05.05.2011
Au tour du Portugal d’être saigné pour sauver ses créanciers et l’euro !
Après la Grèce il y a un an, après l’Irlande il y a six mois, c’est au tour du Portugal d’accepter la tutelle du FMI et des instances européennes pour pouvoir honorer ses créanciers et ne pas être contraint de sortir de l’euro, au risque de faire s’effondrer ce château de carte monétaire.
L’aide faite aux banques
Il est toujours aussi hallucinant d’analyser les termes employés pour qualifier ces accords qui reviennent pour les pays « aidés » à se soumettre à la tutelle d’organisations internationales, qui imposent des plans d’austérité sauvage, de manière à sauver leurs créanciers d’un défaut et d’une restructuration. Car ce ne sont pas le Portugal et encore moins les Portugais qui sont aidés dans cette affaire. Après tout, ils auraient pu suivre le chemin de l’Islande ou de l’Argentine.
Mais pour cela, il aurait fallu quitter l’euro, pour pouvoir dévaluer, et sans doute faire un défaut partiel sur leurs dettes publiques. Une telle décision aurait eu toutes les chances d’entamer le processus final de déconstruction de la monnaie unique européenne, un pays en étant chassé après l’autre, faisant voler en éclats les immenses pouvoirs accumulés par les instances technocratiques européennes de haute lutte et pas toujours très démocratiquement…
En outre, cela risquait de remettre en cause la stabilité d’un système bancaire qui est le principal gagnant de ces « plans d’aide ». En effet, cela lui garantit le paiement des juteuses primes de risque accordées depuis quelques mois, tout en étant protégé sur le capital pour quelque temps : le beurre et l’argent du beurre. Mieux, cela organise un transfert du risque sur les Etats, qui devront assumer le défaut sur 75 milliards de dette dans trois ans, à la place des banques.
Des plans qui ne règlent rien
Pire, ces plans imbéciles ne font qu’acheter (chèrement, et par les Etats en lieu et place des institutions financières) du temps. Car il faut être clair : la situation sera bien pire en 2013 qu’aujourd’hui pour les trois pays qui ont été aidés. En effet, le montant de la dette aura lourdement gonflé, leur PIB aura baissé (déjà plus de 10% en Grèce), le tout sans le moindre espoir de reprise puisque leur monnaie restera largement surévaluée (à l’échelle de l’Europe et du monde).
Si, à la limite, on pouvait se dire qu’il n’était pas totalement absurde de mettre en place un tel plan il y a un an pour se donner le temps de concevoir un plan alternatif permettant de véritablement régler les problèmes à long terme, il est sidérant de voir que l’on continue avec de tels expédients un an après. Car le fait d’attendre aggrave le problème. Et plus on attend, plus la crise à venir sera violente. Il y a un an, la dette Grecque aurait pu être négociée avec une décote d’un tiers.
Aujourd’hui, les taux à dix ans indiquent une décote anticipée d’environ 50%... Bref, la facture devient tous les jours plus lourde, sachant qu’entre temps, la population subit des hausses d’impôt sauvages et des coupes massives dans les dépenses publiques (diminution du nombre de fonctionnaires, baisse de leur traitement, réduction des aides en tout genre). Bref, ce sont des pays encore affaiblis qui devront affronter une crise encore plus dure dans quelques années.
Les artificiers de Bruxelles, Francfort et Washington achètent de nouveau du temps avec l’argent du contribuable, histoire de cacher qu’ils ne savent où ils vont. Pire, ils aident encore les banques qui avaient plongé le monde dans une crise financière sans précédent il y a deux ans.
10:57 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : protugal, dettes souveraines, euro, fmi, plans de soutien, islande, argentine, grèce




Commentaires
Vous êtes marrant, c'est toujours de la faute du cochon de payeur.
Rien, strictement rien, n'obligeait le portugal à accepter ce plan. De même que rien, strictement rien, n'obligeait le Portugal (et les autres pays) à devenir dépendant des déficits chroniques.
