04/11/2010
Une défaite pour Obama et pour la démocratie étasunienne
Mardi, même s’ils n’ont pas gagné le Sénat, les républicains ont largement gagné les élections de mi-mandat, infligeant à Barack Obama une lourde défaite, comme Bill Clinton en 1994. Que cela signifie pour le président étasunien et la démocratie du pays ?
Une lourde défaite des démocrates
Bien sûr, le fait que les démocrates gardent le Sénat, ou que quelques figures du Tea Party aient mordu la poussière peuvent faire croire que le résultat n’est pas si mauvais pour l’administration en place. Mais il n’en est rien. Il ne faut pas oublier que le Sénat était seulement renouvelé d’un tiers et que, grosso modo, les républicains ont gagné deux fois plus de sièges que les démocrates, qui ne conservent leur majorité que grâce aux sièges gagnés il y a deux ans.
De même, la majorité républicaine au Congrès peut paraître relativement peu élevée (239 représentants contre 183 pour les démocrates). Cependant, il ne faut pas oublier qu’aux Etats-Unis, les ravages du redécoupage électoral atteignent des sommets, avec beaucoup de circonscriptions taillées sur mesure pour ne jamais changer de couleur politique, quelques soient la force des vagues électorales. La majorité républicaine est donc très forte et représente un grand succès.
Une démocratie abîmée
Cette élection démontre à nouveau les carences des institutions étasuniennes qui imposent des campagnes tous les deux ans et ne laissent finalement que quelques mois au gouvernement pour travailler sereinement. Car dès à présent, la préparation des primaires va dominer l’agenda politique puisque les électeurs vont voter dès le mois de janvier 2012... En outre, le pays n’a plus de direction politique claire et rien ne devrait avancer pendant les deux prochaines années.
Enfin, ces élections ont également été celles de l’argent : quatre milliards de dollars ont été dépensés ! Et avec la liberté de parole, les campagnes électorales ont été d’un niveau effroyablement bas, se limitant à des polémiques stériles et souvent diffamatoires. Petite lueur d’espoir : Meg Whitman n’est pas parvenue à acheter le poste de gouverneur de Californie, malgré un budget de campagne d’environ 150 millions de dollars (l’équivalent du budget publicitaire de L’Oréal en France en un an !).
Si la défaite de Barack Obama n’est pas aussi cinglante que certains l’imaginaient, le coup de barre à droite est tout de même violent. Il est difficile de ne pas y voir, malheureusement, un terrain favorable à une candidature de Sarah Palin pour les élections présidentielles de 2012.
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, barack obama, républicains, démocrates, meg whitman, sarah palin




Commentaires
Obama avait mené une campagne superbement "marketée" en 2008, malheureusement il aurait du lire un livre de Gréau depuis son élection. ..
Écrit par : Géry | 04/11/2010
La défaite d'Obama m'est indifférente parce qu'il incarne un pays qui nous livre une guerre économique et monétaire depuis au moins 1971. C'est le président d'un pays responsable d'une crise économique et financière majeure depuis 1929 qui appauvrit les peuples et si les US trinquent à leur tour ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes et à leurs dirigeants à la source d'une politique stupide responsable de la crise : le néolibéralisme depuis 1980 avec Reagan et Thatcher en GB.
Les US sont plus une ploutocratie qu'une démocratie, qu'on nous dise le taux de participation du peuple aux élections qui à ma connaissance atteint dans le meilleur des cas 50%!
Les US paient le prix de "l'économie-vaudou" selon l'expression de George Bush père lorsqu'il faisait campagne pour les élections primaires en vue de l'investiture républicaine en 1980.
Nous assistons au déclin de l'Empire américain tel que l'avait analysé dès 2002 Emmanuel Todd dans son livre "Après l'Empire" mais malheureusement nous paierons le prix de ce déclin puisque nos gouvernants sont aliénés par le système US!! N'oublions pas que le pseudo-président qui nous gouverne depuis 2007 a fait allégeance à GW Buh et à une Europe qui depuis 1945 est sous tutelle américaine.
Écrit par : cording | 04/11/2010
On peut aimer cela ou ne pas l'aimer, mais il est évident qu'un peu partout dans ce que l'on appelait il n'y a pas si longtemps "l'Occident" les peuples commencent à se révolter et à reprendre le pouvoir.
