17.12.2010
Faut-il sortir de l’euro ?
Cela fait maintenant une dizaine d’années que l’euro a été lancé. Les troubles économiques majeurs que traverse le continent amènent à se demander sans tabou s’il ne faudrait pas mettre fin à cette hasardeuse expérimentation. Analyse des avantages et des inconvénients de la monnaie unique.
L’euro nous protège-t-il ?
Pour être honnête, la monnaie unique a eu quelques effets bénéfiques. Elle facilite les échanges au sein de la zone, même si elle n’a pas accéléré un mouvement qui lui préexistait largement. En outre, il faut se souvenir que seule 20% de la population va à l’étranger tous les ans. Ensuite, la convergence des taux longs a permis aux pays qui souffraient d’une forte prime de risque de réduire le coût de leur dette. Mais cette convergence s’est interrompue en 2008 et nous sommes revenus à la situation d’avant l’euro.
Mais surtout, il convient de tordre le cou à la mystification absolument incroyable selon laquelle l’euro nous aurait protégés pendant la crise. Outre les turbulences des marchés, un simple examen des chiffres démontre clairement le contraire : la zone euro est entrée en récession dès le 2ème trimestre 2008, soit un trimestre avant les Etats-Unis. En 2009, le PIB étasunien a baissé de 2,5%, contre 4% en Europe et en 2010, la croissance sera de 1.6% de ce côté ci de l’Atlantique, contre 2.6% de l’autre.
Et pourtant, la récession venait des Etats-Unis et y a été beaucoup plus dure que chez nous, avec une baisse de 30% de la valeur de l’immobilier qui a durement touché des millions de ménages. La crise aurait du être beaucoup plus dure aux Etats-Unis et c’est à cause de la politique européenne qu’elle a été plus forte sur le vieux continent. Et les derniers mois nous montrent bien que l’euro ne nous protège en aucun cas de la spéculation. Enfin, passons sur la protection de la Grèce ou de l’Irlande…
L’euro : un choix politique, pas économique
En fait, les problèmes actuels viennent du fait que l’euro est un choix essentiellement politique. La France de François Mitterrand y voyait un moyen d’ancrer l’Allemagne dans l’Europe après la chute du mur de Berlin. L’Allemagne l’a accepté uniquement parce que la BCE est l’exact décalque de la Bundesbank. Mais surtout, tous les fédéralistes y voyaient un moyen de contraindre l’Europe à se construire sur un modèle fédéral.
La zone euro n’est absolument pas une Zone Monétaire Optimale, comme le définissent les économistes, à savoir une zone géographique apte à partager une même monnaie. Aucun des trois critères nécessaires n’est rempli, à savoir la convergence macro-économique, la mobilité des travailleurs et l’existence d’un budget central. Les pays qui y participent sont trop dissemblables pour partager une même monnaie.
Même une avancée fédéraliste (totalement impossible quand on constate l’état de l’opinion Allemande qui propose aujourd’hui à la Grèce de vendre certaines de ses îles) ne serait pas une solution car les deux premiers critères ne seraient toujours pas vérifiés, ce qui laisserait trop de mécanismes pervers en œuvre, notamment la prime à une désinflation compétitive maladive. En outre, l’Europe n’est absolument pas un espace adapté à une construction de type fédéral.
Pire, une étude réalisée par un institut pourtant favorable à l’intégration européenne démontre que soixante-dix ans d’histoire commune entre la République Tchèque et la Slovaquie n’en ont pas fait une Zone Monétaire Optimale, malgré un budget central et un Etat de type autoritaire. La mobilité des travailleurs est restée faible et il n’y a pas eu la moindre convergence. Du coup, on voit mal comment ce qui a été impossible pour la Tchécoslovaquie pourrait être possible pour la zone euro.
L’euro cher
La faiblesse du cours de l’euro a aidé les économies européennes à la fin des années 90, mais depuis dix ans sa surévaluation chronique pénalise la croissance. En effet, hormis à sa naissance et pendant quelques temps (où il est descendu jusqu’à 0,82 dollar), l’euro est une monnaie dont le cours est trop élevé. Les économistes estiment que son cours normal devrait être entre 1 à 1,1 dollars à parité de pouvoir d’achat, soit encore une surévaluation de 20 à 30% aujourd’hui (et qui a atteint 50% mi-2008 à 1,6 dollar).
Cette surévaluation a une raison simple : la politique monétaire exagérément restrictive de la BCE par rapport à la Fed, qui pousse l’euro à la hausse. L’exemple le plus frappant, dénoncé par de nombreux économistes, est la décision incroyable de juin 2008, quand Jean-Claude Trichet avait trouvé le moyen de monter les taux alors que les Etats-Unis les avaient déjà baissés de 3 points ! Cette surévaluation est un énorme handicap commercial. Par exemple, en dix ans, la France est passée d’un excédent vis-à-vis des Etats-Unis à un déficit de 5 milliards et l’excédent de l’Allemagne a été divisé par deux.
