10.08.2010
C’est la reprise… pour les banques
Alors que les Français subissent la hausse du chômage ou la hausse des tarifs de l’électricité, ce n’est pas la crise pour tout le monde. La BNP et la Société Général ont annoncé une hausse spectaculaire de leurs profits. Une nouvelle illustration des injustices de notre système économique.
Des profits sidérants
Les chiffres publiés par les deux plus grandes banques Françaises sont proprement incroyables. Pour le 1er semestre 2010, la BNP a dégagé un résultat net de 4,4 milliards d’euros pour un Produit Net Bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires) de 22,7 milliards, soit une marge nette après impôt de près de 20% ! La BNP pourrait ainsi afficher un profit de 8 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année. L’article du Figaro souligne que les profits des banques de financement d’investissement ont baissé de 16% quand ceux de la banque de détail (les fameuses commissions) ont… doublé !
Du côté de la Société Générale, les profits ont tout simplement triplé ! Là encore, la baisse des provisions joue un rôle important. Sur le 1er semestre, le PNB progresse de 25% à plus de 13 milliards d’euros. Le le résultat d’exploitation atteint 3,05 milliards, soit plus de 20% du PNB. Il est frappant de constater à quel point les résultats des deux plus grandes banques Françaises (par la capitalisation boursière) sont proches et progressent de manière aussi rapide en ce début d’année. L’ensemble du secteur bancaire se remet décidemment bien de la crise…
De l’exception bancaire
Ces profits exceptionnels démontrent plusieurs choses. Tout d’abord, alors que les conséquences de la crise sont encore douloureuses pour 90% de la population, il est frappant de constater à quel point les banques se sont vite remises de la crise. La comptabilité « créative » joue sans doute un rôle dans ce prompt rétablissement, mais on peut y voir également le double privilège actuel des banques. Outre la rente que constitue la banque de détail (les commissions…), où la concurrence ne semble pas violente, les banques profitent pleinement de la baisse des taux courts…
Plus globalement, ces chiffres posent légitimement la question de la place du secteur bancaire dans nos économies. Est-ce que les bénéfices qu’il apporte justifient réellement de tels profits ? Les banques ne profitent-elles pas d’une rente en se comportant comme un oligopole ? Pire, comme même The Economist l’a écrit, ce secteur privatise ses profits mais peut faire nationaliser ses pertes. Bref, alors que la collectivité paie très cher ses services, elle doit à tout moment être prête à mettre la main à la poche en cas de crise bancaire grave. Les banques ont le beurre, l’argent du beurre et la crémière !
La crise nous montre que le secteur bancaire est comme une sangsue qui vit aux dépens de l’économie productive. Il faut se poser rapidement la question d’une réforme radicale du système financier pour qu’il reprenne une place plus juste au sein de notre système économique.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : banques, crise économique, crise financière, profits, oligopole




Commentaires
La seule réforme "radicale" (je ne parle pas de réformettes) est le "100% monnaie" proposé d'abord par Fisher et repris par Allais (et également défendu actuellement par Christian Gomez en France et James Robertson en Angleterre) .
Pour les lecteurs de ce blog qui ne connaitraient pas: http://monnaie.wikispaces.com/R%C3%A9sum%C3%A9+100%25+monnaie
En gros:
- séparation claire de la monnaie qui ne pourrait être créée que par la Banque de France (ou Institut d'Émission Monétaire) et qui, même scripturale, serait donc "garantie" de la même manière que la monnaie fiduciaire actuelle (pièces et billets), et de l'épargne du court au long terme, gérée pour compte des déposants par des banques de prêts ou d'investissements,
- éclatement du système bancaire en 3 entités : banques de dépôts de monnaie, banque de prêts des épargnes, banques d'investissements
Il est tout à fait anormal que la production et la gestion du "sang de l'économie" soit laissée aux mains de sociétés privées dont la finalité est le profit et non pas le service public.
Écrit par : A-J Holbecq | 10.08.2010
Je propose une réforme encore plus radicale, qui inclurait le 100% monnaie mais aussi la nationalisation intégrale des bénéfices bancaires et financiers : le monopole d'Etat sur le secteur bancaire et financier.