Le Portugal aurait pu, comme vous le dites, suuivre la voie de l'Islande ou de l'Argentine. Le sevrage brutal. On dit merde aux créanciers et on se retrouve du jour au lendemain à être obligé d'équilibrer ses comptes. Faut du courage.
Le plan du FMI, c'est la méthadone, le produit de substitution qui doit permettre de sortir de l'addiction de façon un peu plus douce. C'est désagréable aussi. Mais bon, quand on est pris dans une telle addiction, il n'y a pluss de solution agréable.
Pour ne pas être obligé de choisir entre la peste et le choléra, il n'y a qu'une seule façon de procéder, ne pas devenir dépendant de l'argent des autres. Mais ceux qui disent cela se font systématiquement traiter de connards depuis 40 ans. Et encore aujourd'hui où on nous explique doctement qu'il faut booster la croissance à grands coups d'"investissements" publics financés par la dette...
Après on peut toujours blâmer ceux qui arrivent avec une solution merdique à un problème inextricable, ça évite de se demander qui a créé le problème inextricable.
On peut aussi blâmer les banques, ce que vous en dites n'est pas faux. mais il ne faut pas oublier deux points importants : (i) n'importe qui, vous, moi... peut investir ses économies dans la dette portugaise et bénéficier des "juteuses primes de risques"; (ii) ce ne sont pas les banques qui ont voté les plans de bailout.
Vous militez pour un renforcement du rôle des Etats, cause que je trouve plutôt sympathique. Mais cela vous amène à minimiser systématiquement la responsabilité écrasante de ces mêmes Etats (gouvernements, classe politique, administration) dans la catastrophe.
Ce sont les Etats qui ont sensés être au service des citoyens et dont les représentants sont désignés par le vote, pas le FMI, pas l'UE, pas les banques. Ce sont les Etats qui ont dépensé largement plus que leurs ressources pendant des décennies, pas le FMI, l'UE ou les banques. Ce sont les Etats qui ont décidé de sauver les banques avec l'argent des citoyens, sans leur demander leur avis. Ce sont les Etats qui s'apprêtent à éponger leurs dettes aux dépends des citoyens.
Vous n'atteindrez pas votre objectif de renforcement du rôle des Etats en faisant l'économie d'un solide coup de torchon dans leurs façons de procéder. Sous le général De Gaulle, il n'y avait pas de déficit, et on trouvait pourtant de quoi financer la reconstruction, un réseau de transport, un parc de centrales nucléaires...
Écrit par : Lib | 05.05.2011
REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE DE THOMAS CLUZEL 4/05/11
http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4222681 (audio)
Celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas ... Après l’allocution télévisée hier du Premier ministre portugais ... il n'est pas difficile d’imaginer le soupir de soulagement qui a du traverser le pays tout entier écrit ce matin l’éditorialiste du DIARIO DE NOTICIAS ... Les modalités de l'accord conclu hier avec l'Union Européenne et le FMI ... un programme de renflouement de 78 milliards d'euros sur trois ans donneraient en effet au pays plus de temps que prévu ... pour remplir ses objectifs de déficit budgétaire ... Et c’est ainsi notamment que les caisses des salaires et des pensions de retraites de la grande majorité des portugais ... de même que le niveau du salaire minimum ne devraient pas être affectées dans l’immédiat ... Seulement voilà ... étant entendu que personne ne lâchera jamais 78 milliards uniquement pour nos beaux yeux ... on imagine que le diable doit bien se cacher quelque part dans les détails écrit l’éditorialiste ... Autrement dit ... si tout nous pourra nous sembler encore plus ou moins rose dans l’année en cours ... en revanche ... 2012 et 2013 ne devraient rien apporter de bons ...
Découvrez ce qui va changer dans votre vie avec le FMI ... prévenait d’ailleurs récemment le JORNAL DE NEGOCIOS dans une édition spéciale ... exclusivement consacrée au Fonds monétaire international ... Les citoyens recevront moins de la part de l'Etat ... et devront payer plus d'impôts assuraient déjà le quotidien économique lisboète … Les prestations chômage pourraient être également diminuées ... Et le pays devra probablement faire face à une vague de privatisations sans précédent ...
