25.09.2010
L’euro entraîne l’Irlande et la Grèce vers le fond
La sortie de l’euro est souvent vue comme une mauvaise solution pour relancer l’économie. Pourtant, les exemples de la Grèce et de l’Irlande montrent jusqu’à l’absurde à quel point le désir de rester au sein de la monnaie unique est une calamité pour leurs économies.
Deux pays au fond du gouffre
Les chiffres parlent d’eux mêmes. Le PIB de l’Irlande a commencé à baisser dès 2008, il s’est effondré de 7.5% en 2009 et nous venons d’apprendre qu’il a reculé de 1.2% au second trimestre (près de 5% en rythme annuel). Les mesures d’austérité sans précédent décidées par le gouvernement (une baisse du salaire des fonctionnaires de 5 à 8%) entretiennent bien logiquement la récession et pousse le pays dans une véritable dépression économique similaire aux Etats-Unis des années 30.
L’Irlande subit le même sort que la Grèce, dont le PIB devrait reculer de 10% en trois ans. Au deuxième trimestre 2010, le PIB de la Grèce a reculé de près de 7% en rythme annuel. Naturellement, le chômage a explosé dans ces deux pays. Pire, l’effondrement économique complique redoutablement les efforts de réduction des déficits pour ces deux pays, d’autant plus que la baisse de la richesse nationale augmente proportionnellement le poids de la dette…
La responsabilité de l’euro
Dans le cas de la Grèce, on peut y voir la responsabilité d’un pays qui a truqué ses comptes. Mais le cas irlandais est différent. Voilà un pays qui était le pays modèle de la globalisation néolibérale, avec des impôts faibles et une forte croissance. Son budget était en excédent et sa dette une des plus faibles d’Europe. Mais la crise nous montre que la croissance irlandaise était en partie la conséquence de taux d’intérêt trop faibles pour l’économie irlandaise, qui ont entrainé une bulle.
Non seulement l’euro a une part de responsabilité dans la crise de ces pays, mais il les empêche aussi d’en sortir. Aucun pays qui a traversé une telle crise économique n’a pu s’en sortir sans dévaluer sa monnaie ou la laisser se déprécier pour relancer sa croissance par le commerce extérieur. C’est la voie qu’ont suivi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou la Suède. Mais elle est rendue impossible pour les pays faisant partie de la monnaie unique, les conduisant à une forme de suicide économique.
Sortir de l’euro pour l’Irlande ou la Grèce, ce n’est pas prendre un risque, c’est le seul moyen de relancer leur économie aujourd’hui. Et ce sera probablement le cas pour l’Espagne, le Portugal ou l’Italie demain, et la France après-demain.
Je clôturerai ma série sur l’autre Europe demain
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : irlande, grèce, euro, dévaluation, monnaie unique




Commentaires
Effectivement je trouve qu'on ne parle pas assez du probleme des taux d'intérêt commun aux pays de la zone euro.
Comment la BCE peut elle fixer des taux directeurs cohérents pour l'ensemble des pays de la zone Euro qui ont des économies si différentes? Comment en 2007 refréner la bulle en Irlande et en Espagne tout en préservant le peu de croissance en Allemagne et en France? c'est tout simplement impossible...
Sinon je me demandais en cas de mise ne place de monnaie commune et de retour a des monnaies nationales convertible a un taux révisable en Euro. (Proposition de Jacques Sapir notamment) Comment on règle le problème des taux directeurs? ça ne pose pas de pb de revenir a un taux adapté a chaque pays si notre monnaie n'es plus flottante et seulement convertible en Euro monnaie commune de l'ensemble de la zone?
En tout cas il faudrait trouver une solution parceque les crises créées en Irlande et en Espagne sont catastrophiques. En ce qui concerne l'Irlande, ça sent quand même le sapin, l'Anglo-Irish Bank a été nationalisée et fait perte sur perte (8 milliard au premier semestre ce qui représente quand meme dans le 5% du PIB irlandais...) Peut on laisser faire faillite a cette banque? ou l'Irlande doit elle s'endetter sans fin pour rembourser au risque de se rendre insolvable? tout ça lors que comme tu le dit bien le pays enchaine les récessions depuis 2008...
Bref j'aimerai pas être a la place du premier ministre irlandais en ce moment c'est simplement ingérable...
Écrit par : red2 | 25.09.2010
Quand l'Irlande, la Grêce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal auront coulé, ne peut-on pas supposer que nous sortirons de l'Euro un peu avant que la catastrophe nous tombe dessus?
Écrit par : Jardidi | 25.09.2010
Quand vous avez la grippe, il faut faire d'abord tomber la fièvre. Et pour la faire tomber, il faut la faire monter pour qu'elle décroisse ensuite. En économie, c'est pareil : un ajustement ne peut pas toujours se faire dans la joie et la bonne humeur.
Comme tous les collectivistes, c'est toujours la faute aux autres, aux Juifs (comme on n'a plus le droit d'utiliser ce terme, on emploie celui de financiers), aux capitalistes, aux banquiers, à la monnaie - au passage, toujours cette obsession pathologique des socialistes de tous acabits pour l'argent et ceux qui en font leur commerce. Ce ne sont pas les banquiers qui poussent les hommes de l'Etat à faire de la dette, c'est l'inverse, pour une raison toute simple : se maintenir au pouvoir. Dès lors, s'en prendre à l'euro, c'est se tromper de cible.
Ceci dit, il est vrai que l'euro n'arrange pas les choses.
Écrit par : Théo31 | 26.09.2010
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