Car cette surévaluation encourage les délocalisations. Tout d’abord, Airbus, fleuron de notre industrie, a décidé d’augmenter la part de ses composants produits en zone dollar pour se prémunir de la surévaluation chronique de l’euro : une partie du fuselage de l’A350 sera donc produit aux Etats-Unis. Un comble ! Les constructeurs automobiles Français ont suivi le même raisonnement : ils produisaient plus de 3 millions de voitures en France en 2004. Ce chiffre est tombé à un peu plus de 1,5 en 2009…
La désinflation compétitive
Dans un régime de change ajustable ou flottant, ajuster le cours de la monnaie est un des moyens les plus efficaces pour rééquilibrer les échanges commerciaux. La monnaie des pays en déficit a tendance à perdre de la valeur (favorisant les exportations et réduisant ses importations) alors que celle d’un pays en excédent a tendance à s’apprécier, pénalisant ses exportations et favorisant ses importations. Ce mécanisme naturel, qui contribue fortement au rééquilibrage des balances commerciales, est impossible avec l’euro.
Du coup, avec l’euro cher et des coûts salariaux à l’origine largement supérieurs à la moyenne, l’Allemagne a choisi de mener une politique de désinflation compétitive pour aider ses exportations. En effet, dans un système de parité complètement fixe, chaque point de hausse de salaire de moins que le voisin est un point de compétitivité coût de mieux qui permet de gagner la bataille commerciale. C’est ce que l’Allemagne a compris depuis le milieu des années 1990 et applique avec toute sa rigueur.
Ce blocage des salaires a permis à notre voisin d’outre-Rhin de grandement gagner en compétitivité et d’accumuler des excédents commerciaux grandissants vis-à-vis de l’ensemble de ses « partenaires » monétaires. Mais cette politique a un effet dépressif important (la croissance Allemande a été la plus faible de la zone dans les années 2000 – 0.8% par an - avec l’Italie), qui se transmet à l’ensemble de la zone.
Pire, ce comportement bien peu collectif a toutes les chances de pousser les autres pays à adopter la même politique de rigueur salariale absolue pour ne pas perdre en compétitivité. Mais déjà que cette politique avait un impact extrêmement négatif quand elle était uniquement poursuivie par l’Allemagne, elle pourrait se révéler désastreuse si davantage de pays y cédaient. En effet, cela réduirait encore le potentiel de croissance d’une zone qui n’a déjà pas brillé dans ce domaine depuis 10 ans…
Une même politique pour des réalités différentes
Mais ce n’est pas tout. L’autre problème majeur de l’euro est d’imposer une même politique monétaire à un ensemble de pays aux réalités trop disparates. Au milieu des années 2000, les taux directeurs de la BCE présentaient la double particularité d’être trop élevés pour des pays comme la France ou l’Allemagne, où ils ralentissaient une croissance déjà peu vaillante, et d’être trop faibles pour des pays comme l’Irlande ou l’Espagne, ce qui encourageait une croissance qui n’en avait pas besoin…
En effet, les économistes jugent le niveau des taux en les rapportant à la croissance nominale du PIB (croissance + inflation). Quand les taux sont supérieurs à la croissance nominale, ils ralentissent la croissance en rendant l’argent cher. Quand ils sont inférieurs, ils la soutiennent en rendant l’argent bon marché. Les années 2000 ont montré les ravages d’une politique unique pour des pays aussi différents.
En effet, en France et en Allemagne, la croissance nominale tournait entre 2 et 4%. La politique monétaire de la BCE ralentissait donc légèrement la faible croissance qu’il y avait des deux côtés du Rhin. En revanche, en Espagne ou en Irlande, la croissance nominale était d’au moins 6 à 7%. Du coup, la politique monétaire de la BCE accélérait inutilement la croissance de ces pays, et porte donc une part de responsabilité importante dans les bulles qui s’y sont développées.
Car ces deux pays ont fait ce qu’ils ont pu pour contrecarrer les effets de la politique monétaire de la BCE, trop laxiste pour eux. Les budgets étaient en excédent et leurs dettes étaient les plus faibles d’Europe. Mais ce dont ces pays avaient besoin était des taux d’intérêts à court terme à 7 ou 8%, qui auraient mis fin à la spéculation et à la bulle immobilière avant qu’elle ne devienne trop importante. Le ralentissement économique aurait été un petit prix à payer pour éviter le désastre actuel.
