05.04.2011
Inégalités : quand The Economist balance entre marxisme et mafia
Cela aurait pu être un poisson d’avril, mais non, puisqu’il s’agissait de l’édition du 26 mars. Dans sa rubrique finance, l’hebdomadaire anglais n’hésite pas à convoquer Karl Marx et le Parrain pour chercher à expliquer le déclin du pouvoir d’achat des ménages !
La lutte des classes, version anglo-saxonne
Il faut reconnaître à The Economist une capacité à reconnaître les failles du modèle économique actuel. A l’automne 2008, quand les gouvernements étaient venus à l’aide des banques, il n’avait pas hésité à dénoncer « la collectivisation des pertes et la privatisation des profits », dans un discours qui fleurait bon Georges Marchais. Mieux, il revient fréquemment sur la forte croissance des inégalités, l’explosion des hauts revenus et la stagnation, au mieux, des bas revenus.
The Economist était aussi revenu sur une étude de l’OCDE qui démontrait le lien entre inégalités et faiblesse de la mobilité sociale. La privatisation de l’éducation supérieure joue un rôle majeur dans cette casse de l’ascenseur social, comme l’a montré Paul Krugman. En effet, le coût exorbitant des études créé un plafond de verre particulièrement solide : les enfants issus de famille riche ont beaucoup plus de chances que les enfants de famille pauvre d’y accéder, quelque soit leur niveau.
Le rôle de la crise
Il est piquant de lire sous la plume de l’hebdomadaire anglais des propos que n’osent même pas tenir le parti « socialiste ». Il souligne qu’entre 1973 et 2007, la productivité a cru de 83% alors que le salaire médian des hommes n’a progressé que de 5%. En clair, les gains sont confisqués par les entreprises ! Et depuis la sortie de la crise, les chiffres sont spectaculaires : les revenus réels ont progressé de 168 milliards de dollars contre une progression de 528 milliards pour les profits !
En Allemagne, les premiers ont progressé de 36 milliards d’euros, contre 113 milliards pour les seconds. En Grande-Bretagne, les revenus ont carrément baissé de 2 milliards de livres quand les profits ont progressé de 14 milliards. Pire, l’hebdomadaire n’hésite pas à souligner que ces chiffres surestiment la situation des salariés puisque les très hauts revenus sont fortement repartis à la hausse, contrairement aux bas revenus, distinguant le revenu médian (qui stagne, ou baisse) du revenu moyen.
Bref, à la lecture de ce constat, on s’attend presque à ce que The Economist appelle à la révolution. Las, il se contente de souligner une faiblesse du raisonnement de Marx (qui anticipait une baisse des profits) pour se tourner vers une autre explication. S’il pointe bien négligemment le rôle des politiques trop laxistes des banques centrales (sans détailler en quoi cela pourrait bien tout expliquer), il conclut en comparant assez justement le système financier au Parrain de la mafia.
The Economist fait souvent de bons constats, notamment sur la loi du plus fort. Mais sa croyance théologique dans le « laissez-faire » et le « laissez-passer » lui empêche d’envisager toute remise en cause de la libéralisation comme solution aux problèmes qu’elle a pourtant créés.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : the economist, inégalités, ocde, paul krugman, marx




Commentaires
C'est l'Angleterre qui a inventé le libre-échange. Il faut dire qu'à l'époque elle était l'équivalent de plusieurs fois les Etats-Unis d'aujourd'hui. Il fallait donc le libre-échange si elle voulait pouvoir importer ou exporter quelque chose !
Ne vous étonnez donc pas si ce dogme persiste chez ses hommes politiques. Les Anglais n'ont toujours pas remarqué que la Reine Victoria est morte.
Écrit par : Sancelrien | 05.04.2011
@Laurent: "il n’avait pas hésité à dénoncer « la collectivisation des pertes et la privatisation des profits »"
C'est là que l'on constate la coherence des liberaux (ce journal l'est encore un peu), qu'on serait en droit d'attendre de leurs adversaires.
ils dénoncent aussi "la collectivisation des profits et la privatisation des pertes" que les taxeurs affectionnent.
@Laurent: "les revenus réels ont progressé de 168 milliards de dollars contre une progression de 528 milliards pour les profits !"
