08.12.2010

Fin d’une monnaie unique : le précédent tchécoslovaque

Ce week-end, grâce à Jean-Pierre Gérard, j’ai pu lire un des rapports les plus éclairants sur la faillite à venir de la monnaie unique européenne. Il est issu d’un Institut Allemand sur le Rapprochement Européen, au sujet de la scission monétaire de la Tchécoslovaquie.

Petit retour historique

L’étude à laquelle je me réfère a été rédigée en 1999 par trois économistes. Elle est issue du ZEI, le Centre pour les Etudes sur l’Intégration Européenne de l’université de Bonn, dont je vous invite à visiter le site pour bien constater qu’il ne peut guère être accusé d’euroscepticisme, puisque son objectif déclaré est de « contribuer à trouver des solutions aux problèmes non résolus d’intégration européenne et la construction du rôle international de l’Europe ».

Cette étude revient sur la scission de la Tchécoslovaquie au début des années 90. En juin 1992, les élections législatives produisent un résultat insoluble où, dans la partie Tchèque, une coalition de droite l’emporte alors que dans la région Slovaque, c’est la gauche qui  l’emporte. Assez rapidement, les tchécoslovaques s’entendent pour couper le pays en deux au 1er janvier 1993. Et l’union monétaire qu’ils souhaitaient pourtant conserver se disloque dès le mois de février.

La Tchécoslovaquie n’était pas une Zone Monétaire Optimale

Les auteurs concluent que ce sont des raisons politiques qui ont conduit à la rupture. Mais alors que l’Union Européenne se dirigeait vers la création de l’euro, ils se demandent tout de même si la Tchécoslovaquie était une Zone Monétaire Optimale et s’il y avait un sens à revenir à des monnaies nationales. Ils décrivent donc les trois conditions qui définissent une ZMO : le budget central, la mobilité des travailleurs et la convergence macro-économique. Et, surprise, leur résultat est négatif.

S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés. En effet, la mobilité des travailleurs entre les deux parties du pays était très faible malgré des différences de salaires qui auraient du y inciter. En outre, il n’y avait pas de convergence, les économies ne s’étant pas du tout rapprochées depuis l’après-guerre. Ils notent en revanche que la séparation a contribué à réduire les échanges entre les deux nouveaux pays.

Des leçons pour la zone euro

L’exemple de la Tchécoslovaquie est redoutable pour les défenseurs de la monnaie unique. Voici un pays d’une taille limitée, qui a existé pendant soixante-dix ans, avec un budget commun, et dont on imagine que la convergence était facile. Mais non, ni l’unité budgétaire, ni l’autorité d’un Etat commun et autoritaire pendant si longtemps n’ont permis à la Slovaquie et à la République Tchèque de se fondre en ce que les économistes appellent une Zone Monétaire Optimale.

Ces soixante-dix ans d’histoire commune n’ont ni développé la mobilité de la population ni la convergence des structures économiques. Autant dire que ce qui n’a pas été possible en plusieurs décennies avec un Etat central fort sur un petit territoire est donc totalement impossible à l’échelle d’une zone euro aussi grande et diverse. Même un Etat extrêmement fort et autoritaire ne ferait pas du continent européen ou même d’un petit groupe de pays une Zone Monétaire Optimale.

Bref, la lecture de ce rapport sur la séparation monétaire de la Slovaquie et la République Tchèque démontre que l’aventure de la monnaie unique est décidemment bien hasardeuse. Heureusement les auteurs concluent qu’une sortie de l’euro ne serait ni compliquée ni chère.

Commentaires

Cette scission en 2 pays est d'autant plus étonnante qu'il n'y avait pas de barrière linguistique forte même si il y a 2 langues.

Difficile de ne pas faire le parallèle avec la Belgique et d'extrapoler jusqu'à la création de plusieurs monnaies locales correspondantes à plusieurs ZMO au sein d'un même pays .

