25.01.2011
Nicolas Sarkozy décrit l’agenda de son G-Vain
Hier, Nicolas Sarkozy a tenu une conférence de presse sur les questions internationales, histoire de se présidentialiser un peu plus. Outre les sujets d’actualité récente, il a longuement développé son agenda de réforme du capitalisme. Pas de révolution en vue…
De l’ambition à la sobriété
Il y a encore peu de temps, Nicolas Sarkozy parlait de nouveau Bretton Woods et de la nécessité de refonder un capitalisme qu’il convenait de moraliser. Il n’avait pas de mots assez durs contre les spéculateurs, les banquiers ou les paradis fiscaux. Le président de la République, qui préside le G20 cette année, assurait que grâce à son action, le cas de ces trous noirs de l’argent sale avait été traité. Las, déjà sur ce sujet, il pêchait une nouvelle fois par fanfaronnade.
Comme le montre bien Hervé Nathan, Nicolas Sarkozy a de lui-même considérablement réduit les ambitions pour cette année 2011. Les trois priorités fixées par la présidence Française n’étaient pas inintéressantes (réforme monétaire, règles sociales pour la mondialisation, maîtrise des prix agricoles), mais alors qu’il se met au travail, il abandonne le lyrisme devant la petitesse de ce qu’il s’apprête à réaliser. Nous sommes bien loin des accents de 2008-2009.
La régulation ultralégère
Sur les questions monétaires, si certains problèmes sont bien analysés, pas une réponse sérieuse n’est proposée puisqu’il n’y a pas de remise en cause du dollar ou de la libre-circulation des capitaux et que la mise en place d’une taxe sur les transactions financières est exclue en solo. Comment ne pas halluciner en constater que l’agenda se limite à l’établissement de « critères du déséquilibre » ? Pas besoin de réfléchir aussi longtemps : les balances des paiements sont un bon indicateur…
De même, vouloir instaurer des règles sociales au sein du G20 est totalement illusoire. Déjà que les pays européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le sujet, alors mettre l’Europe et la Chine d’accord est inimaginable. Enfin, sur les prix agricoles, il propose une régulation de la spéculation dont on se doute qu’elle ne sera pas bien sévère et une plus grande transparence des stocks. Bref, ce n’est pas ce G20 qui va mieux encadrer l’anarchie économique actuelle.
Par-delà le retour à la réalité soudain de Nicolas Sarkozy, il est triste de constater à quel point les leçons de la crise n’ont pas été retenues. Rien ne sera fait avant une nouvelle crise. Cela démontre également les limites des forums trop importants pour réformer quoique ce soit.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, g20, conférence de presse, hervé nathan




Commentaires
Depuis 2008 on sait bien que Nicolas Sarkozy n'est un réformateur du système capitaliste et financier dérégulé qu'en paroles. Toute son action et ses analyses ne s'inscrivent que dans ce cadre qui est en crise profonde, autant demander à un alcoolique une loi antialcoolisme !!!
Écrit par : cording | 25.01.2011
Il n'y a rien à attendre des Etats tant que les populations ne se décideront pas, de façon très majoritaires (et pas seulement à 51 %), à changer les orientations majeures de la politique économique et de ce qui va avec. Les référendums d'il y a six ans ont déjà témoigné d'une volonté de changement, peut-être encore confuse. La désagrégation industrielle et financière en cours va imposer des mises en cause plus nettes, dans un contexte plus grave. Il faut se préparer à des changements brutaux, avec, au premier chef, la déconstruction européenne. L'exemple islandais montre, tout comme mai 81 en France, que la brutalité est tout à fait compatible avec les usages démocratiques. Encore faut-il travailler à la pérennité du changement.
Écrit par : Marsault | 25.01.2011
@ Cording : complètement d'accord. Que du bla-bla !
@ Marsault : clairement, cela montre également l'inutilité de ces grands cénacles où soit le plus petit dénominateur commun ne permet pas d'avancer soit la coupure avec les réalités font prendre les mauvaises décisions.
