30.09.2010
La gestion comptable du budget de l’Etat
Les marchés doivent être satisfaits : la France vient d’annoncer de multiples mesures visant à réduire les déficits du budget de l’Etat et de la Sécurité Sociale. Il est loin le temps où le Général de Gaulle pouvait retoquer les marchés. Aujourd’hui, c’est le règne de la corbeille.
Aucune vision d’ensemble
Pour être honnête, tout n’est pas complètement à jeter dans ce que fait le gouvernement. Le rabotage des niches fiscales me semble plutôt une bonne chose puisque je crois qu’un impôt républicain n’est pas un gruyère et qu’il doit être le même pour tous en limitant au maximum les exemptions. En outre, si certaines suppressions de poste n’ont pas de sens vu le contexte (police, en partie dans l’enseignement), d’autres ne sont sans doute pas totalement injustifiées.
Mais, au global, les décisions du gouvernement souffrent de grandes limites. Tout d’abord, s’attaquer aux niches fiscales sans changer le bouclier fiscal revient à donner une prime aux personnes concernées par ce dispositif qui vont récupérer d’un côté ce qu’elles perdent de l’autre. Ensuite, il est difficile de ne pas voir dans ces décisions une simple gestion comptable des comptes de la nation, qui se contente d’additionner les économies de bout de chandelle.
Le règne de la corbeille
Bien sûr, réduire le train de vie de l’Etat n’est pas forcément un mal, mais là, le gouvernement fait peu d’effort pour différencier le niveau des économies selon les ministères. En outre, il y aurait sans doute besoin de revoir notre fiscalité en profondeur et il est dommage que le gouvernement ne s’attaque pas à une réforme d’ensemble plutôt que d’additionner les rustines. Malheureusement, il s’agit d’un défaut congénital de l’équipe au pouvoir depuis 2007.
Le point positif est que la France va protéger son statut auprès des marchés financiers. Car contrairement à ce que disent certains éditorialistes, la France bénéficie plutôt d’une bonne image. The Economist rapporte que nos emprunts d’Etat à dix ans rapportent 2.7%, soit plus que l’Allemagne (2.34) ou les Etats-Unis (2.54) mais moins que la Grande-Bretagne (3.07), l’Italie (3.87) ou l’Espagne (4.13). Et il faut noter que les pays anglo-saxons profitent d’une monétisation partielle de leur dette.
Comme pour beaucoup de dossiers, la gestion des finances publiques se fait à la petite semaine. Les économies ne sont pas toutes mauvaises mais il n’y aucune vision d’ensemble. Le gouvernement se fait balloter par les évènements sans vraiment prendre du recul sur ses décisions.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, budget de l'etat, sécurité sociale, taux d'intérêts




Commentaires
Vous ne semblez pas avoir pris note du fait qu'à partir de février 2011 ce n'est plus la France qui décide de son budget, mais l'Union Européenne. Nos députés et sénateurs, si jaloux des prérogatives du Parlement, n'auront le droit de voter que sur un budget préalablement approuvé par la Commission de Bruxelles.
Premier séisme politique en perspective, je crois...
Je me demande qui a autorisé Madame Christine Lagarde à s'engager d'une manière qu'il n'y a pas si longtemps on aurait considéré comme de la Haute Trahison ? Pas moi, en tous les cas.
Écrit par : Sancelrien | 30.09.2010
A moins que ce ne soit vous ?
Écrit par : Sancelrien | 30.09.2010
A moins que ce ne soit vous ?
Écrit par : Sancelrien | 30.09.2010
Vers la dictature.
http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Vers-la-dictature?pub=0
Écrit par : BA | 30.09.2010
Il faut distinguer "les" économies, qui se discutent au cas par cas puisque quel que soit le niveau de la dépense publique il est souhaitable qu'elle soit bien orientée, et la politique de soi-disant "rigueur" qui poursuit une orientation éminemment destructive. Globalement le déficit public ne résulte pas de dépenses excessives, bien au contraire, mais d'intérêts de lma dette publique, de cadeaux fiscaux (bouclier fiscal, niches et exonérations diverses...), d'aides aux entreprises et aux banques (qui ont pu améliorer leur bilan mais n'ont pas d'effet de relance) et de (peu) de mesures de relance proprement dites, souvent mal orientées. La Crise n'est pas terminée même si nous sommes pour le moment sortis de sa phase aigüe, le soutien des finances publiques reste nécessaire pour prévenir un nouveau retournement. On pourrait donc revenir sur les cadeaux et les subventions/exonérations inadaptées, réduire le coût du service de la dette en monétisant, et se consacrer à la stimulation macroéconomique. Mais c'est tout le contraire qui est fait : réduction des effectifs et salaires des fonctionnaires, probablement nouveau resserrement des contribution aux budgets des collectivité locales, et disparition des mesures de relance stricto sensu !
Si l'on se tourne maintenant vers le long terme, c'est une impressionnante liste de dépenses nouvelles qui devraient incomber aux pouvoirs publics : recherche-développement, infrastructures, justice, police, défense nationale : partout l'équipement et le personnel font défaut.
Le discours de la rigueur et des baisses d'impôts est donc une faute grave, un contresens aussi bien pour la gestion macroéconomique que pour la modernisation de l'économie et de la société.
Ce qui n'empêche pas de nettoyer par ailleurs les écuries d'Augias des petits cadeaux et de la corruption, directe ou indirecte. Mais aujourd'hui, ce n'est pas de cela qu'il s'agit.
Écrit par : J. Halpern | 01.10.2010
@ Sancelrien
D'accord avec vous. J'avais dénoncé cela il y a 15 jours :
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/09/14/europe-la-tentation-federaliste.html
@ J.Halpern
Complètement d'accord. Les déficits actuels sont la conséquence du choix de payer des intérêts aux banques privées auxquelles on a confié la création monétaire et aux multiples exemptions de notre fiscalité.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.10.2010
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