01.04.2011
Deux visions de gauche de la montée du FN
La percée de Marine Le Pen dans les sondages provoque des réactions différentes. La gauche sociale-libérale mondialisée s’en tient à une analyse et une critique d’une superficialité absolue quand la gauche républicaine va au fond du problème.
L’autisme de la « gauche » sociale-libérale mondialisée
J’ai rarement lu une analyse aussi pauvre et navrante que celle d’Olivier Ferrand, le président de la Fondation Terra Nova, pourtant sensé être un ponte de la pensée sociale-démocrate. Il explique dans un papier publié par le Monde que Nicolas Sarkozy a mis en œuvre une « rupture antihumaniste » qui ouvre la voie à un bloc néoconservateur UMP-FN. Déjà, on ne voit pas comment ces partis pourraient s’entendre sur les questions européennes ou économiques.
Mais ce qui est absolument sidérant, c’est de constater qu’il donne un blanc-seing à la modernisation du FN. Il accrédite la thèse d’un Front National sorti « de son ghetto protestataire pour muer en un parti de droite nationale », débarrassé de « ses oripeaux infréquentables ». Et le nazillon candidat aux cantonales ? Et les mensonges et fantasmes sur l’immigration ? Et l’éloge de Bastien-Thiry ? Une telle complaisance est proprement stupéfiante. Marine Le Pen peut le remercier.
A moins qu’Olivier Ferrand anticipe dans cette évolution une possible alliance du centre-droite et du centre-gauche, qui pourrait alors récupérer le pouvoir pour longtemps. Par ailleurs, il est absolument incroyable que le patron de Terra Nova passe sous silence le fait que les classes populaires votent autant pour le Front National. Il refuse sans doute d’admettre que les classes populaires ont totalement divorcé d’avec les idées sociales-libérales mondialisées qu’il promeut.
Toujours dans le Monde, Henri Weber s’essaie à une attaque du programme économique du Front National. Il attaque la sortie de l’euro en citant l’étude ridicule menée par ING. Il est tout de même assez piquant de voir le PS s’appuyer sur les analyses de banques privées. Et avant de la citer, il aurait mieux de la lire puisque selon cette étude, le franc ne serait pas dévalué par rapport à l’euro puisque sa baisse par rapport au mark serait plus que compensée par sa hausse par rapport à la lire et à la peseta...
La gauche républicaine a compris
Heureusement que ces deux tribunes ridicules sont contrebalancées par des analyses autrement plus pertinentes. Dans une interview sur France Inter, Emmanuel Todd revient sur le vote FN des classes populaires, victimes d’une mondialisation à laquelle elles ont été abandonnées. Il en appelle à remettre en cause « deux concepts zombies, l’euro et le libre-échange ». Il soutient joliment que « le peuple Français n’est pas raciste. Il est seulement malheureux ».
Julien Landfried, secrétaire national du MRC, signe une très belle tribune dans le Monde pour la fondation Res Publica : « La remontée du FN n’est pas le résultat d’une manipulation sarkozyste » mais « de l’absence de protections face aux effets économiques, sociaux et culturels de la mondialisation ». Son analyse incrimine donc à la fois la gauche et la droite. Il souligne la responsabilité de Nicolas Sarkozy mais en insistant sur « le non respect de ses promesses de campagne ».
En conclusion, je partage son souhait « de construire des protections économiques, sociales et culturelles, face à une mondialisation financière qui n'en tolère plus aucune ». Mais ce qui est intéressant avec ces tribunes, c’est de voir la profondeur du divorce entre la « gauche » sociale-libérale mondialisée et la gauche républicaine. Comment imaginer une seconde que la seconde pourra soutenir la première en la personne de Dominique Strauss-Kahn (ou même François Hollande) ?
A travers la montée du FN, on voit bien que le divorce entre le PS et la gauche républicaine est profond. Cela rend hautement improbable tout accord entre les deux et appelle à une recomposition politique pour ceux qui ne veulent pas choisir entre l’UMPS libéral-mondialiste et ses satellites et l’extrême-droite.
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, front national, le monde, olivier ferrand, terre nova, henri weber, emmanuel todd, julien landfried




Commentaires
La fondation "Terra nova" ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes et ne raisonne que dans un cadre de pensée néolibérale et européiste. D'autant plus comme le souligne Emmanuel Todd c'est aussi une partie des classes moyennes qui a décroché d'avec l'idéologie dominante donc pas seulement les classes populaires!