Alors pour mieux comprendre ... un petit retour en arrière s’impose ... Menacé d'une rupture de financement … le Portugal qui doit rembourser 5 milliards d'euros de dette à la mi-juin avait sollicité une aide de l'UE et du FMI le 7 avril dernier précise ce matin LA TRIBUNE DE GENEVE … C’est donc à présent chose faite … Sauf qu’en échange de cette aide … l'UE et le FMI exigent un programme d'ajustement et des réformes structurelles ... engageant les principaux partis au-delà des prochaines élections législatives anticipées du mois de juin … Or on se souvient que la pression des investisseurs et des agences de notation s'était déjà fortement accentuée après la démission fin mars du chef du gouvernement socialiste … désavoué par le rejet au Parlement de son quatrième programme d'austérité en un an ... En clair ... et en dépit donc des déclarations rassurantes hier soir du premier ministre portugais ... et bien la pression va bel et bien s'exercer crescendo ...
Et d'ailleurs … les Irlandais et les Grecs eux le savent … Demander un renflouement à la Commission européenne ... c’est comme tomber entre les griffes de la mafia pouvait on lire notamment dans un article paru récemment dans les colonnes du quotidien britannique THE GUARDIAN … Au tour à présent des Portugais donc d’en faire l’amère expérience … Et le spécialiste de l'économie de prendre pour exemple l’excellente série Les Soprano … Dans un épisode ... le mafieux Tony Soprano explique à un parieur à la petite semaine pourquoi il le laisse jouer et perdre de grosses sommes ... "Je savais que tu ne pourrais jamais te le permettre … mais ta femme avait cette boutique d’articles de sport" … lui précise-t-il … tout en vidant bien entendu la boutique de ses marchandises ... et en la condamnant de fait à la faillite ... Alors les Soprano est disponible en portugais ... Et en regardant la série … et bien les téléspectateurs en apprendront sans doute plus sur ce qui les attend que dans n’importe quel article ou reportage … puisque le Portugal est donc la dernière économie en date à tomber entre les griffes de la Commission européenne et du FMI ... Et d’ajouter … à Athènes ... à Dublin et désormais à Lisbonne et bien les mêmes scenarii se répètent … Souvenez vous ... les renflouements grec et irlandais nous avaient été présentés à l'époque comme une mesure extrême mais nécessaire … afin de soutenir la solvabilité de l’Etat … Or ils ont échoué ... Les deux économies ont vu leurs notes continuer à être dégradées par les agences de notation … et les marchés financiers anticipent même encore un défaut de paiement probable … Et il est fort parier que comme Dublin et Athènes … et bien le gouvernement de Lisbonne à son tour ne tardera pas à s’apercevoir qu’il a troqué l’incertitude d’une dette coûteuse sur les marchés financiers … contre la certitude d’une dette exorbitante auprès de l’UE et du FMI … Par conséquent … l’Etat sera moins à même de rembourser sa dette … Pire encore … en échange du renflouement ... il se verra imposer de nouvelles réductions des dépenses publiques et un accroissement de la pression fiscale sur les revenus … Autant de mesures qui ont pour effet d'étrangler l’activité économique et de déprimer le revenu fiscal dont dépend justement le service de la dette … En clair ... tout laisse à penser que le déficit augmentera … tout comme le risque d’un défaut de paiement … Car au fond poursuit l'article ... si ces gigantesques renflouements accroissent le risque d’un défaut … c’est parce que ce sont des renflouements à la Tony Soprano justement … Traduction ... il n’y a pas un centime pour les pays eux-mêmes … tout l’argent va directement dans les caisses de leurs créanciers ... les banques européennes … Et voilà comment donc les contribuables des économies dites “périphériques” renflouent aujourd’hui les plus grandes banques d’Europe … CQFD ...
