24.11.2010

DSK, le taliban de la globalisation

Alors que tous les travers de la déréglementation et de la construction européenne sont aujourd’hui exposés en Irlande, Dominique Strauss-Kahn a proposé la semaine dernière d’aller encore plus loin dans cette voie, au mépris des nations et de la démocratie.

Sus aux Etats-nations !

Alors que les gaullistes arrivent à concilier la culture internationaliste Française avec un fort attachement à la patrie, chez les socialistes, cet internationalisme semble aller de pair avec une volonté d’effacer les Etats-nations. Le patron du FMI développe un agenda politique assez stupéfiant : unification du marché du travail, allongement de la durée du travail, recours à l’immigration pour compenser la démographie continentale, transferts de pouvoir vers la Commission, impôt européen…

Il soutient ainsi « qu’il est temps de changer de cap. Le centre doit prendre l’initiative dans tous les domaines clé pour assurer le destin commun de l’Union, notamment en matière de politique financière, économique et sociale. Les pays doivent être disposés à céder plus d’autorité au centre ». Il propose « la création d’une autorité budgétaire centralisée aussi indépendante politiquement que la BCE. L’autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources ».

S’il reconnaît que sa proposition est « audacieuse » et « peu probable dans un avenir proche », il précise qu’il veut « ôter la responsabilité principale du maintien de la discipline budgétaire et des réformes structurelles au Conseil (afin) de réduire le risque que des intérêts nationaux étroits interfèrent avec la mise en œuvre effective des règles communes » et propose que ce soit la Commission Européenne qui jouent ce rôle tout en lui donnant de nouvelles ressources par un impôt européen.

La démocratie entre parenthèses

Fort heureusement, ces propositions sidérantes n’ont quasiment aucune chance d’être mise en place, même si Dominique Strauss-Kahn était élu à la présidence de la République. L’Allemagne, comme le montre l’arrêt de sa Cour Constitutionnelle, refusera sans nul doute ce coup de force supranational. Et ce n’est pas la très souverainiste Grande-Bretagne qui pourra accepter un tel coup de force en faveur de bureaucrates apatrides. Mais tout ceci est doublement révélateur.

Tout d’abord, cela montre à quel point Dominique Strauss-Kahn est à côté de la plaque. Alors que cette crise a mis en lumière les dangers de la déréglementation, ce « socialiste », ne propose rien pour corriger ses excès, et se concentre sur l’organisation des pouvoirs. Les seules propositions de fond sont une volonté d’allonger la durée du temps de travail ainsi qu’une uniformisation des marchés du travail dont on se doute qu’elle ne se ferait pas par le haut ou sur les normes Françaises…

Mais pire, cela révèle le penchant profondément anti-démocratique de ces élites social-démocrate-chrétiennes. En effet, Dominique Strauss-Kahn propose très clairement une mise entre parenthèse de la démocratie puisqu’après la politique monétaire, ce serait la politique budgétaire qui serait totalement retirée de la tutelle des hommes politiques, et donc du choix démocratique des peuples. Les élections ne serviraient alors qu’à choisir qui inaugurerait les chrysanthèmes.

Merci Dominique Strauss-Kahn ! Merci de montrer de manière transparente le fond de la pensée d’une certaine élite politique qui veut mettre entre parenthèse la démocratie pour imposer un agenda néolibéral puissamment inégalitaire. Nous saurons pourquoi nous nous battrons contre vous.

Merci à Charles, à qui j’ai en partie emprunté le titre dans un de ses commentaires postés sur Facebook.

Commentaires

Comment se fait-il qu'il ose présenter un projet à la fois aussi impressionnant et qui n'a aucune chance d'être adopté en raison de l'opposition de l'Allemagne? Est-ce également un suicide électoral?

