03.04.2011
Nicolas Sarkozy nous lègue une bulle immobilière
Lors de sa campagne présidentielle, le candidat UMP souhaitait développer le nombre de propriétaires. C’est ainsi qu’il avait fait de la déduction des intérêts d’emprunt une des mesures phares de sa campagne et de son mandat. Résultat : une bulle qui finira par exploser.
Une bulle spéculative dangereuse
Il y a quatre mois, j’avais fait un papier sur « le krach immobilier à venir en France ». Malheureusement, la situation ne cesse de se détériorer. En 1998, le prix moyen du mètre carré à Paris était à peine de 2476 euros (contre 3845 en 1991). Au 4ème trimestre 2010, il a bondi à 7942 euros (contre 7346 au 3ème trimestre), soit une hausse de plus de 200% en treize ans. Sur l’ensemble de l’année dernière, les prix ont progressé de la bagatelle de 18,5% !!!
Aujourd’hui, tous les indicateurs sont au rouge. Il est évident que le marché parisien, même s’il parvient encore à progresser un peu pendant quelque temps, est trop cher. La courbe de Friggit, qui compare le coût de l’immobilier aux revenus indique un décalage de plus de 70% par rapport à la tendance longue. Même si le niveau assez bas des taux d’intérêt réduit sans doute le décalage, The Economist estime que le marché Français est surévalué de 50%.
Les chiffres de l’hebdomadaire anglais sont d’autant plus inquiétants qu’il avait annoncé avant les autres la bulle des marchés immobiliers étasuniens et britanniques. Et le premier a baissé de près d’un tiers depuis son pic, niveau qui correspond également à la surévaluation actuelle, ainsi qu’à la baisse de 35% enregistrée de 1991 à 1998. Bref, il n’y a plus qu’à attendre une hausse des taux longs pour avoir un vrai krach immobilier dans quelques années.
Une succession d’erreurs politiques
La responsabilité des politiques est ici lourdement engagée comme le montre l’impact de la fin des dispositifs fiscaux fin 2010 sur les prix. En effet, les aides aux achats immobiliers sont totalement illusoires. En augmentant la demande immobilière, elles font progresser les prix, annihilant tout ou bonne partie des avantages fiscaux donnés par l’Etat. Bref, l’Etat renonce à des recettes fiscales inutilement puisque les économies d’impôts passent dans un prix plus élevé.
Bref, au lieu de donner des subventions qui alimentent la bulle, l’Etat ferait mieux de retirer tous ces dispositifs qui distordent le marché immobilier et nourrissent la hausse des prix. Mieux, comme le fait la Chine, quand les prix montent trop et s’éloignent des fondamentaux, il devrait au contraire restreindre le crédit immobilier (en imposant par exemple un apport plus important) de manière à limiter la formation de ces bulles immobilières que nous connaissons trop bien.
Nicolas Sarkozy a hérité d’une bulle immobilière significative. Les mauvaises politiques qu’il a mises en place l’ont encore accentuée. Il est à craindre que son explosion soit brutale quand elle aura lieu.
10:58 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, bulle immobilière, courbe de friggit, the economist




Commentaires
Difficile d'avoir une opinion tranchée sur le sujet, mais je trouve que l'approche avec la courbe de Friggit qui voudrait qu'il y ai un lien logique entre niveau de revenu et prix de l'immobilier est trop limitée dans le cas très particulier de Paris:
- Forte présence d'acheteurs étrangers très riches (oligarques russes, etc). Le ratio de Friggit, je pense qu'ils s'en cognent un peu.
- Paris est le coeur de l'activité française. Cela a toujours été le cas, certes, mais j'ai l'impression que le contrepoids que pourraient jouer des villes comme Lyon/Lille/Bordeaux, etc n'a jamais été aussi faible.
Leur attractivité est en chute libre du fait de la désindustrialisation, des aspirations boboïsantes des citadins auxquelles seule Paris peut répondre, et de la dégradation de la qualité de vie inhérente à l'extension de banlieues pavillonnaires qui apportent tous les inconvénients de l'urbain (nuisances en tout genre) tout en conservant ceux du monde rural (pauvreté de l'offre culturelle).
- Les acheteurs se disent que si il y a bien un endroit qui pourrait résister à l'éclatement d'une bulle, c'est Paris.
Cela dit, l'immobilier parisien est dans un état lamentable dans de trop nombreux quartiers, l'est parisien aurait bien besoin de son baron Haussmann
Les gens, même ceux dont les revenus sont très corrects, acceptent de vivre dans des bien mal construits, mal agencés, sombres et avec des prestations minables.