Erreur de cathégorie
Les "revenus" sont eux même un profit issu du capital humain (formation, etc.). Chacun est libre de décider en quoi il investit.
Écrit par : Alf | 05.04.2011
la situation,scandaleuse,dénoncée par le journal anglais trouve son explication dans le phénomène du chomage massif qui empêche toute action des salariés pour augmenter leur revenu.
En période de plein emploi le salarié tient les bonnes cartes puisqu'une menace de grève peut faire plier les employeurs.
Par contre quand le chomage est massif c'est l'employeur qui les tient puisqu'une main d'oeuvre de substitution se presse à l'entrée des entreprises.
Écrit par : rowali | 05.04.2011
la situation,scandaleuse,dénoncée par le journal anglais trouve son explication dans le phénomène du chomage massif qui empêche toute action des salariés pour augmenter leur revenu.
En période de plein emploi le salarié tient les bonnes cartes puisqu'une menace de grève peut faire plier les employeurs.
Par contre quand le chomage est massif c'est l'employeur qui les tient puisqu'une main d'oeuvre de substitution se presse à l'entrée des entreprises.
Écrit par : rowali | 05.04.2011
@ Rowali
Complètement d'accord : le chômage est le problème N°1 aujourd'hui.
@ Alf
C'est pour cela que je continue de le lire, depuis près de 15 ans... Par contre, je n'ai pas bien compris le 2ème point.
@ Sancelrien
Très juste : les rapports de force comptent pour beaucoup.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.04.2011
@ Laurent Pinsolle,
Alf est tout simplement l'avocat de l'ultra-libéralisme, et profite de l'occasion pour marteler un dogme anti-état, voir en particulier un dogme anti-réglementation...
Alf fait allusion à la distortion de la réalité qui tient lieu d'analyse ultra-libérale : les profits des capitalistes réalisés grâce à l'ensemble d'un système n'appartiennent qu'aux investisseurs...
Et les (méchants) impôts volent soit-disant les profits dont tout le mérite ne trouve sa cause que dans les efforts des capitalistes, comme si les investisseurs et les entrepreneur existait "hors-sol" et hors-système ; c'est bien connu...
Etc.
Les ultra-libéraux aiment bien présenter les choses comme si on avait le choix seulement entre l'ultra-réglementation (méchante) et l'ultra-libéralisation (la gentille)...
Écrit par : Abd Salam | 05.04.2011
@Laurent
Sur le second point.
La distinction "salaires" vs "profit" est une distinction arbitraire issue de la vision marxiste de la lutte des classes et popularisée avec un grand succès pour motif de propagande manichéenne.
Chez les marxistes une loi d'airain maintient au plus bas les salaires, qui ne peuvent que croitre par la lutte au dépend des profits.
En science économique maintenant:
On a la notion de "capital humain", il s'agit typiquement les muscles, compétences, beauté, carnet d'adresse, dans lesquels vous avez investi et que vous mettez à disposition d'un employeur pour un temps donné en échange d'un "salaire" qui donne un "profit" une fois les frais déduits.
C'est exactement la même chose que pour tout autre genre de capital au vocabulaire près.
Elle est ancienne mais son usage systématique a été popularisé par le Nobel Gary BECKER.
La bonne question est pourquoi une part moins importante de l’investissement se fait dans le « capital humain ». Mais ça la « stat » en question ne le dit pas.
@Abd Salam : "Alf est tout simplement l'avocat de l'ultra-libéralisme, et profite de l'occasion pour marteler un dogme anti-état, voir en particulier un dogme anti-réglementation."
C'est trés grossiérement ça, mais Laurent est déjà au courant.
Pour le reste, c'est sans commentaires...
Écrit par : Alf | 05.04.2011
@ Alf,
La distinction "salaire" contre "profit" est une distinction arbitraire que l'on retrouve également chez les capitalistes, qu'ils soient ultra-libéraux ou pas.
Ce qui est logique, d'ailleurs ; le salaire n'est pas un profit du patron... c'est une dépense, pour lui ; comme toutes les autres charges, ou situation où de l'argent sort de la poche du patron/investisseur.
En conséquence, chez les ultra-libéraux UNE PRATIQUE d'airain maintient les salaires au plus bas...
votre leçon sur la "science" économique devrait être marteler aussi chez les ultra-libéraux.
Car ils sont nombreux à ne pas voir le "capital humain" autrement que comme une charge forcément trop lourde...