Écrit par : Jardidi | 24.11.2010

@ Jardidi

Je crois que fréquenter les cénacles de grandes institutions internationales sans contact avec la vie réelle "libère". DSK ose exprimer tout haut ce que beaucoup pensent mais n'osent pas dire.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 24.11.2010

DSK se lâche.

Un autre mollah de la BCE aussi d'ailleurs :

L'Autrichien Ewald Nowotny :

"L'euro en tant que devise est absolument intact", a insisté le responsable. Les récents problèmes budgétaires de l'Etat américain de l'Illinois ne sont pas un problème pour le dollar, a-t-il argumenté.

Les fédéralistes se décomplexent en 2010, comme les bling bling en 2007.

Écrit par : Philippe Ségard | 24.11.2010

Ce qui me gêne c'est que ces euro-fédéralistes ont une certaine influence sur la population qui gobe leurs mensonges. Comment les combattre efficacement ? Probablement en portant notre parole sur des forums ou blogs (de journaux ou magazines par exemple)

Écrit par : L'indépendant | 24.11.2010

Ce qui me gêne c'est que ces euro-fédéralistes ont une certaine influence sur la population qui gobe leurs mensonges. Comment les combattre efficacement ? Probablement en portant notre parole sur des forums ou blogs (de journaux ou magazines par exemple)

Écrit par : L'indépendant | 24.11.2010

DSK était à bonne école avec Attali...tous 2 socialistes d'ailleurs.

Écrit par : olaf | 24.11.2010

Où est l'erreur : DSK "méprisant la démocratie" et néanmoins populaire (selon les sondages) alors que ses contempteurs sont toujours aussi peu connus ou compris de la masse des électeurs...

Écrit par : PeutMieuxFaire | 25.11.2010

Comme je l'ai déjà dit X fois, DSK ne sera PAS candidat. Son programme n'est pas celui d'un candidat ; c'est le contraire du programme d'un candidat. En fait c'est le programme d'un fou qui considère que le but de l'activité économique n'est PAS de faire vivre les gens mais d'enrichir toujours plus ses petits copains.
CENSURE.

Écrit par : Sancelrien | 25.11.2010

@ L'indépendant

La population ne gobe pas leurs mensonges. Nous étions 55% à voter "non" le 29 mai 2005. Et je crois que si c'était à refaire, ce serait un raz-de-marée....

@ PMF

Pas faux, mais ce genre de propos n'est pas vraiment connu et il n'a pas encore fait campagne. Et sa popularité vient du fait que le PS est encore la seule alternative clairement identifiée par les Français. C'est une popularité par défaut, une bulle.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 25.11.2010

Venant d'un partisan de Nicolas Dupont-Aignan le Le Pen "light" par excellence : on prend le même programme, mais on l'allège rien ne m'aurais étonné. Mais là si ! Dire des énormités de mensonges sur DSK, et s'en prendre si lâchement à lui, il n'y avait que l'extrême droite qui pouvait le faire.


Il dérange tant que cela les loosers comme vous Dominique pour autant vous faire rager ? Bah va falloir t'habituer Jean Marie, parce que le PS sera là en 2012.

Écrit par : MJS | 25.11.2010

@ Sancelrien

On verra. Merci de veiller à modérer vos commentaires. Je censure la dernière phrase. Je veux que ce blog reste un lieu de débat correct.

@ MJS

De deux choses l'une, soit vous êtes un anti-socialiste qui cherche à discréditer les MJS, soit... cela me renforce dans mes idées sur les socialistes.

"Mes énormités de mensonges" (on dirait du Sarkozy) sont des citations de DSK, qui plus est prises dans leur globalité pour permettre de bien juger les positions du bonhomme.

Quand au parallèle trop facile avec le FN, cela me fait sourire de la part d'un membre du parti qui a permis au FN d'exister en lui ouvrant les médias et les portes de l'Assemblée Nationale.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 25.11.2010

Vous aviez sûrement déjà remarqué son goût prononcé pour la démocratie avec le TCE, en interne au PS avec les primaires fermées de 2007, avec les élections au PS et maintenant avec les fausses primaires ouvertes. Des candidats à la présidence de la République française au suffrage universel qui n'apprécient ni la République, ni l'Etat-Nation, ni la démocratie, est-ce encore de la politique ou de la pataphysique ?