A ce stade, il devient extrêmement troublant de constater qu'aucun parti "de gauche" ou de la "gauche de la gauche" ne propose une telle mesure, en dehors du NPA. C'est un peu comme si l'on voulait faire passer le message suivant : monopole d'Etat = délire de dangereux révolutionnaire.
Même si l'on s'en tient au 100% monnaie, il faut bien constater que cette idée n'est pas très en vogue dans les rangs des "grands" partis (PS, UMP, modem, FdG…). Tout cela n'est pas très rassurant quant à notre santé démocratique, et suggère que le lobby bancaire est comme un poisson dans l'eau au sein de nos partis, fussent-ils de "gauche".
Écrit par : Joe Liqueur | 10.08.2010
@Joe
Personnellement je ne suis pas contre une nationalisation totale du système bancaire, ce fut fait après guerre pour reconstruire l'économie du pays et pour permettre, dans cette dure période, un contrôle totale de la masse monétaire en circulation. Cependant il faut prendre garde à ne pas trop centraliser le pouvoir, il y a des choses dans le libéralisme, surtout le libéralisme politique, que nous ferions bien de garder et c'est le cas de la séparation des pouvoirs cher à Montesquieu.
Si nous nationalisons les banques, ils faut que ces instituts aient une certaine indépendance de décision (on pourrait même imaginer une démocratisation du choix des dirigeants des grandes banques). Que la banque centrale soit sous la tutelle de l'état très bien, mais les autres banques devront fonctionner indépendamment de façon décentralisé, ne jetons pas totalement l'initiative individuelle à la poubelle.
Écrit par : yann | 10.08.2010
Plutôt d'accord avec Yann: il importe de nationaliser la création monétaire, de disposer au moins d'un réseau bancaire "socialisé" (banques nationalisées), mais toutes les banques (des 3 catégories citées dans mon message ci dessus) n'ont pas vocation à être nationalisées; laissons donc une marge de choix au citoyen.
Écrit par : A-J Holbecq | 10.08.2010
@ Yann
Je suis tout à fait d'accord pour conserver le libéralisme politique, cela va de soi, et pour conserver la séparation des pouvoirs (qui va avec). Tout à fait d'accord aussi pour conserver l'initiative individuelle. Mais justement, en matière de services bancaires ou financiers, je ne crois pas que l'initiative individuelle ait sa place. De mon point de vue la banque est fondamentalement un service, un réseau, donc je considère qu'une gestion nationalisée et centralisée est la solution la plus efficace et donc la plus souhaitable, exactement comme pour les assurances, les réseaux de transports, de communication ou de distribution d'eau et d'énergie, et j'en passe.
Écrit par : Joe Liqueur | 10.08.2010
@ A-J Holbecq
Laisser une marge de choix aux citoyens, je suis bien d'accord ! En démocratie les citoyens sont rien moins que le souverain. Alors ils peuvent aussi décider de nationaliser carrément l'ensemble du secteur bancaire et financier (assurances comprises), afin de nationaliser du même coup les bénéfices qui vont avec, ou plus exactement afin que toutes ces activités acquièrent le statut de service public.
Écrit par : Joe Liqueur | 10.08.2010
@joe
Si l'on fait ce que dit A-J Holbecq il me semble que le problème des intérêts de la dette disparaissent, la nationalisation totale devient alors superflue.
Sinon il y a un interview en français du célèbre député britannique et euroseptique Nigel Farage, ses propos devraient vous plaire. J'y adhère en tout cas:
http://www.uneautrefrance.com/?p=726
@A-J Holbecq
Une question je voulais télécharger le livre de Irving Fischer 100% Money qui vient d'être traduit mais apparemment le lien sur le site du traducteur ne fonctionne pas.
http://www.100money.fr/?page_id=25
Savez vous s'il est téléchargeable ailleurs?
Écrit par : yann | 10.08.2010
Il y a sans doute un bug et il est peut être en vacance. Essayez de lui envoyer un mail nfaibis @ gmail.com (enlever les espaces).. sinon je vous l'envoi.
Écrit par : A-J Holbecq | 10.08.2010
Il y a les positions de James K. Galbraith.