Et à ne pas voir que les impots sont aussi un "investissement"... car il est impossible de lancer dans la libre entreprise dans un pays sans routes, entre autres infrastructures ; et il est impossible de faire des affaires dans un pays où ne règne pas l'ordre garanti par les institutions étatiques.
Écrit par : Abd Salam | 05.04.2011
@Abd Salam : "Car ils sont nombreux à ne pas voir le "capital humain" autrement que comme une charge forcément trop lourde..."
est ce que je vous attibue les trucs du genre "il faut l'auto-gestion par les ouvriers, les patrons nous volent" ?
Je vous laisse avec vos allégations de café du commerce.
@Abd Salam :"Et à ne pas voir que les impots sont aussi un "investissement"..."
haaaa !
si encore ils n' "investissaient" qu'avec les impots, on n'aurait pas un deficite de 40% des recettes et 2000 Mrd de dette soit 1500€ au moins à payer pour les interets par actif qui travail et par an.
Écrit par : Alf | 06.04.2011
Les ultra-libéraux font en tout cas preuve de beaucoup plus de puissance d'analyse de la réalité du système de ces dernières années.
Les plus pénétrants et les plus astucieux ne se reconnaissent pas dans un système dont certaines parties sont plutôt livrées à des mafias et des banksters qu' à un 'marché' , et dont les autres parties sont livrées en pâture à des organismes d'Etat qui les font fonctionner comme des leviers démagogiques et illusoires de (fausse) protection pour se maintenir au pouvoir et non pas comme des moyens de servir l'intérêt général.
Souvent leur anti-étatisme est d'une bien grande niaiserie historique , car l'Etat est un pivot central dans l'aventure collective, mais d'un autre côté penser que la réglementation systématique et l'étatisation sont des solutions l'est tout autant, car le marché est également la respiration de la société civile et une composante importante de la liberté.
Il faut se débrouiller avec ça.
Écrit par : Opps' | 06.04.2011
@ Alf,
Vous pouvez nier la réalité comme bon vous semble... et m'attribuer tous les propos que je n'ai jamais tenus qu'il vous plaira.
Concernant, la dette actuelle, elle est constitué exclusivement d'emprunts pour pallier les manques à gagner en terme d'impôt... et des intérêts de la dette.
Cela fait depuis 1979 au moins que l'Etat compresse ses coûts de fonctionnement... diminuer les effectifs de fonctionnaires, ça ne date pas de l'élection de Monsieur Sarkozy.
Et puisque vous faites exprès de ne pas comprendre, je vais quand même exprimer explicitement ce que mon avis suggére implicitement : je suis contre l'ultra libéralisme, ça ne veut pas dire que je suis pour l'ultra-réglementation à la mode stalinienne.
@ Opps'
Ce qui est niais, c'est de tomber dans le faux débat "réglementation" vs "déréglementation"... qui indique que la personne qui s'y laisse prendre a été bien intoxiqué par la propagande ultra-libérale.
Je viens de comprendre que l'une des tactiques employé par Monsieur Sarkozy n'a pas été inventée par lui, en fait... il ne fait qu'utiliser une technique bien rôdée !
Monter les avis les uns contre les autres... inventer des clivages qui n'existent pas, pendant que certains s'embourbent à défendre une position ou à clarifier la situation, d'autres font voter leurs lois, faites sur mesures pour eux.
Écrit par : Abd Salam | 06.04.2011
Emmanuel Todd : « L’euro est foutu, tout le monde le sait. »
« Il y a deux concepts-zombies dans le projet des classes dirigeantes (le zombie, c’est quelque chose qui est mort et qu’on croit vivant) : le premier concept-zombie, c’est le libre-échange, dont le tout le monde sait maintenant qu’il aboutit à la baisse du niveau de vie, aux délocalisations, etc.
Le deuxième concept-zombie, c’est l’euro, dont tout le monde sait qu’il est sous perfusion, en acharnement thérapeutique, de crise financière en crise financière… Les classes dirigeantes le savent mais n’osent pas le dire : l’euro est foutu… Le pouvoir sarkozyste représente au plus haut degré l’oligarchie économique, les riches, et donc lui doit défendre l’euro jusqu’au bout, parce que l’euro, c’est l’argent des riches ».
