01.09.2010
La discorde chez la majorité
Alors que le PS retrouve une certaine unité, c’est l’inverse à l’UMP : Fadela Amara, Bernard Kouchner et François Fillon prennent leur distance, Jean-François Copé critique le premier ministre et Xavier Bertrand ; ce dernier réplique instantanément : c’est la chienlit dans la majorité !
Quand la désunion passe du PS à l’UMP
Il n’y a pourtant pas si longtemps, l’ensemble des troupes majoritaires récitaient comme des robots le même argumentaire pondu par l’Elysée. Si cela n’était pas sans limite, au moins, cela communiquait une unité que le Parti Socialiste était bien incapable de montrer entre les tirs de snipers de Manuel Valls ou ceux de Vincent Peillon. La discipline était clairement la force de la majorité et la désunion la caractéristique de l’opposition. Cela expliquait sans doute le fait que Nicolas Sarkozy avait encore de bons sondages présidentiels étant donné la faiblesse de sa cote personnelle.
Le PS a retenu la leçon et la belle unité affichée le week-end dernier rend clairement plus crédible l’opposition. Parallèlement, c’est l’UMP qui perd de sa superbe. Si, depuis le démarrage, la contestation a toujours était présente (Rama Yade…), ces derniers jours ont été une véritable farce. Alors que l’unité était essentielle pour reprendre pied après la descente aux enfers du printemps dernier, on assiste à une multiplication de déclarations de ministres critiquant un autre membre du gouvernement ou de parlementaires s’en prenant également à des ministres.
Nicolas Sarkozy a d’ors et déjà complètement raté sa rentrée, d’autant plus que la désunion de son camp contraste cruellement avec l’unité retrouvée du camp adverse. Il ne reste décidemment plus grand-chose à l’hôte de l’Elysée… La discorde chez la majorité commence à créer une atmosphère de fin de règne qui n’est pas sans rappeler les précédents de 1995 ou 2007, c’est dire ! Plus personne ne semble avoir d’autorité et chacun semble désormais jouer sa carte en fonction de ses intérêts propres sans jamais se poser la question d’un quelconque intérêt général.
Pourquoi un tel désordre ?
Après un printemps aussi calamiteux, il aurait fallu que le gouvernement et la majorité agissent parfaitement de concert, sans le moindre couac. Nicolas Sarkozy aurait pu opposer un professionnalisme de bon aloi à toutes les polémiques qui l’assaillent. Mais non, le gouvernement répond dans le désordre et en se tirant dans les pieds. On croirait revivre les pires heures de la rue de Solférino. Il est sidérant de constater l’incapacité du gouvernement à agir comme une équipe, le tout sans la moindre réaction du président qui laisse faire cette chienlit qui mine pourtant son quinquennat.
En fait, il faut dire que le désordre gouvernemental est en bonne partie la conséquence du comportement de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2007 comme ministre de Jacques Chirac. Pendant cinq ans, la solidarité gouvernementale a été une option pour l’ambitieux candidat à la présidentielle qui faisait toujours prévaloir ses intérêts sur ceux de l’équipe gouvernementale. Il n’est donc pas étonnant que ses ministres fassent de même d’autant plus qu’il s’est montré incapable de sanctionner les ministres qui outrepassaient leur devoir de réserve ou de solidarité.
Il est assez incroyable que Nicolas Sarkozy passe à ce point à côté de sa rentrée. La chienlit gouvernementale donne l’impression d’une équipe à bout de souffle et d’un président inutile pour remettre de l’ordre. Même la perspective d’un remaniement ne parvient pas à les discipliner !
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, jean-françois copé, françois fillon, fadela amara, bernard kouchner, chienlit, discorde




Commentaires
Au dela de cette analyse factuelle est ceque LAurent pinsolle croit en une dégradaton rapide et brutale du climat politique. Allons nous vers un débat de plus en plus violent, voir un éffondrement du système politique, la démocratie ?
Écrit par : REy | 01.09.2010
chez la majorité????
Écrit par : lyonsa1 | 01.09.2010
Cela me paraît une bonne nouvelle puisque Sarkozy aura un bilan calammiteux et est le pire ennemi de l'UMP. Du désordre surgira un renouveau si ce parti n'est pas à bout de souffle. Ce qui se joue en ce moment pourrait être le maintien de l'UMP comme parti dominant.
Le pays ne peut pas suivre une droite décomplexée. Je suppose que la droite latine ne fonctionne qu'à l'individu mais je ne vois pas le grand ténor capable de lui insuffler un second souffle.
Écrit par : Jardidi | 01.09.2010
@ Rey,
Je ne crois pas à une dégradation rapide. La configuration actuelle est simple : une majorité mal en point et une opposition qui se renforce. Mais, en 2012, les alternatifs pourraient faire un beau score si on a DSK comme candidat du PS.
Ce que j'espère (nuance), c'est que la défaite de l'UMP provoque un énorme trouble dans ce qu'on appelle la droite. Parallèlement, l'installation de DSK montrera bien aux Français que PS et UMP, c'est la même chose pour l'Europe et la globalisation néolibérale. Alors, dès qu'une nouvelle crise arrivera, là, le paysage politique pourra véritablement et radicalement se transformer, pour le meilleur j'espère.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.09.2010
espérons que vous dites vrai et que nous éviterons une crie politique mais honnêtement j'ai déjà pu entendre ça en 2002 avec monsieur chevènement, en 1997 avec seguin, en 1999 avec pasqua villiers.... L'union des patriotes des deux rives autour d'un programme de défense de la république me laisse de plus en plus songeur.
Écrit par : Rey | 02.09.2010
@ Rey
En effet, il y a une part d'espérance dans mon propos. J'ai autant espéré que vous l'union des républicains des deux rives, que ce soit autour de Philippe Séguin ou de JP Chevènement en 2002.
Mais les choses bougent : je suis invité aux universités de rentrée du MRC samedi pour parler de l'euro. Après, tout reste à faire.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.09.2010
Je crains que votre invitation à parler de l'euro à l'université du MRC ne soit qu'une hirondelle qui n'annonce pas de printemps pour autant. En effet JPC s'est discrédité en 2002 et ne veut et ne peut faire qu'autre chose que la courte échelle à une gauche néolibérale et européiste.
Il faudrait que Nicolas Dupont-Aignan bouge et ne reste pas dans son coin : répondre à l'appel à l'unité de tous les souverainistes, gaullistes, patriotes, et républicains des 2 rives du blogueur Malakine relayé par le royaliste Bertrand Renouvin, directeur politique de la Nouvelle Action Royaliste, sur son blog du 9 août.
Vous même qu'en pensez-vous ? Je souhaite vous voir en acteur de cette unité nécessaire et tellement souhaitable !
Écrit par : cording | 03.09.2010
@ cording
Votre remarque sur Chevènement me fait un peu penser à un procès soviétique. Chevènement prend acte de la division entre la droite et la gauche, division qui structure la vie politique française, même si elle n'est pas intellectuellement satisfaisante, ou en tout cas pas toujours. Cette division recoupe malgré tout, en général, une réelle différence de sensibilité sur certains sujets, l'immigration par exemple (on a pu le constater récemment). Je le dis d'autant plus facilement que pour moi, se définir politiquement n'est pas primordial. Mais cela empêche parfois de s'engager dans des aventures plus que contestables en tentant de s'allier à des gens avec qui on n'a pas grand chose à voir et/ou en choisissant de s'enfermer dans une idéologie groupusculaire.
Écrit par : Archibald | 03.09.2010
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