Mais aussi celles de Lordon, dans la mesure où les banques sont si juteuses avec pas tant de concurrence, sauvées des eaux par les états dès qu'elles plongent, puisqu'elles suivent toutes les mêmes programmes informatiques, aucune imagination, aucune innovation en fait, autant les nationaliser en tant que rente, vache à lait pour l'état. Comme des ressources de sous sol, que personne n'a créé.
Encore une fois, cette industrie bancaire n'a aucune imagination ou créativité, elle est purement bureaucratique, tout comme l'était l'URSS. Il n'y a qu'à voir les pauvres types qui y travaillent, banquiers, consultants, tous formatés dans le même moule.
Quitte à avoir une bureaucratie bancaire, autant qu'elle reste sous contrôle de l'état. Qu'elle soit payée le minimum décent et qu'on arrête de croire que ces types sont des génies.
Sans compter que leurs performances sont assez mauvaises en l'état, compte tenu des dégâts qu'elles entrainent dans l'économie réelle. Donc comme le nucléaire, il s'agit d'un sanctuaire relevant de l'état, pas des épiciers, d'autant plus véreux qu'ils sont biens payés, leur permettant de penser après moi le déluge, car ces gens là pensent comme ça, une pure rationalité à court terme pour se barrer aux Bahamas.
Leur bonne santé apparente, n'est qu'apparente, elle pourrait vite s'écrouler rapidement.
Écrit par : olaf | 10.08.2010
Bonjour,
Je viens de résoudre le problème. Le Pdf est à nouveau téléchargeable
http://www.100money.fr/?page_id=25
Nathanael Faibis
Écrit par : Nathanael Faibis | 11.08.2010
@Olaf
Vous écrivez que si les "banques sont juteuses autant les nationaliser en tant que rente, vache à lait pour l'état."..
Si elles sont nationalisées elles ne le seront plus car il serait stupide de faire payer les gains de banques nationalisées à notre propres population.
Je maintiens que dans le cadre d'une réforme radicale (le 100% money) et de la séparation des 3 types de banques (les "banques de dépôts" étant plutôt des "coffre forts informatiques", d'ailleurs Christian Gomez les appelle " Compagnies de Services Monétaires" http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ ), une secteur bancaire public (qui pourrait être régionalisé) "concurrentiel" à un secteur bancaire privé serait plus profitable pour l'ensemble de la population.
Je pense qu'il ne faut pas laisser la passion (moi non plus je n'aime pas beaucoup les "banquiers") prendre le pas sur le raisonnement.
Écrit par : A-J Holbecq | 11.08.2010
Cesser de sauver la mise aux banquiers quand ils se sont mis dans le mur serait largement suffisant.
Je ne vois aucune raison pour laquelle les actionnaires, créanciers, dirigeants ou salariés de banques devraient bénéficier d'un traitement de faveur en cas de faillite par rapport aux actionnaires, créanciers, dirigeants ou salariés d'un commerce ou d'une industrie particulière.
Encore une fois, l'Etat (les Etats, c'est encore pire aux USA) crée un déséquilibre majeur dans le marché et on propose de remédier au problème en augmentant l'influence de l'Etat. Faire absorber la quasi-totalité du risque par la collectivité est une aberration, particulièrement pour des entreprises dont le métier est (ou devrait être) la gestion des risques. Cela les incite à augmenter massivement le couple risque-rentabilité en prenant des risques insensés; à se détourner des activités traditionnelles de prêts aux acteurs économiques car insuffisamment rentable; et cela encourage une course au gigantisme qui réduit la concurrence.
Au fait, vous avez entendu parler d'un régulateur bancaire qui aurait été viré en conséquence de la crise?
Écrit par : Lib | 11.08.2010
@ Lib
En libéral conséquent que vous êtes vraisemblablement, vous avez un peu raison.
Une remarque cependant: nous ne sommes pas dans un système libéral pur, et ceux qui, par moments, défendent certains aspects de celui-ci, par libéralisme ou parfois par populisme (les deux peuvent être liés comme dans le cas qui suit), peuvent prendre des décisions calamiteuses. Exemple: ceux qui ont laissé tomber Lehman Brothers pour faire un exemple.