Tout pouvoir légitime vient du peuple ( au commencement la monarchie franque était élective ) ; tout pouvoir qui ne vient pas du peuple n'est pas légitime.
Content, pas content ? C'est comme ça.
Écrit par : Sancelrien | 04/11/2010
Les US ne sont plus une démocratie mais une ploutocratie.
Ils ont le choix pour les présidentielles entre un candidat d'extrême droite soutenu par le lobby de la finance, un candidat de droite soutenu par le lobby de la finance et parfois un milliardaire faisant office de 3ème homme.
Le rêve de N. Sarkozy.
Écrit par : Etonnechaquejour | 04/11/2010
Je suis navré de l'égoisme des républicains par rapport à leur hostilité à l'assurance santé promue par le Président Obama. De plus, le traiter de "communiste" ou de "socialiste", est parfaitement stupide. On peut être pour la justice sociale sans être communiste ou socialiste. Ces républicains qui disent être favorables aux valeurs chrétiennes, en ont bien peu l'esprit...
Écrit par : L'indépendant | 04/11/2010
Leur démocratie à plus de 200 ans, je me demande franchement si on est bien placé pour leur faire là leçon.
En fait c'est sans doutes ça la plus grande qualité de leur démocratie, empêcher les politiciens de travailler..., contre la société civile (CQFD).
Une autre très grande démocratie à des institutions qui ont aussi cet effet, la suisse, chez eux les mandats sont long mais les politicards sont en cohabitation permanente.
Bref dans un cas comme dans l'autre, le culte du chef (post mortem ou non) n'est pas de mise. Voilà peut être la leçon que vous devriez retenir.
Écrit par : Alf | 04/11/2010
Que la démocratie soit en place et fonctionne jusqu'à un certain point ne doit pas détourner de mesurer la force de la ploutocratie avec laquelle il lui faut cohabiter. Et le faire pour les Etats-Unis ne doit pas nous retenir de le faire pour d'autres pays...
Écrit par : Marsault | 04/11/2010
C'est marrant de voir des gaullistes donner des leçons de démocratie. Je suis tombé par hasard sur un documentaire sur De Gaulle cette semaine qui portait principalement sur son arrivée au pouvoir en 58. J'espère, Laurent, que vous avez pu le regarder, ce qui nous permettra d'en parler. J'en retiens que :
- De Gaulle était inéligible (il avait essayé plusieurs fois de se présenter sans succès)
- Avec l'aide de ses fidèles, il a attisé la grogne pour l'Algérie Française pour créer un état insurrectionnel
- Il s'est placé en "homme providentiel" et a donné le choix au parlement entre le nommer président du conseil ou subir la guerre civile (qu'il était le seul à pouvoir éviter)
- Il a ensuite eu les pleins pouvoirs par période de 6 mois pendant 2,5 ans sur les 4 premières années de son "règne".
- Et naturellement, il a ensuite "tué" toutes les personnes lui ayant permis d'accéder au pouvoir, notamment les organisateurs de l'Algérie Française.
Bref, bel exemple de démocratie. De nos jours, les journaux ne feraient pas dans le détail et appelleraient ça un coup d'état...
Vous avez une autre version je présume ? Je suis preneur.
Écrit par : Joe | 05/11/2010
@ Joe
Vous oubliez que si De Gaulle s'est imposé c'est parce que la classe politique de l'époque, droite et gauche confondues, fut incapable de résoudre la question algérienne! Les institutions de la IViè République ont montré leur incapacité à résoudre ce problème et avec le recul on peut dire qu'heureusement que l'Algérie est devenue indépendante!
Contrairement à ce que vous dites De Gaulle n'a pas à 68 ans entamé une carrière de dictateur et a plus respecté le suffrage du peuple que les élites actuelles qui bafouent le vote du 29 mai 2005.
Votre commentaire indique votre nostalgie d'un régime d'impuissance publique comme le sont les partisans de la VIè, ces "socialistes" entre autres!!
Écrit par : cording | 05/11/2010
@ Cording
1/ Je ne suis pas nostalgiques de la 4ème république et de ses blocages institutionnels à répétition
2/ Ce n'est pas parce que vous prenez le pouvoir par un coup d'état que vous êtes forcément dictateur. Vous contournez les règles démocratiques de transmission du pouvoir, c'est tout.
