30.08.2010

Le week-end où Nicolas Sarkozy a perdu la présidentielle de 2012

Bien sûr, rien n’est jamais acquis en politique et il faudra attendre le second (ou le premier) tour pour en être sûr, mais ses universités d’été m’ont sérieusement donné l’impression que le PS a pris la direction qu’il fallait pour reprendre le pouvoir en 2012, à défaut d’être l’alternative dont la France a besoin.

Des egos disciplinés

J’ai longtemps cru que le Parti Socialiste se déchirerait lors des primaires de 2011 et que la conséquence en serait une opportunité pour François Bayrou d’accéder au second tour. En effet, des primaires comparables à celles de 2006 auraient pu laisser les différents camps tellement amers qu’ils auraient pu être tentés de ne pas soutenir le vainqueur interne. Mais depuis quelques mois une petite musique unitaire domine de plus en plus les différents solos.

Cela avait commencé ce printemps au sujet du pacte présidentiel qui existerait entre Martine Aubry, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Les universités de rentrée ont confirmé cette nouvelle direction du Parti Socialiste qui a fait une démonstration d’unité rare, la première secrétaire et la candidate de 2007 arrivant ensemble à La Rochelle. Le week-end n’a été émaillé d’aucun incident majeur. Bref, à vingt mois de la présidentielle, les forces unitaires semblent l’emporter sur les forces de la désunion.

Les raisons de la concorde

Deux évènements expliquent sans doute l’unité retrouvée des socialistes. Tout d’abord, la présidence Sarkozy s’enlise de plus en plus et, comme dans les sables mouvants, les réactions brutales et désordonnées du président semble l’entraîner toujours plus bas. Bref, le pouvoir semble à la portée de la main d’un parti qui en a été sevré depuis huit ans. Et dans un parti où le goût de ce pouvoir prime sur tout, cela peut pousser à plus de pragmatisme. Une génération se dit que c’est sa dernière chance. Une autre se dit que pour l’avenir, il vaut mieux avoir été ministre.

Mais ce n’est pas tout. Car la perspective de reprendre le pouvoir pourrait aussi provoquer une querelle des egos encore plus violente. Sauf que le précédent de 2007 montre que cela peut compromettre la victoire. Ensuite, le champ des présidentiels sérieux se réduit singulièrement. Bertrand Delanoë a abandonné. François Hollande n’y arrive pas. Et Ségolène Royal est victime des mêmes sondages qui l’avaient faite reine en 2006. Comment espérer être désigné candidat du Parti Socialiste avec de mauvais sondages quand d’autres en ont de bons ?

Ne restent plus que Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Les soutiens du président (Le Figaro, TF1..) soutiennent désespérément la première hypothèse, s’accrochant à la moindre broutille pouvant soutenir cette option, car ils comprennent bien que le second serait terriblement difficile à battre. Mais outre que je ne vois pas ce qui pourrait empêcher le patron du FMI d’y aller, Martine Aubry a indiqué plusieurs fois qu’elle pourrait ne pas y aller. D’ici un an, il n’y aucune raison que la vague sondagière qui le porte ne cesse. DSK a donc de bonnes chances de faire le vide autour de lui.

Nicolas Sarkozy échec et mat

Les conditions pour des primaires socialistes sereines semblent se réunir. Du coup, le roi est nu. Contrairement à Slovar, je crois qu’il n’y a aucune chance que Nicolas Sarkozy n’y aille pas. Ne pas être candidat serait un aveu d’échec inédit. Aucun leader politique n’a renoncé à se représenter et Nicolas Sarkozy ne me semble pas le plus capable de renoncer au pouvoir ou de comprendre la réalité de sa position. En outre, sa mentalité souvent enfantine le poussera à tenter sa chance en prenant pour précédent les présidents qui ont réussi à être réélu. Si Chirac l’a fait…

Il ne comprendra pas que quelque chose de profond est cassé avec les Français. Il n’y a pas plus de confiance. Certes, il pourra compter sur une partie de l’électorat de droite légitimiste et traditionnel, allergique à la gauche, mais cela est totalement insuffisant pour un second tour face à DSK et ne sera pas forcément assez pour l’atteindre face à Marine Le Pen. Le candidat socialiste n’a vraiment pas grand chose à faire pour gagner. Quelques mesures pour lutter contre l’insécurité pour donner le change suffiront pour ne pas se faire accuser d’angélisme. Le bilan du président parlera contre lui.

La discipline retrouvée des socialistes est une mauvaise nouvelle pour François Bayrou, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, au contraire des alternatifs. La route à suivre pour l’Elysée est désormais toute tracée pour eux. Même s’il y aura des embuches, la victoire est entre leurs mains.