Écrit par : Archibald | 11.08.2010
@lib La réponse est simple. Un commerce classique, s'il coule, n'emporte que lui même. Les banques peuvent emmener tout le système dans leur chute. Et c'est même ce qu'elles font déjà par blocage du crédit. Les Etats étaient *obligés* d'intervenir.
Écrit par : Eusèbe | 11.08.2010
@Archibald, je ne suis pas convaincu que les actionnaires, créanciers, dirigeants et salariés de Lehman aient tous été lourdement sanctionnés dans cette affaire. Je ne suis pas convaincu non plus que faire un chèque à Lehman aurait eu un meilleur résultat, cela aurait probablement permis à la bulle de groissir un peu plus pour faire plus mal quand elle aurait éclaté plus tard.
@Eusèbe, une entreprise normale qui coule éclabousse aussi ses fournisseurs, ses clients, ses partenaires... Merci de préciser ce que vous entendez par "emmener tout le système dans leur chute".
Si vous parlez d'interruption de la distribution de crédit, vous reconnaissez vous-même que le bail-out ne l'a pas empêché. Les entreprises ne sont pas plus dépendantes de leur banque que de leur fournisseur d'énergie ou de transport. Je connais des boîtes qui feraient faillite en un mois si salesforce.com tombait en rade.
Si vous parlez de la spoliation possible des déposants, c'est effectivement un risque très grave. Mais il y a des façons de résoudre ce problème qui ne passent pas par la case "transfert massif d'argent public". Je ne suis pas sûr d'avoir complètement compris la réforme 100% monnaie présentée par AJH en début de commentaires, mais ça me paraît une piste intéressante.
Non, on n'était pas *obligés* d'agir de la sorte. Même en extrême urgence. Savez-vous qu'en droit des faillites il existe une procédure appelée le Règlement Judiciaire? C'est plus ou moin sinspiré du Chapter 11 américain. Quand une entreprise ne peut plus honorer ses engagements (genre BNP en 2008), elle se met sous la protection de la justice qui nomme un administrateur judiciaire. Celui-ci doit déterminer si l'entreprise est irrémédiablement pourrie ou s'il y a quelque chose à sauver. Dans ce dernier cas, il propose un plan de redressement qui passe généralement par 1) une forte destruction de valeur pour les actionnaires, 2) un abandon d'une partie de leur dû par les créanciers, 3) le départ des dirigeants, 4) un plan social. C'est assez bien expliqué par Zingales dans ce court papier de septembre 2008 http://www.voxeu.org/index.php?q=node/1670
Les Etats n'étaient pas *obligés* de donner le fruit du travail de leurs administrés aux actionnaires, créanciers, dirigeants et salariés des banques.
Les banques sont très utiles à l'économie mais ne méritent pas de traitement de faveur.
Écrit par : Lib | 11.08.2010
@lib
Je pense plutôt que c'est la monnaie qui est utile à l'économie, les banques ne sont pas une nécessité absolue: il y a d'autres moyens de mettre en relation épargnants et emprunteurs (vous remarquez que j'enlève ici la seconde activité des banques, càd le droit qu'elles se sont appropriées de créer la monnaie, à la suite de l'invention - filoute - des orfèvres du milieu du 17°).
Les banques ne méritent aucun traitement de faveur, par contre l'épargne de chacun doit être protégée des banksters qui jouent avec elle.
Écrit par : A-J Holbecq | 11.08.2010
Bonjour, en réponse @Joe
sur la nationalisation des banques
Il y a effectivement eu la nationalisation des banques, mais pas toutes.
Après guerre il y a eu des opportunistes profiteurs qui se sont attaché les services de banques.
Si De Gaulle a été un peu bienveillant dans les années 58 notamment lorsqu'à été pondu l'ordonnance de 58-966 d'octobre 58, c'est peut être qu'il ne savait pas que c'était par intérêt pour certains.
Cela est difficilement détectable car en fait l'ordonnance a permis à un banquier de bénéficier d'important aides de l'Etat tout en bénéficiant de Lois particulièrement discrétionnaires qui lui sont appliquées dans les régions de l'Est de la France.
Si je vous disais qu'aujourd'hui ce banquier est pour une bonne partie de son chiffre son propre expert comptable, vous allez dire que je fabule.
