18.02.2011

La France manque aux pays arabes

D’une part, on ne peut que se réjouir du processus de révolution démocratique qui s’empare de la quasi-totalité des pays arabes, en espérant qu’il se passe bien. De l’autre, alors que certains manifestent en Français, comment ne pas regretter que notre pays ne soit pas plus présent ?

Le besoin de France

Après le départ de Ben Ali et Moubarak, la tache d’huile de la révolution démocratique s’étend de plus en plus. L’Algérie, la Lybie, le Yémen, la Syrie, la Jordanie ou le Bahreïn connaissent aujourd’hui des troubles qui rappellent les premières heures des soulèvements Tunisien et Egyptien. Nous assistons peut-être à un mouvement historique de démocratisation qui fera fortement avancer les idées de liberté dans le monde. C’est un message d’espoir immense sur la nature de l’homme et son destin.

Et la France pourrait jouer un rôle bien plus important. En effet, comme le rapporte Slate, il y a une envie de France dans les opinions publiques arabes, un besoin de notre pays comme un facteur d’équilibre dans une région où l’image des Etats-Unis reste très ambivalente. Notre pays est le modèle de démocratie pour 47% des sondés, le pays qui joue le rôle le plus constructif au Proche-Orient pour 30% et le pays que les sondés aimeraient avoir comme super-puissance.

L’immense gâchis de Nicolas Sarkozy

Quand on examine ces résultats, comment ne pas se désoler devant la timidité de notre diplomatie ? Bien sûr, l’ingérence est d’autant plus à proscrire que nous sommes l’ancienne puissance coloniale de certains de ces pays. Mais entre un activisme néo-colonialiste et déplacé et l’inaction, il y a des alternatives… La France doit prendre la parole plus fermement pour réaffirmer nos idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité et aider tous les pays qui prennent la direction de la démocratie.

Nous sommes à la croisée des chemins, à un moment où la France peut accompagner le monde arabe dans sa construction historique. Mais rien ne se passe. On voit bien que l’Union Pour la Méditerranée du président n’est qu’un machin de plus totalement inutile. Pourtant, nous devrions aujourd’hui discuter avec l’Italie et l’Espagne pour mettre en place un plan pour aider la transition démocratique de la Tunisie et de l’Egypte, au contraire de ce que nous avons fait avec les pays d’Europe de l’Est.

Au début des années 1990, comme rapporté par Joseph Stiglitz, nous avons imposé une transition économique brutale aux anciens pays communistes alors que nous aurions du leur tendre la main et les aider, avec un plan Marshall pour faciliter la transition et éviter d’inutiles traumatismes. Ce que nous n’avons pas fait pour les anciens pays communistes, nous pourrions le faire aujourd’hui avec les pays arabes. Voilà ce que pourrait être l’apport de la France à cette belle révolution.

Jacques Chirac a brillamment entretenu la politique arabe de la France pendant ses mandats. Aujourd’hui, la France pourrait retrouver un rôle majeur dans cette région. Mais il faudrait pour cela avoir des hommes d’Etat à sa tête. Malheureusement.

Commentaires

Une monnaie commune intégrant les monnaies nationales (non convertibles) des pays du pourtour de la méditerranée...

Mais on pourra aussi, lorsque nous aurons repris notre pouvoir monétaire, envisager un "plan Marshall" au bénéfice de ces États.

Écrit par : A-J Holbecq | 18.02.2011

A lire l'article

"Le président de cet Etat occupe la sixième place des les leaders les plus admirés par l’opinion publique arabe. Cité par 6% des personnes interrogées, il arrive après le Turc Recep Tayyip Erdogan (20%), le Brésilien Vénézuelien Hugo Chavez (13%) et l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad (12%) mais presqu’à égalité avec le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah (9%) et le Syrien Bashar al-Assad (7%). "


ça donne une idée assez claire du type de régime politique que l'opinion public arabe juge bon et au passage ça ne rassure pas sur la qualité de la "démocratie" en france.

"démocratie" que les français commence confusément à voir sous sa vraie nature.

Mais les français, comme les arabes n'ont manifestement pas une idées très claire de la façon d'améliorer les choses dans leur pays.

Je crois que ceux qui rêvent d'une démocratie en Égypte et même en Tunisie, se fourrent le doigt dans l'œil jusque la ou vous savez.

Écrit par : ALF | 18.02.2011

@ALF

C'est vrai que la solution de facilité serait de trouver un autre autocrate qui continuerait à vendre son pays aux différents intérêts étrangers et à lui-même.

Mais, enfin, les égyptiens peuvent aussi refuser l'"aide" américaine, augmenter le prix du passage sur le Canal, tout en luttant contre la corruption et en réduisant une armée et une police pléthorique et inutile.

Au moins, aujourd'hui, ils ont le choix. Je croyais que c'est ce que nous réclamions pour nous-mêmes sur ce blog.

Écrit par : noeuddechaise | 19.02.2011

@noeuddechaise

85 ans se sont écoulée en France entre l'ancien régime et la 3e république, il a fallu 80 ans de plus pour que les partis politique réclament le retour à la monarchie n'ai plus de force. Au milieu on a eu plusieurs constitutions des massacres et deux guerres mondiales qui ont changées la face du monde. Et encore as t'ont fait le bon "choix" parmi ceux qui s'offrent ?

Les peuples ont des Oeilléres, on en a un peu moins que la moyenne si l'on a fait du droit comparé ou que comme moi on s'est passionné en amateur pour divers systèmes constitutionnels (notamment le suisse qui pour moi est la perle de la civilisation).

On le comprend en lisant Tocqueville, il n'y a rien qui ressemble plus à la France d'aujourd'hui que la France de 1800.

L'avenir proche en Afrique du nord, c'est le changement de kalif, avec un peu de chance moins brutal que le précédent.


Je citerait Herbert SPENCER 1848

"La France ne cesse de démontrer au monde depuis 3 générations que, s'il est une chose impossible, c'est d'altérer les caractères essentiels d'une organisation sociale, au moyen de réarrangement effectués révolutionnairement.
Quelque grande, que puisse sembler pour un temps la transformation, le type original reparait toujours sous le déguisement dont on l'a affublé.
D'un gouvernement libre de nom sort un nouveau despotisme. La bureaucratie fleurie sous tous les régimes, impérial, constitutionnels ou républicains. Les ministres passent, les empires tombent, les bureaux restent."

Écrit par : ALF | 19.02.2011

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