Euro cher qui pousse aux délocalisations, politique de compression des salaires, politique monétaire unique inadaptée à des réalités nationales différentes : les vices de l’euro sont immenses. Pire, ils ne sont pas corrigeables comme le montre le cas tchécoslovaque. Il n’y a donc qu’une seule solution : en sortir.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : euro, monnaie unique, bce, désinflation compétitive, zone monétaire optimale, allemagne




Commentaires
Tout à fait d'accord à 100% avec ton analyse, Laurent.
Il faudrait peut être rajouter aussi que la politique laxiste de la BCE envers les banques - laissant la pente de création monétaire annuelle dépasser les 9% entre 2001 et 2007 alors qu'il était prévu de la modérer à 4,5% - est responsable en grande partie de la bulle immobilière, ce qui rejoint tout à fait ce que tu expliques aussi.
Écrit par : A-J Holbecq | 17.12.2010
Il faut aussi rajouter que le fait d'avoir intégré la zone euro nous a enlevé toute possibilité "d'opt-out" qui nous aurait permis, par exemple, de rejeter l'article 104 de Maastricht comme l'ont fait les Anglais
Écrit par : A-J Holbecq | 17.12.2010
Je mets ce lien :
http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/vincent-benard-crise-irlandaise-etat-coupable-plan-europeen-inepte
car l'analyse me parait très bien étayée.
En résumé, c'est la faillite des banques qui devrait être appliquée, ca rejoint Lordon.
Écrit par : olaf | 17.12.2010
@Laurent : "Cette surévaluation a une raison simple : la politique monétaire exagérément restrictive de la BCE par rapport à la Fed, qui pousse l’euro à la hausse."
Décidément vous l'aimez la planche à billet !
Le drame avec vous c'est que vous ne comprenez rien à ses effets dévastateur et terriblement incidieux. Mais par contre qu'est-ce que vous en parlez.
Les taux ont été au contraire bien trop bas c'est pour cela que que tants d'États (que vous adorez tellement que ça en devient presque obscène) et de particuliers croulent sous les DETTES.
taux trop bas = endettement > bulles > BOOOUUUMMM !!!
VOUS NE LE VOYEZ PAS CA !!!!
et vous continuer à expliquer que les taux doivent être bas.
MAIS IL FAUDRA QUOI POUR VOUS LE FAIRE COMPRENDRE !?
L'effondrement total de l'oxydent sous le poids de la dette ?
Des dizaines de milliers de pauvres qui meurent parce que la planche à billet fait flamber le riz ?
-------------
- Un euro "trop fort" gène surtout des crétins de politiciens qui se croient indispensable à la France par pseudo colbertisme à base d'avions et de centrales nucléaires plutôt que de tapisseries des Gobelins.
Ça n'a jamais emmerdé le français qui achète son cacao du matin moins cher à l'import.
Mais évidement dé qu'un politicien et gêné pour exporter un avion de plus c'est tout le P.A.F qui tremble.
Écrit par : Alf | 17.12.2010
@Laurent : "Car ces deux pays ont fait ce qu’ils ont pu pour contrecarrer les effets de la politique monétaire de la BCE, trop LAXISTE pour eux. Les budgets étaient en excédent et leurs dettes étaient les plus faibles d’Europe. Mais ce dont ces pays avaient besoin était des taux d’intérêts à court terme à 7 ou 8%, qui auraient mis fin à la spéculation et à la bulle immobilière avant qu’elle ne devienne trop importante. Le ralentissement économique aurait été un petit prix à payer pour éviter le désastre actuel."
Voilà !
Écrit par : Alf | 17.12.2010
Hayek avait critiqué l'Euro avant la lettre :
"Il y a trente-cinq ans, Hayek nous avertissait contre les dangers d'un monopole monétaire en Europe, défendant à la place des monnaies en concurrence entre lesquelles les citoyens pourraient librement choisir."
http://blog.turgot.org/index.php?post/Ebeling-Euro
Écrit par : olaf | 17.12.2010
@Olaf
" des monnaies en concurrence entre lesquelles les citoyens pourraient librement choisir."
Oui, ca va être sympa lorsqu'on va aller acheter une baguette de pain ;)
Écrit par : A-J Holbecq | 17.12.2010
Bravo l'appui de Tythan aux propositions de DLR ;-)
//" Comment le rejet de l’interdiction de la monétisation directe s’inscrit dans le programme de DLR ? Quid de l’inflation ?
Il ne faut pas oublier qu’à DLR, nous prônons un certain nombre de mesure qui auront un effet inflationniste (augmentant le niveau des prix).