Or il l'est pour le millier de caisses des départements de l'Est à savoir les 57-67 et 68. (sur 2200 env donc presque la moitié en nombre mais plus de la moitié en chiffre.)
Ces caisses, qui sont des sociétés coopératives, elles n'ont pas d'expert comptable mais ont leur comptabilité vérifiés que par le groupe lui-même en vertu de l'article 53 section IV-("Revision") de la Loi du 1e mai 1889 modifié le 20 mai 1898 et qui est encore en vigueur dans ces départements.
Il est question de réviseur aux comptes, cela vient de la "Revisionverein" Allemand qui existe encore aujourd'hui en Allemagne, Suisse etc.. .
Dans ces pays c''est un organisme indépendant qui est chargé de nommer les experts comptable indépendants pour faire la vérification des comptes des sociétés composant le groupe bancaire.
En France le seul réviseur aux comptes qui existe est en Alsace et s'appelle la fédération du crédit mutuel centre est europe (FCMCEE).
Cette fédération appartient totalement depuis 1958 au Crédit Mutuel, et ses dirigeant depuis 1958, sont semble t-il toujours ceux qui dirigent le Crédit mutuel.
La FCMCEE est une association de droit local Alsacien Mosellan, elle a ses vérificateurs maison, salariés (donc du banquier), et non des gens nommés pour l'année comme chez les autres réviseurs Européens ...
Bien entendu ça ne veut pas dire que ce banquier triche, mais force est de constater, que ce n'est pas très clair, et qu'il pourrait y avoir conflit d'intérêt.
Écrit par : tchampa | 11.08.2010
@ Tous
Le 100% money n'est pas la seule solution. Il y a d'autres réformes structurelles qui pourraient remettre la finance au service de l'intérêt réelle (cf mes 18 propositions pour réformer la finance) :
- une taxe Tobin d'au moins 0.1% sur toutes les transactions financières (0.1% des transactions financières aujourd'hui, c'est 7% du PIB...)
- la constitution d'un vrai pôle public bancaire (je ne suis a priori pas favorable à une nationalisation complète). Je crois en revanche que l'Etat devrait intervenir pour faire baisser les frais bancaires qui sont un véritable racket
- une réduction drastique de l'effet de levier
@ Lib
Un point d'accord : il n'est pas sain que les profits des banques sont privatisés et les pertes collectivisés.
En même temps, quand on compare la crise de 29 et la nôtre, on se dit que le soutien aux banques était malheureusement sans doute une bonne idée, même si les modalités n'étaient pas les bonnes (vous avez notamment raison sur le mécanisme de faillite qui aurait du être appliqué au lieu de protéger les actionnaires et les débiteurs comme cela a été fait, notamment aux Etats-Unis tout en protégeant l'activité et les dépôts).
En revanche, il est déplorable que rien ne soit véritablement fait pour éviter que la situation ne se reproduise. Aujourd'hui, les banques peuvent continuer leurs petites affaires en se disant qu'au pire, elles seront de nouveau sauvées...
Après, il y a un autre point qui me semble particulièrement gênant, c'est le niveau de profitabilité des banques, qui me semble indiquer que le secteur est un oligopole qui profite d'une rente de marché. Il faut noter en outre que ses profits ne présentent pas grand intérêt pour la collectivité, dans la mesure où ils sont essentiellement redistribués aux actionnaires ou servent à acheter d'autres banques (accroissant encore le problème du "too big to fail").
Écrit par : Laurent Pinsolle | 11.08.2010
@Laurent
Effectivement, il y a des réformes possibles du système bancaire et financier, mais aucune ne présente simultanément tous les avantages que peut présenter une réforme 100% monnaie telle que la soutiens Allais.
En voici quelques avantages listés par Christian Gomez:
//
1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.
2 - La monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori
3 - La monnaie deviendrait de ce fait inélastique aux « humeurs » des agents économiques
4 . Une efficacité accrue de l’économie par le rôle nouveau des taux d’intérêt, une meilleure prise en compte du prix des services
5 - Des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques
6 - La fin des distorsions dans la répartition des revenus (Toute création monétaire ex nihilo donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné , comme le soutiennent Allais et Rothbard, dont la substance s’assimile aux gains qu’obtiendraient de faux monnayeurs qui achèteraient sur un marché avec la fausse monnaie fabriquée ou prêteraient celle-ci contre intérêt.)
