31.08.2010
Peut-il y avoir une rechute de l’économie ?
C’est la question qui agite la planète économique depuis que nous sommes sortis officiellement de la récession. Tout le monde craint un scénario en W ou une récession aussi violente que la précédente suivrait la légère reprise que nous traversons.
Des raisons de craindre une rechute
De manière fréquente depuis 2009, les marchés se font peur. Et on ne compte plus les corrections depuis le début de l’année : une première baisse de 10% fin janvier / début février, une correction de 15% au printemps lors de la crise des dettes souveraines européennes. Et après un bon début d’été, le marché est reparti à la baisse suite à des indicateurs décevants aux Etats-Unis, et notamment la révision à la baisse de la croissance au second trimestre, à 1.6% en rythme annuel.
Avant de rejoindre le camp des ours, pour reprendre la terminologie des marchés, il faut examiner ce qui pourrait causer une nouvelle récession. Il faudrait principalement que la consommation des ménages et des administrations publiques baisse puisqu’il s’agit de la première composante du PIB. Et il est vrai que la rigueur budgétaire qui s’est emparée des pays occidentaux et le maintien d’un fort niveau de chômage semblent pouvoir provoquer une telle baisse.
Des raisons paradoxales d’espérer
Cependant, c’est une chose de voir la consommation stagner, c’en est une autre de la voir baisser. Les ajustements budgétaires en Europe ne sont pas si grands, en dehors de quelques pays de la périphérie. En outre, la baisse très forte des taux longs apporte une bouffée d’oxygène colossale aux Etats. 1 point de moins, c’est, à terme, 15 milliards d’économie sur le service de la dette en France. Et étant donnée la crise du printemps, les Etats avaient sans doute prévu que les taux seraient plus élevés…
Ensuite, il faut voir que la baisse de consommation est souvent la conséquence d’une baisse de la valeur des actifs. Paradoxalement, leur niveau actuel est sans doute à la fois assez haut et assez bas. Assez haut parce que nous avons évité l’effondrement japonais, où la bourse a perdu 75%. Assez bas car les marchés boursiers sont finalement relativement bas étant donnée la forte remontée des profits, au niveau d’avant la crise. Du coup, les marges de correction sont limitées, nous protégeant d’un krach.
Et sans krach des marchés, une récession est peu probable, d’autant plus qu’après une baisse de 20% des investissements en 2009, leur reprise est probable cette année et en 2011. Mieux, certains marchés, comme le marché automobile étasunien, sont à un niveau tellement bas qu’ils ne pourront pas baisser beaucoup plus. Enfin, les exportateurs des produits riches vont profiter de la forte croissance persistante des pays émergents, comme l’illustre la performance récente de l’Allemagne.
Une reprise molle, mais une reprise
Bref, un examen des facteurs de croissance comme de récession m’amène à conclure que nous ne devrions pas assister à une rechute économique dans les deux ou trois années à venir, à moins d’une panique des marchés. Cette dernière me semble peut probable, du fait des niveaux actuels de valorisation et que le financement de la dette publique grecque est assuré jusqu’en 2013. En revanche, il y a peut-être un risque sur le marché immobilier Français, qui n’a pas connu de vraie correction.
Après, la petite croissance que nous devrions connaître dans les prochaines années ne sera pas meilleure que celle des années 2000, à savoir qu’elle n’aura que peu d’impact sur le niveau du chômage ou sur le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes, qui a toutes les chances de continuer à stagner. Comme rien n’a véritablement changé, les fruits de la croissance devraient, comme avant, aller dans les profits des grandes entreprises et les revenus des plus riches.
Bien sûr, un scénario en W ne saurait être totalement exclu. Le risque existe encore. Néanmoins, je crois que nous y échapperons et que les données économiques du moment indiquent qu’une rechute est aujourd’hui plutôt improbable à moyen terme.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : croissance, récession, reprise en w




Commentaires
@Laurent
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi. La reprise en Asie et en Allemagne est le fruit de l'énorme relance d'Obama, toute cette masse monétaire a fui hors des USA vers les pays d'Asie et vers l'Allemagne par effet ricochet. La reprise momentanée que connaissent ces pays sont essentiellement du à cela. Hors comme tu le reconnais toi même la croissance US replonge et elle va vite se retrouver dans le rouge avec la crise de l'immobilier commercial qui arrive. Il n'y a plus de moteur à la demande mondiale. D'autant que les Européens ajoutent à la misère du monde en contractant leur demandes intérieures. Je me demande vraiment d'où proviendra la demande imaginaire qui produira la croissance même maigre que tu prévois. On est bien dans un scénario W avec un W à pente descendante.