Ainsi, nous prônons la sortie de l’euro, notamment parce que nous estimons que l’euro est trop cher pour l’économie française. Nous souhaitons donc une monnaie nationale dévaluée. Il y aura donc, mécaniquement, une inflation, une hausse des prix de nombre de produits importés. Et une hausse importante, il faut bien s’en rendre compte. On estime à 30% la hausse des coûts de production en France par rapport à l’Allemagne. Il faut donc s’attendre à une baisse d’au moins 30% de la nouvelle monnaie et une hausse corrélative des biens importés, qui au bas mot doivent représenter 20% de notre PIB et une part plus importante encore des produits manufacturés consommés en France. Cela donne une hausse générale des prix de 6% (20% des produits et services augmentant de 30%).
A cela s’ajoute la TVA sociale. Pour que cette mesure soit efficace, il faudrait porter la TVA à 25%, c’est encore 5% de hausse des prix. On additionne les deux, et cela donne une inflation à potentielle à 11%..."//
(extrait du blog de Tythan, dont il est inutile de donner l'adresse .. )
Écrit par : A-J Holbecq | 17.12.2010
@A-J Holbecq : "Oui, ca va être sympa lorsqu'on va aller acheter une baguette de pain ;)"
Vous dites cela parce que vous êtes habitué à penser avec de la fausse monnaie. Laissez-moi vous induire en vérité.
Vous n'auriez en fait qu'un nombre très réduit de monnaies de base utilisées par le grand public, disons TROIS l'or, l'argent. le cuivre. (on prendra les abréviations de la table de Mendeleïev Au, Ag, Cu)
vous auriez donc un compte en or (ou argent) chez votre banquier (à responsabilité limitée mais réserve fractionnaire) avec disons quelques mois de salaires inscrits dessus , "200 gr Au".
Vous retirez un billet, il a une face normalisée indiquant sont la valeur qu'il représente, disons "3 gr Au" et le logo de la banque émettrice ou du réseau de banques qui le garanti par contrat.
Le commerçant qui le reçois le dépose à sa banque, les opérations de compensation sont faites comme d'habitude.
Vous pourriez aussi bien retirer à votre guichet quelques pièces d'argent pour la même valeur au fixing du jour.
Bien-sur le dernier "houellebecq" est à "30 g Ag" sur amazon, vous payez directement par CB le montant sera prélevé en or sur votre compte au fixing du jour.
Votre baguette sera donc à "10 gr Cu". Nos ancêtre utilisaient les métaux sans être allé à l'école.
Vos billets seront utilisables PARTOUT sur la planète dans votre banque ou une autre du même réseau ou lui faisant confiance.
Ces métaux, re-monétisés auront naturellement un cour extrêmement stables dans le temps aux interventions étatiques prés.
Vous survivrez ?
Écrit par : Alf | 17.12.2010
Là je ne comprends plus cette accroche aux métaux illusoires.
http://blog.turgot.org/index.php?post/Gave-Etalon-or
Écrit par : olaf | 17.12.2010
@ Laurent Pinsolle et A-J Holbecq
Apparemment, vous êtes d'accord pour attribuer la bulle aux taux d'intérêt trop bas ! Même l'inénarrable Alf vous rejoint sur ce point, ce qui devrait vous mettre la puce à l'oreille !
Eh bien non ! Les bulles sur les marchés spéculatifs (immobiler, bourse, devises...) résistent à des hausses de taux considérables, alors même que ces taux étranglent l'économie productive. Nous avons connu cela au début des années 90 en France quand Bérégovoy puis Balladur ont imposé la récession et fait exploser le chômage pour "ancrer" le franc dans le SME. Si les Irlandais avaient appliqué des taux de 7 à 8 % il n'est pas sûr que cela aurait calmé la flambée immobilière, largement financé, ou finançable, par des crédits non nationaux. En revanche cela aurait condamné l'industrie irlandaise qui aurait été scotchée à un sous-emploi chronique de ses ressources.
Les taux d'intérêt ne suffisent à réguler le niveau d'activité que sur un marché fantasmé comme Alf les adore. En réalité leur (relative) efficacité suppose que l'émission de monnaie soit bien connectée à la production.c'est-à-dire qu'on ait colmaté les fuites vers les marchés spéculatifs.
C'est là qu'il faut RÈGLEMENTER. Pas pour le plaisir mais justement pour qu'un marché efficace puisse s'organiser là où s'est possible.
Concernant la sortie de l'euro, c'est la même chose ; le dossier de l'euro et celui de la réglementation financière ne sont pas séparables : si on laisse intact la liberté des mouvements de capitaux et la déréglementation bancaire, la dictature des spéculateurs remplacera celle de la BCE, et ce sera un désastre. Je ne suis pas sûr que DLR ait vraiment intégré cette interconnexion...