Et pour finir sur Paris, il faut quand même remarquer que la qualité de vie se dégrade pas mal: appauvrissement de l'offre commerciale (hégémonie de franprix avec son offre minable et des franchises commerciales en tout genre), restaurants de mauvaises qualité mais très chers et la vie nocturne est quand même plutôt ennuyeuse. Mais c'est pire en province.
Voilà, je sais pas si tous ces facteurs peuvent être modélisés et synthétisés mais je suis à peu près sur que ce sont des éléments déterminants dans ce qui se passe.
Écrit par : Jb | 03.04.2011
Premèrement, il est nécéssaire de réguler les investissements étrangers dans l'immobilier - ce qui permettrait de faire baisser la demande de logement parisien notamment - cela contribuerait à une baisse des prix ; conjugué à la suppression de l'APL (je touche 216€ à titre personnel, quel gâchis !) ce serait un dispositif salutaire pour endiguer les augmentations. Il est clair que quand, tous les fortunés du monde entier peuvent racheter à loisir le tout Paris, les prix ne peuvent qu'augmenter en conséquence. C'est pourquoi il nécéssaire d'avoir plus de régulation.
Deuxièmement, pour endiguer la hausse des loyers , il me semble indispensable de taxer massivement la rente. Et, notamment, de brider totalement la rente immobilière. . La meilleure solution, me semble-t-il, serait une législation qui supprime l’APL et le déduit automatiquement, avec contrôle étatique, des montants des loyers versés.
Écrit par : Stan | 03.04.2011
Le prochain Président devra initier un "Grenelle de l'habitat".
Je pense que la création de villes nouvelles intégrant les pôles d'activité (zones d'activité) , villes "en hauteur" pour ne pas encore réduire trop le foncier agricole, serait une politique "gaullienne"
Écrit par : A-J Holbecq | 03.04.2011
La "mondialisation"...
Une fois n'est pas coutume un billet à marquer d'une pierre blanche.
Reste à faire suivre le programme...
"L'Etat ferait mieux de retirer tous ces dispositifs qui distordent le marché immobilier et nourrissent la hausse des prix"
Si l'Etat ne faussait que le marché immobilier...
Entre parenthèse les résultats des politiques favorisant le logement social sont eux aussi désastreux(économiquement calamiteux,inégalitaires,et source de passe-droit,de corruption),et le contrôle des loyers aggravent encore l'état du marché(et je passe sur la fiscalité immobilière,une des plus lourde des pays de l'OCDE,sur le Grenelle de l'environnement responsable à lui tout seul d'une augmentation de 8% des prix à la construction,et sur le monopole des notaires).
Les dépenses de logement pèsent près de 30% du budget des ménages!En 10 ans les prix de l'immobilier ont doublé(dans le même temps ils ont baissé en Allemagne),ils ont progressé 3 fois plus vite que les salaires.
L'Etat est responsable d'avoir favorisé une redistribution à l'envers,sa politique appauvrit les locataires du parc privé(surtout les nouveaux entrants,les jeunes et les migrants)et enrichit les vendeurs nets de m2(ceux qui vendent pour racheter plus petit,souvent des personnes âgées),les héritiers,et les multipropriétaires.En somme la clientèle de l'UMP,et comme toujours les amis du Président(les promoteurs).
Le pire c'est que beaucoup de Français,inconscients mais soucieux d'assurer leurs vieux jours,sont probablement favorables aux aides publiques!
Et vous oubliez la responsabilité "criminelle" des autorités monétaires(Greenspan en tête),de l'Euro(la bulle immobilière en Irlande,en Espagne)!
Cette semaine le gouverneur de la Banque de France s'est inquiété de l'impact des taux de crédit très bas sur la flambée des prix de l'immobilier(et sur la santé des banques...),dans le même temps en Espagne on s'inquiète de la hausse des taux(de la situation financière des ménages,des entreprises,de la santé des banques...).
27 économies singulières,1 taux d'intérêt unique...
L'Euro;"Frankeinstein économique"(Friedman).
Ce qui est stupéfiant c'est que les casseurs envisagent de remettre le couvert(on parle de régulation des loyers,de financer encore plus de logements sociaux,de socialiser le foncier,de taxer les plus values)!
C'est des politicards qu'il faut se protéger pas des importations!
...
"Ce qui fait de l'Etat un enfer,c'est que l'homme essaie d'en faire un paradis"Hoelderlin.
