18/12/2010

Euro, le jour d’après

Non seulement l’euro n’a pas amené la croissance et les emplois promis. Mais on constate tous les jours à quel point il pénalise la croissance des pays qui l’ont adopté comme monnaie unique. Cependant, pour convaincre d’en sortir, il faut aussi proposer une alternative et répondre aux interrogations.

Comment peut-on revenir au franc concrètement ?

La première chose qu’il faut noter est que le retour aux monnaies nationales est un exercice plus facile que le lancement de l’euro puisqu’il s’agit de revenir à la situation d’il y a une dizaine d’années. En outre, il y a des précédents, en Tchécoslovaquie, ou dans l’ancienne URSS qui montrent tous que la chose est à la fois relativement simple et peu coûteuse selon les mots même de partisans de l’intégration européenne. Nous sommes loin des tableaux apocalyptiques présentés par certains.

Le jour J de l’annonce (après concertation avec nos partenaires), les marchés devront être fermés pour une à deux semaines pour permettre la réintroduction du franc dans les systèmes informatiques. Il faudra également instaurer un contrôle des changes et restreindre les mouvements de capitaux pour limiter la spéculation. La dette publique pourrait être convertie en francs au taux de un euro égale un nouveau franc mais ce ne serait pas forcément utile étant donné que la parité du franc avec l’euro serait stable.

Puisqu’il faudra jusqu’à six mois pour imprimer les nouveaux billets et battre les nouvelles pièces, nous aurons une période de transition. Comme en 1958, lors du passage au nouveau franc, et comme ce qui a été fait en Tchécoslovaquie en 1993, les billets en euros seront marqués  en nouveaux francs et, au bout de quelques jours, seuls les billets marqués en nouveaux francs pourront être utilisés. Pour les pièces, nous pourrons utiliser celles avec une face Française.

Naturellement, les marchés réagiraient négativement dans un premier temps et que les taux longs montent, renchérissant théoriquement le coût de la dette. Mais la nouvelle autonomie de la politique monétaire Française permettra, en abrogeant la loi de 1973, à la Banque de France de financer le Trésor Public, comme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon, nous protégeant alors des humeurs du marché.

L’alternative de la monnaie commune

Le retour des monnaies nationales ne signifie pas une fin de toute politique monétaire européenne. Nous aurions intérêt à conserver l’euro comme une monnaie commune de réserve. Elle serait, comme avant 1999, une unité de compte composée de fractions des monnaies nationales. Ainsi, elle faciliterait le travail des entreprises du continent, d’autant plus qu’elle pourrait dépasser le cadre étroit de la zone euro.

En outre, le nouvel euro pourrait être un rival international du dollar comme monnaie de réserve. La France devrait proposer de reconstituer un Système Monétaire Européen, où les parités monétaires seraient fixes mais ajustables. De manière à respecter les souverainetés nationales, il conviendrait de laisser le dernier mot aux Etats pour dévaluer ou réévaluer leur monnaie, mais on pourrait imaginer un système de concertation de manière à favoriser la coopération entre les pays membres.

Pour les pays qui répondent à des critères objectifs (déficit commercial, monnaie surévaluée), la procédure de concertation serait accélérée. Pour les Etats dont la situation justifierait moins un changement de taux de change, la procédure de concertation pourrait être un peu plus contraignante, même s’il convient de laisser le dernier mot aux pays pour ne pas rentrer de nouveau dans les travers d’une construction supranationale.

L’Europe pourrait également mettre en place une Zone Européenne Financière (ZEF), en rétablissant un contrôle des changes pour mieux réglementer la finance. Ainsi, nous pourrions mieux nous protéger des crises financières venues d’ailleurs. Nous pourrions également instaurer une mise au banc des paradis fiscaux ou mettre en place une taxation sur les transactions financières dont les profits pourraient être partagés entre pays acceptant une fiscalité minimum, de manière à éviter la course au moins-disant fiscal.

Réponse aux objections

Malgré tout, beaucoup de questions vont subsister car les défenseurs de l’euro recourent aujourd’hui à la peur pour essayer de convaincre que le retour aux monnaies nationales serait un dangereux saut dans le passé ou l’inconnu, dont les conséquences seraient dramatiques.