Sans compter que l’appellation d’économies périphériques qui repose sur les niveaux de la dette est un mensonge éhonté peut-on lire toujours dans les colonnes du GUARDIAN ... En pourcentage du PIB … la dette publique est par exemple plus élevée en Italie mais aussi en Belgique que dans toutes ces économies à l’exception de la Grèce … En réalité ... c'est la situation des banques qui fait qu’un pays se retrouve ou non aujourd'hui sous le feu des attaques concertées des marchés financiers et des agences de notation … mais aussi de l’UE et de la Banque centrale européenne ... Or dans les pays à faible fiscalité … l’Irlande … l’Estonie … la Slovaquie … la Grèce … l’Espagne et le Portugal … leurs banques mais on pourrait y ajouter les compagnies de fret … et les spéculateurs immobiliers ont tous joué gros et perdu ... Et THE GUARDIAN de conclure … A présent les vautours peuvent s’en donner à cœur joie … Les contribuables n’ont pas fini de souffrir ... Mais comme dirait Tony Soprano : “Qu’est-ce qu’on y peut ?”
Écrit par : Assurancetourix | 05.05.2011
@Lib
Toute la monnaie dont nous disposons (les ménages, les entreprises et les administrations - dont l'État) est produite ex nihilo par les banques commerciales . Cela veut dire, et vous le savez surement, que toute monnaie est in fine une dette.
Donc l'Etat ne peut être qu'en déficit, donc endetté, sauf à augmenter la dette nette des autres agents.
Je vous suggère la lecture de Vallageas : http://www.eco-life.fr/references/pourquoi_les_etats_sont_deficitaires.pdf
Il y a une solution à votre critique générale: c'est que seule la Banque Centrale puisse émettre la monnaie ( http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ ) ce qui d'une part permettrait d'éviter de devoir chaque année s'endetter en plus du montant des intérêts de l'ordre de 50 Md€, mais de plus de bénéficier collectivement du "seigneuriage" de l'ordre de 80 Md€/an pour la France, en restant raisonnables: 130 milliards/an ce n'est pas à dédaigner si vous ajoutez en plus, dans ce cas, la suppression "one shot" d'une bonne partie de la dette publique.
Écrit par : A-J Holbecq | 05.05.2011
@ Lib
Vous ratez le principal point de mon papier : à savoir que ces plans sont absurdes dans la mesure où ils ne font que différer les problèmes en les rendant encore plus gros... Et le second point : peut-on vraiment dire qu'il s'agit d'un plan d'aide au Portugal alors que les principaux bénéficiaires sont les créanciers et l'euro, mais surtout pas les portugais, qui vont régler la note.
Il y avait une autre option : dévaluation et restructuration. Et mieux vaut le faire tôt pour limiter la restructuration. Si cela avait été fait l'an dernier, cela aura pu se faire en douceur...
En outre, si le Portugal est aussi mal aujourd'hui, c'est aussi à cause de l'euro, qui a trop fait baisser le coût de la dette, et qui plombe la croissance depuis des années du fait de sa cherté...
Après, évidemment, il faut être responsable et il est clair que les hommes politiques ne l'ont pas été suffisamment, notamment les socialistes (la cagnotte dépensée par le gouvernement Jospin), mais aussi Nicolas Sarkozy (qui a beaucoup dépensé en arrivant en 2007).
Très juste, il n'y avait pas de déficit sous le Général. Mais il y avait de la croissance, ce qui doit être la priorité N°1 aujourd'hui.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.05.2011
Faut pas que l'on oublie de poser la question aux différents candidats à la présidentielle.
"Dans le cas où la France se trouverait dans une situation financière désagréable, consulteriez-vous les français avant d'aller négocier discrètement avec le FMI ou d'autres ?"
Idem pour les députés.
Personnellement, je suis plus choqué par la méthode politique appliquée que par la solution. Pour moi, on est au-delà des limites de la démocratie représentative.
Écrit par : noeudechaise | 06.05.2011
AJH,
Menez votre raisonnement jusqu'au bout. Effectivement, en économie fermée, la dette de l'Etat est financée par les créances des autres agents. C'est bien le problème : pour survivre, l'Etat doit ponctionner les autres agents. Si l'Etat était en excédent, il prêterait ces fonds aux autres agents (ou les leur laisserait en réduisant les impôts)
La monétisation est une escroquerie. Le seigneuriage n'est pas un bénéfice collectif mais bien une spoliation de la collectivité au bénéfice de l'Etat.