PS:Notez que les investisseurs obligataires,effrayés par les risques souverains,et les particuliers,désertant les marchés actions,se reportent sur le marché immobilier,en cause non pas la "spéculation" mais bien l'action publique.
Écrit par : Balthazar | 03.04.2011
Une nuance conséquente quant à la surévaluation des prix de l'immobilier parisien est la rareté des biens à vendre et une demande bien supérieure, ce qui est bien différent de l'immobilier US!
Écrit par : cording | 03.04.2011
@A-J Holbecq
Je partage votre avis, et je dirai que l'Etat devrait lancer de vastes programmes de construction de logements et de location-acquisition des dits logements.
Cela permettrait de sortir des bulles, et des logements pleins de malfacons qui ruinent beaucoup de petits accédants à la propriété ...
IL faut aussi que l'Etat mette en place un Fonds du Logement poru acquérir et financer des programmes en co-financement avec des communes et/ou des entrepreneurs afin d'offrir un peu d'accessibilité dans les programmes.
Enfin, l'Etat devrait rendre obligatoire la fourniture d'une garantie bancaire lors de la signature de l'achat d'un bien sur plan afin de protéger les nombreux francais qui chaque année se font escroquer par des entrepreneurs qui partent en faillite (volontairement ou pas). Idem pour la garantie décennale qui dervait être fournie (souscrite aurpès d'une grande compagnie d'assurance) lors de la signature chez le notaire.
Tout ceci se fait dans d'autres pays limitrophes à la France et cela évite bien des problèmes tout en permettant à chacun d'accéder à la propriété.
Écrit par : John Paul | 03.04.2011
@ JB & Cording
Il est vrai que l'on peut soutenir que Paris est à part, que les oligarques se fichent du prix, mais tout ce raisonnement me rappelle les raisonnements de la bulle Internet ou même ceux des bulles immobilières des Etats-Unis, de l'Espagne ou de l'Irlande. On peut toujours trouver a posteriori des raisons qui justifient une telle hausse. Mais 220% de hausse des prix à Paris en moins de 15 ans, étant donné la faible croissance que l'on a eu, cela me semble indiquer qu'une bulle est en cours de formation...
@ Stan
Une taxe sur les achats immobiliers est une idée intéressante. Pour limiter la spéculation, on pourrait l'imaginer à 0 pour une résidence principale et nettement plus importante pour les institutions financière.
Sur l'APL, je suis partagé. Il faudrait que j'étudie davantage la question.
@ Balthazar
En effet, l'euro porte une lourde part de responsabilité dans les bulles irlandaises et espagnoles.
En revanche, je pense que l'Etat peut avoir un rôle à jouer dans l'immobilier. Cependant, il peut agir de manière contra-cyclique, comme le fait la Chine en imposant des apports plus importants dès que les prix montent trop pour limiter la formation de bulle.
@ John Paul
Merci pour toutes ces idées très intéressantes.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 03.04.2011
Le problème principal reste quand même l'incidence du prix des terrains dans le prix du m2 (près de 30% dans certaines villes)
Je n'ai pas la solution si ce n'est soit un blocage des prix de ceux ci , soit un démembrement de propriété mais je suis prêt à parier qu'un grand débat national permettrait de faire jour à des propositions intelligentes.
Écrit par : A-J Holbecq | 03.04.2011
Evidemment...
"Une taxe sur les achats immobiliers est une idée intéressante"
Et au combien originale.
Mieux suivre le modèle chinois(!),imposer "des apports plus importants",comme si on allait régler la crise du logement en rendant l'acquisition encore plus difficile...
Je n'avais pas eu vent du programme(affligeant)du PS,c'est chose faite;le contrôle des prix et encore plus de logements sociaux.
La campagne électorale s'annonce encore une fois particulièrement pénible.
Écrit par : Balthazar | 03.04.2011
A propos du démembrement, un article intéressant ici :
http://objectifs.societal.org/articles.php?lng=fr&pg=54
(Article écrit par Olivier ROCCA , Enseignant au CNAM en économie immobilière et fiscalité immobilière.
Docteur es Sciences Politiques)
Il y a aussi eu un " Rapport de la commission des finances du sénat sur l’utilisation du démembrement dans le financement du logement social comme complément aux mécanismes classiques de l’épargne solidaire." ( Site www.senat.fr - Rapport 04 – 442 mis en page le 17 novembre 2005 )
Écrit par : A-J Holbecq | 03.04.2011
Malgré les nuances apportées je pense qu'une baisse conséquente des prix de l'immobilier à Paris (50%) est souhaitable d'autant plus que tout augmente sauf les salaires! J'ai été victime de cette hyperinflation des prix immobiliers parisiens et donc avoir du m'exiler en proche banlieue alors que j'étais parisien depuis plus de 30 ans.