(A partir de 04 minutes 20)
http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2011/04/05/emmanuel-todd-euro-foutu-tout-le-monde-le-sait/#comment-971
Écrit par : BA | 06.04.2011
@ Laurent Pinsolle OT
L'Italie va délivrer des permis de séjour temporaires aux 20.000 clandestins tunisiens, qui pourront dès demains entrer en France. Salles a posé la question hier à Guéant qui a éludé la question. Je ne connais pas bien les accords de Schenghen peut-on les suspendre temporairement? En tout cas bien joué les italiens...
Écrit par : Fiorino | 06.04.2011
@Abd Salam: "Cela fait depuis 1979 au moins que l'Etat compresse ses coûts de fonctionnement... diminuer les effectifs de fonctionnaires, ça ne date pas de l'élection de Monsieur Sarkozy."
Vous rigolez ! Les socialistes sous Fabius ont modernisé les marchés financiers, dans le seul but de pouvoir financer des dépenses supplémentaires.
Ils ont transfere les dépenses aux collectivités locales.
La décentralisation sans la démocratie directe, sans liberté fiscale, avec péréquation massive à fait EXPLOSER les dépenses locale (projets foireux, embauches massives a vie à visée électoraliste, etc.).
Sarkozy a à son actif l'emprunt Balladur de 100 milliards et l'augmentations stratospherique des dépenses ses derniéres années, c'est un incontinant budgétaire, il se croit grandi par de grandes dépenses.
Mais en fait il ne faut pas ainsi chercher des boucs emissaires.
Si ça concerne tous les politiques de tous les partis, c'est que ça n'est en fait pas un probléme de personne, mais un probléme d'institutions (banques centrales, modes electoraux, etc.) qui pousse à la dépense en faisant sauter toute responsabilité, en selectionnant les profils inaptes à une bonne gestion (baratiner et serrer des mains). Un peu comme mettre un commercial à la maintenance technique.
@Abd Salam : "je suis contre l'ultra libéralisme, ça ne veut pas dire que je suis pour l'ultra-réglementation à la mode stalinienne."
J'ai du flair... j'avais compris.
Mais il n'est pas necessaire d'être stalinien pour rayer une civilisation de la carte en quelques générations.
Le libéralisme n'est pas une question de quantité de rêgles mais de qualité des rêgles.
Le droit de propriété est une rêgle, si vous le hachez menu avec d'autres rêgles, vous détruisez la responsabilité et son autre facette la liberté au profit de sanctions arbitraires.
Écrit par : Alf | 06.04.2011
@ BA
J'aime bien Todd et je le trouve intéressant. Cependant dire que l'euro est condamné est un peu court. La capacité de résistance de l'existant, du réel actuel, des mentalités n'est pas à minorer .
Ce qui est drôle c'est que cette condamnation de l'euro , sur la base d'arguments provenant du réalisme de l'école autrichienne ou même motaro-friedamnien , vient souvent de personnes qui croient à la force du politique et de la volonté collective contre des principes assez élémentaires de l'économie.
Mais enfin malgré ces réserves je pense qu'il va se passer quelque chose , mais sous quelle forme , en combien de temps , et au profit final de qui ....
@ Abd Salam
Assez d'accord sur la dette avec cette mise en perspective : les rois idéologiques de la justification (économique et philosophique) de la dettes sont tout de même des personnes se réclamant de la gauche et du keynésanisme . Dans les faits c'est plus compliqué, car la pression idéologique et culturelle est telle que la droite -malgré son discours et ses gènes- n'a pas été en reste. Du moins en France.
Le résultat est une situation assez compliquée d'endettement généralisé. Reprendre , pour remettre de l'ordre à l'imbroglio des dettes et des avoirs, des signes monétaires largement faux donc de la fausse monnaie, aux "riches" n'est pas une mince affaire, sans provoquer une sorte de contraction des comportements à l'origine de la richesse et du bien-être !
@ Alf
Que le libéralisme ou un certain ultra-libéralisme n'ait pas pu , ni su, se concrétiser autrement que par un système réel et concret additionnant de nombreux désavantages , donne à réfléchir.