Laurent,
D'accord avec vous sur le fait que le plan est loin d'être une panacée et que la restructuration eut peut-être été une meilleure solution. Mais la question à se poser est alors de savoir pourquoi le Portugal ne l'a pas fait. Certes il aurait fallu dénoncer des traités mais, dès lors qu'on choisit de renier sa signature sur des emprunts il n'y a pas lieu de s'arrêter en si bon chemin...
Après il y a l'euro bien sûr. Il est clair qu'un euro fort a des inconvénients, mais pas que. Et il y a des moyens nationaux d'en mitiger les effets (par exemple la TVA sociale, qui notamment renchérit les importations et allège la production locale)
C'est pour cela que je vous suis un peu rentré dedans. Blâmer l'UE, le FMI, la BCE, les banques, je veux bien, mais au bout d'un moment ça sonne quand même un peu comme une mauvaise excuse.
Sous le Général, il y avait de la croissance mais, et ce n'est peut-être pas un hasard, il n'y avait pas des prélèvements obligatoires à 52%, la semaine des 35h, les 5 semaines de CP, la retraite à 60 ans, un droit social kafkaien pour l'employeur, un Etat nounou omniprésent...
Mon sentiment est que nous avons collectivement passé les 40 dernières années à lever le pied, que ça a été rendu possible parce que des prêteurs voulaient bien boucler nos fins de mois. L'UE, les banques, la BCE ont peut être une part de responsabilité, mais se focaliser sur eux fait manquer l'essentiel.
Écrit par : Lib | 06.05.2011
@Lib
Les prélèvements de l'Etat, des autres administrations centrales et des administrations locales représentent 18,8% du PIB (en 2009). C'est de toute façon de la monnaie qui circule car elle est ré injectée dans l'économie par les agents qui en sont bénéficiaires (et qui donc "fait marcher le commerce")
Certes, il est possible d'augmenter les impôts pour satisfaire les besoins. Mais hors monétisation (interdite par les Traités) il ne reste ensuite d'autre choix que l'emprunt aux seuls agents qui "techniquement" peuvent s'endetter.
Non, la monétisation (si elle n'est pas supérieure à celle produite par les banques commerciales et privées et en remplacement de celle ci) n'est pas une escroquerie.. c'est un choix de fonctionnement ; les seuls "pénalisés" sont les banquiers..
Le seigneuriage (collectif) SERAIT un bénéfice collectif alors que le seigneuriage actuel des banquiers EST un bénéfice privé.. vous ne pouvez pas me démontrer le contraire.
Écrit par : A-J Holbecq | 06.05.2011
@ Noeuddechaise
Suggestion intéressante.
@ Lib
Le Portugal ne le fait pas (comme la Grèce et l'Irlande) parce qu'ils ne veulent pas mordre la main qui les a nourri depuis si longtemps (ce que j'avais pronostiqué il y a plus d'un an). Ce pays (comme les deux autres) a été beaucoup aidé et donc ils ne veulent pas rejeter les solutions proposées par cette Europe qui a été si longtemps synonyme de crédits...
La TVA sociale, ce n'est pas suffisant quand l'euro est surévalué de 40% par rapport au dollar, lui-même largement surévalué par rapport au wuan...
Je blâme l'UE et le FMI pour faire des plans dont tout le monde sait qu'ils sont intenables d'autant plus qu'on ne peut pas dire qu'ils n'ont pas eu de temps pour en trouver d'autres depuis plus d'un an. Et entre temps, les peuples paient alors que les banques en profitent.
Il y a deux responsabilités à la situation financière actuelle des Etats :
- une certaine irresponsabilité des dirigeants politiques bien sûr (comme déjà évoqué dans mon précédent commentaire)
- la mondialisation néolibérale qui pénalise la croissance et pousse le chômage et qui nous a plongé dans une grave crise en 2008
La monétisation n'est pas une escroquerie. C'est le système actuel qui est totalement anormal.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 06.05.2011
Vendredi 6 mai 2011 :
A propos de la situation en Grèce, une réunion secrète a eu lieu vendredi soir :
Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen sont au Luxembourg pour une réunion sur la Grèce, a dit vendredi à Reuters une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne.