Je l'avais d'ailleurs écrit ici de façon plus argumenté:
http://lebondosage.over-blog.fr/article-pour-la-crise-c-est-bientot-la-rentree-53871494.html
Il n'y aura pas de reprise sans retour à une hausse de la masse salariale et il n'y aura pas de hausse de la masse salariale sans un arrêt de la mondialisation. C'est la quadrature du cercle, sans protectionnisme impossible de relancer la machine.
Écrit par : yann | 31.08.2010
Je partage l'avis de Yann, le crise d'une nouvelle crise existe toujours et comme en 2007 elle viendra des Etats-Unis. D'ailleurs, tu le dis toi même avec ta formule prudente "sauf panique des marchés"
Je m'appuie en particulier sur cette note récente de Artus intitulée "une perte de confiance dans l'économie américaine engendrerait une crise autoréalisatrice". Il ne faut pas se fier à la formule interrogative, la note détaillant tous les indicateurs US, tous dans le rouge!
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=54296
J'ajouterais une note de ce jour de Jacques Attali dans Slate d'ou on comprend que la Fed s'attend à une crise imminente sur la dette souveraine
http://www.slate.fr/story/26567/crise-craquement-recession-etats-unis
Effectivement, si on regarde la situation en Europe, on peut s'attendre à une longue période de croissance molle voire de stagnation (exception faite de nos amis les teutons) mais l'économie américaine qui ne tient depuis 3 ans que par les plans de relance menace toujours de s'effondrer. Je crois que personne ne peut prédire le moment où ça arrivera.
L'effet des plans de relance ainsi que l'effet Obama étant en train de s'épuiser. Alors, ça peut être pour très bientôt.
Sarkozy en tant que président du G20 et Strauss Kahn a la tête du FMI vont peut-être avoir bientôt autre chose à penser qu'à la présidentielle de 2012 ...
Écrit par : Malakine | 31.08.2010
Il va bien falloir sortir un jour de cette relance de machine perpétuelle qui pour fonctionner ne nous fabrique que des produits de plus en plus médiocres .
Faut il de la croissance basée sur des produits bidons ?
Comment faire pour sortir de ce cercle infernal ?
c'est a cela qu'il faut reflechir
Écrit par : patrice | 31.08.2010
@ Yann et Malakine,
J'étais sûr que vous ne seriez pas d'accord. Attention, je n'ai pas dit que nous allions avoir beaucoup de croissance et que tout allait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je crois juste que nous n'aurons pas un scénario en W à court / moyen terme, c'est-à-dire d'ici 2 à 3 ans. Je crois que l'Union Européenne et les Etats-Unis vont connaître une reprise modérée (sans doute entre 1 et 2% de croissance par an en Europe), pas une reprise suffisante pour faire baisser fortement le chômage (sauf peut-être aux Etats-Unis).
Et bien sûr, je partage votre point de vue que nous avons besoin de protectionnisme pour relancer durablement et véritablement la machine en Europe en général et en France en particulier.
Non, la croissance ne s'effondre pas aux Etats-Unis. 1.6%, c'est une baisse nette vs le 1er trimestre mais le PIB ne baisse pas. En outre, la consommation est le moteur. De plus, tous les graphes d'Artus montrent plutôt que la situation se stabilise. Il est probable que le marché immobilier a touché le fond et qu'il va remonter, comme ce qui se passe pour le marché automobile. La remontée du taux d'épargne aux Etats-Unis tend vers sa fin et sa stabilisation soutiendra la consommation.