3/ De Gaulle a joué au pompier pyromane sur l'Algérie, encourageant les militaires sur place à se radicaliser. Une fois qu'on a allumé le feu, c'est assez facile de dire que les autres sont pas foutus de l'éteindre.
4/ Le suffrage universel pour De Gaulle était un chantage permanent : si vous ne dites pas Oui à mon référendum, je reste à Colombey.
Mon commentaire n'a donc pas pour but d'évoquer une quelconque nostalgie d'un régime que je ne connais pas mais qui me semble peu séduisant, mais plutôt d'expliquer à quel point je trouve risible d'entendre des leçons de démocratie de la part de fervents admirateurs de De Gaulle. De Gaulle n'était pas démocrate, il avait une certaine idée de la France et se foutait de l'avis des autres et du peuple.
Écrit par : Joe | 05/11/2010
@ Joe
La critique est aisée, l'art est difficile. Ne pas faire de choix permet une posture agréable de faire la leçon aux autres.
Moi, je préfère et j'assume un choix imparfait, sans doute. De Gaulle a mis fin à la crise algérienne et nous a doté d'un régime politique qui permet la stabilité, même si dans les 2 cas cela ne s'est pas passé calmement parce que l'Histoire est tragique selon le mot de Raymond Aron à propos de Giscard qui voulait une démocratie "apaisée".
De la même façon j'ai choisi François Mitterrand même s'il eût des aspects très contestables, gouverner c'est choisir mais pas faire de la morale sinon on ne fait rien!
Ce serait plus honnête et crédible d'exprimer vos choix personnels.
Écrit par : cording | 06/11/2010
@ Cording,
Complètement d'accord. La chute de l'empire a commencé. Je ne saurais trop recommander ce remarquable livre d'E.Todd, écrit à contre temps des modes du moment et qui se révèle tous les jours plus juste...
@ Etonné
Pas faux. Heureusement qu'ils ont eu FDR, qui a cassé ce cycle.
@ Alf
Le problème est que ce système a tendance à empêcher les bonnes décisions et permettre les mauvaises (découpage électoral digne d'une démocratie populaire, pratique du "pork barrel" où les votes des élus sont achetés à coup d'argent public dépensé dans leurs circonscriptions, poids extrême des lobbys dans d'innombrables lois....)
@ Lib
J'ai vu ce torchon misérable que vous appelez un documentaire. Je veux bien que l'on discute des évènements mais là, ce n'était pas une discussion, c'était un procès où la défense n'avait pas droit de citer. C'était un reportage digne d'une "démocratie" populaire.
La théorie du coup d'Etat pour 1958 est totalement ridicule. A-t-on jamais vu un dictateur se soumettre à deux votes populaires (le référendum sur la nouvelle Constitution, les législatives de l'automne) et deux votes des élus (son investiture au printemps puis son élection comme Président en décembre) en à peine 8 mois ?
Rien n'a jamais prouvé en plus de 50 ans qu'il était au courant ou qu'il cherchait à pousser l'insurrection. Bien sûr, quelques uns de ses soutiens le faisaient, mais ce n'était pas des personnes du premier cercle.
La Quatrième République est tombée car elle était un régime faible et incapable de gérer la guerre d'Algérie.
Ce torchon numérique a passé sous silence d'innombrables évènements qui contredisaient sa thèse, les rencontres du Général avec le personnel de la 4ème République ou ses multiples déclarations indiquant qu'il entendait respecter à la lettre le processus démocratique.
Bien sûr, c'est un Général et il y a eu des précédents latino-américains malheureux, mais pendant toute sa vie, le Général de Gaulle a respecté le processus démocratique et le choix du suffrage universel pour élire le président de la République montre au contraire un attachement à la démocratie bien plus fort que la majorité d'un personnel politique qui méprise trop le peuple pour n'y être plus que simplement résigné.
Pour moi, c'est le plus démocrate de tous.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 06/11/2010
@Laurent
C'est chiant hein ? Quand les gens réécrivent l'histoire et renversent totalement la réalité sur des sujets qui nous touchent, c'est énervant au possible. J'espère que vous comprenez mieux l'état d'esprit des libéraux, fort de cette expérience.