L’objection des dévaluations compétitives

Cette objection est parfaitement légitime puisque le retour aux monnaies nationales permettrait notamment de revoir les parités entre monnaies européennes, et de dévaluer le franc par rapport au mark. Mais, tout d’abord, les dévaluations et les réévaluations au sein du SME dans les années 1970 et 1980 n’ont pas apporté la désolation, loin de là, puisque la croissance y était beaucoup plus forte qu’aujourd’hui.

Selon les chiffres de l’OCDE, la croissance annuelle de la France était de 2.3% dans les années 80, contre 1.5% dans les années 2000 (2.6 et 0.5% pour l’Italie, 2 et 0.8% pour l’Allemagne). Bref, que ce soit pour les pays qui dévaluaient comme pour ceux qui réévaluaient, cela ne semblait pas avoir d’effet négatif pour la croissance... D’ailleurs, beaucoup de pays ont recours à la dévaluation pour relancer leur économie.

En outre, alors qu’un régime de monnaie unique pousse à la compression des salaires, on peut argumenter que des changes ajustables sont plus favorables aux hausses de salaire. En effet, un pays dont les salaires progressent plus vite que ses voisins peut ajuster son taux de change pour regagner en compétitivité. En fait, la possibilité d’ajustement monétaire peut favoriser la progression des salaires (même s’il faut reconnaître que les dévaluations n’ont pas que des avantages).

Enfin, les mouvements monétaires resteraient limités, surtout pour la France, puisque si le franc perdrait de la valeur par rapport au mark, il en gagnerait  par rapport à la peseta ou à la lire. On peut parfaitement imaginer que le nouveau franc conserverait sa parité avec l’euro, le mark passant à 1,1 ou 1,15 euros mais la peseta et la lire tombant à 0,85 ou 0,9 euros. Bref, ce ne serait pas la révolution ou le chaos que certains décrivent, juste des ajustements bienvenus vu l’évolution des coûts salariaux.

L’objection de l’inflation

Certains agitent le spectre d’un retour de l’inflation. Mais si le prix des produits Allemands augmenterait, celui des produits Italiens, Espagnols, Portugais ou Grecs baisserait. Et même si le franc baissait par rapport au dollar, le regain d’inflation serait tout de même assez limité car plus de la moitié de notre commerce est réalisé en Europe, où le franc serait globalement stable.

L’objection du financement de la dette

Voici une autre objection forte. Même si à long terme, un retour aux monnaies nationales, en favorisant la croissance, devrait rassurer les marchés, il est probable que dans un premier temps, leur réaction soit très négative et qu’ils sanctionnent notre décision de sortir de l’euro, surtout si nous décidons de convertir notre dette publique autoritairement en franc pour éviter toute augmentation suite aux fluctuations monétaires.

Mais en quittant l’euro, nous retrouverons notre indépendance monétaire et il sera possible pour la Banque de France d’acheter les bons du Trésor pour éviter de payer des taux d’intérêts prohibitifs. C’est la politique que suivent les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Japon depuis des décennies. En outre, cela pourrait en partie compenser les pressions déflationnistes de notre économie.

Peut-on en sortir ?

La dernière question que l’on se pose est la possibilité légale de le faire puisque rien n’est prévu dans les traités européens, qui indiquent même que les pays qui n’en font pas partie sont destinés à le rejoindre un jour. Déjà, il faut souligner que la Grande-Bretagne, la Suède ou le Danemark ne semblent pas pressés de rejoindre la monnaie unique européenne, signe assez évident de ses limites.

Car bien au contraire, ces pays ont profité de leur indépendance pour laisser leur monnaie se déprécier afin de relancer la croissance. La Suède enregistre ainsi une croissance de 4% en 2010 et le Danemark de 2.2%, bien au-delà des 1.6% d’une zone euro tirée par la croissance des exportations Allemandes qui s’explique par le krach de 2009... La dépréciation de la livre a permis à la Grande-Bretagne d’amortir une crise qui aurait du être beaucoup plus sévère que sur le continent.

Et malgré les traités européens, la France peut de toutes les façons utiliser la convention de Vienne pour quitter l’euro. Nous aurions alors le même statut que les pays qui n’en sont pas membres. A ceux qui soutiennent qu’il vaut mieux affronter la mondialisation avec une grande monnaie européenne, on pourra rétorquer que la Suède s’en passe très bien, tout comme la Corée du Sud. Il n’a jamais été démontré qu’il fallait avoir une monnaie dépassant le cadre national pour croître.