Attention à ne pas perpétuellement crier au loup comme le fait le GEAB, sans que ses prévisions alarmistes se vérifient. Cela pourrait miner notre crédibilité (cela me rappelle la conférence du MPEP où nous étions allés avec Malakine et RST fin 2008 et où Généreux avait prévu un atterrissage alors que beaucoup prévoyaient un effondrement général). Cela n'enlève rien au fait que le système va finir par s'effondrer, mais il faut que la bulle grossisse encore.
Rendez-vous dans 6 mois pour une première évaluation... Pour l'instant, pour l'économie, cela suit assez bien ce que j'avais prévu dans le Grand Choc de 2017...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 31.08.2010
@Malakine
Il est clair que la croissance US ne peut pas se maintenir sans accroissement de l'endettement. Et cet endettement est déjà à des niveau non-soutenanble il n'y a tout simplement pas assez d'épargne et de capitaux sur terre pour faire croitre encore l'ogre US. Donc la suite logique sera une politique de restriction budgétaire aux USA et comme effet direct une récession planétaire bien plus forte que la première c'est la même chose que dans les années 30 la croissance était repartie après 1929 puis elle s'est cassée en 1933. La seule solution serait de regonfler les salaire sous un régime protectionniste mais personne ne veux le faire donc on continue à couler que ce soit en Europe ou aux USA.
@patrice
Le problème c'est les gains de productivité. Si nous sommes obligés d'avoir de la croissance économique c'est parce que sans elle les gains de productivité concentrent les richesses et détruisent des emplois. Nous n'avons pas le choix, s'il n'y a pas de hausse de la demande alors c'est le chômage de masse assuré, c'est le fameux paradoxe de la pauvreté dans l'abondance de Keynes.
Écrit par : yann | 31.08.2010
@Laurent
On est pas les plus pessimiste écoute Olivier Delamarche sur BFM:
http://www.dailymotion.com/video/xemhuq_olivier-delamarche-bfm-radio-30-08_news?start=443#from=embed
Écrit par : yann | 31.08.2010
Pour ma part, je ne suis pas d'accord mais pour d'autres raisons. Vous avez une vision très keynésienne (rien de bien choquant puisque vous l'assumez complètement) qui veut que la croissance provienne de la consommation. Vous serez d'accord avec moi pour dire que la consommation se fait au détriment de l'épargne. Or dans un monde où la dette semble avoir atteint ses limites, l'investissement se voit privé de son principal moteur et ne pourra repartir que si les niveaux d'épargne remonte. Or la politique de taux d'intérêts faible (pour éviter les faillites d'état et relancer l'économie) n'encourage pas cette épargne. On est donc face à un problème qui laisse penser que la croissance s'essoufflera. Bien sûr, les multinationales pourront faire leurs profits dans des pays qui ne rencontrent pas ce genre de problème, mais la situation en France n'en sera que peu impactée. Ces profits iront donc à la rémunération des personnels locaux dans ces pays profitables et aux actionnaires (ceci me semble naturel).
Que les volontés centralisatrices ne soient pas capable de mesurer l'ensemble des conséquences de leurs décisions n'est pas un fait nouveau et que ce faisant, elles desservent plus les plus démunis que les riches qui ont les capacités à se soustraire à cet assistanat bien pensant malfaisant est une lapalissade.
Écrit par : Joe | 31.08.2010
Je pense (mais c'est toujours délicat de faire des prévisions) que nous sommes partis pour une longue période de "tôle ondulée" (des W à répétition), simplement à cause du prix de l'énergie et des matières premières . Lorsque la croissance augmente, le prix de l'énergie et des M.P. montent ce qui fait alors décroitre la croissance.
Écrit par : A-J Holbecq | 31.08.2010
@ Yann
L'ajustement budgétaire va se faire en douceur aux Etats-Unis : c'est ce qu'a prévu Obama. Le déficit est déjà tombé à 9% pour cette année, moins que prévu du fait de recettes fiscales plus importantes que prévues. Ce déficit va continuer à stimuler la croissance et les coupes seront limitées l'an prochain car l'administration actuelle ne souhaite pas réduire le déficit rapidement.
En outre, la baisse des taux longs (qui n'avait sans doute pas été anticipée ) va faire réaliser à l'Etat de grosses économies qui vont encore réduire l'effort d'ajustement.