Une palette de solution est nécéssaire : fiscale, de construction de logement et pour quoi pas une inflation salariale pour compenser par exemple et non exhaustif.
Écrit par : cording | 03.04.2011
En fait, l'APL est une subvention à la rente. En la supprimant, on fait coup double : on fait baisser la demande de logement, l'offre devra s'ajuster ensuite.
Au lieu de verser bêtement des aides qui subventionnent directement les rentiers, on doit construire plus de logements universitaires par exemple ; on sait tous à quel point les logements manquent.
Écrit par : Stan | 03.04.2011
@Laurent Pinsolle
Merci de rappeler l'existence de cette bulle immobilère en Ile-de-France mais aussi en province dans une moindre mesure.
L'effort d'épargne, de remboursement de prêts immobiliers délirants en montants et en durée, de loyers est tel qu'il compromet tout redémarrage de l'économie en France. Le pouvoir d'achat des classes moyennes est totalement asphyxié !
Ceci était vrai même avant la crise qui a éclaté en 2007-2008 puisque contrairement aux USA les banques françaises encadrent de manière rigoureuse les prêts immobiliers.
Le bon sens devrait rappeler aux hommes politiques de l'UMPS qu'une décorrélation des prix immobilier et des salaires n'est bonne pour personne... même pas à court terme. Mais je ne vois qu'un seul moyen hélas de les faire redescendre sur terre c'est l'élimination au 1er tour en 2012 soit de l'UMP soit du PS. Peu importe lequel : il faut "faire turbuler le système" dixit le candidat Chevènement de 2012 pour sacrifier un de ces 2 partis qui, j'en suis certain, ne survivra pas à cette défaite annoncée.
Écrit par : Santufayan | 03.04.2011
Deux remarques :
- La bulle immobilière, comme les autres bulles est le résultat de mesures d'essence post-keynesienne.
- On sent que l'explosion de cette bulle est présentée un peu comme une sorte de punition : mais ne serait-ce pas plutôt une délivrance plutôt ?
Écrit par : Opps' | 03.04.2011
Une des solutions serait peut-être aussi de taxer les bureaux ou d'obliger à la construction/réaménagement de logement pour chaque m² de bureaux neufs. Parce que les bureaux, ce n'est vraiment pas ce qui manquent.
Quand au Baron Hausmann pour l'est parisien, il faudrait un vrai baron et pas les promoteurs/architectes d'aujourd'hui. Regarder le nouvel immeuble sur la place de la Bastille à la droite de l'Opéra. Neuf, il est déjà en lambeaux. Son parement d'acier se fait la belle. Et ce n'est pas le seul !
Que dire du nouveau treizième et de l'avenue de France avec la misère architectural de la bibliothèque nationale au milieu et ses bâtiments totalitaires de part et d'autres ? Le ministère des sports est d'une tristesse à faire peur et les gens qui y travaillent regrettent l'anarchie de l'ancien bâtiment. Aujourd'hui, chacun à sa petite boite, c'est bien propret, mais c'est chiant. Notre architecture est celle d'une époque néolibérale et triste, froide et normative.
Quand aux logements à prestation, si c'est pour faire du Courbevoie, non merci. Une dernière chose, il faudrait construire des vraies rues commerçantes avec des surfaces et des loyers accessibles. Quand on voit des surfaces gigantesques à louer, évidemment que seules les grandes chaines s'y installent. L'ennui assuré et l'uniformisation rampante de la capitale.
Si vous voulez rêver un peu, c'est positivement réactionnaire, et ça fait du bien: http://www.valentinfiumefreddo.com/Paris%20ressuscite/Quinzeetuded%27impact/parisalt.htm
Voici un autre truc, belge, futuriste tout en étant très art déco dans l'inspiration. http://www.archiborescence.net/archiborescence/concept.htm
ps : Paris à vécu sans l'automobile pendant 1950 ans au moins, il serait bien qu'elle renoue avec cette bonne vieille habitude.