Bref, le retour aux monnaies nationales ne serait pas si compliqué que cela et les plus sombres des objections ne résistent pas à l’analyse. Si tout ne serait pas simple, les bénéfices économiques feraient rapidement oublier cette parenthèse hasardeuse qu’aura été la monnaie unique.

Commentaires

1/La capacité de relibeller notre dette d'Euro en Francs n'existe pas. Nous ne detenons pas la dette, et ne pouvons par conséquent convertir qque chose qui ne nous appartient pas. Par ailleurs, si nous faisons cela unilateralement, le jour suivant nous devons nous declarer en défaut, parceque personne ne voudra nous refinancer.......en francs ou en Euros!
2/ Instaurer un contrôle des changes et des capitaux.... nous voila revenu au 19e siècle.... Historiquement les controles des changes sont liés à des periodes de fortes turbulences budgétaires, et pour éviter des dévaluations trop fortes de sa monnaie par rapport à une monnaie de reference (normallement le dollar). Cela n'est valable que si cela s'accompagne d'un controle extrème des importations exportations, autrement dit si vous mettez l'économie en coupe reglée. PAr ailleurs, vous devez instituer des barrières douanières si vous voulez que le contrôle des changes soit efficace.....Bonjour le retour en arrière pour des entreprises dont les marchés peuvent être majoritairement à l'étranger.....
3/ Les disparités en Europe entre les économies des Etats ne sont pas pire que les disparités entre Etats aux Etats-Unis.... ce qui nous manque c'est une volonté politique commune, et c'est cela que les marchés punissent aujourd'hui: cette espèces de federalisme économique avorté que nous n'avons jamais réussi à finaliser. Pas le fait que nous nous servions tous de l'Euro. Quant aux differences de financement entre Etats de la zone, nous revenons enfin à la normale, car enfin quoi de comparable entre la Grèce et l'Allemagne? Je signale que la facilité d'accès au crédit ou au financement est éminament variable entreprise par entreprise, même au sein d'une même industrie, et je ne vois pas en quoi cela serait différent pour les pays de la zone Euro.

Alors pas de mauvais jugement Laurent please, l'Euro est une avancée, qui ne s'est malheureusement pas soldé par la réation d'une vraie zone politique européenne, avec règles de transferts budgétaires, politique économique commune etc... Nous pêchons par notre incapacité a finir ce projet Européen. Notre erreur: croire que l'Euro allait faciliter l'Union politique. Il n'en est rien, l'independance des politiques nationales restant de mise, les cooperations exceptionelles.
Ne pas ceder à la facilité, personne n'a dit que notre Europe se ferait en un jour (celle des peuples), et nous avons des siècles de guerres et bagarres politiques à faire oublier avant d'avancer ensemble. Mettre à bas l'Euro est une erreur monumentale de ce point de vue, et si l'économie se portait mieux par la suite, je ne suis pas sur que nous en sortirions pour autant grandis.

Écrit par : kama | 18/12/2010

@Kama

Juste sur votre premier point..

Lorsque la dette, avant 2001, était libellée en francs, aucun des détenteurs n'a répondu "holà, il faut me payer en francs" lors du passage à l'euro; les comptables ont transformé les francs en euros ... la ce serait pareil (et dans le cas proposé par Laurent, ce serait encore plus simple; même pas de division à faire; 1€ = 1FF ).

De la même manière la dette est française et les investisseurs ont intégré le fait (dans les taux) que la France transforme sa dette d'euros en francs (ou d'euros en drachmes pour la Grèce) .
D'ailleurs que feraient-ils si l'euro disparaissaient ... ils demanderaient aussi d'être remboursés dans une monnaie qui n'existe plus ?

Pour le moment la France ne rembourse pas sa dette sur sa trésorerie; elle demande à chaque fois que des obligations arrivent à échéance à d'autres investisseurs de rembourser les anciens en rachetant de nouveaux titres de dette. La dette ne nous coûte "qu'en dette" (bon, ce n'est pas tout à fait exact, les bonnes années nous avons participé à payer quelques intérêts.. mais je ne vais pas rentrer dans les détails), donc seuls les détenteurs (privés) de la dette vont nous demander le remboursement direct si de nouveaux investisseurs ne se présentent pas ou que nous n'acceptions pas leurs conditions de taux; vont-ils nous envoyer les chars d'assaut, ces banques, ces assurances vie et fonds de pension qui détiennent la dette ?
Non évidemment, ils négocieront et accepteront les francs à défaut de rien.