Commentaires

En effet, tout porte à croire que le mouvement de l'alternance va ramener la gauche au pouvoir en 2012. Cependant, il faut regarder les sondages de plus près et pas seulement ceux pour un second tour. J'ai été frappé du relatif faible score des différents candidats PS au premier. Ils sont autour de 25%, pas plus. Et plus on sera certain que le candidat PS sera au second, moins l'appel au vote utile sera fort. Il faudra quand même se qualifier et pour cela arriver à créer une dynamique dans un environnement électoral qui restera très concurrentiel pour le PS. Il faudra compter avec Eva Joly qui pourrait bien capter une bonne partie de l'électorat bobo en attente d'un discours éthique et moraliste, Mélenchon qui devrait quand même faire une percée à gauche sur les thématiques économiques où le PS n'a toujours rien à dire, et Villepin au centre qui tiendra grosso-modo le même discours que le PS avec le style et la stature en plus.

La dernière fois que le PS a conduit une campagne nationale, c'était aux européennes, et il a fait 16 % ! A 16%, on est pas au second tour !

Écrit par : Malakine | 30.08.2010

Il ne faut pas vendre ainsi la peau de l'ours (Sarkozy ) avant de l'avoir tué! Même si c'est un mauvais président (un supposé Président) il peut redevenir un bon candidat et compter sur les erreurs et la trop grande confiance des socialistes en eux.
N'oublions pas que le PS est un grand parti de notables et n'a aucun intérêt à ce que l'un des siens devienne Président parce qu'à l'élection intermédiaire suivante il perdra une partie plus ou moins conséquente de ses élus locaux donc de ses revenus!
Une campagne électorale, c'est long et il faut tenir la distance !
Ne pas faire d'erreur, ne pas dire de bêtises, ne fâcher le moins de monde, la gauche est moins unie que la droite, il y aura pour le premier pléthore de candidat notamment à gauche pour faire surenchère à un homme (DSK) qui a trop la confiance des marchés financiers pour leur être crédible.
Enfin l'argument important et non le moindre c'est l'hypothèse et hypothèque Marine Le Pen comme l'a analysé Philippe Cohen dans Marianne et Malakine dans son blog et Bertrand Renouvin sur son blog.

Écrit par : cording | 30.08.2010

Les socialistes au pouvoir mais pour quoi faire? Il vont être dans la continuation de ce que Sarkozy a fait, tout comme lui même à continué le chiraquisme. Une fois au pouvoir on assistera à une rapide dégradation de l'image du nouveau pouvoir pour les même raisons que celles qui conduisent Obama vers l'effondrement électorale. Tout ceci est ridicule on a des gens qui se battent pour un pouvoir qu'ils n'utilisent pas une fois en place, puisqu'ils se conforment aux délires libéraux et aux contraintes bruxelloises. Je me demande d'ailleurs pourquoi il y a pas encore de parti qui propose la suppression de l'état puisque de toute manière il ne sert plus à rien en l'état actuel des choses.

Écrit par : yann | 30.08.2010

@ Malakine,

C'est juste. Pour gagner au second tour, il faut d'abord être au second tour. Et il y aura de la concurrence. Clairement, avec DSK, Mélenchon aura un boulevard et fera un beau score. Et DSK sera concurrencer par Eva Joly (j'avoue m'interroger sur son potentiel électoral dont je ne suis vraiment pas convaincu pour l'instant). Sur DDV, il faudrait qu'il y aille et cela me semble assez improbable s'il y a DSK et Bayrou.

Après, étant donné le précédent de 2002, je crois que les électeurs de gauche finiront par voter utile s'il y a le moindre risque identifié de près ou de loin, cf score de Royal en 2007.

@ Cording

En fait, je crois que c'est Nicolas Sarkozy qui risque d'être devancé par MLP en 2007 car le bilan de son quinquennat sera cruel et je ne vois pas comment il pourrait faire une campagne crédible...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 30.08.2010

Comme le dit le calendrier Maya, 2012, c'est la fin du monde...en tout cas d'un certain monde en France
- soit la Gauche reprend le pouvoir, et toutes les nuisances qu'elle a créé en étant 20 ans au pouvoir (1981-2002) seront évidemment multipliées au centuple (n'oublions pas que la Martine a instauré l'apartheid anti homme blanc dans ses piscines et partage l'oreiller d'un défenseur des islamistes)
- soit la Droite nationale prend le pouvoir, et fini le bon temps pour ceux qui vivent au crochet des français qui bossent, et les remercient en foutant une merde pas possible en attendant d'être assez nombreux pour imposer leur propre mode de vie

DSK semble attendu comme le messie, de la même façon qu'il y avait une attente de Delors, qui a pourtant préféré ne pas se mettre dans le piège impossible de devoir redresser la France. Le FMI n'est-il pas plus confortable pour DSK ?