Écrit par : olaf | 08.12.2010

Un article (hier) chez Artus (Natixis) qui semble répondre à ce billet
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=55707
" Que se passerait-il si l’euro se coupait en deux ? "

... mais bien évidemment ils éludent la possibilité de l'euro commun, du financement direct des besoins par les Banque Centrales, etc,

Extrait (conclusion)

// Les asymétries structurelles entre les pays du Nord et du Sud de la zone euro sont considérables (compétitivité, poids de l’industrie, croissance, endettement…).
Si ces asymétries et la très mauvaise situation économique des pays du Sud impliquaient la séparation de l’euro en 2 euros (Euros du Nord et du Sud), nous pensons (en examinant la situation des pays et les conséquences de l’éclatement du Système Monétaire Européen en 1992-93) qu’il y aurait :

− dans les pays du Sud, hausse des taux d’intérêt, dépréciation du
change ; effet très négatif de ce fait à court terme sur l’activité. A long terme, s’opposeraient les effets favorables des gains de compétitivité et les effets défavorables des taux d’intérêt plus élevés. La sortie du SME avait entraîné la baisse des taux d’intérêt en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni ; la séparation de l’euro entraînerait une hausse des taux d’intérêt dans les pays du Sud de la zone euro, ce qui constitue une grosse différence ;

− dans les pays du Nord de la zone euro, le choc essentiel serait la perte de compétitivité d’où une perte durable de croissance, à court terme avec la dégradation du commerce extérieur, à moyen terme avec le besoin de freiner à nouveau les salaires (graphique 1a) pour regagner la compétitivité.

La séparation de l’euro serait donc plutôt une solution perdant/perdant. //

Écrit par : A-J Holbecq | 08.12.2010

Le raisonnement d'Artus montre simplement que l'Euro n'est que l'abcès de fixation d'un problème plus vaste qui est la dérèglementation financière et tout particulièrement la liberté des mouvement de capitaux. A quoi bon revenir à une monnaie nationale si elle est l'objet de spéculation, que la "défiance" de l'étranger vide le pays de ses liquidités, si l'État est condamné à refinancer sa dette à des taux prohibitifs ?
La sortie de l'euro n'a de sens qu'accompagnée d'une réglementation financière d'autant plus drastique qu'il faudra casser les mauvaises habitudes des financiers.

Écrit par : J. Halpern | 08.12.2010

Bien d'accord avec J. Halpern. Le cadre dans lequel doit se penser la réorientation de nos politiques doit même pouvoir être élargi plus encore. C'est tout le rapport de la Nation avec l'Argent qu'il faut prendre à bras-le-corps. DLR a commencé : NDA tient des propos nouveaux dans ce sens. Mais il en est encore à prôner des mesures qui paraissent juxtaposées les unes aux autres (euro, banque centrale). C'est toute une vision d'ensemble de la société que l'on attend maintenant.

Écrit par : Marsault | 09.12.2010

Et si ce "billet" ne disait pas tout ?

1) Si la scission était programmée dans les accords entre le gouvernement Gorbatcheff et Reagan, lors des pourparles de Stockholm qui ont précédé la chute du mur ?

2) Si la Slovaquie devait rester dans la zone d'influence russe ? Mais à cause des opérations menées dans les années 90 ( Bielorussie, Ukraine ) elle n'était pas devenue le tampon, qu'elle devait initialement être ?

3) Si le gros inflow des capitaux occidentaux dès 1989 et le début de l'opération de spoliation appelée plus tard : " La privatisation à coupons " ne maintenait la République Tchèque sur l'eau pendant que la Slovaquie sombrait économiquement tout au long de la terrible décenie 90 ?

4) Si tout le manège de la scission n'était dirigé de l'extérieur, y compris la mise à l'écart du président Havel ? Havel était hospitalisé en autriche pile au moment de la scission : Le monsieur s'était fait soigner la santé fragile ( excès d'alcool et de nicotine ) au moment où la scission se décidait !
De la sorte, le petit malin ne se trouvait pas au pays au moment des évennéments de la fin de 1992.

5) Sur la migration transfrontalière, je crois que la c'est la foutaise la plus éhontée :

Vous êtes allé au moins une fois dans votre vie dans ce pays ???

Les minorités polonaises , hongroises et slovaques vivaient toujours en nombre sur tout le territoire tchécoslovaque, depuis des centennaires.

Sur ceci ... au revoir.

Au fait :

Vous avez fait le plein ?

http://www.courtier-or.fr/int/index.php/120-euro-dollar-rendez-vous-a-126.html

Écrit par : courtier-or | 09.12.2010

@Laurent : "S’il existait bien sûr un budget central, qui assurait des transferts importants, les deux autres facteurs n’étaient pas vérifiés."