@Tythan
Concernant l'inflation : 6% de hausse des prix... admettons votre estimation : il n'y aurait pas de quoi fouetter un chat. L'essentiel serait que les salaires suivent les prix, de manière à ce que seules les créances soient (légèrement) dévalorisées. Ensuite, la dévaluation et éventuellement la hausse de la TVA ne seraient plus à faire, une politique macroéconomique prudente devrait modérer les prix. A ce moment là il faudra faire très attention, mais chaque chose en son temps : les problèmes actuels sont la déflation et la désindustrialisation !
Écrit par : J. Halpern | 18.12.2010
@J. Halpern
Je n'ai pas fait d'exclusive ... la bulle n'est effectivement pas seulement due aux taux d'intérêts trop bas et je suis d'accord avec vous qu'il faut aussi réglementer les spéculations (par exemple, en France, taxer les plus values Y COMPRIS sur les ventes de résidence principale)
D'autre part un pays qui ne serait pas tenu par des règles de "libre circulation" idiotes (je veux dire "libérales") peut très bien décider plusieurs taux "minima" suivant l'utilisation des crédits.
Je laisse Laurent répondre en ce qui concerne DLR, ne voulant pas faire mon Tythan qui se croit permis de parler "pour DLR" (... à moins qu'il nous ait caché qu'il était cadre ou porte parole de ce parti ? ;-) )
Écrit par : A-J Holbecq | 18.12.2010
@olaf : "Là je ne comprends plus cette accroche aux métaux illusoires."
Pour situer, Charles Gaves est Monétariste (Friedmanien), on (Les Autrichiens) sera d'accord sur beaucoup de choses avec lui, mais pas sur la monnaie, c'est LE sujet de discorde entre les deux écoles. Friedman, il à été détracteur résolu de l'Euro, ce qui fut qualifié de "complot des américains contre la monnaie européenne" par les eurolatres de l'époque (1996) http://ami.du.laissez-faire.eu/_fried3.php5
Ce que Gave décrit par rhétorique, c'est le système de monnaie "or" sous régime de banque centrale. Nous ne voulons pas de banque centrale.
Un économiste keynésien comme Robert Mundell est partisan d'un monopole mondial (pas vraiment une ZMO ça ?!) d'une banque avec étalon or.
http://robertmundell.net/economic-policies/gold/
Gaves veut la concurence entre banques centrales ("petits" monopoles nationaux) sans étalons or.
Les Autrichiens veulent la concurence entre banques libres, émettrices de billets, plus il y en aura, mieux ce sera.
Les banques centrales (mais pas uniquement) ont introduites des contraintes qui on détruites la monnaie métallique pourtant là depuis 4000 ans.
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@J. Halpern : "Les taux d'intérêt ne suffisent à réguler le niveau d'activité que sur un marché fantasmé comme Alf les adore. En réalité leur (relative) efficacité suppose que l'émission de monnaie soit bien connectée à la production.c'est-à-dire qu'on ait colmaté les fuites vers les marchés spéculatifs."
Un banquier centrale ne contrôle pas vraiment la masse monétaires, mais c'est lui qui ouvre ou non les vannes plus ou moins grandes.
Si votre bailleur faisait varier votre loyer de la pierre comme cela, vous sauteriez au plafond, pareil pour le loyer de l'or.
Les banques centrales sont lentes, excessives et aveugles dans leur action.
Les PRIX du crédit permettent de réguler l'O&D de crédit, les taux de la banques centrales sont des TARIFS administrés, très loin des besoins du marché.
Ne pas perdre de vue que les taux doivent ADAPTES aux besoins de crédit il ne s'agit pas de faire du fétichisme sur une valeur particulière. Celà suppose l'existance d'un vrais marché pour DECOUVRIR Ces besoins.
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@J. Halpern : "c'est-à-dire qu'on ait colmaté les fuites vers les marchés spéculatifs."
C'est pour cela que j'ai écrit un article expliquant que les actionnaires des banques devaient être responsables sur leurs biens propres des dettes des clients. et que je suis pour l'interdiction de l'endettement des États.
Écrit par : Alf | 18.12.2010
L'interdiction de l'endettement des Etats pour financer le fonctionnement est souhaitable (sauf situation exceptionnelle). Mais la création monétaire (endettement auprès de sa propre banque centrale) dans le but de création de richesses collectives est évidemment une nécessité, de la même manière que les entreprises sont obligées de se financer (par le crédit - création monétaire - pour la plus part) préalablement à la production de richesses
Écrit par : A-J Holbecq | 18.12.2010
Décidément, les libéraux seraient drôles s'ils n'étaient pas aussi dangereux...