Écrit par : A-J Holbecq | 18/12/2010

@ Kama

1/ Un Etat fait ce qu'il veut. Après, il faut gérer les conséquences. L'Argentine nous l'a bien montré et cela les a sorti du chaos d'une union monétaire rigide avec le dollar...

Plus sérieusement, cette piste est confirmée par beaucoup d'économistes. The Economist, qui a pourtant pris position en faveur de la monnaie unique, évoque ce scénario en cas de sortie. In fine, je crois que cela explique aussi en bonne partie les écarts de rémunération entre les emprunts d'Etat (les investisseurs ne peuvent pas demander 300 points de base de plus à un Etat par rapport à un autre sans intégrer du risque). Ils ne peuvent pas avoir la rémunération du risque et ne pas l'assumer.

Bien sûr que les marchés réagiraient mal. Je n'ai jamais dit le contraire. C'est pour cela, que, comme on peut imaginer que le nouveau franc resterait à parité avec l'euro, il ne faudrait pas forcément passer par là.

Et nous pourrons toujours nous financer par la Banque de France, comme le font les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou le Japon, ce qui, de toutes les façons, serait sans doute plus normal.

2/ Trop facile de renvoyer au passé. Ce n'est pas un argument. Joseph Stiglitz ou Paul Krugman ont montré que le contrôle des capitaux a permis à la Malaisie de traverser la crise asiatique de la fin des années 90 beaucoup mieux que ses voisins. Ils ont montré le rôle fondamental jouer dans cette crise par les capitaux spéculatifs qui ont destabilisé ces économies. D'ailleurs, la Chine maintient un contrôle des mouvements de capitaux.

Je crois que c'est ce que l'Europe devrait mettre en place. Après tout, pourquoi les capitaux devraient pouvoir circuler en totale liberté. Il y a beaucoup de conséquences néfastes, notamment en matière de recylage d'argent sale. Enfin, les barrières douanières de la Chine ne semblent pas freiner son développement (comme avant le Japon ou la Corée du Sud).

3/ Là, je vous invite à lire mon autre papier. La zone euro n'a rien à voir avec les Etats-Unis. Ce n'est pas une Zone Monétaire Optimale. Mais les partisans de l'euro le reconnaissent aujourd'hui. Il n'y a ni mobilité des travailleurs, ni budget commun, ni convergence économique, contrairement aux Etats-Unis. Il n'y a pas de langue unique ni même d'organisation économique transnationale (les pays restent les unités de décision sur les marchés).

Et ce n'est pas un fédéralisme budgétaire (de toutes les façons improbable) qui viendrait changer quoi que ce soit car tous les autres facteurs ne seraient pas vérifier. Des économistes favorables à la monnaie unique ont démontré que la Tchécoslovaquie n'était pas devenu une Zone Monétaire Optimale après plus de 70 ans de vie commune, sur un petit territoire et avec un joug dictatorial. Alors, l'UE...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 18/12/2010

On ne voit absolument pas l'intérêt de sortir de l'euro pour retourner dans un régime de parités fixes mais ajustables...

Écrit par : edgar | 18/12/2010

@ Edgar,

Tu préfères un système de changes flottants où ce sont les marchés qui évaluent les parités monétaires, avec leurs humeurs et leurs excès ?

A titre personnel, je crois que la monnaie est quelque chose de trop important pour confier son évaluation aux marchés. Pour moi, les parités doivent être fixées par les Etats et rester donc fixes entre deux ajustements. Les ajustements doivent pouvoir être décidés de manière souveraine par les Etats.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 18/12/2010

« la parité du franc avec l’euro serait stable. »
« Naturellement, les marchés réagiraient négativement dans un premier temps »
Il y a comme une contradiction entre ces 2 phrases. Comment pouvez-vous affirmer que la parité franc/euro serait stable, même à moyen et long terme ?