Il est regrettable que vous ne vouliez pas voir que la mue du FN est en cours quand Marine Le Pen s'adresse aux patriotes de tout bord, son éloge des fonctionnaires, de l' Etat-stratège et protecteur cela n'a rien à voir avec le discours classique du FN.
N'en déplaise à Olivier Ferrand qui prend ses désirs pour la réalité parce qu'il ne peut y avoir d'alliance entre l' UMP et le FN parce que les dirigeants de l'UMP s'accrochent à tout prix à l'euro quelles qu'en soient les conséquences! Dans ces conditions l'UMP est en train de s'auto-détruire, Marine Le Pen n'a guère besoin de faire campagne et le PS ne profite guère de la situation donc tout est possible d'ici 2012.
Si Jean Pierre Chevènement et ses amis ont le courage de franchir le Rubicon en soutenant les républicains de l'autre rive et non plus son illusion d'apporter un esprit républicain à la gauche néolibérale, européiste et mondialisée!
Écrit par : cording | 01.04.2011
Vous avez du le voir aux infos hier
http://www.youtube.com/watch?v=RkeKL1nwfVk&feature=player_embedded
La solution est simple, les députés FRANÇAIS l'on déjà validée, une auto-amnistie...
Dans corruption des députés européens, "européens" est en trop.
A quand la démocratie directe ?
Écrit par : ALF | 01.04.2011
Bonjour,
Mais détendez-vous concernant Marine Le Pen à la fin ;) Vous en arrivez même à lire des choses qui n'existent pas: Olivier Ferrand ne parle pas du processus de transformation du FN comme d'une action finie qui se conjuguerait au passé simple, mais bien au présent, comme un processus en cours. Le FN n'est pas débarrassé de ses " ses oripeaux infréquentables", il est en train de s'en débarrasser.
Là où il se trompe par contre, c'est quand il croit donner au FN un destin à la Alleanza Nazionale. Comme vous le dîtes : "on ne voit pas comment ces partis pourraient s’entendre sur les questions européennes ou économiques". Je ne crois pas que le rôle de porteur d'eaux de la droite d'affaire intéresse plus que ça Marine Le Pen. Il est plus que clair à mes yeux qu'elle veut s'installer sur les terre du nationalisme républicain, un terrain (presque) en friche aujourd'hui dans l'opinion.
C'est un point que j'aimerais mettre en corrélation avec votre conclusion à laquelle je n'adhère d'ailleurs absolument pas. Je ne vois aucune raison qui pousserait la gauche républicaine à ne pas trahir une nouvelle fois ses idéaux en jouant les rabatteurs au service de la gauche libérale. C'est après tout, ce qu'elle fait depuis près de 30 ans. La soupe y est bonne, et elle le sera encore l'année prochaine. Une passion culinaire d'ailleurs partagée avec ses homologues souverainistes de droite, et dont je ne vois pas bien par quel miracle DLR pourrait échapper à terme.
L'Homme étant ce qu'il est, la seule façon d'arracher ces partis de la satellisation du PS ou de l'UMP, est de troquer une recette par une autre. Bien sûr, je ne parle pas ici d'une alliance qui serpenterait de manière audacieuse entre Mélanchon (dont, on se demande bien qui lui a adressé son brevet de républicanisme et dont le souverainisme s’accommode plutôt mal de son internationalisme) ou de De Villepin (libéral bon teint et européen convaincu), mais bien d'une alliance avec le FN nouveau, souverainiste, social et républicain. Rabattre les rabatteurs vers le FN en somme, pour en faire un parti de gouvernement.
Le FN comme chaînon manquant à l'union des "Républicains des Deux Rives", audacieux non ;) Bon je sens que vous ne serez pas d'accord du tout avec cette conclusion, et d'ailleurs on en prends pas le chemin (voir l'article de Chevènement dans Marianne ou le refus catégorique de NDA à l'appel de Coûteaux). Malheureusement, je ne vois aucune autre solution .
Écrit par : Franck | 01.04.2011
@ Franck,
Ce que je dis, c'est que je trouve surprenant qu'Olivier Ferrand ne questionne pas le moins du monde l'évolution du FN alors qu'il y a des éléments qui permettent de le faire (et que je répète souvent).