Écrit par : Ovide | 04.04.2011
Le constat est simple: peu d'offre, peu de construction, très forte réglementation et loyer cher ( j'ai vécu à l'étranger plusieurs années puis chercher à me réinstaller en France, donc je peux comparer), beaucoup de demande, conditions de plus en plus sévères pour louer ( on se méfie des mauvais locataires ( qui peuvent dans certains cas tout vous faire subir).
Certains pensent que c'est en construisant 3 logements sociaux de plus et contrôlant les loyers que l'on s'en sortira, je leur dirais de se bouger un peu pour voir de leurs propres yeux que cela ne fera que créer tout le contraire ( j'ai même vu des gens soutenir un subprime/reinvestisment act à la française).
L'immobilier est peut être même un de ces secteurs ou nous devons plus nous portées sur le marché. Puisqu'il ne sert strictement à rien de tout faire pour empêcher de construire puis derrière subventionner la construction de logement.
Il y a un livre pas mal sur le sujet de Vincent Bénard.
Écrit par : Gaulliste Social | 04.04.2011
Un des gros enjeu aussi et de réussir à réindexer un peu plus le prix des biens sur leur qualité, que ce soit en location ou achat.
Ce sera extrêmement difficile en situation de bulle mais une fois que l'on sera revenu dans les limites de Friggit, si par bonheur cela arrive un jour, il ne faudra pas louper cette occasion.
Car il y a là deux enjeux importants:
- La performance énergétique des bâtiments, conformément aux objectifs de plus en plus ambitieux des réglementations
- L'amélioration du confort des logements, qui à mon sens sont très loins des standards que l'on serait en droit d'attendre en 2011.
Et sur ce point, il y a des propositions à faire mais elles sont loin d'être évidentes et surtout je ne sais pas si le renforcement du cadre législatif serait le plus efficace.
A voir peut-être en Allemagne: à Berlin les prix sont assez bien corrélés à la qualité du bien.
Écrit par : Jb | 04.04.2011
@A-J Holbecq
Pour le prix du terrain la solution pourrait être un bail emphytéotique sur 99 ans comme cela seul le prix de construction est dû tandis que le terrain est loué sur 99 ans. En cas de vente, le nouvel acquéreur continue à payer une forme de loyer mais très très faible.
Apres 99 ans, la maison est détruite (en théorie) par l'Etat.
Bien à vous.
Écrit par : John Paul | 04.04.2011
@ JB
La situation Allemande s'explique aussi par sa démographie : dans un pays où la population stagne et sans véritable capitale continentale (cf Paris, Londres), il y a moins de déséquilibre entre l'offre et la demande. Les pays où il y a une bulle (France, UK, Espagne) sont des pays où la population augmentait.
Je suis d'accord sur le cadre législatif : les interventions ont tendance à avoir des effets pervers. Toute aide fiscale a tendance à se transformer en hausse de prix supplémentaire. Mais l'Etat peut intervenir pour casser les bulles.
@ Gaulliste social et Stan
Je suis d'accord.
@ Ovide
Je suis complètement d'accord : on laisse faire n'importe quoi en terme architectural, remettre en cause l'unité d'une ville.
@ Opps'
Le néolibéralisme n'a pas toujours besoin des néokeynésiens... Je crois qu'il y a une part d'exubérance irrationnelle et d'esprits animaux dans la bulle actuelle.
@ Santufayan & Cording
Je suis d'accord.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.04.2011
Oui, c'est bien de parler de façon abstraite des "bulles", mais à la base, il y a des mécanismes réels, simples, et facilement identifiables et modifiables. Pour l'immobilier : c'est le paiement des intermédiaires et gestionnaires immobiliers au pourcentage !!!
Il n’est pas besoin de faire de grandes études pour comprendre que cette forme de rémunération, qui s’est généralisée au cours des 20 dernières années, est, en grande partie, à l’origine de l’inflation galopante des prix de l’immobilier et des loyers. Un simple changement d'administrateur peut faire doubler ou tripler le montant des charges et des loyers en quelques années sur des ensembles immobiliers entiers ; ce qui conduit à des prix de cession qui coûtent jusqu'à 10 fois le prix de la construction neuve.
Les administrateurs de biens sont rémunérés par un pourcentage sur les loyers perçus et les travaux qu’ils supervisent. Les intermédiaires immobiliers par un pourcentage sur le prix de cession des biens vendus… On comprend aisément que leur intérêt est donc de toujours majorer prestations, loyers et prix de cession (en évaluant les biens et les services toujours à la hausse) pour toucher le maximum.