Écrit par : Opps' | 06.04.2011
"S’il pointe bien négligemment le rôle des politiques trop laxistes des banques centrales (sans détailler en quoi cela pourrait bien tout expliquer)"
Il suffit de demander...
http://ordrespontane.blogspot.com/2011/04/la-mere-de-toutes-les-crises.html
Écrit par : Georges Kaplan | 06.04.2011
@ Alf,
Je n'ai pas dit que l'Etat ne faisait plus d'emprunt... mais que les emprunts et l'augmentation de la dette servent à compenser les manques à gagner fiscaux... dûs aux câdeaux exigés par les plus riches, conformément à l'idéologie ultra-libérale.
L'Etat français s'endette uniquement pour faire face à ses frais de fonctionnement... l'Etat n'emprunte même pas pour réaliser des projets (ou petitement à la marge).
Et bravo pour votre conclusion qui est la complainte standard de l'ultra-libéral... qui aime bien présenter les choses comme si les règles étaient forcément contre lui. Evidemment.
Le "droit de propriété" est un droit accordé et reconnu par la Nation... et non un pouvoir absolu de souveraineté sur la Nation.
Les ultra-libéraux veulent faire passer leurs conceptions extrêmistes de la propriété comme une défense face à un prétendu extrêmisme des règles soit-disant méchamment arbitraires... c'te blague.
Certes, les rapports sociaux sont souvent des rapports de force... mais quand même, quand même...
Écrit par : Abd Salam | 06.04.2011
@ Opps',
La machinerie économique ne vit pas par elle-même et selon sa propre volonté...
La machinerie économique est le résultat de la force du politique (en l'occurence l'application de la politique ultra-libérale) et d'une volonté collective (celle des gens qui ont intérêt à ce que l'ultra-libéralisme eixste et se maintienne).
L'ultra-libéralisme, la situation actuelle, est le résultat d'une véritable stratégie dans laquelle des gens ont patiemment mis en place leurs pions (ouverture des frontières, démantèlement da la souveraineté des Etats)... et si on veut faire machine arrière il y a des barrières déjà prévues et un coût exhorbitant prévu pour que ça calme ! ou qu'il soit possible de présenter, la sortie de l'euro par ex, comme impossible.
Un Etat voudrait donner dans le protectionnisme, impossible à l'échelle d'un seul pays, vu la situation présente... situation présente qui n'est pas tombée toute seule du ciel !
Écrit par : Abd Salam | 06.04.2011
"Abd Salam"
Où avez vous trouvé que " L'Etat français s'endette uniquement pour faire face à ses frais de fonctionnement... l'Etat n'emprunte même pas pour réaliser des projets (ou petitement à la marge)."
Vous pourriez jeter un coup d'oeil sur http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/tableau.asp?id=1.403bis
Il est tout à fait évident que les déficits publics sont dus aux intérêts de la dette et non pas à des frais de fonctionnement trop élevés (mis à part peut être les deux années passées, du fait de la crise). La preuve http://tinyurl.com/6awojls ... regardez les soldes primaires.
(Malheureusement l'INSEE ne diffuse plus ces éléments importants après 2007)
Écrit par : A-J Holbecq | 06.04.2011
@ Sancelrien, réponse au premier commentaire ; d'une certaine façon aussi commentaire de l'article d'il y a quelques jours sur le protectionnisme.
Je ne suis pas tout à fait d'accord pour faire de l'Angleterre la patrie du libre-échange. Il est vrai qu'elle celle de quelques auteurs libéraux classiques, surtout Smith et Ricardo, qui insistent sur les vertus du libre-échange. Mais il ne faut jamais oublier qu'ils écrivent, surtout pour Ricardo, pour dénoncer le système économique en place ! Car, entre 1750 et 1850, c'est à dire tout le long de l'essentiel de la révolution industriel, le décollage se fait sous un régime protectionniste extrêmement puissant.
Ce n'est qu'à partir du milieu du XIXe siècle environ - un peu avant pour l'agriculture - que le pays se range au libre-échange ; avec certainement l'impact aussi des conquêtes coloniales qui se font pour l'essentiel au second XIXe siècle. C'est l'apogée victorienne, mais ça ne va pas durer longtemps : dès les années 1880, le pays se fait dépasser par les USA et l'Allemagne, deux pays qui ont eux aussi fait tout leur décollage industriel en régime protectionniste.
N'ayant jamais remis en cause le libre-échange, sans jamais vraiment s'effondrer (on parle quand même de l'angleterre) le pays n'est jamais vraiment reparti.