Écrit par : Albert | 18/12/2010

« la parité du franc avec l’euro serait stable. »
Si vous voulez revenir au franc, c’est pour pouvoir dévaluer, donc la parité ne sera pas stable.

Écrit par : Albert | 18/12/2010

Il n'y a aucune bonne raison de souhaiter que ce système de parités ajustables reste au niveau européen. En décider ainsi, c'est se vouer de nouveau à l'impuissance puisque l'europe ne s'attaquera jamais au statut du dollar. on aurait donc une zone europe légèrement assouplie toujours tributaire du couple dollar-yuan.
La france doit sortir de l'euro, plaider pour un bretton woods mondial et, en attendant, peut parfaitement taxer les biens importés provenant de pays à la monnaie sous-évaluée. Là on a à la fois un objectif de long terme clair et une position de court terme tenable.

Écrit par : edgar | 18/12/2010

Edgar

Je suis d'accord " Il n'y a aucune bonne raison de souhaiter que ce système de parités ajustables reste au niveau européen. ".
Je pense qu'un "euro commun" (que je voudrais bien voir appelé autrement) , et puisque la parité des monnaies nationales serait "politiquement négociée" ( par exemple -et ce n'est qu'une idée dont j'aimerai débattre -en fonction du rapport de la balance des paiements par habitant, pour approcher l'idée de la Charte de la Havane de l'équilibre des balances entre nations), on pourrait très bien y intégrer progressivement toutes les monnaies, en commençant par toutes celles du pourtour méditerranéen.. et pourquoi pas la livre sterling ;)

Écrit par : A-J Holbecq | 18/12/2010

AJH : si tous les pays commencent à taxer les pays dont la monnaie est dévaluée par rapport à des calculs de parité de pouvoir d'achat, de fait, la parité de pouvoir d'achat peut s'imposer comme principe de régulation des changes.
Défendons d'abord cette idée, on verra ensuite où elle trouve le mieux à s'appliquer. C'est perdre du temps que de chercher à reconstruire quelque chose en Europe.

Écrit par : edgar | 18/12/2010

@edgar

Je ne parlais pas de la parité de pouvoir d'achat mais des soldes de balance des échanges extérieurs ( http://tinyurl.com/2b44z7j ).

Ceci dit je suis d'accord. Il vaudrait mieux quitter l'euro ET l'U.E. c'est à dire en fait dénoncer tous les Traités qui nous ligotent, pour ensuite accepter ce qui nous arrange. Que j'envie les Suisses!

Pour info, les soldes par habitant (référence Banque Mondiale pour 2009) des échanges extérieurs sont les suivants (et quand on voit cela on comprends bien que la zone euro est une foutaise !):

Classement décroissant

4615 Luxembourg
1958 Pays Bas
1578 Allemagne
797 Autriche
493 Finlande
93 Belgique
-183 Slovénie
-392 Slovaquie
-577 Malte
-637 France
-847 Italie
-1111 Irlande
-1309 Espagne
-1624 Chypre
-1698 Portugal
-2519 Grèce

Écrit par : A-J Holbecq | 18/12/2010

@ Albert,

La réaction des marchés se verrait sur les taux d'intérêt des Bons du Trésor.

En revanche, pour les parités, je maintiens. On peut imaginer que le mark s'apprécierait de 10/15% par rapport au franc mais que la peseta, la lire, le drachme et l'escudo baisserait de 10/15% par rapport au franc, ce qui laisserait notre monnaie à un point d'équilibre. Du coup, il n'y aura pas dévaluation par rapport à l'euro, mais seulement par rapport au mark.

1 nouveau mark = 1,1/1,15 euro
1 nouveau franc = 1 euro
1 nouvelle lire / peseta... = 0,85 / 0,9 euro

@ Edgar,

Ai-je dit qu'il fallait le limiter à l'Europe ? Non. Mais il sera plus facile à construire d'abord en Europe pour après le proposer au reste du monde. L'Europe pourra nous servir de laboratoire pour proposer un nouveau Bretton Woods.

Soit dit en passant, il sera plus simple de faire tomber le monopole du dollar en conservant une monnaie commune de réserve (l'euro) et en s'entendant avec la Chine pour pousser l'idée d'un substitut au dollar (éventuellement des DTS).