Concernant le FN, je suis d'accord, un destin à la Fini me semble hautement improbable. Une alliance avec l'UMP me semble impossible aujourd'hui, à moins qu'une partie de l'UMP ne rejoigne le FN...
Après, ma vision des choses est qu'il ne faut surtout pas laisser le pays s'enfermer dans un choix entre PS, UMP et FN. Ces trois pôles majeurs de la vie politique de notre pays aujourd'hui ne constituent pas la fin de notre histoire politique, même à court terme. L'UMP peut exploser, avec une partie qui pourrait rejoindre un PS recentrée autour de DSK. Et alors, un nouveau pôle gaulliste et républicain pourrait émerger plus fortement, en alternative au FN comme à un PS social-libéral. Le paysage politique Français est très plastique (cf hauts et bas de l'UMP, des Verts, du Modem, du FN...).
A titre personnel, et pour des raisons morales, je ne souhaite rien avoir à faire avec le FN, mais même ceux pour qui cela ne pose pas de problème (et je peux le comprendre en partie, partageant le même rejet de l'UMP et du PS), posez-vous la question si à moyen terme, le FN est le bon véhicule.
En 2012, nos idées devraient perdre. Mais cette élection va nous permettre de féconder l'avenir. Mais nous ne pourrons le faire qu'en étant totalement indépendant. Si nous nous rattachons à un des trois camps dominants, alors les Français devront encore faire un tel choix et je crois que c'est le meilleur service que nous pourrions rendre à la pensée unique. Nous devons participer à la création d'un nouveau pôle alternatif. Certes, cette voie est plus compliquée à court terme, mais après fait tous ces efforts de 2007 à 2011 et alors que 2012 est le moment où nous pourrons émerger, il serait dommage de rentrer dans la sphère d'attraction d'un autre, pour la France.
Si je fais de la politique c'est pour que notre pays puisse avoir une autre perspective que le PS, l'UMP et le FN. La plasticité politique de nos compatriotes me permet de croire à d'autres schémas. Ce sera plus dur à court terme, mais je crois que c'est le seul chemin qui vaille.
@ Cording et Franck
Pas d'accord sur le MRC et Chevènement : ils ont quand même marqué leurs différences de nombreuses fois.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 01.04.2011
"...et appelle à une recomposition politique pour ceux qui ne veulent pas choisir entre l’UMPS libéral-mondialiste et ses satellites et l’extrême-droite".
Fort bien. DLR va t il travailler activement a une recomposition politique large pour donner un choix a ceux qui a droite ET a gauche n'en ont pas?
Écrit par : pierre urvill | 01.04.2011
Le dernier baromètre des cote d'avenir traduit encore une forte progression de Marine avec +7 points en un mois, la situant désormais à 25%. NDA lui est toujours à 5 %. Dans les sondages il est toujours entre 0.5 et 1%. Elle, elle est au second tour.
Et tu penses sincèrement créer autour de lui un pôle d'attraction ? Tu penses convaincre qui ?
Que tu soit allergique à Marine, je peux le comprendre, mais s'il te plaît, essaye de trouver de vrais arguments tirés de ses analyses ou de ses prises de positions ! Les éléments que tu mets en avant sont totalement bidons. Le nazillon comme tu dis, il a été exclu ! Exclu !
Tu vas me dire qu'avant il était au Front, mais je te rappellerais alors que vous aussi avez exclu l'an passé une illuminée notoire particulièrement infréquentable.
Écrit par : Malakine | 01.04.2011
Cette coupure entre deux gauches est équivalente à celle entre l'UMP et DLR notamment, à droite. Ceci dit je suis assez d'accord avec Franck : la soupe est si bonne auprès des grands partis que le MRC ou Mélenchon ne briseront pas leurs liens si facilement. Villepin et consorts à droite non plus.
Il faut donc creuser la faille qui s'ouvre de façon latérale et perpendiculaire à la traditionnelle faille gauche-droite qui continue d'exister mais qui, elle, a tendance à se combler. J'en reviens donc à vous soumettre à nouveau mon concept poético-politique de Montagne (souverainiste, républicaine et démocratique) et de Plaine (néolibérale-socialiste, mondialiste à tendance autoritaire, ploutocratique)
Je pense que ce concept à plusieurs avantages :
- Il identifie clairement la nouvelle coupure sans tomber dans la terminologie frontiste UMPS (donc il permet de s'en distinguer notamment dans les médias qui vont tout faire pour vous coller au FN, version marécage Godwin). Évidemment, il faudrait lui donner une charge anti-ue forte. La coupure véritable est sur ce point et je partage l'avis radical de l'UPR qu'une "autre Europe" ne veut pas dire grand-chose : on en parle d'ailleurs depuis si longtemps...