Écrit par : ninon | 30.08.2010

Franchement , on peut pronostiquer pas mal de choses contradictoires de façon intelligente!

Avec 2 certitudes (mais parfois on est surpris !)

- Sarko ne remontera pas : bon ça paraît ferré en effet !

Mais regardons les choses bien en face : Sarko n'est pas impopulaire au point de ne pas rebondir un peu ... et si des évènements venaient un peu l'appuyer ... (On ne voit trop lesquels mais on ne sait jamais)

- DSK sera candidat : tout porte à le croire !
.
Mais enfin s'il est opposé dans les primaires à Martine et que Ségolène fait 'alliance' avec elle , compte tenu que l'aile gauche du PS devrait préférer Martine à Dominique .... une surprise ne me paraît pas exclue !

Par ailleurs on peut avoir des fantaisies extraordinaires ...

Par expl , effectivement, Marine pourrait bien siphonner des voix à Nicolas ... mais Eva (qui semble bénéficier discrètement d'un capital et d'une promotion exceptionnelles auprès de certains médias) pourrait également en piquer pas mal à Martine ...

Écrit par : oppossum | 30.08.2010

> Laurent

Eva Joly me semble avoir un bon potentiel. Elle est dans l'air du temps (femme, étrangère, moraliste, écolo et éthique) et a à mon avis elle correspond à l'image que les français se font inconsciemment de la présidence, une fonction haute et détachée...

Quant a DDV, je crois qu'il a déjà été trop loin. Maintenant soit il se rallie à une candidature (mais à qui?) soit il doit y aller lui même.

> Ninon

Je pense aussi que l'argument du confort l'emportera dans la tête de DSK. S'il a des assurances pour une prolongation du mandat, il restera au FMI, surtout si d'ici là, la martine s'est imposée comme la candidate naturelle du PS, ce qui me semble en passe de se faire.

Et puis, prescrire des purges et apparaître comme le sauveur du monde c'est une chose, les mettre en oeuvre soi même et passer pour l'affameur des peuples au service de la finance mondialisée, c'en est une autre ...

Écrit par : Malakine | 30.08.2010

OUI oui ? ils sont bronzés , souriants t d'accord. Lors du débronzage les désaccords peuvent revenir, comme les mauvaises mines. DSK , arlésienne de ces universités a pu déjà distribuer les rôles pour une paix durable. La météo comme la politique réservent des ouragans , trop de seconds ou Xème ont manifesté leur désir de candidature, laissant imaginer des primaires fratricides, et si cela n'avait été que diversion? Les sondages avancent DSK et les dames d'estrade bavardent sourient en liberty et col blanc ! Effectivement les socialistes , les déçus, des verts , tout cela arrive à plus de 50%, cela suffit . Les " oui oui " série infantile certes, mais qui perdure !

Écrit par : Marie | 30.08.2010

@ Ninon,

Le bail de DSK au FMI dure jusqu'en 2012... Je ne crois pas que DSK soit attendu comme le Messie. Son atout est d'être comparé à Sarkozy, à Bayrou et aux alternatives du PS (Aubry, Royal, Hollande). Au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Les Français n'ont pas encore d'alternatifs dans le champ des possibles alors, ils jugent ce qu'ils ont...

@ Oppossum

Je crois que Sarkozy baissera pendant la campagne car quand les Français vont se refaire le film de sa présidence, je ne crois pas que cela l'aide beaucoup...

Sur les socialistes, comment les imaginer résister aux sondages de DSK ? Ils s'étaient jetés dans les bras de Ségolène en 2006 pour moins que ça...

@ Malakine,

Eva Joly, ce qu'attendent les Français pour la présidence ? Pas sûr.... Déjà, je ne crois pas que l'accent norvégien soit un vrai plus. Il s'agit du poste de Président de la République Française. Et puis, bonjour l'identification avec une élue européenne tellement représentative des élites post-nationales...

Sur DSK, n'oublions pas qu'il s'est présenter aux primaires en 2006. La présidence de la République Française, il la veut. Il l'a montré. Et comment résister quand elle semble venir sur un plateau avec un président comme Sarkozy et une situation qui se décante singulièrement au PS...