Et puis, j'ai toujours été favorable au protectionnisme commercial et à des droits de douane compensateur (pour les différences monétaires, salariales, sociales et environnementales), ce qui est également la position de DLR.

@ A-J H

Merci pour l'info. Après, il faudra que le système respecte bien les souverainetés nationales.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 18/12/2010

@Laurent
Je te l'avais envoyé par courriel il y a 3 jours avec un calcul de parités possibles ;)

Écrit par : A-J Holbecq | 18/12/2010

A Kama. L'euro une bonne chose, l'indépendance de la BCE une bonne chose, le libre-échange intégral une bonne chose selon vous. Hum, j'ai l'impression que vous devriez cesser de rêver ou de céder aux tentations des sirènes hallucinogènes européistes et redescendre sur terre... En effet, vos idées euro-mondialistes sont appliquées depuis des années et nous pouvons chaque jour en constater la nocivité et les dégats. Pour ma part le fait que la France devienne la Louisiane du continent européen ne m'enchante guère. Cordialement.

Écrit par : J-J. Saldat | 18/12/2010

Bonsoir,

l'un d'entre vous, A-J Holbecq peut-être, pourrait-il m'expliquer ce que vous entendez par monnaie de réserve ? En fait, je ne comprend pas bien la notion de monnaie commune.

Merci d'avance

Écrit par : Tomgu | 18/12/2010

@ Hollbeck et Pinsolle

Bon, je résume brièvement : Le retour au franc est inévitable autant que nécessaire et la volonté d'éviter le marasme revient à tenter une quadrature de cercle.

Le débat est parti dans des considérations techniques, pour lesquelles les simples commentaires ne suffisent plus.

Laurent, avez vous déjà pensé à une plateforme collaborative de type XOOPS pour ouvrir les comptes et publier des choses complètes et appuyées? Documents + images .

PS. Pendant ce temps, ça tourne au vinaigre :

http://www.courtier-or.fr/int/index.php/126-les-grecs-la-planche-a-billets-et-athex.html

La situation est en train d'évoluer plus vite que prévu.

Écrit par : courtier-or | 18/12/2010

@Tomgu

Les monnaies de réserves sont les monnaies que gardent les Banques Centrales en réserves de change (disons que ce sont des devises de référence, par exemple, dollars, euro, yen, franc suisse) .

L'idée c'est que chaque pays (de la zone euro) revienne à sa monnaie nationale laquelle verrait sa parité définie par rapport à une "monnaie commune" (qui serait donc une "monnaie de réserve" ou plutôt une unité de compte, servant aux échanges entre Banques Centrales des pays de la zone "monnaie commune" ou contre d'autres devises).

Pour éviter que des "petites monnaies" (les monnaies nationales) puissent se faire malmener par les marchés spéculatifs, elles ne seraient échangeables (convertibles) que contre la "monnaie commune" qui serait donc la seule négociable sur les marchés financiers; représentant la somme de plusieurs économies elle serait plus solide.

Les échanges internationaux n'auraient lieu que dans cette monnaie commune, un peu comme l'était l'ECU. http://fr.wikipedia.org/wiki/European_Currency_Unit

La différence fondamentale avec l'ECU c'est que chaque monnaie nationale aurait une parité fixée, alors que pour l'ECU chaque monnaie nationale était considérée à sa valeur de marché, même s'il y avait des mécanismes d'équilibrage et de défense -par les autres Banques Centrales- lorsqu'une des monnaies était "attaquée".

Évidemment cette "monnaie commune" n'étant existante que dans les comptes des Banques Centrales il n'y aurait pas de possibilité pour un particulier ou une entreprise de détenir un compte en "monnaie commune" ni d'effectuer des transaction en billets de banque de cette monnaie lesquels n'existeraient tout simplement pas.

J'espère avoir été clair.. n'hésitez pas si ce n'est pas le cas.

Écrit par : A-J Holbecq | 18/12/2010

@A-J Holbecq : "L'interdiction de l'endettement des Etats pour financer le fonctionnement est souhaitable (sauf situation exceptionnelle)."

Je n'exclue pas les situations exeptionelles, une bonne rêgele serait la majorité qualifiée, à la fois elle permet l'endettement pour les situations exeptionelles et empécherais l'endettement continue pour cause de gabegie.
Cette rêgle aura certainement du succes, par le simple fait qu'elle permet à l'opposition d'emmmerder la majorité en cas de dérapage...