Personnellement, je ne connais pas grand chose à cette période, je sais juste que mon grand-père, militaire de carrière et qui a fait la guerre d'Algérie, était gaulliste, et c'est pour moi une caution suffisante pour le Général.
Écrit par : Joe | 07/11/2010
@Laurent
C'est chiant hein ? Quand les gens réécrivent l'histoire et renversent totalement la réalité sur des sujets qui nous touchent, c'est énervant au possible. J'espère que vous comprenez mieux l'état d'esprit des libéraux, fort de cette expérience.
Personnellement, je ne connais pas grand chose à cette période, je sais juste que mon grand-père, militaire de carrière et qui a fait la guerre d'Algérie, était gaulliste, et c'est pour moi une caution suffisante pour le Général.
Écrit par : Joe | 07/11/2010
@Laurent Pinsolle
Les découpages électoraux sont le meilleur moyen pour l'establishment d'un parti de récompense le sousfifre fidèle en lui accordant une circonscription sans risques, aux autres le front Russe, ils n'ont rien de spécifiques aux US. Ils sont largement liés au mode de scrutin.
Les "pork barrel" posent un problème bien plus grave, celui de la possibilité endettement de l'État. Le gouvernement peut toujours emprunter pour corrompre n'importe quel vote, acheter les voix, des électeurs, des parlementaires ou des personnes simplement influentes au prés du public, syndicats, PDG de grandes compagnies (de Rayanair pour le referendum irlandais). Avec 700 Milliards, pensez-donc Obama avait de la marge ...
J'affirme que le plus grand progrès possible que l'on pourra faire en politique est de trouver la règle institutionnelles qui rendra impossible ou presque les emprunts d'Etat. La dette est le pire poison, le pire moyen de corruption des démocraties et de tout système politique raisonnablement libre.
Une majorité qualifiée pour chaque mission votée si elle fait appel à l'emprunt, une majorité simple dans le cas contraire, par exemple pourrait être une solution... partielle.
Écrit par : Alf | 12/11/2010
@Alf
Autant je suis d'accord avec vous sur les découpages électoraux, autant aller dire que les Etats ne doivent pas emprunter (y compris pour les investissements de biens d'utilité collectif) est une ineptie qu'on retrouve effectivement chez les plus obtus des ultra libéraux (y compris semble t-il dans votre "think tank" qui a pour nom "Institut Turgot".
Alors, disons aussi que les entreprises, qui sont bien plus endettées que l'Etat, n'auraient pas le droit non plus d'être endettées selon vous... et terminons en disant que s'il n'y avait pas de dettes, il n'y aurait simplement pas de monnaie.. du tout!!
Qu'est ce qui vous gêne, l'endettement (et dans ce cas, tous les endettements devraient vous gêner) ou le fait que l'Etat puisse, grâce à celui-ci, réaliser certaines activités qui échappent donc encore à la privatisation, donc au profit privé?
N.B.
Passifs financiers (dette brute) en milliards d'euros :
Institutions sans but lucratif : 22,9
Ménages : 1 301,8
Administrations publiques : 1 841,5
Sociétés financières: 10 580,7
Sociétés non financières : 6 884,6
Total, économie nationale : 20 631,5
Dette nette:
Institutions sans but lucratif : -45,2
Ménages : -2461,8
Administrations publiques : 968,2 ( Ce qui montre bien la sottise de parler de dette publique brute, puisque la dette nette n'est plus que de 968 G€.)
Sociétés financières: -367,2
Sociétés non financières : 1938,8
Total, Économie nationale : 32,7
(un chiffre négatif signifie une créance nette),
Écrit par : A-J Holbecq | 12/11/2010
@Holbecq
Je suis sur que Charle de Courson, député Nouveau Centre est un "Ultra" libéral pour demander une règle d'or constitutionnelle de limitation de l'endettement.
Il y a plusieurs choses qui me gênent dans l'endettement des États par les gouvernement successif.
La première je vais la résumé en une phrase.
La 5e république est à la dépense ce que la 4e république était aux affaires internationales.
Nos institutions sont totalement incapables de gérer la dépense et de remettre en cause des décisions passées couteuses.