Pour les cessions, à chaque fois que le bien est vendu, par un intermédiaire immobilier, celui-ci prend mécaniquement 10 à 20 % d'augmentation (le montant de la commission de l’agent immobilier), même si le vendeur ne souhaite récupérer que le prix d’achat initial du bien…
Sur des marchés en forte mobilité, on comprend mieux l’inflation exponentielle des coûts du mètre carré : ce n’est plus "tout ce qui est rare est cher", ou même un problème d’offre et de demande, c’est "tout ce qui s’échange rapidement, et souvent, devient très cher"…
3 ventes successives du même bien, aboutissent, donc, déjà à un prix majoré d'environ 50% de la valeur initiale, sans même intégrer la petite plus-value que le cessionnaire souhaitera réaliser sur son prix d'acquisition initiale (dans lequel, il a bien "naturellement ' inclus également le prix de la commission qu'il a dû payer à l'acquisition)… et comme celui qui vend va "bien évidemment" fixer sa valeur de cession en fonction des "prix du marché" artificiellement gonflés, on rentre dans une spirale inflationniste infernale… qui ne produit rien, sauf des revenus supplémentaires aux intermédiaires commerciaux et des difficultés croissantes pour trouver à se loger à des prix raisonnables, puisque les loyers tendent toujours à devenir proportionnels à la valeur de revente des biens…
Par ailleurs, je m'étonne que la DGCCRF ne se soit jamais penchée sur les pratiques anticoncurrentielles de cette profession, car ce mode généralisé de rémunération fait que le prix du bien à vendre est au même prix dans toutes les agences qui auront reçu un mandat de vente !!! Pas besoin d'entente sur les prix, quand le vendeur a fixé son prix les agences se contentent de rajouter le pourcentage communément admis dans le secteur…
Il faut revenir à des barèmes fixes pour les prestations d’administration et de gestion ("x" euros par quittance de loyer, "y" euros pour les suivis de travaux, etc.), mais également pour les cessions, car j’attends que quelqu’un m’explique en quoi le travail est différent quand on perçoit un loyer de 1 000 € ou de 10 000 € ou quand on vend une maison de faible prix ou un château… Ces professions échappent totalement à un des fondements de nos lois, selon lequel "nul n'a le droit de s’enrichir sans cause" et plus grave dans leur cas, ils contribuent grandement à la baisse du pouvoir d'achat des Français et à leurs difficultés pour se loger.
Il faut donc, interdire toutes les formes de rémunération au pourcentage ou au résultat, pour tous les administrateurs de biens et intermédiaires commerciaux immobiliers.
Sur l'enrichissement sans cause, malheureusement, ils ne sont pas les seuls, certaines prestations notariales facturées au pourcentage en font partie, les greffes, les huissiers, les mandataires de justice et toutes ces professions auxquels l'État a abandonné ses prérogatives au profit de charges privées, en créant des castes de privilégiés qui ne doivent pas à leur seul travail ou leurs seules compétences leur enrichissement ; tout ça au détriment d'une justice et de services publics égalitaires ; tout ça en privant toute une partie de la population de droits fondamentaux.
Écrit par : Incognitototo | 05.04.2011
Tiens, c'est a croire que Mr Delanoe lit votre blog:
http://www.capital.fr/immobilier/actualites/la-mairie-de-paris-propose-de-devenir-a-moitie-proprietaire-de-son-logement-588493
Écrit par : John Paul | 06.04.2011
je rejoins totalement le commentaire d'incognitototo
pas spécialiste en économie mais je sais calculer :
pour avoir vendu & acheté, le constat est trivial.
Écrit par : la fourmi rouge | 07.04.2011
j ai toujours ete surpris de voir le decalage entre les prix francais et allemand
Francfort sur le Main c est quasiment le meme prix qu une ville moyenne a 60 km de Marseille (industrielle et meme pas touristique)
L argument de la desertification de l allemagne est vrai sur le long terme mais pas actuellement a l ouest de la RFA: dans l ex RDA il n y a pas de travail et donc tous les jeunes viennent a l ouest. Autrement dit, ils ont encore un accroisement de la population
En France on prepare une generation de surrendette, car contrairement aux USA, on ne peut rendre la maison a la banque et etre delivré du pret
Mais il faut bien reconnaitre que la plupart des francais l on bien cherché: combien d entre eux sont sur de faire une bonne affaire en achetant ? tous pensent revendre plus cher plus tard et ne comprennet pas quand je fait remarquer qu ils auront plus de 60 ans quand ils auront fini de rembourser le pret ...
Écrit par : cdg | 08.04.2011
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