Écrit par : Nicolas Gonzales | 06.04.2011
@ A-J Holbecq,
Juste une petite précision, personnnellement je n'ai pas parlé de "frais de fonctionnement trop élevé"... mais de frais de fonctionnement qui ne sont pas couverts par les impots ! suite à de trop grands et trop nombreux câdeaux fiscaux aux plus riches.
Pour le reste, il semblerait que nos sources ne soient pas d'accord...
Je dirais en passant, qu'avec l'effort de guerre en Afghanistan, par ex, la France a dépensé pour les armées en deux ou trois ans, tout l'argent que l'Etat s'est efforcé de ne pas dépenser dans le cadre de la "défense" depuis les années 70 (en terme d'équipements)...
Et encore, on ne parle pas des frais de "stationnement" et "d'opération" des troupes en Afghanistan estimé à plus de 300 millions d'euros par jour, rien que pour l'Armée de Terre...
Pour ne prendre qu'un contre-exemple de l'augmentation de la dette...
Écrit par : Abd Salam | 07.04.2011
@Abd Salam
Vous ne me donnez pas beaucoup de sources pour contrecarrer les miennes...
Vous écrivez: " Et encore, on ne parle pas des frais de "stationnement" et "d'opération" des troupes en Afghanistan estimé à plus de 300 millions d'euros par jour, rien que pour l'Armée de Terre..."
110 milliards par an ? allons, il faut revoir vos chiffres....
Écrit par : A-J Holbecq | 07.04.2011
"Le "droit de propriété" est un droit accordé et reconnu par la Nation"
La propriété existait bien avant la nation.
"l'Etat est un pivot central dans l'aventure collective"
C'est pas croyable de lire des idioties pareilles.
Un peu de confiture sur la tartine?
"Cela fait depuis 1979 au moins que l'Etat compresse ses coûts de fonctionnement... diminuer les effectifs de fonctionnaires, ça ne date pas de l'élection de Monsieur Sarkozy."
Le nombre des fonctionnaires n'a cessé de grimper depuis 30 ans. Le fantasme du Sarkonabot ultra-libéral qui fait la politique qu'aurait appliquée le PS a toujours cours.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/fonction-publique/chiffres-cles.shtml
Avec 150 milliards de déficit, on est vachement dans la compression des dépenses.
Écrit par : théo31 | 08.04.2011
@ Théo31,
L'Etat compresse ses coûts de fonctionnement (par ex, diminution des enseignants, et autres fonctionnaires)... pas les câdeaux directs et indirects aux plus riches (sans parler de l'argent dépenser pour sauver les banques, coute que coute)...
La propriété est un droit reconnu de gré ou de force par le clan, ou la nation... quand le clan ou la nation se fache, la propriété change de main, ou de définition.
@ A-J Holbecq,
Le domaine militaire est un domaine qui coûte très très cher... ça monte vite ! très vite.
Les 300 millions d'euros par jour rien que pour l'Armée de Terre est probablement une sous-estimation...
Écrit par : Abd Salam | 08.04.2011
"La propriété est un droit reconnu de gré ou de force par le clan, ou la nation... "
Le clan, la nation n'ont aucun droit sur les individus. La propriété et les droits naturels pré-existent avant toute forme d'organisation sociale. Vous trouvez normal de voler le travail des autres, moi ça me donne envie de vomir.
"pas les câdeaux directs et indirects aux plus riches"
La gauche a fait pareil. Quand la gauche a institué l'IGF, abius a pris soin d'exclure les oeuvres d'art de son calcul pour ne pas faire de tort à son papounet antiquaire.
Le bouclier fiscal concernait aussi les smicards. Pour info, des smicards paient aussi l'ISF.
"L'Etat compresse ses coûts de fonctionnement (par ex, diminution des enseignants, et autres fonctionnaires)."
C'est bien pour cela que les économies réalisées sont allées, je vous le donne en mille, dans les poches des fonctionnaires :
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110304trib000605979/ne-pas-remplacer-un-fonctionnaire-sur-deux-n-a-presque-rien-rapporte-a-l-etat.html
Écrit par : théo31 | 08.04.2011
@Abd Salam
C'est facile d'aligner des chiffres sans aucune justification...
Écrit par : A-J Holbecq | 08.04.2011
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