09.05.2011
« La démondialisation » : la bible économique alternative de Jacques Sapir (2/2)
C’est le cœur du nouveau livre de Jacques Sapir : produire une analyse critique systémique de la mondialisation, recoupant commerce, monnaie et finance, afin de proposer une alternative complète.
Les ravages de la globalisation marchande
L’économiste commence par une analyse des limites de la libéralisation commerciale. Il tord le cou à plusieurs mythes, soulignant que « c’est au contraire la croissance dans les principaux pays qui tire le commerce », comme l’a montré a contrario 2009. Il note aussi qu’il y a beaucoup d’effets d’optique, entre la montée considérable du prix des matières premières, ou la spécialisation qui fait progresser commerce et PIB sans forcément faire progresser le bien-être.
En évoquant les pays asiatiques, il souligne que « la globalisation marchande ne donne des résultats que dans la mesure où l’on ne joue pas son jeu mais où d’autres acceptent de le jouer ». Il montre également que les modèles qui chiffrent les bénéfices de la libéralisation aboutissent à des estimations limitées, et ne bénéficiant qu’à la Chine (d’où l’échec de Doha)… En outre, la libéralisation de l’agriculture aboutit à une instabilité qui se révèle dévastatrice.
Il dénonce « les mesures destinées à faire baisser la part des salaires (qui passent) pour une sorte de loi de la nature ». Il en souligne tous les méfaits : effondrement de la part des salaires dans le PIB (10 points depuis 30 ans), hausse du chômage, explosion des inégalités : les salaires stagnent, à part en haut de la pyramide, où ils explosent (plus de 20% des revenus pour 1% de la population contre 9% il y a trente ans aux Etats-Unis, la France restant plus égalitaire).
Il insiste sur le décrochage entre gains de productivité et hausses de salaire et le fait que la hausse du salaire moyen (12% de 1996 à 2006) camoufle la stagnation du salaire médian (+4%). Enfin, il distingue deux types de délocalisations, les directes et les indirectes (quand on produit un nouveau modèle ailleurs), qui ont permis de transférer 30% de la production automobile Française. En y ajoutant l’effet dépressif induit, il estime qu’on peut leur attribuer au moins 50% du niveau du chômage.
Les ravages de la globalisation financière
Puis, Jacques Sapir analyse la globalisation financière. Il dénonce la part grandissante des profits financiers, passés de 10% dans les années 1950 à près de 40% aujourd’hui, et même 50% en prenant la part des profits financiers réalisés par les entreprises non financières (automobile, General Electric). Il souligne l’explosion des produits dérivés, passés de 1 500 milliards en 2002 à 46 000 milliards en 2007 et l’opacité du système dont seul le système financier profite véritablement.
Il souligne le rôle de la libéralisation des mouvements de capitaux dans les crises des pays émergents des années 1990 puisque leur entrée désordonnée fait monter le cours de la monnaie, créant un déficit commercial, poussant alors les capitaux à fuir. Le problème est que le FMI a alors imposé des politiques extrêmement dures, poussant les pays asiatiques à accumuler des réserves de change colossales pour se protéger du FMI, et donc à développer les exportations.
L’auteur revient également assez longuement sur l’euro, qui contribue à l’atonie économique de l’Europe. Pour lui, « parce qu’elle est unique, la politique monétaire ne peut plus prendre en compte la diversité des situations » et explique les bulles Espagnoles et Irlandaises. Pour lui, les plans actuels ne font que faire durer la situation car rien « ne peut remédier aux déficiences structurelles d’une monnaie unique sur une zone dont l’hétérogénéité économique ne fait que croître ».
Pour mettre en place la démondialisation, il reconnaît que « l’Europe est d’ailleurs moins une solution qu’une partie du problème ». Il plaide pour une action unilatérale de la France, et évoque l’article 16, tout en utilisant la concertation avec nos partenaires européens pour démultiplier « les effets de l’action unilatérale ». Pour lui, « la globalisation financière établit bien un pouvoir supérieur aux Etats qui leur impose leurs politiques, mais il n’en est ainsi que parce que ces mêmes Etats le veulent bien ».
Ce livre présente sans doute la meilleure analyse d’ensemble en faveur d’une démondialisation systémique et d’un plus grand dirigisme afin que le progrès économique profite à tous et pas seulement à quelques uns. En ce sens, il est parfaitement indispensable.