Écrit par : Agnes | 26.11.2010

Monsieur Pinsolle, vous avez trouvé le terme adéquat pour qualifier dominicolas strausskozy: un taliban!
c'est exactement ce qu'il est au service des fricnanciers rapaces et des politicards pourris.
Je me permettrai de reprendre ce mot.
merci pour vos articles.
A BAS l'UERSS!

Écrit par : gaspadyin | 26.11.2010

@Laurent

Après de telles déclaration de Dominique Strauss-Kahn, si explicite, si claire en faveur de cartels d'États en vue d'un gouvernement unique de l'EURSS, puis mondial.

J'espère que vous allez enfin comprendre la différence entre Un socialiste Fabien ...

...et de vrais libéraux favorable à la coopération et l'émulation entre unités politiques modestes au bénéfice des gens...
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/11/20/les-etats-unis-cherchent-a-s-en-sortir-mais-pas-l-europe.html#c6358247

Écrit par : Alf | 27.11.2010

@ Alf

C'est juste. Il y a de vrais libéraux démocrates et républicains que je respecte, même si je ne partage pas très souvent leurs idées.

DSK n'est pas tellement socialiste néanmoins. Je dirai que c'est un mondialiste macro-néolibéral et micro-interventionniste.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 27.11.2010

@Laurent

En fait, on ne se comprend pas bien (depuis la caverne de Platon, on sait que la transmission des idées est difficile)

Vous portez sur lui un regard téléologique. Vous l'étiquetez "Néolibéral" parce que les décisions qu'il prend vous semble amener à une société que vous qualifieriez de "Libérale" (il a fait quelques privatisations discrètes).

Ce n'est pour moi qu'un critère subsidiaire.

Mon approche est essentiellement procédurale et éthique. Une personne cherchant à centraliser le pouvoir, opposé à la "société ouverte" (diraient Poper ou Hayek) est nécessairement "Socialiste" ou imprégné de.

On peu appeler cette centralisation: censure, monopole, protectionnisme, absolutisme, impérialisme, jacobinisme; c'est toujours l'idée de réduire la liberté de choix des autres par l'usage de la force, que ce soit par gout du pouvoir (Lénine) ou par idéal (Hulot).

Par exemple, ceci est du socialisme PUR et DUR, si vous ne connaissez pas, ça vaut de l'or, No pressure: http://www.youtube.com/watch?v=sSTLDel-G9k


Un gouvernement mondiale, donc sans concurence pour y échapper (pas de mur de fer, de boat-people ou de radeaux cubain), serait nécessairement la pire des dictatures à brève échéance.

Le jacobinisme absolument prédominant dans notre culture politique est par nature le poison intellectuel du libéralisme.

Désolé si je suis un peu prolixe.

Écrit par : Alf | 27.11.2010

@ Alf

Notez que l'ai qualifié de "mondialiste macro-néolibéral micro-interventionniste" et pas seulement de "néolibéral".

Le cas de DSK et d'ailleurs de la majeure partie du personnel politique actuelle (PS, UMP, Modem, Verts) est complexe. Ce ne sont pas ni des libéraux ni des néolibéraux au strict sens du terme. Je veux bien le reconnaître. Leur pensée s'articule sur trois points :
- le mondialisme : leur internationalisme se construit contre la nation (alors que pour les gaullistes, c'est sur la base de la nation) et ils veulent une gouvernance européenne, voir à terme mondiale
- macro-néolibéraux : le cadre général doit être confié au marché et à la concurrence libre et non faussée. Le protectionnisme, ce serait mal et le libre-échange serait vecteur de progrès, pas d'intervention de l'Etat sur les structures de l'économie, de toutes les manières, le monde est globalisé, on ne peut rien faire (les deux premiers points sont liés)
- micro-interventionnistes : à défaut de pouvoir intervenir sur les structures de l'économie, ils agissent à un niveau plus micro, les socialistes en faisant les 35 Heures, en dépensant la cagnotte fiscale, la droite avec la loi TEPA ou la réformette des retraites ou en admonestant les patrons qui licencient