Voilà un bon gros raisonnement Jacobin et socialiste, vous n'êtes qu'un mini DSK à l'échelle de la France.


Seul les libéraux on compris que les "transfert" d'un pays à l'autre :
1 - détruisent l'économie, en allant contre les anticipations des entrepreneurs ou en les conduisant à anticiper les besoins des politiciens plutôt que ceux de la clientèle.
2 - exacerbent les clivages idéologiques (en Tchéquie comme en Belgique et Italie du nord/du sud) car il déplacent l'argent gagné vers les régions "pauvres" socialistes et donc tjr plus pauvres.
3 - Accroissent la corruption et le gaspillage par les autorités politiques locales.


La libre circulation est bien sur utile (pénible quand même le déménagement), mais l'ajustement qui est le plus pertinent est bien-sur LA CONCURRENCE FISCALE qui fonctionne et est appréciée des peuples aux USA et en SUISSE.


C'est pour cela que leurs unions monétaires fonctionnent depuis plus de 150 ans malgré 50 et 26 États souverains respectivement.


Une zone sinistrée peut alors baisser ses impôts pour attirer le commerce au lieu de mander des subventions au prés du maitre Etat.

Écrit par : Alf | 09.12.2010

Alf

"Une zone sinistrée peut alors baisser ses impôts pour attirer le commerce au lieu de mander des subventions au prés du maitre Etat."

L'Irlande a fait les 2, on voit le résultat..

Écrit par : olaf | 09.12.2010

@ Olaf,

Très juste pour les deux points.

@ A-J H et J.Halpern

Oui, mais là Artus oublie tous les effets pervers de l'euro... La sortie en elle-même serait bénéfique car elle nous permettrait de dévaluer par rapport à l'Allemagne, ce qui contribuerait à rééquilibrer notre balance commerciale sans avoir à réduire les salaires. Ensuite, nous pourrions monétiser notre dette comme les Etats-Unis, la GB et le Japon pour éviter un problème de financement de notre dette.

Bien sûr, une réglementation de la finance serait nécessaire, mais en soi la sortie de l'euro apporterait de grands bénéfices.

@ Marsault

Pour une vision plus globale, cf mon discours au Congrès de DLR.

@ Courtier Or

Sur les migrations, je me base sur les résultats de cette étude qui évoque le fait que les habitants de la partie Slovaque allait peu dans la partie Tchèque et vice-versa.

Sur le reste de vos commentaires, j'en doute fortement. Je n'ai jamais été un adepte de la théorie du complot. En outre, l'étude semble indiquer que les deux parties de la Tchécoslovaquie continuait à se comporter comme deux pays réunis en un seul Etat et que dès qu'ils ont pu s'exprimer démocratiquement, chaque pays a voulu prendre son indépendance...

@ Alf

"Mini-DSK à l'échelle de la France..." Cela vole haut aujourd'hui... Je ne vois pas le rapport. Avez-vous simplement réellement lu le papier ?

Je dis juste que dans les critères d'une ZMO, il y a l'existence d'un budget central, ce qui était le cas en Tchécoslovaquie. C'est juste de la théorie économique, qui ne juge pas le niveau des budgets. Cela peut être vrai avec des dépenses publiques à 30% comme 50% d'ailleurs.

Et je rejoins le commentaire d'Olaf : on voit la pertinence de cette politique en Irlande....

Écrit par : Laurent Pinsolle | 09.12.2010

@ Laurent Pinsolle


Laurent, ne le prenez pas mal...


Vous avez lu une étude, moi j'ai des liens étroits avec l'Europe Centrale.

Sur la crise Tchécoslovaque :


Il n'y avait pas de complot, car tout s'est passé au grand jour. Vous êtes un habitué de la politique, je n'ai rien à vous apprendre : C'était une une minorité agissante qui a scindé le pays.

Les gens ordinaires n'ont strictement rien compris à la manoeuvre. C'est ce qu'ils vous diront aujourdhui encore. Quid donc d'une décision démocratique quelconque... Ca ne s'est pas passé comme ça : Il n'y a pas eu de référendum fédéral!

Le partage de la Tchécoslovaquie a été dans l'accord russo-américain dès 1989. Pourquoi le krach ne s'est pas plus étendu ?