Enfin, le taux d'épargne des ménages se stabilise comme le montre la note d'Artus, donc ce facteur ne va plus jouer de manière négative dans les mois à venir et la baisse des investissements des deux dernières années devrait laisser la place à une reprise de l'investissement des entreprises, qui ont beaucoup d'argent pour cela.
Je persiste à croire que les "fondamentaux" rendent peu probable (mais je n'ai pas dit impossible) une nouvelle récession à court / moyen terme.
Au passage, tu peux témoigner que depuis un an et demi je pronostique un retour à une croissance molle et que je m'oppose aux prédictions plus noires (approfondissement de la récession ou scénario en W) et que jusqu'à présent, j'ai eu raison (même si cela n'indique pas que j'aurai à nouveau raison, je veux bien reconnaître).
Écrit par : Laurent Pinsolle | 31.08.2010
Vos confrères blogueurs néolibéraux parlent eux d'un grand désastre dans l'économie d'ici peu.
Écrit par : Emilio | 31.08.2010
@Emilio
Vous avez entièrement raison : le pire est à venir. La relance, ce sont des nouvelles bulles en perspective. Et tout le monde sait ce qui arrive un jour aux bulles : plus elles sont grosses, plus elles éclatent fort.
En revanche, le néo, l'ultralibéralisme, ça n'existe pas. On n'a jamais défini Pol Pot comme un ultra-communiste que je sache.
Écrit par : Théo31 | 31.08.2010
Que des grosses entreprises fassent des profits n'entraine pas qu'elles investissent, surtout si la demande n'est pas là ou en tous cas proche. C'est comme au poker si tout le monde attend de connaitre le jeu, personne ne fait rien.
Elles rachètent leurs dettes ou distribuent à leurs actionnaires, sorte de repli.
Seules quelques exceptions généreuses redistribuent à leurs employés en prime ou salaires.
La seule façon de redistribuer ces profits sous formes d'investissement nécessiterait une toute autre forme d'organisation fiscale.
On en est loin.
D'autre part les investissements nécessaires seraient dans des domaines très innovants, ce dont la plupart des grosses entreprises sont incapables, juste elles améliorent plus ou moins l'existant en apportant des virgules en plus à leurs produits, leur fond de commerce, leur vache à lait. C'est pas ça qui fait des sauts technologiques majeurs susceptibles de changer la donne fondamentale. A la limite, les rares audacieuses vont mettre le paquet sur les économies d'échelle sur des mass market qui de toute façon n'apportent pas des changements révolutionnaires sur le plan technologique, mais font à moyen terme un joli tiroir caisse qui servira à nouveau à financer de microscopiques améliorations, oblitérant les financements de recherches plus radicales.
La formule récente était le capital risque aux US ou alors antérieurement les grands plans nationaux. A mon avis les deux sont en berne.
Donc les boites en période de doute ne feront que des progrès de pousse mégot, ce qui est totalement sous disproportionné devant le problème actuel.
Quand à la recherche publique qui quasiment seule amène les technos générique souffre en premier des restrictions budgétaires.
De mon point de vue, c'est plutôt une pente douce au mieux, espérons la plus longue possible, suivie d'un deep.
Je ne vois rien de gai à venir, agonie lente ou mort brutale.
Les processus de décision politique sont sous réactifs pour de nombreuses raisons dont principalement les lobbys.
Écrit par : olaf | 31.08.2010
Je suis de l'avis de A-J Holbecq, c'est toujours délicat de faire des prévisions à l'avance ...
... mais sa théorie de la tôle ondulée (que je partage ;) ) et que je fignolerai même en 'dissymétrique' , présente l'immense intérêt que chacun de nous aura son moment de vérité et de gloire.
Evidemment ce sera à chacun de nous de saisir la fenêtre de tir de laquelle il pourra clamer qu'il avait vu juste !
Bien entendu, tout le monde pourra également démontrer que l'autre avait tort
Et pour cette raison 'ondulée' , le pire est à la fois à venir mais est également diluable et presque soluble , dans le temps par expl , ce qui le rendra non pas plus digeste , mais peut permettre de le vider d'une partie de son sens, voire même de le positiver.
