand cette Europe semble prendre tellement à la légère la santé des populations ?
Plus globalement, cette affaire montre également à quel point il est néfaste de transférer des décisions importantes au niveau européen. N’oublions pas qu’un gouvernement, sous la pression de l’opinion et de l’opposition, aurait sans doute reculé. Ici, ce n’est pas le cas…
10:55 Publié dans Actualités, Environnement, Europe | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, farines animales, ogm




Commentaires
C'est toute la filière agricole qu'il faut réformer :
http://www.rue89.com/entretien/2010/07/31/plutot-que-decroissance-il-faut-penser-bien-etre-et-democratie-160554
Écrit par : olaf | 01.08.2010
@ Olaf
Merci pour ce lien très instructif.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 01.08.2010
Comment qualifier cette proposition de la Commission, dites-vous? De criminelle.
Écrit par : eric | 01.08.2010
je ne voit pas ce que cela a d incroyable : si la torture rapportait du pognon l europe la fait legaliser dans les 24 h !
Écrit par : moi | 02.08.2010
Ils préparent la crise alimentaire qui fera suite aux mauvaises moissons de cette année. Ainsi, par l'utilisation des farines animales, cause de la "vache folle", ils permettront aux agriculteurs de faire baisser les prix de production de leurs bêtes. Comme d'habitude, l'économie domine sur la santée des consommateurs...
Écrit par : THIEBAUT Maxime | 08.08.2010
je viens de perdre un ami victime de la maladie de kreutzfeld jacob.... il a été rmporté en quelques semaines......... j'aimerais un procès de nuremberg pour les membres de la commission européenne pour "crimes temps de paix" et corruption aggravée !
Écrit par : diogene86 | 09.08.2010
je viens de perdre un ami victime de la maladie de kreutzfeld jacob.... il a été rmporté en quelques semaines......... j'aimerais un procès de nuremberg pour les membres de la commission européenne pour "crimes temps de paix" et corruption aggravée !
Écrit par : diogene86 | 09.08.2010
Comment croire que la Commission nommée puisse respecter la démocratie et ne pas défendre les intérêts de ceux qui la font nommer ?
Comme pour les OGM, elle défend les intérêts de la haute finance.
Il n'y a qu'une solution : la supprimer pour la remplacer par un Sécrétarit du Conseil des chefs d'Etats
Écrit par : Raoul louis CAYOL | 09.08.2010
La même stratégie criminelle de la Commission a provoqué l'empoisonnement de personnes par des meubles et chaussures arrivées de Chine sans contrôle douanier au nom d'un libre-échange anarchique.
Écrit par : labalette christine | 11.08.2010
C'est dommage que cet article manque de références bibliographiques scientifiques. On aurait pu y trouver les origines probables de la présence du prion, les polémiques autour des travaux de Prusiner (prix Nobel), des effets de la transformation technologique sur la fabrication des farines. Assimilation et dénaturation. Bref, c'est un travail d'envergure, et on ne peut pas dire que les données pertinentes ne sont pas à disposition.
Si on fouine un peu, on s'apercevra que les procédés employés annihilent tout risque et qu'ils sont toujours en activité.
A revoir je pense.
Écrit par : François | 22.03.2011
Écrire un commentaire