Eh bien, pour ceux qui se souviennent du début des années 90 : Le partage des Balcans s'est très mal passé, la guerre civile faisait rage dès 1991 en ex-yougoslavie.

Sur ceci, les allemands ont pris peur. La Tchécoslovaquie se trouve dans leur backyard, ils n'ot pas pris de risque :

La situation économique et monétaire de la Tchécoslovaquie était sauvé par l'inflow des capitaux étrangers, notamment américains et allemands lors de la vague des privatisations par coupons qui a commencé au même moment : Tous les gros rachats des actifs industriels tchécoslovaques se sont fait dans cette période ( ex : cas SKODA ).

De même, dès le départ des deux Etats scindés, la couronne tchéque avait substantiellement une valeur supérieure à celle de la couronne slovaque.

Les opérations monétaires de la scission de la tchécoslovaquie ont été organisées et soutenues par l'inflow des capitaux étrangers, c'est uniquement cela qui a évité le désastre.


Si nous voulons sortir de la zone euro sans une égratinure, et je pense que nous nous rejoignons sur la nécessité d'une telle opération, c'est dépendant d'un sponsor étranger.

Or il n'existe pas , à ce jour, un sponsor étranger sufisamment prêt et économiquement puissant pour payer la note.

Je termine comme ça :

L'expérience, parfois audacieuse, des petits pays que quelqu'un peut prendre en charge ( le cas de la Tchécoslovaquie en est un ) n'est pas reproductible à l'échelle de l'UE.

Lors de la sortie, de gré ou de force, de l'euro :

1) Nous en aurons pour des années à subir le marasme monétaire.

2) Nous en avons pour des années à subir les dommages en terme de l'économie réelle.



Et encore une fois, recevez mes excuses pour le premier post...

MP

Écrit par : courtier-or | 09.12.2010

@Laurent

Tout à fait d'accord, c'est ce que je voulais exprimer (sans m'étendre) par "... mais bien évidemment ils éludent la possibilité de l'euro commun, du financement direct des besoins par les Banque Centrales, etc, "

Écrit par : A-J Holbecq | 09.12.2010

@ Laurent
J’espère qu’il ne va pas falloir attendre 70 ans pour que l’Europe réalise dans qu’elle impasse elle est !!!
Par contre, il me semble qu’il faut quand même être prudent et qu’il y aura forcément des difficultés pour sortir de l’euro car cela risque de se faire dans le cadre d’une crise majeure.

Écrit par : RST | 09.12.2010

Intéressant.

Il faut être prudent, je crois, avec le concept (et les critères) de ZMO.

- As-tu des analyses sur l'optimalité monétaire des USA, de l'Allemagne (célèbre cas d'union économique et monétaire, deux fois en un siècle et demi d'ailleurs)?

- Sur Rép. tchèque et Slovaquie, on peut être aussi face à un cas de spécialisation productive (par le Plan, mais le phénomène arrive aussi par le libre-commerce et il se targue alors de l'optimalité) qui valide, à certains égards, l'optimalité monétaire: les partenaires commercent et ont donc intérêt à avoir ou conserver une monnaie unique.

De ce point de vue, un des critères d'optimalité des ZMO est la densité de l'échange commercial et financier, plus fort dans la zone qu'entre elle et les autres partenaires. L'UE satisfait (plutôt) à ce critère, et le Marché unique a vocation à renforcer le phénomène.

Écrit par : PatCo | 09.12.2010

@laurent : "Cela vole haut aujourd'hui..."

Parce que quand chaque jour vous assimiliez les libéraux à à DSK ce ponte socialiste du pays le plus socialiste en Europe ou presque ça vole haut ? C'est du racolage de bas étage oui appelez pour ce qu'il est un SOCIALISTE.

Vous voyez la paye chez les autres, pas la poutre qui est chez vous.

@olaf : "L'Irlande a fait les 2, on voit le résultat.."

J'attends le développement, je sans que ça sera brillant parce qu'en Europe on peu trouver tout et son contraire (Portugal + d'impots et + de taxes). Vous voulez un petit litron avant de commencer, pour vous donner du courage ?

Écrit par : Alf | 09.12.2010

@laurent : "Cela vole haut aujourd'hui..."