Tout repose sur 1 ou 2 postulats stupides :
- postulat 1 : la cotation des métaux seraient forcément stable : on se demande bien pourquoi : les utilisations de ces métaux se multiplient puisque qu'ils deviennent aussi "monnaie" : or la production est limitée ( réserves limitées) alors que la demande explose : tous les cours seraient en continu en hausse. C'est le raisonnement stupide d'un rentier qui a accumulé de l'or ou d'autres métaux précieux que l'on nous sort...
- postulat 2 : l'information est parfaite : c'est toujours le même gag : ainsi chaque matin, et à chaque minute, chaque citoyen, chaque commerçant connaîtrait exactement le cours de cotation de l'or, l'argent ou le cuivre ( je ne vous mets pas les sigles chimiques pour faire sérieux comme l'autre) : super crédible !
Et je ne vous explique pas la valse des étiquettes pour ajuster son prix de vente pour être certain de ne pas être en perte. ( variations au jour le jour : un prix peut baisser dans une tendance haussière générale ( illustration pour les libéraux à la comprennette difficile : le pétrole : passé de 20 à 80 dollars actuellement sur les 10 dernières années : tendance haussière mais avec un pic entre deux et des mois de baisses depuis ce pic puis une reprise dans la tendance générale : c'est le marché, erratique)
Quant à faire appel aux ancêtres, c'est oublier que la valeur des monnaies métalliques utilisées étaient fixes : il y avait une valeur faciale fixe correspondant au départ à la quantité de métal incorporé. Cela ne posait problème qu'au bout d'un moment relativement long car les cotations n'étaient pas à la seconde comme aujourd'hui et étaient beaucoup moins erratiques ( pas de profession de spéculateurs ) et provoquait ce qu'à illustré la loi de Gresham : il y avait donc des refontes régulières de monnaie, ce qui au final, n'avait rien non plus de formidable...
Cette Foi dans le Saint Marché ( émission par banques privées, cotation en continu pour avoir la "juste" valeur du métal ( c'est toujours le point le plus drôle cette ignorance du fonctionnement des marchés ) serait pardonnable si cette même Foi ne nous avait pas mené là où nous en sommes.
Certes la Foi appliqué jusqu'ici était moins extrémiste...
Ces libéraux à la Alf sont comme les ex communistes : si ça ne marche pas, c'est que l'on est pas allé assez loin !
Pathétique.
Écrit par : Greg le prolétaire | 18.12.2010
@ Greg
Point très juste sur les métaux. Faire reposer la monnaie nationale sur des métaux dont le cours est fixé par les marchés n'est pas possible comme l'a montré l'expérience.
@ J.Halpern
Le point que je fais concernant les taux d'intérêt concerne l'Irlande et l'Espagne, deux pays dont la bulle immobilière vient en grande partie des taux trop faibles de la BCE.
Votre point est juste sur le fait que des taux élevés n'empêchent pas forcément les bulles. Avec les taux de rendements actuels, même si la Fed avait monté ses taux un peu plus un peu plus vite, nous aurions sans doute eu une bulle.
Néanmoins, dans le cas de ces deux pays, la bulle immobilière était très importante. Si les banques centrales nationales avaient mené des politiques monétaires restrictives (TI à 7/8%), alors, cela aurait sans doute limité la bulle immobilière. On voit en Chine qu'une politique active sur le crédit et les taux permet de limiter les bulles.
Mais, comme vous le notez fort justement, il faut le faire à l'abri de frontières financières. Vous noterez dans le papier d'aujourd'hui que je suis favorable au contrôle des mouvements de capitaux (j'en parlai aussi dans les 18 propositions pour réformer la finance).
@ A-J H
L'analyse de Tythan n'est pas juste. Le différentiel d'augmentation des coûts de production par rapport à l'Allemagne est de l'ordre de 15% et en revanche, les coûts Italiens ou Espagnols ont davantage progressé que les nôtres. Au global, en cas de sortie de l'euro monnaie unique, le cours du FF resterait probablement stable par rapport à l'euro, car si le FF baisserait par rapport au mark, il progresserait par rapport à la peseta et à la lire.