- En promouvant une nouvelle terminologie, c'est vous qui imposez sa définition (dans un premier temps du moins) et donc vous êtes plus moteur que suiveur. Vos récents articles sur le FN et MLP me laisse l'impression que vous ramer à contre-courant mais que celui-ci vous entraine (ou entraine vos électeurs) inexorablement vers le FN de MLP. Vous iriez plus vite en ramant dans le sens d'un courant qui serait le vôtre. D'ailleurs, c'est exactement ce que fait MLP !
- Le concept de montagnard, s'il prend, peu avoir un tropisme "fort". Il renvoie à la montagne révolutionnaire et ne laissera donc pas insensible les républicains de gauche comme de droite. En outre, en étant nouveau, donc non connoté, il a des chances d'être beaucoup plus rassembleur que des concepts anciens comme celui de "au dessus des partis" ou le "ni droite, ni gauche" qui ne veulent pas dire grand-chose et qui de toute façon ont démontré qu'ils ne sont pas efficaces.
- Il fait du patriotisme quelque chose de social, de démocratique, de républicain. Pourrons s'y rallier des classes populaires, notamment celles issues de l'immigration, qui ne voterons jamais (ou plutôt pas encore - MLP est très forte politiquement) pour le FN tel qu'il est encore (oripeaux racistes, anti-islam) mais qui partagent les analyses économiques de MLP.
Ce clip est intéressant de ce point de vue: http://www.youtube.com/watch?v=vdHNP2Jx0tw&feature=player_embedded
- C'est aussi une manière de vous libérer du FN, de sa terminologie, tout en tendant la main aux électeurs du FN proche de Marine Le Pen qui finalement s'opposent plus sur des questions économiques (analyse de Todd) que parce qu'ils seraient motivés par un racisme congénital incurable.
- Évidemment, sur le plan international, NDA devrait adopter une posture très gaulliste, notamment vis-à-vis des peuples arabes, de la francophonie et des valeurs qu'elle porte, etc. Il faudrait que NDA "parle" aux peuples du monde comme le faisait le général, qu'il parle aux Mexicains en espagnol, qu'ils parlent aux révolutions arabes, en arabes, qu'il parle aux syndicalistes américains en anglais, sans avoir peur du ridicule : le ridicule ne tue pas et ce qui ne tue pas rend plus fort. C'est important, je crois, parce que l'argument principal des européistes est : sortir de l'Europe, c'est être tout petit. Personnellement, je pense que c'est le contraire : l'important n'est pas le nombre mais de porter des idées larges.
- Il faut aussi un discours plus fort qu'aujourd'hui et beaucoup plus radical sur l'environnement et les questions d'indépendance énergétique, vous êtes encore un peu faiblard sur ces questions à mon avis (là, c'est Churchill qu'il faut prendre en référence - du sang et des larmes - où Obama - http://www.youtube.com/watch?v=qfeKFulcPSM ) . Car, beaucoup d'écolos savent désormais que si l'ue fait maintes gesticulations sur ce point, dans l'ensemble c'est de l'esbroufe, et qu'elle ne les conduira nulle-part. En outre, la Plaine est trop accro au pétrole pour changer quoique ce soit, sa mondialisation chérie en dépend trop.
Voilà, c'est un peu en vrac finalement, mais je vous laisse y songer. Redéfinir le paysage politique, c'est aussi inventer de nouveau terme, on ne fait pas du neuf avec du vieux ou du déjà vu.
Écrit par : Ovide | 01.04.2011
Les législatives prochaines, en cas de victoire de la gauche aux présidentielles, seraient pourtant un moment tout à fait propice à la naissance dans les urnes d'un bloc néoconservateur UMP-FN comme l'envisage FERRAND.... Non pas pour gouverner, au moins dans un premier temps, mais pour sauver quelques sièges de députés d'un côté et pour une percée au parlement de l'autre.