Et puis, je crois qu'un petit coup de DSK, ce ne serait pas forcément mauvais pour nos idées car avec lui (et après Sarkozy), il serait bien difficile de comprendre les nuances entre les socialistes et une UMP aux mais de Copé. Au final, cela pourrait faire comprendre aux Français qu'il faut chercher une alternative ailleurs.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 30.08.2010

Quasi une fantasia…
Comme une fantaisie
La Rochelle fut le théâtre d’une métamorphose :
On a vu de grises mines devenir des mines toutes roses.
la fleur du rosier qui fait oublier… Toutes les roses fanées
Il y aura des primaires, on s’y attendait…
De petits flirts entre ennemis… Mais aucune étreinte forcée !
Ni contraception, ni avortement, mais un enfant chéri dont on taira le nom, parce qu’il a partie liée avec les mauvais esprits. Il aura pour mission de rassembler sous le ciel, tous les parents artificiels qui vont nous apprendre ce que l’on sait déjà, que le pouvoir ne sera plus crucial, que l’arène ne sera jamais royale.
Le message nous a semblé très clair, il n’y aura pas de programme commun, mais un problème commun… enfin, il y en a UN.
Pour occulter les opinions vicieuses ou viciées… Le problème n’est pas la justice sociale, ni la détresse générale. Mais de sauver avec tout son cœur, les meubles d’une vieille demeure dans laquelle aucun homme, aucune femme, n’y mettront jamais les pieds.
Vous avez… vous aussi oublié l’adresse ?
Notez vite le numéro de la rue : 666
Le chiffre sulfureux qui indique que : « la politique n’est plus rien d’autre, qu’un refrain cynique ».
Difficile à retenir. C’est pour cette raison que personne ne l’a retenu.

http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20la%20Rose

Écrit par : tueursnet | 31.08.2010

Tout continuera sans doute comme avant avec une retouche cosmétique. Les turbulence du 1er tour auront beaucoup plus d'importance que l'élu du second, car elles infléchiront la légitimité du pouvoir et la crédibilité des "alternatifs". Ensuite (ou avant ?) je ne crois guère à un changement à froid : seul le mouvement social ou la crise économique déstabilisera l'oligarchie, stimulera les "outsiders" et ouvrira des marges de manœuvre au président - qui les utilisera ou pas. Par exemple en 1981-82, Mitterrand avait une fenêtre historique : quitter le SME et engager une ambitieuse politique industrielle. Il a renoncé en rase campagne, malgré Chevènement. En 2008, Sarkozy avait aussi une opportunité historique : nationaliser les banques et enrayer le déclin de la France. Mais intellectuellement il était vraisemblablement incapable d'un tel retournement. Pourtant, c'est dans de telles situations que les hommes politiques "retrouvent la main" et où certains d'entre eux se révéleront.

Écrit par : J. Halpern | 31.08.2010

Tout continuera sans doute comme avant avec une retouche cosmétique. Les turbulence du 1er tour auront beaucoup plus d'importance que l'élu du second, car elles infléchiront la légitimité du pouvoir et la crédibilité des "alternatifs". Ensuite (ou avant ?) je ne crois guère à un changement à froid : seul le mouvement social ou la crise économique déstabilisera l'oligarchie, stimulera les "outsiders" et ouvrira des marges de manœuvre au président - qui les utilisera ou pas. Par exemple en 1981-82, Mitterrand avait une fenêtre historique : quitter le SME et engager une ambitieuse politique industrielle. Il a renoncé en rase campagne, malgré Chevènement. En 2008, Sarkozy avait aussi une opportunité historique : nationaliser les banques et enrayer le déclin de la France. Mais intellectuellement il était vraisemblablement incapable d'un tel retournement. Pourtant, c'est dans de telles situations que les hommes politiques "retrouvent la main" et où certains d'entre eux se révéleront.

Écrit par : J. Halpern | 31.08.2010

Comme vous le dites c'est Marine Le Pen qui risque de devancer Nicolas Sarkozy au premier tour en 2012 alors elle fera élire le ou la socialiste à moins qu'elle ait acquis une telle crédibilité que l'impossible arrive. Si elle commence à courtiser Nicolas Dupont-Aignan et l'économiste Jacques Sapir alors que leurs idées sont publiques elle peut s'en inspirer malgré eux alors tout est possible.....

Écrit par : cording | 02.09.2010

e suis perdu il ya plus de gauche ilya plus de droite il y a des elus coronput du plus petit maire député^président d’administration et j’en passe c’est tous simplement une révolution et que tous repart a zéro .
Comment faire confience à des politiciens qui ne savent m^mes pas ce qu’est une fin de mois difficile avec ces salaires minables par rapport aux leurs . Ont paye des gens pour coller les affiches pour les élections ont promets des postes dans l’administration, les chefs de services de ces administration sont égelemnt coronput par la politique .
Dite moi la solution car ont parlé ont peut critiqué mais personne ne solutionne le probleme nous n’avons plus de lideur en politique mais des
gavés des menteurs oui ça ne manque pas .

Écrit par : gode vetouse | 04.09.2010

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