7 - la récupération des gains de la création monétaire par l’Etat. (neutralisation de la dette publique et affectation de la création monétaire aux ressources de l’Etat, comme une recette budgétaire )
(1) un effacement au 2/3 de la dette publique (sur la base des chiffres 2007),
(2) des ressources budgétaires supplémentaires de l’ordre de € 400 mds soit environ 4.5 % du PIB de la zone euro
//
Je propose donc que DLR lance l'idée nationale d'un "Grenelle du système monétaire et bancaire"
Écrit par : A-J Holbecq | 12.08.2010
L'une des plus grandes bêtises de toute l'histoire de l'Humanité : celle d'avoir laissé dans les mains d'entreprise privée le pouvoir de la création monétaire.
Il faut libérer notre structure mentale prisonnière du système suicidaire et illégitime actuel, et, nous ouvrir à ce que j'appelle la conscience d'Abondance, qui est un état indépendant de ce que l'on a, fondé sur la coopération au lieu de la compétition, et du partage au lieu de l'accumulation.
Écrit par : Jean-Marc Assin | 12.08.2010
Je précise au sujet de mon message précédent que les ressources budgétaires calculées par Christian Gomez concernent la zone euro, ce qui représente pour la France environ 80 milliards d'euros.
Écrit par : A-J Holbecq | 12.08.2010
Le seul petit souci concernant vos propositions de réformes,au demeurant très justes et d'une nécessité vitale, est qu'elles ne dépassent pas le cadre national.
Hors derrière le terme "banque" se cachent des conglomérats à vocation hégémonique ayant un pouvoir d'influence sur le "système" à l'échelle mondiale, lancés dans un mouvement naturel concentrationnaire exponentiel, que n'aurait pas renié Charles Darwin pour illustrer sa théorie de la sélection naturelle des espèces;
_Concentrant ainsi le pouvoir entre un nombre toujours plus réduit de décideurs,
_Maitrisant l'ensemble des facteurs économiques et la satisfaction de nos besoins primaires et secondaires,
_Capable d'enfermer nos sociétés dans une bulle de désinformation absolument étanche,
_ Manipulant ainsi nos pauvres démocraties le doigt sur la manette d'une opinion publique distraite par des gouvernants fantoches.
_Contrôlant le système à la fois de l'intérieur , mais aussi de l'extérieur par les mouvements de pression qu'ils sont capables d'initier au niveau international,
_Pouvant mettre en péril des entités nationales entières d'un simple clic de souris.
La Grèce en est un exemple, après le précédant et avant le suivant, bref j'arrête là:
Croyez vous qu'il suffira de quelques nationalisations isolées pour changer quelque chose? croyez vous seulement que le "berger" laissera l'occasion à l'un de ses moutons d'attraper la rage? il prendra bien sur les mesures préventives qui s'imposent.
Lui seul décide quelle sera la bête qui fera l'objet du prochain méchoui qu'il partagera avec ses amis. Tout au plus pouvons nous espérer ne pas être le prochain, mais il est évidant que ce n'est qu'une question de temps.
J'en reviens à une certaine intervention de Frédérique Lordon sur France Inter expliquant qu'il n'existe actuellement aucun contrepouvoir capable de s'opposer à celui de la finance actionnariale internationalisé et lorsqu'il préconise un soulèvement, le mot n'est pas trop fort.
Ce dernier devra cependant être global et coordonné pour avoir une chance de réussir, tous les moutons doivent se retourner contre le berger de manière simultanée s'ils ne veulent pas continuer à se faire tondre ou pire manger. Il est intéressant de constater à cet égard comment la crise actuelle à tué dans l'œuf l'embryon, déjà bien malade, d'organisation politique européenne.