Source : « La démondialisation », Jacques Sapir, collection « Economie humaine », Seuil
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Livres | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : jacques sapir, démondialisation, globalisation marchande, globalisation financière, salaire moyen, salaire médian




Commentaires
"Il dénonce « les mesures destinées à faire baisser la part des salaires (qui passent) pour une sorte de loi de la nature »."
ha ! la bonne vielle loi d’airain de Marx ! ça faisait une plombe que je ne l'avais pas vue ressortir.
L'objectif de J Saphir n'est pas la sortie de crise, mais la nationalisation complète de l'économie à terme.
Une proposition de sortie de crise crédible, c'est la faillite ordonnée des banques (pour une foi on citera Stiglitz ça devrait te faire plaisir :-)
http://www.objectifliberte.fr/2010/01/la-faillite-seule-regulation-efficace-de-la-finance.html
“Bankruptcy scares many people, but it shouldn't.
All that happens is that the financial claims on the firm get restructured. When the firm is in very bad trouble, the shareholders get wiped out, and the bondholders become the new shareholders. When things are less serious, some of the debt is converted into equity. In any case, without the burden of monthly debt payments, the firm can return to profitability”
Joseph Stiglitz, 1999
Écrit par : ALF | 09.05.2011
Tout en trouvant Sapir (de loin parce que je ne l'ai pas vraiment lu) probablement assez honnête , il me semble qu"effectivement l'arsenal qu'il propose date d'un autre age , en ce sens qu'il mène logiquement à un point ultime d' étatisation globale .
La société civile est niée.
Sans partager les points de vue d'ALF car je ne crois pas à l'autorégulation naturellement magique, je partage , non pas les doutes , mais le questionnement de Werrebrouck :
http://www.lacrisedesannees2010.com/article-avertissement-aux-liquidateurs-de-la-zone-euro-73197357.html
L'idée d'ALF de rétablir de rétablir une sorte de faillite ordonnée des banques me paraît toutefois intéressante dans le sens plus générale de défendre l'idée de Prise de Risque.
La financiarisation de l'économie a comme source la spéculation , c'est certain , mais la spéculation a comme fondement la couverture du Risque.
Et plus précisément, ce vaste mouvement date au fond du flottement généralisé des monnaies issu du décrochage du dollar % à l'étalon or.
La création monétaire n'est plus bridée, et le Risque à couvrir est un formidable appel d'air . L'idéologie Keynésienne et la théorie de la valeur libertarienne , toutes deux foireuses, sont là respectivement pour justifier et tirer ou justifier à postériori cette création monétaire.
Bien entendu le bancor comme métamonnaie pourrait remettre un semblant d'ordre dans tout cela , mais par quelle pays , quelles institution, quelle idéologie sera-t-il investi et manipulé ?
La réinjection de l'or non pas comme étalon universel mais comme clé de voute, la mise en place de chambre de compensation pour gérer plus correctement le Risque au lieu de laisser cela à la spéculation, l'acceptation de l'idée de faillite donc de responsabilité me semblent aller dans le bon sens . Le 100% money aussi quoique plus rigide . Et le système d'un retour à des monnaies nationales , pour d'autres raisons, également.
Mais je ne suis pas spécialiste, comme dirait l'autre !
PS/ Je me demande vraiment pour qui voter l'an prochain.
Écrit par : Opps' | 09.05.2011
Il est exact que le système économique actuel n'a pu se mettre en place que par la prise de pouvoir au sein des Etats de la bourgeoisie capitaliste, d'abord large élite dirigeante de petits propriétaires dans la première moitié du XIXème siècle, puis, la concentration et l'augmentation de la taille critique des grandes entreprises aidant, petite oligarchie en nombre de plus en plus réduit qui s'empare des outils qui font l'opinion et des leviers qui font la politique d'une nation.
Ceci se produit dans tous les pays développés. Mais, promotrice de la Nation et de son organisation démocratique tant qu'elle est de petite bourgeoisie, l'oligarchie tend à l'utiliser au service de ses propres intérêts à mesure qu'elle devient plus puissante, quel que soitl'éloignement de ces intérêts avec l'intérêt général. Ceci mène à la colonisation et à l'impérialisme (les pays au développement le moins rapide, parmi les pays industrialisés, sont les pays colonialistes au XIXè) puis, en partie, à la guerre totale, la Première.
