27.02.2011
La fin de l’euro commence-t-elle à Dublin ?
Les élections législatives Irlandaises ont paradoxalement très peu attiré l’attention alors que l’avenir de la monnaie unique se joue peut-être ici. Les partis qui vont former le gouvernement ont en effet promis de renégocier le « plan d’aide » européen. Un bras de fer décisif devrait commencer.
Une révolte démocratique
Nous ne sommes pas encore dans la situation de l’Islande, mais l’Irlande devient un nouveau foyer de trouble pour la zone euro. En effet, le Fianna Fail au pouvoir a connu une déroute historique, puisqu’il devrait passer de 73 sièges (sur 166) à seulement 20. La majorité devrait être composée du Fine Gael (36% des voix, 72 sièges) et du Labour (20% des voix, 38 sièges contre seulement 20 auparavant). Ces deux partis ont promis une renégociation des termes du plan négocié à l’automne.
Ceci démontre la révolte du peuple Irlandais contre les conditions de cette aide, très mal acceptées. En effet, la population compare sa situation avec celle de l’Islande, qui a choisi de ne pas sauver ses banques et de ne pas suivre les recommandations de la communauté internationale avec succès, comme le reconnaît Paul Krugman. Les Irlandais ont l’impression qu’ils paient pour sauver les banques continentales qui avaient contribué à la bulle des quinze dernières années.
Une situation très instable
Du coup, on peut anticiper un beau bras de fer entre le nouveau gouvernement Irlandais et l’Union Européenne sur la renégociation du plan de soutien. La nouvelle équipe au pouvoir ne pourra pas se contenter de concessions a minima sous peine de perdre immédiatement la confiance des électeurs (ce qui pourrait également provoquer l’explosion de la coalition), mais les instances européennes ne seront guère partantes car cela pourrait pousser la Grèce à faire de même.
En outre, il n’est pas évident que l’Allemagne accepte une restructuration qui serait sans doute très critiquée par des médias aujourd’hui déjà échaudés par la perspective d’avoir un Italien à la tête de la BCE. Pire, la banque centrale Irlandaise créé actuellement de la monnaie pour aider ses banques (outre la recapitalisation par le gouvernement) car l’argent fuit le pays (comme en Argentine avant 2002). En résumé, la situation est totalement explosive, tant économiquement que politiquement.
Bref, les plans « d’aide » européens ont seulement permis de gagner du temps et de réduire la pression sur les marchés. Mais tout n’est pas réglé économiquement car les capitaux fuient la Grèce et l’Irlande et les peuples de ces deux pays contestent de plus en plus les plans.
11:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : irlande, dublin, islande, grèce, euro, paul krugman




Commentaires
L'absence de débat sur les thèmes importants a quelque chose d'hallucinant et conforte la thèse d'une domination de la société par la ploutocratie.
Écrit par : Jardidi | 27.02.2011
"Soyez libéraux,soyez socialistes,mais ne soyez pas menteurs"
Jacques Rueff
La semaine dernière vous ne m'avez pas répondu,vous avez même fermé la file aux commentaires("La monétisation en question"),c'est malheureux.Le pays a besoin d'un Rueff pas d'un Lordon ou d'un Sapir!
"Je crois que vous n'avez jamais compris mes idées.Je ne suis pas un partisan du laxisme.J'ai toujours dit qu'en temps normal,je crois qu'un budget doit être en équilibre"
Si je ne vous comprends pas,et manifestement je ne suis pas le seul,c'est peut être parce que vous êtes très difficile à suivre(et je vous lis depuis maintenant 2 ans!)...
"En temps normal" c'est aujourd'hui!
Vous croyez vraiment équilibrer les finances publiques en dévaluant,en faisant défaut sur la dette,en augmentant les salaires?
...
La réalité,au combien désolante,c'est que vous n'êtes pas prêt!A un an de la présidentielle DLR navigue à vue,un jour vous préconisez le protectionnisme le lendemain une dévaluation de l'euro,puis un retour au franc.Un jour la monétisation,le lendemain la faillite.Je passe sur vos "18 propositions pour réformer la finance",un catalogue à la Prévert sans queue ni tête.Une chienne n'y retrouverait pas ses petits...
Et cerise sur le gâteau quand vos propositions sont séduisantes,ambitieuses(révolutionnaires!)le sujet est survolé("La licence globale" par exemple).
Le drame c'est que je suis bien conscient que NDA doit travailler comme un forcené.
Vous avez un vrai problème,vous êtes complètement aux fraises alors que dans le même temps les idées souverainistes triomphent à travers toute l'Europe(Irlande,Ecosse,Belgique,Grèce,Allemagne).
Parce qu'aujourd'hui vous êtes incapables de vous faire comprendre,ou même entendre,vous prenez le risque de condamner le gaullisme,ou ce qu'il en reste.
PS:Je dois reconnaître qu'aucun parti ne propose un programme sérieux.
Écrit par : Balthazar | 27.02.2011
@ Balthazar
La fermeture des commentaires (2ème ou 3ème cas sur mon blog) ne vous était pas destiné. Elle concernait le débat entre Tythan et A-J H.
Je persiste à penser que nous ne sommes pas dans des temps ordinaire et que la priorité du moment ne peut être consacrée à la baisse des déficits. La priorité des priorités à mon sens doit être la baisse du chômage.
Une dévaluation n'a pas d'impact négatif sur un budget que je sache. En général, comme elle stimule la croissance (Natixis affirme qu'une dévaluation de l'euro de 10% apporterait 1.6% de croissance supplémentaire il me semble), elle contribue à le rééquilibrer. Pour moi, protectionnisme, retour au franc, dévaluation par rapport au mark et au dollar, monétisation font partie d'un tout cohérent. C'est dommage que vous ne le perceviez pas mais là, je ne sais pas quoi faire, d'autant plus que ce n'est pas un reproche qui m'est couramment fait.
Surtout, je ne comprends pas quelle alternative vous défendez.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 27.02.2011
On ne réforme pas le système monétaire avec une taxe globale comme la "licence globale".
On réforme le système monétaire en posant une BASE universelle d'émission de la monnaie : Le Citoyen Souverain de sa Nation et de sa Zone Economique. Ni l'Etat, ni les Banques, le Citoyen.
On réforme le système monétaire en instaurant le Revenu Universel indexé sur la masse monétaire, respectant la part de monnaie dévolue aux générations suivantes.
Parce que la valeur n'a rien d'absolu, elle est un pur choix individuel, et la non nuisance à autrui, la liberté, suppose que l'émission de monnaie doit respecter les choix différents de tous dans une mesure commune.
Théorie Relative de la Monnaie
http://www.creationmonetaire.info/2010/11/theorie-relative-de-la-monnaie-10.html
Écrit par : Galuel | 28.02.2011
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