Écrit par : PeutMieuxFaire | 01.04.2011
Il y a deux situation :
-soit Marine Le Pen est au second tour. L'UMP explose, le FN change de nom et regroupe toute une tendance national-républicaine. DLR se ralliera.
-soit Marine Le Pen n'est pas au second tour. La stratégie de Marine a échoué. L'UMP n'explose pas mais le FN oui. La vieille tendance traditionaliste proche de Gollnish reprend les rênes du FN. Dans ce cas seul DLR représentera la tendance national-républicaine (gaulliste) et ce parti pourrait émerger.
L'émergence de DLR est conditionné à l'échec de MLP. Sans ça ce parti est destiné à disparaitre, ces électeurs ayant rejoint MLP.
Écrit par : Patriote27 | 01.04.2011
Il y a deux situation :
-soit Marine Le Pen est au second tour. L'UMP explose, le FN change de nom et regroupe toute une tendance national-républicaine. DLR se ralliera.
-soit Marine Le Pen n'est pas au second tour. La stratégie de Marine a échoué. L'UMP n'explose pas mais le FN oui. La vieille tendance traditionaliste proche de Gollnish reprend les rênes du FN. Dans ce cas seul DLR représentera la tendance national-républicaine (gaulliste) et ce parti pourrait émerger.
L'émergence de DLR est conditionné à l'échec de MLP. Sans ça ce parti est destiné à disparaitre, ces électeurs ayant rejoint MLP.
Écrit par : Patriote27 | 01.04.2011
@ Pierre
J'étais ce soir à une réunion organisée par la fédération du Val de Marne : un vrai bonheur gaulliste ! Le métro le matin comme le disait Malraux : des personnes de tous les horizons, de tous les parcours politiques. Un vrai rassemblement des républicains des deux rives.
@ Malakine
Si je pensais que le choix pour la France s'arrête au PS, à l'UMP et au FN, j'arrêterai la politique sur le champ. Rien à faire des sondages aujourd'hui. Il est bien évident que NDA ne pourra vraiment percer que pendant la campagne. Je n'ai jamais attendu autre chose. On pourra juger le soir du premier tour.
Le nazillon a été exclu certes, mais avant il a été investi (après avoir été condamné par la justice...) Et puis, faut-il que je te rappelle Bastien-Thiry, les débordements pro-Algérie Français de leur site vitrine mariniste sensé être modéré Nations Presse Infos ? Faut-il que je te rappelle encore le gloubiboulga ridicule et indigeste de MLP dans sa conférence de presse sur l'immigration.
@ Ovide
Merci pour toutes ces suggestions très intéressantes.
@ PMF
Pas si sûr : si le FN s'allie au système, il perd de sa crédibilité...
@ Patriote
Pas d'accord : même sans casser le plafond de verre, MLP peut arriver au second tour. Il lui suffit de faire le même score que son père + Megret en 2002 et Sarkozy pourrait bien être éliminé. Et si elle fait 20%, cela montre que le FN est et restera un parti protestataire d'extrême-droite incapable d'élargir son électorat.
Je crois que DLR peut parfaitement exister quelque soit le score du FN. Je ne suis pas résolu à ce que la France ait à choisir entre PS, UMP et FN.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 02.04.2011
Laurent, Olivier Ferrand n'exagère pas tant que ça. L'alliance UMP/FN n'est pas un fantasme d'ultra-gauchiste ou de social-libéral qui joue à se faire peur, c'est une hypothèse tout à fait plausible, surtout si le FN est au second tour de la présidentielle. Sans remonter aux législatives de 1988 (où il y a eu des désistements entre le FN et les RPR/UDF), il y a des exemples récents de convergences entre l'UMP et le FN.
Malgré le discours "social" de Marine Le Pen, il y a toujours une tendance ultra-libérale et anti-étatiste au sein du FN, et son représentant le plus connu n'est autre que Jean-Marie Le Pen. Ce dernier a condamné les manifestations contre le CPE en 2006. Il n'a pas été contredit par sa fille, qui a d'ailleurs a condamné les manifs contre la récente "réforme" des retraites, comparant les manifestants à des émeutiers. Chassez le naturel...