Seuls les Etats, seuls ou en une petite association, peuvent agir de manière déterminée et suffisante.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 25.01.2011
...
Sorti des média français aux ordres, tout le monde se fout royalement de ce que dit ce type.
"G Vain"
Au font vous semblez regretter qu'il soit "Vain", dé lors qu'ils s'agit de vos croyances vous avez une attirance spontanée pour un pouvoir central mondial, c'est le trait de tous les néo-socialistes.
Alors qu'un libéral cherche par la concurrence le fractionnement maximum de tous les pouvoirs économiques comme politiques, les étatistes de tous poils ne rêvent qu'à le concentrer.
Écrit par : Alf | 26.01.2011
@ Alf
On écrit au fond et dès lors !
Le libéralisme est une pensée complexe et subtile qu'il ne faut pas laisser entre les mains des libéraux sinon ils ne font que des bêtises comme depuis 30 ans.
Un libéralisme non régulé produit des monopoles privés et engendre à un rythme irrégulier des crises celle de 2008 étant la plus forte et majeure depuis 1929.
Pour en sortir il faudra de nouveau réglementer l'économie et surtout la finance: aux US cela passe par des lois anti-trust et en France par des nationalisations-sanctions pour empêcher les banques de faire n'importe quoi avec la garantie d'être sauvé par l'intervention publique qu'on ne cesse de vilipender en temps ordinaire. Cela passe aussi par la reconstitution des services publics au service du citoyen par des tarifs bas en contrepartie d'un monopole: France -Télécom, La Poste, EDF, GDF et certaines banques resteront nationalisées longtemps pour donner à la puissance publique les moyens d'une politique industrielle.
Écrit par : cording | 26.01.2011
@ Alf
Vous n'avez pas du tout compris ma pensée alors ! Je ne souhaite en aucun cas un gouvernement mondial. C'est vraiment quelque chose auquel je suis totalement étranger.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 26.01.2011
@cording:"On écrit au fond et dès lors !"
Si mon orthographe ne vous plait pas allez vous plaindre à l'éducation nationale, nulle, couteuse, soviétique et obligatoire dont vous êtes visible ment un fieffé défenseur.
@cording:"Un libéralisme non régulé produit des monopoles privés et engendre à un rythme irrégulier des crises celle de 2008 étant la plus forte et majeure depuis 1929."
Mais de quoi parlez vous ? Un libéralisme sans règle ça n'existe pas.
La première d'entre elle est "Le droit de propriété/ne pas voler", vous connaissez ?
"Le respect de ses engagement/contrats/promesses" vous connaissez ?
"la propriété de sois, ne pas tuer/torture/violenter" vous connaissez ?
et quelques autres forgées par des siècles de jurisprudences des 10 commandements au bill of right en passant par le droit romain.
La dure tâche des libéraux et de protéger ces règles naturelles à l'espèce humaine contre les satrapes socialistes aux nombre des quels un très grand nombres de français incultes par fainéantise intellectuelle, ouvrez un bouquin de Hayek ou de Hume, je ne peu rien faire de plus pour vous.
@Laurent Pinsole:"Je ne souhaite en aucun cas un gouvernement mondial"
J'entends bien mais si je m'en tien à vos seules 18 proposition, 4 au moins nécessites un gouvernement mondiale, il en suffit d'une...
C'est l'éternel problème des socialistes comment tout réglementer si les gens peuvent fuir/esquiver leurs idées "géniales".
Écrit par : Alf | 26.01.2011
@cording
j'oubliais, avant de proposer d'autres sévices publiques, jetez juste un oeuil au budget de l'Etat les rapports de la cours des comptes sont en ligne.
Vos monstres gloutons ne tiennent que par l'argent des marchés que vous vous apprêtez à ne pas rembourser. Attention la gueule de bois.
Écrit par : Alf | 26.01.2011
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