Parce que quand chaque jour vous assimiliez les libéraux à à DSK ce ponte socialiste du pays le plus socialiste en Europe ou presque ça vole haut ? C'est du racolage de bas étage oui appelez pour ce qu'il est un SOCIALISTE.

Vous voyez la paye chez les autres, pas la poutre qui est chez vous.

@olaf : "L'Irlande a fait les 2, on voit le résultat.."

J'attends le développement, je sans que ça sera brillant parce qu'en Europe on peu trouver tout et son contraire (Portugal + de subventions et + d'impots). Vous voulez un petit litron avant de commencer, pour vous donner du courage ?

Écrit par : Alf | 09.12.2010

D'accord Alf, vous êtes le plus malin, je vous laisse nous faire la démonstration que le dumping fiscal est la bonne soluce.

C'est un peu comme les exportations, si tout le monde veut être excédentaire, ou la monnaie si tout le monde veut la plus basse, etc...

De toutes façons, la crise vient du souk sur les marchés financiers, de l'opacité des dettes, aussi bien celles des banques que celles des états.

La crise asiatique bancaire avait amené aux mêmes conclusions, un déficit d'information sur les passifs et les flux.

Face à ce type de tsunami, les recettes de cuisine à 2 balles que vous chérissez ne tiennent pas le choc.

Écrit par : olaf | 09.12.2010

Jeudi 9 décembre 2010 :

La Banque du Canada est inquiète pour l'économie.

Une nouvelle crise économique et financière mondiale est de plus en plus probable et les Canadiens ne seront pas nécessairement bien placés pour y faire face, prévient la Banque du Canada.

Dans l'édition de décembre de sa Revue du système financier, présentée jeudi 9 décembre, la banque centrale soutient que les problèmes de dettes en Europe se sont tellement aggravés depuis juin qu'ils présentent maintenant un risque pour le système financier canadien.

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/macro-economie/201012/09/01-4350806-la-banque-du-canada-est-inquiete-pour-leconomie.php

Écrit par : BA | 09.12.2010

Alf

Vous pourriez aussi dire à bas les 35 heures, c'est leur faute, la marotte de Longuet, mais ce sont des analyses qui amènent à vouloir enfoncer un clou avec une tapette à mouche, ou vouloir écoper le Titanic avec une cuillère à café. Je vous laisse le litron pour vous consoler.

Écrit par : olaf | 09.12.2010

@olaf
Dans la mesure ou c'est vous qui prétendez restreindre la liberté des autres, c'est évidement à vous de justifier vos positions et d'expliquer pourquoi selon vous, seul les USA et la Suisse ont pu conserver leurs zones monétaires pendant 150 ans.

Franchement les 35h je m'en fou ou presque. Mes marottes à moi sont les deux monopoles étatiques les plus totalitaires et destructeurs, la banque centrale et celui qui écrase la liberté d'enseignement.

Pour les crises systémique globales la cause première loin devant est l'existence de banque centrales essayant de singer la liberté monétaire dans la détermination des prix du crédit. Cette abomination est récente dans l'histoire de l'humanité, environ 150 ans et détruit toute trace de responsabilité dans la finance et lamine la civilisation occidentale à coups de crises.

Le contrôle des prix est toujours stupide, mais celui là en particulier occupe un pan gigantesque du système d'information d'une économie de marché. Il régit tous les arbitrage entre présent et futur, c-a-d l'investissement tous secteurs confondus y compris chez les particuliers.

Les B.C doivent disparaitre point.


@BA

Merci pour cette info, en lisant l'article je me suis demandé si le Canada avait étonnamment plus de relations avec l'europe que les USA !!? Évidement non.

Par contre cette B.C qui avait bien maintenu ses taux au début de la décennie et donc bien résisté à la crise de 2008 les a écrasé depuis 2 ans.

0.25% à 1% c'est affolant, le banquier central critique "les ménages qui s'endettent" quel c.. hypocrite, ça mérite un poing dans la figure.

http://www.bankofcanada.ca/fr/monetaire/cible-f.html
http://yfrog.com/9gscreenshot035g

Écrit par : Alf | 10.12.2010

@ Laurent Pinsolle


Voici une suite :

Peut-être, et assez paradoxalement, que les petits pays du style de la Grèce trouveront un sponsor généreux dans la personne de la Chine.