Et d'ailleurs si le pire est précisément là, à la fois passé et présent mais invisible et à venir, cela entraîne donc que le grand Ajustement aura lieu ! Bien difficile de connaître la/les lignes de failles qui vont le structurer , car c'est bien l'idéologie et nos rapports de force qui vont façonner la puissance des forces souterraines purement monétaires. Il faudra payer,mais on peut choisir nos traites.
Donc, mieux que tout, ce pire inévitable et nécessaire aura le visage un peu couturé de la somme de notre envie qu'il arrive , de notre volonté de le nier , de notre sens du bricolage et de l'opportunisme, ainsi bien sûr que de notre incommensurable légèreté à continuer à écouter Mozart où tout autre condensé de poésie , de lyrisme élégant et musclé, et de positivité simple et tragique.
Écrit par : oppossum | 31.08.2010
Je vois que les boules ... de cristal sont de sortie ;-)
Cela me donne une idée pour un prochain article prochain.
J'ai déjà la conclusion. Comme le dit C.Chavagneux dans Alternatives Économiques de ce mois-ci (dans un article de 2 pages où il essaye de répondre à la question "Récession :le retour ?"):
"Nul ne peut donc savoir ce qui va se passer" !
Écrit par : RST | 31.08.2010
@ Emilio,
Je persiste : je ne crois pas à un effondrement économique à court terme. Je crois que cela viendra plus tard, entre 2013 et 2020, en fonction de l'évolution des marchés, du prix des matières premières, de l'inflation.
Même si les Etats réduisent les déficits, l'existence de déficits signifie que les Etats soutiennent la croissance puisqu'ils dépensent beaucoup plus qu'ils ne gagnent. Nous déplaçons le problème dans le temps.
@ Olaf
Oui, mais les profits soutiennent (et vont soutenir) les cours de bourse, ce qui a plusieurs effets positifs pour la croissance par ricochet :
- cela soutient l'activité des banques et leurs profits (ce qui leur permet de nettoyer leur bilan plus aisément)
- cela créé une impression de richesse chez les ménages qui en possèdent, ce qui va soutenir la consommation
En outre, l'investissement a fait -20% en France en 2009. Du coup, partant d'un niveau plancher, il va forcément un peu remonter parce que les entreprises ont repoussé des investissements et comme elles font des bons profits, elles vont pouvoir en partie rattraper ce retard en 2010 et 2011.
Dans les grosses boîtes, ce qui compte, c'est le fait de faire ses objectifs, notamment de profit. Il semble que cela se passe plutôt bien aujourd'hui. Cela peut créer un climat plus positif.
@ A-J H
Je suis d'accord sur un point : toute augmentation de la croissance devrait aboutir à une hausse du prix des matières premières potentiellement très déstabilisantes pour l'économie (c'est le point de départ de mon scénario du Grand Choc de 2017).
En revanche, je ne crois pas à une reprise en W. Je crois plutôt à une croissance molle comme nous avons vécu de 2001 à 2007 avec 1 à 2% de croissance par an maximum. Je ne crois pas que l'économie va connaître une récession annuelle, phénomène qui reste tout de même assez rare, du fait de tous les facteurs que j'ai cité (persistance d'un déficit, baisse des taux, croissance des pays émergents, mais aussi gains de productivité, croissance démographique).
Après ce scénario est à peine moins noir que le tien car rien ne sera réglé. La finance va continuer à vampiriser l'économie réelle. Le libre-échange va continuer à accélérer notre désindustrialisation. Les agriculteurs seront toujours les victimes des variations folles des prix des produits agricoles. Le pouvoir d'achat de 90% de la population va, au mieux, stagner. Bref, ce sera une petite reprise et un gros trompe l'oeil. Nous devrons attendre une nouvelle crise et de nouveaux dirigeants pour changer le système.
@ RST
Je sais que cet exercice peut ressembler à une lecture de boule de cristal mais c'est aussi un exercice qui permet de travailler sa compréhension des mécanismes économiques. Il est fort possible que je me trompe mais cela me permet de travailler mon analyse.
Note tout de même que cela fait un an et demi que nous avons ce débat et que, pour l'instant, et sur ce sujet seulement (j'ai eu tort sur d'autres), j'ai plutôt raison...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 01.09.2010
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