Je propose celà pour compenser l'irresponsabilité institutionelle des politiciens exactement comme je propose de limiter l'endettement des banques par la responsabilité compléte des actionnaires sur leurs bien propres. Il ne me sembles pas là y avoir d'anti-étatisme, juste du bon sens.

Les musulmans par exemple ont une mauvaise rêgle qui leur interdit en principe le crédit. Nous avons aussi de mauvaisses rêgles inverse qui le facilitent avec exces. Ils faut simplement les corriger, le crédit est un outil formidable.


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@Laurent:"Vous noterez dans le papier d'aujourd'hui que je suis favorable au contrôle des mouvements de capitaux"

Vous n'aurez pas le choix, les gens saint d'esprit fuient toujours les politiques incensées. Ce simple fait devrait vous aleter sur la justesse de vos autres positions...


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@Greg le prolétaire:"la cotation des métaux seraient forcément stable : on se demande bien pourquoi...stupide d'un rentier..."

Rentier ! et vous ? flambeur avec le travail des autres.

Les métaux s'apprécient au fur et à mesure qu'ils se monétisent. Le reste du temps, c'est votre fausse monnaie qui s'éfondre. Ils ne se stabiliseront que lorsque leur usage sera généralisé (ce que j'espere).


@:"- postulat 2 : l'information est parfaite : c'est toujours le même gag"

gag excelent en effet, vous tenez ça d'un néo-kénésien ou d'un monétariste sur le retour ?

Pour moi comme Autrichien, l'information est rare, couteuse et disperséee dans 7 milliards de cervaux.
Si les banques centrales sont nombreuses, c'est précisément parce qu'elle détruise le systéme des prix, meilleur moyen connu de véhiculer cette information précieuse.


@:"ainsi chaque matin, et à chaque minute, chaque citoyen, chaque commerçant connaîtrait exactement le cours de cotation de l'or, l'argent ou le cuivre"

Voilà exactement le genre de phobies ridicules pour des non problémes qui ont des solutions simplicimes. Vous vous noyez dans un vers d'eau.


@:"il y avait une valeur faciale fixe correspondant au départ à la quantité de métal incorporé"

Non sauf depuis le 19e, c'est d'une utilité discutable pour une population souvent analphabete (noblesse comprise).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_d%27Ancien_R%C3%A9gime
Nos ancetres avaient la "livre tournois/Sterling" ils riraient grassement à vous lire.


Les monnaies marchandises sont cottées au fixing (1 foi/jour) avec leur prime. A la différence des matiéres premieres qui les constituent.

Je n'ai jamais trouvé pertinante l'acharnement de Allais contre la cotation continue. Avec les ordres variés d'achat/vente, c'est un trés bon systéme.


@:"les cotations n'étaient pas à la seconde"

Non mais ça devait marchander sec dans les foires, à mon avis le cours du tapi devait être coté en continu.

@:"c'est toujours le point le plus drôle cette ignorance du fonctionnement des marchés ... Ces libéraux à la Alf sont comme les ex communistes : si ça ne marche pas, c'est que l'on est pas allé assez loin !"

Les communistes ont assassiné 100 millions de personnes et mis 1,5 milliards d'autres en esclavages par haines des "riches", merci d'éviter ce genre de remarque.

Écrit par : Alf | 18/12/2010

oups j'ai posté ce commentaire par erreur "Écrit par : Alf | 18.12.2010 ".

Écrit par : Alf | 18/12/2010

@ Laurent :"L’Europe pourrait également mettre en place une Zone Européenne Financière (ZEF), en rétablissant un contrôle des changes pour mieux réglementer la finance. Ainsi, nous pourrions mieux nous protéger des crises financières venues d’ailleurs. Nous pourrions également instaurer une mise au banc des paradis fiscaux ou mettre en place une taxation sur les transactions financières dont les profits pourraient être partagés entre pays acceptant une fiscalité minimum, de manière à éviter la course au moins-disant fiscal."

BRAVO !!!
BRAVO !!!
BRAVO !!!

je propose 50% minimum d'impôts, ainsi tous les pays devront s'aligner sur l'insondable médiocrité du personnel politique français, sérail et anti-sérail compris.