On pourrait ajouter un quatrième point :
- technocratique : un refus de la démocratie qui s'exprime par la volonté d'isoler les décisions traditionnellement politiques de l'opinion des peuples (BCE, Commission, propositions de DSK sur le budget).

Enfin, beaucoup d'entre eux sont assez libertaires sur les questions de société.

Bref, c'est compliqué mais je reconnais bien volontiers que DSK n'ait pas un pur libéral ou néolibéral. Il va l'être dans sa croyance aux vertus indiscutables du libre-échange (au mépris de la réalité) mais pas sur tous les sujets...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 28.11.2010

J'ai loupé cette reponse désolé,

je dirais ceci.

rassemblez vos points 2 et 3, DSK est un leader du parti socialiste du pays quasiment le plus à gauche de l'union européenne, la France. S'il n'est pas interventionniste à l'Échelle mondiale, c'est juste parce qu'il n'en a pas les moyens, il n'y a aucune autre raison à cela.

Son neo-socialisme attend son heure. Etat mondial unique, impôt mondial unique, politique monétaire mondiale unique, pas échappatoires... empereur du monde, combiens en on rêvé avant lui...


Inutile de dire que tous les libéraux, dé qu'ils ont une certaine maturité dans la compréhension de leurs idées prennent le parti inverse, ou le pouvoir politique le plus fort est aussi le plus locale, le plus fractionné, bref la vraie subsidiarité la plus aboutie (typiquement le modèle suisse) et la démocratie semi-directe se combine parfaitement avec.

Cherchez à quel point le jacobinisme est immiscé dans vos idées quotidienne comme dans le cerveaux de la plus par des français, j'ai mis des années à le comprendre, à m'en défaire, ado, j'etais de droite tradi, plus ou moins comme vous.

Lisez d'autres constructions politiques comme celles des suisses vous aurez une cure de jouvence.
EUX savent ce qu'est la souveraineté, plusieurs fois par an, par referendum, il modifient leurS constitutionS.


Le néo-socialiste contre Le libéral
http://infrarouge.tsr.ch/ir/1728-crise-europeenne-duel-blocher-pilet#id=2094566

Leurs constitutions cantonales
http://www.admin.ch/ch/f/rs/13.html

Leur constitution fédérale
http://www.admin.ch/ch/f/rs/c101.html

Écrit par : Alf | 04.12.2010

La grand danger : D.S.K.

le patron du FMI développe lors de sa conférence de presse sur la politique économique du 24/11/2O1O un agenda politique assez stupéfiant : unification du marché du travail, allongement de la durée du travail, recours à l'immigration pour compenser la démographie continentale, transfert de pouvoirs vers la commission, impôt Européen .( un bel échantillon de tout ce qui nous attend )
DEMOCRATIE CHRETIENNE SOCIALE FRANCAISE

Écrit par : démocratie chrétienne | 10.03.2011

La grand danger : D.S.K.

le patron du FMI développe lors de sa conférence de presse sur la politique économique du 24/11/2O1O un agenda politique assez stupéfiant : unification du marché du travail, allongement de la durée du travail, recours à l'immigration pour compenser la démographie continentale, transfert de pouvoirs vers la commission, impôt Européen .( un bel échantillon de tout ce qui nous attend )
DEMOCRATIE CHRETIENNE SOCIALE FRANCAISE

Écrit par : démocratie chrétienne | 10.03.2011

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