Autant dire que cette guerre, car il s'agit bien d'une guerre celle de David contre Goliath, du pot de terre contre le pot de fer, est dans l'état actuel des choses, un combat perdu d'avance. l'altermondialisme c'est la lutte pour un avenir organisé autour des intérêts du plus grand nombre et non autour de ceux d'une élite réduite à sa portion congrue: cette lutte qu'il faudra mener et gagner demain, organisés en un mouvement regroupant les victimes de toutes nationalités, de ces Léviathans menaçant le monde, si l'on ne veut pas, à terme, subir le joug de quelque maîtres du monde..bien ou mal intentionnés.
A ceux qui m'opposeront le titre d'alarmiste, j'opposerai celui de réaliste.
Écrit par : TAO974 | 14.08.2010
Et vous remettez ça,encore et encore...
Les mêmes qui étaient favorables au sauvetage des banques(quelquefois d'affaires!)sur fonds publics et à la relance(du crédit),nous expliquent aujourd'hui que les banques doivent réduire leur levier(l'encours de crédit),que le néolibéralisme consiste à privatiser les bénéfices et à socialiser les pertes...
C'est vous le néolibéral!
Le néolibéralisme n'est pas une déclinaison du libéralisme mais un keynésianisme dévoyé,un Etat confisqué.
Comme vous écrivez toujours la même chose,je fais de même.
D'abord sur vos propositions(absentes dans votre billet...mais esquissées dans les commentaires).
La taxe Tobin(0.1%).Un nouvel impôt qui ne réduirait pas les bénéfices des banques(puisque c'est votre souhait le plus cher)et encore moins l'addition des clients particuliers.Mais peut-être le nombre de banques installées en Europe,les rentrées fiscales et les effectifs salariés...
La constitution d'un vrai pôle public bancaire.La Banque Postale existe....
Vous voulez confier à Nicolio Berluscozi et à ses amis un Crédit Lyonnais géant?
Notez que Pérol va prendre la présidence de la Fédération des Banques Françaises et qu'il préside une banque réputée pour abriter nombres de pantouflards et autres parasites(femmes de,copains de,fils de),en somme un embryon de pôle public bancaire...Et Dexia,présidé par un Sarkozyste pur jus,est aux ordres.
La réduction du levier.Je ne sais plus trop si avec vos amis 100% money vous faites mine de ne pas comprendre ou si vraiment vous ne comprenez pas...Si les politiques dans le monde refusent d'imposer une réduction du levier ce n'est pas,ne vous en déplaise,pour préserver les actionnaires des banques mais bien pour maintenir l'illusion de la croissance.
D'autre part comment peut-on(et à plus forte raison aujourd'hui)se plaindre des bénéfices des banques françaises?C'est surréaliste!
Entre parenthèse j'ai déjà eu l'occasion d'écrire sur ce blog qu'il ne fallait pas juger du montant des bénéfices en le rapportant au produit net bancaire,dérisoire au regard des engagements réels,et que l'effet de base était favorable(puisque l'on compare le trimestre passé avec le T2 2009).Et vous oubliez que la BNP a pris le contrôle de Fortis.
On peut évidemment se poser des questions sur la part des frais bancaires réglés par les clients de la banque de détail ou plus justement sur les augmentations observés(alors même que les solutions de banque en ligne se développent et que les automates assurent de plus en plus les opérations courantes)...
Mais là encore les solutions sont d'inspirations libérales,l'Etat doit favoriser(organiser)la concurrence,par exemple en attirant de nouveaux acteurs,des banques étrangères ou de nouveaux entrants dans le secteur(profitant des nouvelles technologies).Le droit de la concurrence doit être respecté(et des enquêtes diligentés...),la transparence des tarifs(!)doit être garantie,les clients doivent pouvoir changer d'établissement plus facilement etc...
Pour finir,une petite remarque sur les commentaires,Lib a en partie fait le gros du travail...Mais je ne le suis pas quand il écrit qu'il ne pense pas que les actionnaires,créanciers,dirigeants et salariés de Lehman "aient été lourdement sanctionnés"??
Ils ont tout perdu et c'est très bien!
La faillite de cette banque n'est pas la cause de la crise mais une conséquence de celle-çi,et elle n'est une faute mais au contraire une des seules décisions publiques louables(même si évidemment l'intervention publique a été calamiteuse dans son exécution).
Écrit par : Balthazar | 15.08.2010
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