Je propose aussi d'obliger les Suisse à dégrader la qualité de leurs services publiques et de leur infrastructures pour éviter de nous faire injustement concurence.

Et puis cette "démocratie directe" qui asservit les hommes politiques, c'est proprement insupportable.

Elle à une tête de GAGNANTE la France que vous nous préparez !!! Par votre grâce mon patriotisme refleuri.

BRAVO !!!
BRAVO !!!
BRAVO !!!

Écrit par : Alf | 18/12/2010

@ A-J Holbecq

Merci pour votre explication.
Cela signifie-t-il que le commerce extérieur se fera pas le biais de l'euro, c'est que les Etats-Unis par exemple achèteront en euros et non en Franc ?

Écrit par : Tomgu | 19/12/2010

@Tomgu

Ils achèteront "en francs" et paieront en dollars ou en euros; l'exportateur étant crédité de la contre valeur en francs qui vaudrait par exemple 0,9 euro commun.
Mais c'est le cas actuellement... lorsqu'un exportateur touche des dollars, la banque commerciale se contente de créer la monnaie en euro correspondante (la banque monétise - en euro - les devises reçues et augmente donc la masse monétaire en euros) . Dans notre cas la banque augmenterait la masse monétaire en FF

Écrit par : A-J Holbecq | 19/12/2010

Beaucoup "d'absences" dans cet article...

Aussi je vous propose un autre type d'analyse : "À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…" : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-27-a-ceux-qui-pronent-un-retour-au-franc-et-aux-autres-qui-manquent-d-arguments-pour-leur-repondre-63107665-comments.html

Écrit par : Incognitototo | 20/12/2010

> Laurent

Il me semble que ton argument souffre d'un angle mort, c'est l'opportunité de dévaluer pour un pays comme la France, l'ampleur de la dévaluation et ses effets possibles. Je ne suis pas du tout convaincu que la dévaluation constitue une solution miracle. Pour des pays largement déficitaire comme l'Espagne, le Portugal, la Grèce ou même l'Italie, la nécessité est évidente. C'est la seule condition pour retrouver un peu de compétitivité et pouvoir rééquilibrer leur balance courante autrement que par la purge d'austérité.

En revanche les chiffres donné par André-Jacques montre bien que le déficit de notre balance courante n'a rien d'extraordinaire. Même si notre pays est très désindustrialisé, le déficit commercial est compensé par les revenus tiré du tourisme. Notre déficit de la balance courante n'est que de l'ordre de 1% du PIB. Si on dévalue, on regagnera un peu de compétitivité, mais :

1- Rien n'indique que la perte de compétitivité de la France en matière industrielle s'explique principalement par un problème de coût. Rappelons en effet que le coût du travail dans l'industrie n'a pas grand chose de différent de celui des allemands.

2- Le moteur de notre économie est essentiellement la consommation et peu sur les exportations. La dévaluation pèsera fortement sur le pouvoir d'achat, ce qui cassera le peu de croissance qui reste. Les emplois industriels ne représente chez nous que 12% des actifs. Même si la dévaluation redonnera de l'air à l'économie productive elle pèsera sur l'économie résidentielle où se situe l'essentiel des emplois.

Il faut faire attention à ne pas assimiler la situation de la France à celles de pays en situation de banqueroute virtuelle.

Écrit par : Malakine | 21/12/2010

D'accord globalement avec Malakine. Je pense que c'est plus vers un protectionnisme contingentaire qu'il faudrait se tourner.
Mais il faudrait surtout changer de paradigme et arrêter de se dire "on ne peut pas le faire, on n'a pas d'argent !"

J'espère que vous aurez le temps de lire ce papier de Daniel Favre et Philippe Foucou (symposium écrit, 9° livraison, août 1995, Institut de la Méthode, Bienne – CH) dont je me suis beaucoup inspiré dans toutes mes réflexions monétaires et économiques.
http://www.societal.org/docs/favre-foucou.pdf

Écrit par : A-J Holbecq | 21/12/2010

"Le jour J de l’annonce (après concertation avec nos partenaires), les marchés devront être fermés pour une à deux semaines pour permettre la réintroduction du franc dans les systèmes informatiques"

1/ Cette phrase decrédibilise totalement vos propos
2/ Montre votre deconnection totale des réalités du marché...

Écrit par : Billy | 26/12/2010

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