La seconde la plus grave est que les États endettés préfèrent des taux d'intérêts bas bas et la planche à billet, cela à pour conséquence qu'il n'édicterons jamais un ensemble de règles nécessaires à l'assainissement du système bancaire (quand bien même les banquiers seront d'accord) car cela conduirair à une élévation des taux à une réduction de la masse monétaire.
La troisième est que la seconde mènera à la faillites d'Etats et donc à la faillite des banques qui leurs prettent et que je n'ai pas envide de manger des racine après demain.
La quatrième découle aussi de la seconde, les états, dans la mesure ou ils sont capable de faire pression sur les banquiers centraux, soit directement soit par exemple par la voix de l'opinion publique, demande des taux directeurs bas, ce qui conduit inexorablement à des montagnes de dettes PUBLIQUES ET PRIVÉES et en particulier par des personnes non solvables.
La cinquième pour vous répondre est qu'il n'est nul besoin de s'endetter pour financer des infrastructure, il suffit d'épargner un surplus de recettes fiscales. ça obligera nos élus à provisionner pour risque, seine pratique que voilà.
to be continued ...
Il est ridicules d'opposer dettes publiques et privées, il y a de bonnes raisons en politique monétaire pour que en générale elles évoluent dans le même sens.
Accessoirement je me sens assez peu responsable de la dette contracté sur mon dos par quelques crétins narcissiques et démagogue, ça fait au moins une raison de préférer la dette privée à la dette que nous laisse nos gouvernements.
Écrit par : Alf | 12/11/2010
@Alf
Je crains que vous ne compreniez pas grand chose à la mécanique de la dette. Ce n'est pas la dette brute qui importe, mais son poids RELATIF, souvent estimé par le ratio dette/PIB.
Si les finances publiques soutiennent l'activité en période de crise, le PIB ne diminue pas, et le ratio augmente faiblement. Si elle ne soutiennent pas la réduction massive du PIB fait exploser le ratio, c'est-à-dire le poids réel des dettes, publiques et privées, mesurées par rapport aux revenus des agents.
Prétendre réduite l'endettement par une politique d'austérité en période de crise est donc une ineptie dont les conséquences se lisent dans l'histoire de la crise des années 30.
A plus long terme, la prospérité d'un pays dépends de sa capacité à parier sur l'avenir, donc à investir. La dette - publique ou privée - n'est alors que l'expression de la confiance dans nos ressources et dans notre capacité d'acheter ce que nous produirons. Si un État poussait l'incompétence jusqu'à accumuler progressivement des excédents, comme vous le proposez, il réduirait la demande, casserait les anticipations et les entreprises orienteraient leurs profits (s'il en reste) vers la spéculation ou l'étranger.
Ces politiques sont tout le contraire de ce qu'elles prétendent : elles promettent la rigueur, et mènent à la faillite, elles promettent le libéralisme, et massacrent les petites entreprises, elles promettent de soulager les générations futures du fardeau de la dette et les dotent en échange de celui du sous-développement.
Quant aux bulles spécul
Écrit par : J. Halpern | 13/11/2010
@Alf
Je crains que vous ne compreniez pas grand chose à la mécanique de la dette. Ce n'est pas la dette brute qui importe, mais son poids RELATIF, souvent estimé par le ratio dette/PIB.
Si les finances publiques soutiennent l'activité en période de crise, le PIB ne diminue pas, et le ratio augmente faiblement. Si elle ne soutiennent pas la réduction massive du PIB fait exploser le ratio, c'est-à-dire le poids réel des dettes, publiques et privées, mesurées par rapport aux revenus des agents.
Prétendre réduite l'endettement par une politique d'austérité en période de crise est donc une ineptie dont les conséquences se lisent dans l'histoire de la crise des années 30.
A plus long terme, la prospérité d'un pays dépends de sa capacité à parier sur l'avenir, donc à investir. La dette - publique ou privée - n'est alors que l'expression de la confiance dans nos ressources et dans notre capacité d'acheter ce que nous produirons. Si un État poussait l'incompétence jusqu'à accumuler progressivement des excédents, comme vous le proposez, il réduirait la demande, casserait les anticipations et les entreprises orienteraient leurs profits (s'il en reste) vers la spéculation ou l'étranger.