Un peu plus d'inflation ne me semble pas un mal. Je crois que 2% est un niveau trop faible. J'avais fait un papier dessus :
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/03/03/faut-il-plus-d-inflation.html#comments
Écrit par : Laurent Pinsolle | 18.12.2010
Très bon billet de NDA dans le Monde
http://www.debout-la-republique.fr/IMG/png/Article_Monde.png
Écrit par : A-J Holbecq | 18.12.2010
Un commentaire sur http://www.francesoir.fr/economie-europe/les-chefs-d-etats-preparent-le-samu-de-l-euro.73795
//" L'Euro construit sur le Deutch Mark a toujours été surévalué pour les autre Pays de l'Euro. Il a contribué à achever plusieurs filières d'entreprises dans notre pays, textile, jouets notamment dans le Jura, produits ménagers....Clairement il a tué l'emploi et l'économie Il n'a rien apporté si ce n'est une inflation des prix en France. Mais ils le protègent toujours. Il y a une chanson qui disait: ils avaient de l'eau jusqu'au cou, mais ils continuaient d'avancer.. D'ailleurs l'Europe, elle n'existe pas, (si il n'y pas de travail en France, les français ne vont pas en Allemagne pour en avoir éducation différente, langue différente, mentalité différente..), car il n'y a même pas de marché de travail européen."//
Écrit par : A-J Holbecq | 18.12.2010
J'ai retrouvé un article intéressant de Jacques Marseille, de janvier 2010
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jacques-marseille/l-euro-a-l-epreuve-de-la-grece-14-01-2010-407939_72.php
//Même s’il faut reconnaître que l’euro a joué le rôle de bouclier depuis le déclenchement de la crise, contribuant à diminuer considérablement les risques de dévaluations intraeuropéennes, force est de constater que les performances et l’harmonisation ne sont pas au rendez-vous. Bien au contraire. L’euro a accentué les divergences entre les pays de la zone.//
Écrit par : A-J Holbecq | 18.12.2010
@A-J Holbecq : "L'interdiction de l'endettement des Etats pour financer le fonctionnement est souhaitable (sauf situation exceptionnelle)."
Je n'exclue pas les situations exeptionelles, une bonne rêgele serait la majorité qualifiée, à la fois elle permet l'endettement pour les situations exeptionelles et empécherais l'endettement continue pour cause de gabegie.
Cette rêgle aura certainement du succes, par le simple fait qu'elle permet à l'opposition d'emmmerder la majorité en cas de dérapage...
Je propose celà pour compenser l'irresponsabilité institutionelle des politiciens exactement comme je propose de limiter l'endettement des banques par la responsabilité compléte des actionnaires sur leurs bien propres. Il ne me sembles pas là y avoir d'anti-étatisme, juste du bon sens.
Les musulmans par exemple ont une mauvaise rêgle qui leur interdit en principe le crédit. Nous avons aussi de mauvaisses rêgles inverse qui le facilitent avec exces. Ils faut simplement les corriger, le crédit est un outil formidable.
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@Laurent:"Vous noterez dans le papier d'aujourd'hui que je suis favorable au contrôle des mouvements de capitaux"
Vous n'aurez pas le choix, les gens saint d'esprit fuient toujours les politiques incensées. Ce simple fait devrait vous aleter sur la justesse de vos autres positions...
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@Greg le prolétaire:"la cotation des métaux seraient forcément stable : on se demande bien pourquoi...stupide d'un rentier..."
Rentier ! et vous ? flambeur avec le travail des autres.
Les métaux s'apprécient au fur et à mesure qu'ils se monétisent. Le reste du temps, c'est votre fausse monnaie qui s'éfondre. Ils ne se stabiliseront que lorsque leur usage sera généralisé (ce que j'espere).
@:"- postulat 2 : l'information est parfaite : c'est toujours le même gag"
gag excelent en effet, vous tenez ça d'un néo-kénésien ou d'un monétariste sur le retour ?
Pour moi comme Autrichien, l'information est rare, couteuse et disperséee dans 7 milliards de cervaux.
Si les banques centrales sont nombreuses, c'est précisément parce qu'elle détruise le systéme des prix, meilleur moyen connu de véhiculer cette information précieuse.
@:"ainsi chaque matin, et à chaque minute, chaque citoyen, chaque commerçant connaîtrait exactement le cours de cotation de l'or, l'argent ou le cuivre"
Voilà exactement le genre de phobies ridicules pour des non problémes qui ont des solutions simplicimes. Vous vous noyez dans un vers d'eau.
@:"il y avait une valeur faciale fixe correspondant au départ à la quantité de métal incorporé"
Non sauf depuis le 19e, c'est d'une utilité discutable pour une population souvent analphabete (noblesse comprise).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_d%27Ancien_R%C3%A9gime
Nos ancetres avaient la "livre tournois/Sterling" ils riraient grassement à vous lire.
Les monnaies marchandises sont cottées au fixing (1 foi/jour) avec leur prime. A la différence des matiéres premieres qui les constituent.
Je n'ai jamais trouvé pertinante l'acharnement de Allais contre la cotation continue. Avec les ordres variés d'achat/vente, c'est un trés bon systéme.
@:"les cotations n'étaient pas à la seconde"
Non mais ça devait marchander sec dans les foires, à mon avis le cours du tapi devait être coté en continu.