"C'est vrai", a-t-elle dit au sujet d'un article du Spiegel Online, disant que des responsables allemands assistaient à une réunion au Luxembourg pour évoquer la situation de la Grèce.
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRWEA943720110506
Voici les dirigeants présents à la réunion secrète de vendredi soir au Luxembourg :
- Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen.
- La ministre de l'Economie française Christine Lagarde.
- Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, président de l'Eurogroupe (l’Eurogroupe est le nom donné à la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro).
- Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, qui représente la Commission Européenne.
The meeting included discussions on Jean-Claude Trichet's successor as ECB chief. Germany's Wolfgang Schäuble, French Finance Minister Christine Lagarde and European Commissioner Olli Rehn were also present at the meeting.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704810504576307242643218636.html?mod=WSJEurope_hpp_LEFTTopStories
Cette réunion n'apparaît pas dans l'agenda officiel de Christine Lagarde :
http://www.minefe.gouv.fr/discours-presse/historique_finances.php
Écrit par : BA | 07.05.2011
Parmi les 17 Etats membres de la zone euro, quels sont les Etats les plus endettés ?
Réponse :
1- Grèce : la dette publique est de 328 milliards d’euros, soit 142,8 % du PIB.
2- Italie : la dette publique est de 1843 milliards d’euros, soit 119 % du PIB.
3- Belgique : la dette publique est de 341 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.
4- Irlande : la dette publique est de 148 milliards d’euros, soit 96,2 % du PIB.
5- Portugal : la dette publique est de 160 milliards d’euros, soit 93 % du PIB.
6- Allemagne : la dette publique est de 2079 milliards d’euros, soit 83,2 % du PIB.
7- France : la dette publique est de 1591 milliards d’euros, soit 81,7 % du PIB.
Comme si leur situation n’était pas suffisamment désespérée, les Etats européens vont se surendetter encore plus pour pouvoir prêter 25 milliards d’euros supplémentaires à la Grèce !
De toute façon, la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes !
Alors autant continuer à verser des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes !
On s’en fout : ce sont les CONtribuables européens qui paient !
Lisez cet article ahurissant sur la folie du système européen et la fuite en avant des dirigeants politiques :
« Les Européens prêts à aider davantage la Grèce.
D’après les participants à la réunion, George Papaconstantinou a été convaincant quant à la volonté de son gouvernement de hâter la mise en oeuvre des mesures nécessaires.
De leur côté, les Européens se sont montrés disponibles, en échange de cela, à remettre la main au portefeuille en cas d’échec du dispositif renforcé. La somme additionnelle en jeu serait de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros, selon nos informations. »
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201353315492-les-europeens-prets-a-aider-davantage-la-grece.htm
Écrit par : BA | 07.05.2011
Avis à Christine Lagarde :
Je suis toujours là ! Et je veille au grain.
Au moindre dérapage de la dette, moi, BA, le visonnaire qui avait prédit la faillite des banques françaises en 2009, je suis prêt à alerter l’opinion en publiant sur tous les blogs de la terre les bêtises des Etats européens.
Avis à tous les bisounours.
Je ne laisserai pas passer ces âneries.
Écrit par : BA | 09.05.2011
Le message ci-dessus n'est pas de moi.
Merci de le supprimer.
BA.
Écrit par : BA | 09.05.2011
Mardi 10 mai 2011 :
Quand la France lance un emprunt à 6 mois, elle doit payer un taux d'intérêt de 0,837 %.
Et la Grèce ?
Mardi 10 mai 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois : la Grèce a dû payer un taux d'intérêt de ... 4,880 % !
Les taux sont en hausse : c'était 4,800 % lors de la précédente émission en avril, et c’était 4,750 % en mars.
http://www.obliginfos.fr/2011/05/10/la-grece-place-1625-milliard-deuros-de-dette-a-6-mois-taux-en-hausse/
Écrit par : BA | 10.05.2011
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