Ces politiques sont tout le contraire de ce qu'elles prétendent : elles promettent la rigueur, et mènent à la faillite, elles promettent le libéralisme, et massacrent les petites entreprises, elles promettent de soulager les générations futures du fardeau de la dette et les dotent en échange de celui du sous-développement.
Quant aux bulles spécul
Écrit par : J. Halpern | 13/11/2010
Quant aux bulles spéculatives, elles relèvent du même traitement que le trafic de drogue ou l'économie mafieuse: elles cancérisent les marchés, il faut donc les cautériser ab ovo par des mesures de police sévère. je vous garantie que cela n'ôtera rien à la liberté, bien au contraire les entreprises pourront enfin produire sans être prises à la gorge par le yo-yo des taux d'intérêt, des cours des matières premières et le tribut foncier urbain.
Écrit par : J. Halpern | 13/11/2010
@ J.Halpern
Merci pour cette réponse très juste.
@ Alf
Jusqu'en 1980, la Cinquième République n'a absolument pas accumulé des dettes...
Je ne suis pas un partisan des déficits, mais aujourd'hui, avec une demande très faiblarde et un niveau de chômage très élevé, une austérité trop radicale et dans tous les pays risque d'aggraver le mal plutôt que de le soigner...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 13/11/2010
@J. Halpern
Évidement votre paradigme "Keynésien" vous conduit à une approche macroéconomique grossière et sans autre avenir que la ruine.
C'est un peu comme si les membres d'une expédition dans la jungle avançaient non pas sur la base des information perçue par leurs sens mais sur les directive d'un politicien disposant d'une carte au 1/10000 éme, ils auraient tôt fait de mourir noyés ou dévorés.
1 - On ne PEUT PAS relancer l'économie par la dépense publique. La dépense publique, surtout si elle est inconstante ne fait que DÉPLACER les facteurs de production, ce qui est cause des perturbation destructrice dans le tissu économique.
L'échec systématique des plans de dettes keynésiens devraient vous mettre la puce à l'oreille, mais non.
2 - la cause de la crise de 29 est la planche à billet des années folles, la remonté brusque des taux par la F.E.D, et les mesures protectionnistes qui ont rapidement suivies dans le monde. Elle à durée aux USA plus que toute autre crise passée du fait des politiques délirantes de Franklin Roosevelt.
3 - la dette de l'Etat sert dans sa grande majorité à financer les dépenses courantes, vous le comprendrez et lisant les auteurs de l'école du "Public choice". Le mot investir en ce qui concerne l'Etat est une escroquerie intellectuelle.
4 - Non l'état épargne pour des dépenses annuelles (que l'on jugera nécessaire par hypothèse, la défense, etc...) DÉPLACE les facteurs de production. Et il est souhaitable qu'il le fasse de manière constante et prévisible en quantité et en nature, et surtout pas pour faire des "relances" surprises et ponctuelles.
5 - ce qui massacre les petites entreprises, ce sont plutôt les subventions massives faites aux grosses.
6 - le fardeaux de la dette, c'est nous qui le payons tous les jours, à la louche 1500 euros d'impôts par adulte actif et par ans avec "perspectives défavorables".
Sur votre second poste, vous avez ma réponse sur mon article de turgot.
Si vous voulez cesser le yo-yo des taux d'intérêt préparez la suppression des banques centrales. Faites que les taux d'intérêt redeviennent des PRIX et non plus des TARIF politiquement administrés.
@Laurent Pinsolle
l'endettement des Etats, conduit à faire la politique à la corbeille ...
Plutôt que de suivre des
* Frédéric Lordon
* Jean-Pierre Chevènement
* Nicolas Dupont-Aignan
Vous devriez comme gaulliste, suivre plutôt Jacques Rueff, qui lui grand libéral fit ce qu'il fallait pour restaurer les finances publiques.
Après 1971 nous somme passé un un système de changes flottants avec des gouvernements faisant tourner la planche à billet, la conséquence naturelle à été l'inflation (notamment en France pour "financer" les accords ubuesques de Grenelle), le retour immédiat des crises (la crise du moyen orient ayant un peu aidé comme déclencheur, à la marge ).
Écrit par : Alf | 13/11/2010
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