@:"c'est toujours le point le plus drôle cette ignorance du fonctionnement des marchés ... Ces libéraux à la Alf sont comme les ex communistes : si ça ne marche pas, c'est que l'on est pas allé assez loin !"
guignol
Écrit par : Alf | 18.12.2010
Cher LAurent,
D'aucuns répondent mieux que moi à la question:? pourquoi ne faut-il pas sortir de l'Euro?'...
http://www.marianne2.fr/On-peut-sauver-l-euro-et-c-est-meme-souhaitable-_a200985.html
Si après cette démonstration vous campez sur vos positions, c'est que décidement la portée historique et politique de l'Euro vous échappe. Et si vous maintenez la reference a la Tchécoslovaquie pour justifier que nous ne sommes pas une ZMO, et que par conséquent nous ne saurions maintenir l'Euro, c'est là encore que vous ne voulez voir que rien ne nous rapproche de cette Tchécoslovaquie là, une différence fondamentale étant la volonté commune que nous avons que eux ne possédaient pas! Je maintiens: pas de différence entre nos Etats européens, et les Etats-Unis, si ce n'est le manque de concertation politique.....
Il est juste dommage que même l'Euro n'y ait pas réussi, et finalement c'est peut-être une bonne chose que les marchés nous y forcent, j'en avais marre de voir les politiques européens rater le train de l'histoire au compte de leurs ambitions personelles.... Il nous reste tant à faire....
Écrit par : kama | 21.12.2010
L'euro est effectivement la conséquence d'une volonté politique, mais une volonté politique qui a fait fi des différents mécanismes économiques et en particulier l'évidence que tous les pays de la zone euro ne font pas parti d'une ZMO (et en fait, on est très loin de l'optimale)
Il aurait fallu faire l'euro entre seuls pays dont les règles fiscales et sociales soient identique et dont la productivité soit proche. Avec immédiatement l'introduction d'une langue commune (admettons que ce soit l'anglais bien que ça ne me satisfasse pas), mais surtout d'une reconnaissance croisée des diplômes et des qualification.
En y mettant aussi un gros budget commun...
On ne l'a pas fait, on a voulu faire l'(euro avant le fédéralisme .. tant pis, c'est loupé et toutes les incantations et rustines ne changeront pas le fait qu'au moins 1 pays "en haut" ou des pays "en bas" feront à un moment ou un autre sauter cet "euro unique" (unique aussi par ses tares congénitales)
La seule réponse logique actuelle est le retour aux monnaies nationales non convertibles au sein d'un euro commun (qui sera notre défense contre le dollar, le yen, le yuan...), en remplacement de l'euro unique.
Mais à défaut de cet euro commun, mieux vaudra pour certains pays ne pas être entrainé vers le fond par les caprices des gouvernants, en revenant très vite à leur monnaie nationale...
Écrit par : A-J Holbecq | 21.12.2010
@ Laurent
Vous avez raison de dire que le nouveau franc sera presque à l'équilibre vis-à-vis de l'euro (mais je crois que vous êtes trop optimistes: les seuls pays qui vont voir leur monnaie se déprécier par rapport au franc sont l'Espagne, la Grèce et le Portugal, et peut-être un peu d'Italie). Mais vous oubliez le reste du monde!
Il faudrait vraiment analyser comment se comporterait les monnaies, il n'est pas sûr qu'elles suivent exactement l'évolution de la productivité, il y aura à l'évidence des problèmes politiques.
Effectivement, la hausse des prix ne sera peut être pas de 6%, mais restera forte. Notre premier importateur, c'est l'Allemagne. Pays-Bas, Royaume-Uni se réévalueront également, avec d'autres pays. Avec l'Italie, ce sera peut-être un peu l'inverse.
D'un côté, on a donc produits en provenance de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Japon et de Chine qui augmenteront, face à la seule baisse de prix des produits italiens (qui sera faible) espagnols (un peu plus importante), grecs et portugais (plus importantes). Pas besoin de faire de calcul pour voir qu'il y aura de l'inflation importée, c'est évident. Après, sans doute de moins de 6%, mais tout de même importante.
Si certains ont le temps, ils n'ont qu'à aller rechercher les poids respectifs de ces pays dans les importations françaises... A mon avis, je ne suis pas si loin du compte.
Écrit par : Tythan | 23.12.2010
"En effet, les économistes jugent le niveau des taux en les rapportant à la croissance nominale du PIB (croissance + inflation). Quand les taux sont supérieurs à la croissance nominale, ils ralentissent la croissance en rendant l’argent cher. Quand ils sont inférieurs, ils la soutiennent en rendant l’argent bon marché. Les années 2000 ont montré les ravages d’une politique unique pour des pays aussi différents."
=> Éclairez moi, avec cette méthode vous prenez en compte les taux d'intérêts réels ?
Écrit par : Onyx | 04.06.2011
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