Celle-ci va ensuite pouvoir prétendre aux droits éternels sur le marché de l'europe....

Mais ce ne sont que des supputations ....

Pour les mammouths de notre espèce , et celle de l'Allemagne :

La sortier de l'euro sera un véritable désastre. On va déguster un maximum. Je commence à me demander, si la réduction du périmétre de la zone euro n'est pas une bonne idée dans un premier temps.

Là , pas de supputation du tout.

Pour pimenter le débat :

La Pologne ne veut plus d'euro non plus ..... Y a un problème.

Il y a même deux semaines de cela, que les polonais ont émis des réserves sur la spéculation Forex contre zloty. Il y a comme un vent de révolte à Varsovie ....

L'euro-zone n'est plus crédible.

Les hongrois en ont assez de supporter l'euro ( ils sont affreusement endettés en euros et en francs suisses ) et la situation est tendue dans ce pays, vous pouvez me croire !


Dans la même période, il y a deux semaines, la BC sudafricaine a carrément menacé des mesures punitives à ceux qui oseront s'attaquer au Rand.
Là les USA ont pris peur et se sont calmés, ils ont éperdument besoin de l'or sudafricain pour jouer le spectacle du COMEX.

Les sudafricains commencent à en avoir assez du manège des marchés monétaires. Ca sent le roussi pour l'empire, qui a besoin de l'existence de ces marchés, pour écouler ses dollars !

Y a comme un vent de changement, même-si c'est lent .

Écrit par : courtier-or | 10.12.2010

Alf

Citer les US comme exemple, vu ce qui s'y passe, c'est osé.

La Suisse aussi a une banque centrale, la BNS.

Votre idée de supprimer les banques centrales, eh bien détaillez plus...car c'est assez original.

Par ailleurs, quand on veut plus de liberté, il faut démontrer en quoi on en fera un usage correct pour que ca ne soit pas la jungle.

Écrit par : olaf | 10.12.2010

Au sujet du sens des responsabilités des banques, à un moment où il faut les ramasser à la cuillère suite à leurs fantaisies, il faut avoir pas mal d'humour pour l'évoquer.

Écrit par : olaf | 10.12.2010

Les tchèques laissent Josef Suk au tiroir et sortent dans l'enfer du krach :


http://www.youtube.com/watch?v=CnAbkS20x1M

Décenie 1980 - décennie 2010, cherchez l'erreur ...

XD

Écrit par : courtier-or | 10.12.2010

@olaf : "Au sujet du sens des responsabilités des banques"

Je vous renvoi à mon article publié dans l'AGEFI
http://blog.turgot.org/index.php?post/Madrolle-SARF


@olaf : "Citer les US comme exemple, vu ce qui s'y passe, c'est osé."

Hors sujet, le point est la stabilité de leur zone monétaire depuis 150 ans, pas la présente crise, vous bottez en touche.


@olaf : "Par ailleurs, quand on veut plus de liberté, il faut démontrer en quoi on en fera un usage correct pour que ca ne soit pas la jungle."

Le libéralisme n'est pas l'absence de règle (Anomie) et la "loi" positive moderne ne protège AUCUNEMENT d'une sois disant "jungle".

Mes convictions reposent sur une tradition jusnaturaliste (jurisprudentielle pour faire vite) qui postule que les règles conformes à la nature humaine (donc bonnes) se découvrent par améliorations successives issues de la résolutions de cas particuliers (D. Hume, F.Hayek, B.Léoni).

La connaissance de ces règles à progressé durant toute l'histoire humaine, des 10 commandements au code civile en passant par le droit Romain. L'une d'entre elle est LE DROIT DE PROPRIÉTÉ qui à fait émerger et protège la LIBERTÉ et la RESPONSABILITÉ.

Ces règles sont tous les jours détruites par son opposé, le positivisme juridique (notamment A. Comte, H. Kelsen) dont vous fêtes preuve (peut être sans le savoir) est l'épine dorsale du socialisme (national ou international) et des utopies diverses des sagouins de toute sorte.

Quand les régimes socialistes se sont effondrés, après avoir fait table rase du droit "bourgeois", alors oui, ça a été la JUNGLE.


@olaf : "Votre idée de supprimer les banques centrales, eh bien détaillez plus...car c'est assez original."