Comme tout vous le savez, l’UMP avait été créée pour regrouper toutes les tendances de la droite ou presque : les démocrates-chrétiens, les libéraux, les gaullistes, les conservateurs classiques… Les nationaux-populistes, eux, demeuraient presque tous au FN et au MNR. Dès le moment où l’UMP reprend (par conviction ou par électoralisme) au mot près les éléments de langage du FN sur l’immigration et la sécurité, elle se transforme en filiale de fait du FN, et est prête pour l’absorption partielle ou totale par la famille Le Pen. Et quand je parle d’absorption, je ne parle pas que des électeurs, je parle aussi des cadres. Honnêtement, vous voyez la différence entre Estrosi et son prédécesseur à la mairie de Nice, l’ex et actuel FN Jacques Peyrat ? Des UMP comme Vanneste, Lionnel Luca ou Xavier Lemoine (le maire de Montfermeil) sont-ils si différents de Gollnisch ? Michèle Tabarot, la députée-maire du Cannet, dont le père est un ancien de l'OAS, fait ouvertement l'éloge de l'Algérie française et du colonialisme, ce que ne renierait pas Roger Holeindre. A part sur la construction européenne, il n'y a pas de divergence insurmontable entre les personnes que je viens de citer. Que vous le vouliez ou non, une partie de l'UMP est mûre pour une alliance et/ou pour une fusion avec le FN...
@Patriote27
Personnellement, je ne crois absolument pas à un ralliement de DLR à un bloc national-républicain dirigé par le FN, tant que Marine Le Pen fera la promotion d'une vision racialiste de la nation. De plus, NDA y perdrait sa crédibilité, lui qui a toujours voulu distinguer son souverainisme de celui du FN en proposant des solutions réalistes. Cependant, même en cas de non qualification de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, DLR aura du mal à exister. A mon avis, NDA a fait une erreur en s'alliant avec le CNIP, ce groupuscule qui servait dans les années 80 et 90 de passerelle entre le RPR et le FN, et qui compte d'anciens sarkozystes et villieristes.
Écrit par : Pullo | 02.04.2011
"posez-vous la question si à moyen terme, le FN est le bon véhicule."
Laurent, je suis membre de DLR et je me pose la question,j'ai ma réponse mais je vois aussi que c'est le seul véhicule qui roule très vite actuellement pour gagner la course des idées neuves.
Écrit par : laurentD | 03.04.2011
"idées neuves" : alternatives seraient plus approprié.
Écrit par : laurentD | 03.04.2011
@ Pullo,
Je suis d'accord : je crois qu'une partie de l'UMP est prête à une alliance, mais les ajustements du positionnement du FN fait par MLP la rendent plus difficile. MLP va-t-elle préférer la pureté de son positionnement ou préférer une reconnaissance ?
@ LaurentD
Cette voiture roule vite certes, mais tourne en rond depuis 30 ans. Là, elle est dans un haut, mais qui n'est pas vraiment plus haut qu'il y a 9 ans.
Et puis, il y a des problèmes de passagers et d'idées. Il est possible que je post-rationalise mon rejet mais j'ai pas mal creusé les questions ces deux jours. Un nouveau papier reviendra dessus.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 03.04.2011
@Patriote27
Je suis d'accord avec votre analyse. A 80% la réussite de DLR sur les 10 prochaines années n'est pas entre leurs mains mais conditionnée par l'objectif de court terme que s'est fixé le FN en 2012 : se qualifier pour le 2ème tour en éliminant soit l'UMP soit le PS. Si le FN fait un mauvais score, la voie sera ouverte pour DLR sur un axe souverainiste / sortie de l'euro et de l'UE pour faire bonne mesure.
Les 20% autres concernent le travail qui reste à faire chez DLR sur son programme et son organisation trop centralisée autour de NDA à mon avis. Après tout le FN a bien mis plus de 30 ans pour en arriver à son niveau actuel.
Écrit par : Santufayan | 03.04.2011
bonjour
je ne sais pas ce que veut dire le mot "républicain", sinon désigner une forme de gouvernement. Exit donc la république. Personnellement, je soutiens marine le pen tout en étant partisan du socialisme, comme méthode de direction de la société et comme vision globale de celle-ci.
Car ce que la gauche a oublié, c'est que le socialisme exige une société unanime, cohérente et j'assigne au FN la mission d'y parvenir. La gauche est obnubilée par le cosmopolitisme que haissait tant Staline, lui qui fut, malgré ses défauts, un patriote et un nationaliste russe (quoiqu'étant géorgien).
Écrit par : gautier | 08.04.2011
Écrire un commentaire