Non ça n'est pas "original" la monnaie à toujours fonctionné ainsi dans les grandes lignes. Elle était soit une marchandise métallique (mais aussi coquillages, plumes, clous, sel, etc), traditionnellement or ou argent, soit à partir du 17e un billet lié à cette marchandise par un contrat.

Aujourd'hui cette marchandise sont remplacée par... une promesses de politicien ou de banquiers centraux.

La montée en puissance d'une nouveautés, les banques centrales, à commencée il y a 150 ans et à détruit toute responsabilité dans le système bancaire et monétaire. Elles sont la cause majeure des crises que nous subissons depuis.

http://www.dailymotion.com/video/xc5c82_hayek-contre-keynes-vostfr_fun

Il suffit pour l'essentiel de supprimer les quelques textes qui interdisent d'utiliser l'or et l'argent comme monnaie. C'est la position des économistes Autrichien tel Hayek et von Mises, mais pas celle de nos politiciens, de l'écrasante majorité des banquiers et du tenancier de ce blog.

L'essentiel consiste à supprimer quelque textes du code monétaire.

- monopole de la "monnaie" banque centrale.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006643875
- Interdiction de prêts garantis par l'or, argent , platine
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000020001254
- Interdiction de faire du démarchage/pub pour des transaction en or.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006652232
etc...

Écrit par : Alf | 10.12.2010

@ Courtier Or

Mes connaissances sur la séparation de la Tchécoslovaquie étant minces, merci pour les infos.

En revanche, je ne pense pas que nous ayons besoin d'un sponsor étranger comme vous le dites. La situation n'est pas la même. L'Europe a une balance des capitaux équilibrée et n'a donc pas besoin d'un sponsor.

Idem pour la France, même si nous avons une balance négative. Au pire, nous pouvons utiliser la même arme que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Japon : la monétisation car le risque inflationniste n'existe pas aujourd'hui.

En outre, les meilleures perspectives de croissance rassureront assez vite les marchés.

@ PatCo

Ce qui est intéressant dans l'étude que je cite, c'est qu'il y a justement des tris sur les régions Allemandes qui montrent qu'elles sont beaucoup plus intégrées que ne l'étaient la Tchéquie et la Slovaquie.

Sur les Etats-Unis :
- budget central : OK
- mobilité du facteur travail : OK (supérieur même à la mobilité au sein des Etats européens)
- convergence macro-économique : sur ce critère, on peut débattre car il y a des spécialisations très différentes, cependant, les Etats-Unis ont des chaînes nationales, un marché national fort (Wal Mart qui vend du Coca en Californie comme dans l'Arizona, sans doute au même prix), ce qui contribue à l'unification du territoire

Par rapport à cela, la zone euro est complètement à côté de la plaque sur tous les critères.

Sur la Tchécoslovaquie, l'étude dit que les différences existaient avant la création des deux Etats et qu'il n'y a pas eu la moindre convergence. Le problème, c'est qu'une zone qui n'est pas une ZMO réagit très mal en cas de choc ou de crise (on le voit bien en Europe aujourd'hui) et que les perspectives de convergence sont illusoires quand on considère que cela n'a même pas réussi en Tchécoslovaquie.

C'est juste sur le commerce, mais l'Europe commerçait déjà beaucoup ensemble. L'euro n'a pas accéléré le mouvement donc le retour aux monnaies nationales ne le freinerait pas beaucoup non plus.

@ Alf

Je ne vois pas ce qu'apporterait la disparition des banques centrales... Et qui fixerait les taux à court terme ? Le marché j'imagine ? Ce marché si intelligent qu'il évaluait l'action France Telecom 219 euros en 2001 et 7 euros en 2003 ? On est bien parti...

Et puis, la crise financière ne vient pas des taux fixés par la Fed. C'est une légende. Vu les taux de rendements financiers, que les banques aient emprunté à 1 ou à 7%, elles gagnaient toujours beaucoup. Si la rentabilité des capitaux investis avait été de 5 ou 6%, alors l'action de la Fed, en montant les taux au-delà, aurait pu freiner la spéculation. Mais là, à part les monter à 15%, cela n'aurait rien changé...

C'est l'utilisation de l'effet de levier qui a développé la bulle. Avant avec 10, les banques plaçaient 100 maximum. Avant la crise, certaines plaçaient 300, voir parfois 1000. L'augmentation de la demande de placement, alors que l'offre était à peu près constante, a provoqué une augmentation des prix dont la main invisible n'a pas compris l'imbécilité...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 10.12.2010

@Laurent : "Je ne vois pas ce qu'apporterait la disparition des banques centrales... Et qui fixerait les taux à court terme ? Le marché j'imagine ?

Sans Banque centrale L'offre et la demande d'épargne pour le présent détermine les taux d'intérêts à toutes les échéances pour tous les couples banquier-emprunteur comme pour n'importe quel marchandise.

Quand la foule s'entiche du crédit pour une nouvelle mode la hausse des taux doit être immédiate, proportionnée sinon il est trop tard.

C'est parce que le banquier est lui aussi sujet à l'ivresse que la modification de la forme juridique des banques est nécessaire. Il faut toujours que sa comptabilité et ses actionnaires lui rappel avec FORCE les risque qu'il prend, et qu'en cas de faillite ceux qui ont mis leurs bas de laine chez lui ne soient au moins partiellement protégés pour éviter l'immixtion démagogique du politique.


@laurent : Ce marché si intelligent qu'il évaluait l'action France Telecom 219 euros en 2001 et 7 euros en 2003 ? On est bien parti..."

219€ c'est la bulle, vous accusez le marché de problème qui relèvent de la planification centrale du prix du crédit.
Autant accuser le marché des filles d'attente en Pologne ou dans les sevices publics français.

Le monopole détruit l'information. Un banquier central est aveugle et lent à la réaction, sa politique aléatoire s'applique à toute une zone monétaire quant le problème est local.
Il est nuisible comme n'importe quelle administration communiste de planification de la production et pour les mêmes raisons.


@Laurent : "Et puis, la crise financière ne vient pas des taux fixés par la Fed."

Évidement un banquier centrale peut tout faire dans tout les sens, selon votre IDEOLOGIE, les taux qui font yoyo à l'échelle d'un continent cela n'a QUE des effets positifs.
Pourquoi ? PARCE-QUE !!


Ca ne vient pas non plus:

(s'en suit quelques conséquences de second rang des politiques monétaires ivres. Désolé par avance pour ceux qui n'ont pas suivi les nombreux articles techniques sur la crise depuis 2 ans)

- DE la flambée à crédit des matières premières cotées à Chicago alimentant les fonds souverains, qui de la Russie à Chavez ... ont acheté des obligations du trésor US ... (qui ont financé les guerres du gouv US et la bulle immo).

- Des achats massifs à crédit de biens fabriqués en Asie par la politiques monétaire laxiste de la FED... et ...

- ... Du contrôle des changes par la banque CENTRALE chinoise et qui à transformé ces 2.5Mds d'achats en obligations américaines et donc fait baisser les taux longs...

- De la garantie par la FED/gouv des prêts hypothécaires faite à 40% par fannie mae et freddie mac (le Nobel Stiglitz porte une lourde responsabilité sur ce point), qui, couplé à de stupides règlementations immobilières à fait flamber les prix.

- Les taux courts à 0,75% de la FED n'ont pas permis à des courtiers de faire des offres promotionnelles imbattables à des foyers insolvables (prêts "gratuit" 2 ans) refilés à Freddy et Fanny.

- les taux courts n'ont évidement aucune conséquence sur la baisse des fonds propres de toutes les entreprises et des banques

Quand aux verrous sur les effets de levier ils ont clairement sauté au premier lobbying politique. il est évident Que le règlementarisme est absolument incapable d'atteindre les objectif que ses défenseurs prétendent atteindre.

Ma réponse rapide ne vous convient pas ?
Vous voulez approfondir ce sujet passionnant plutôt que de faire du people sur le nabo ?
Je vous renvoi à la masse de chose qui à été écrite sur le sujet, j'ai fait ma synthèse sur le sujet, vous ferez la votre.

Commencer ici est une bonne idée.
http://www.objectifliberte.fr/crises/

Écrit par : Alf | 11.12.2010

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre… : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-27-a-ceux-qui-pronent-un-retour-au-franc-et-aux-autres-qui-manquent-d-arguments-pour-leur-repondre-63107665-comments.html

Écrit par : Incognitototo | 16.12.2010

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