Celle-ci ouvre une parenthèse: la Révolution communiste de Russie, qui engendre l'intensification de la lutte entre Fascistes et Communistes (en Allemagne, en Italie, en Espagne...) et mène à une nouvelle guerre totale. C'est là qu'intervient la période d'équilibre et d'économie mixte en Occident dû à l'équilibre des puissances internationales.
Que cet équilibre vienne à disparaître, par la faute de l'inefficacité du communisme en 89/90, et l'oligarchie internationale reprend ses droits, se saisissant des leviers du pouvoir, organisant les Etats en fonction de ses intérêts insatiables, qui conduisent de nouveau à la crise. Le drame de ce début de XXIème siècle est bien que ce sont des dictatures nationalistes qui savent mettre au pas ces oligarchies et organiser efficacement leur économie. Puissent les peuples, et peut-être le Peuple Français, prouver que c'est par l'expression de sa liberté qu'il mettra au pas les siennes.
Écrit par : LL | 09.05.2011
@Opps
Toutes les solutions qui vous attirent gardent une banque centrale je note.
Pourquoi ?
Écrit par : ALF | 09.05.2011
Dictatures nationalistes qui sont les héritières du communisme. C'est donc l'héritage d'une dictature indépendante du pouvoir économique qui semble devenir une force pour les anciens pays communistes .
Écrit par : LL | 09.05.2011
@ ALF
C'est vrai que j'ai tendance à ne pas me poser la question d'une absence de BC , même j'en connais l'idée.
Tout d'abord il ne m'a jamais paru normal que l'Etat ne puisse se financer qu' auprès des marchés financiers. L'Etat doit avoir un banquier qui échappe aux turbulences monétaires. Ce financement ne devrait concerner que le pur investissement , donc ni les dépenses courantes ni celles de fonctionnement.
Bien sûr cette banque doit être indépendante, même s'il est évident qu'en cas de situation exceptionnelle , l'Etat sera son souverain selon des modalités claires.
Bref une BdF par expl.
Une banque prêteur de dernier recours ?
Je comprends bien -je crois- le système selon lequel la monnaie serait produite par des banques libres mais responsables , dans un système un peu idéalisé quand même puisque le pays ou il aurait le mieux pu faire une démonstration de sa pertinence est celui , in fine, où les méthodes financières les plus condamnables et les plus dommageables ont vu le jour.
La Banque Centrale prêteur de dernier recours et sauvant le système en cas de grosse commotion est une création récente c'est vrai , mais c'est une création complètement déterminée : c'est parce que le système des banques libres a mal fonctionné en système de monnaie crédit que la BC a vu le jour .
Et si avant, il pouvait ne pas y en avoir c'est parce que la nature de la monnaie n'était pas la même : nous étions alors en monnaie-marchandise naturellement et nativement gagée sur son propre support : La BC était alors d'un certain point du vue la nature elle-même . Cet état interdisait par la même une véritable politique monétaire et donc un certain dynamisme qui aurait été alors nécessaire , mais la stabilité dont nous aurions besoin était donnée naturellement !
Bref, la BC ne me semble pas l'obstacle d'une monnaie crédit libre mais plutôt sa conséquence.
Mais même si l'on peut et si l'on doit se reposer la question de sa nécessité et de son rôle , je ne vois pas comment , compte tenu de l'évolution démocratique des choses, on pourrait justifier de s'en passer complètement. Et surtout compte tenu de ce grand mouvement délétère du risque zéro et de la mutualisation systématique.
On heurte là un mouvement de fond , dont une partie est justifiée quand même : car si le risque doit être réintroduit , il ne doit concerner que ceux qui ont pris les risques . Vous ne ferez jamais accepter à quiconque de perdre l'argent qu'il a déposé ou même placé à rendement père de famille lorsqu'une banque saute .
Enfin d'un point de vue philosophique , plus vaste certes, l'aventure humaine comporte deux mouvements : à la fois une libération au travers d'une société civile la plus autonome , responsable, ou les hommes nouent des rapports contractuels mais pas forcément toujours marchands , et aussi une libération dans le processus de réappropriation démocratique d'une contrainte acceptée qui structure ce qui relève du nécessaire collectif , mais aussi une part un peu symbolique de nous même. Le dosage et la frontière sont probablement affaire de circonstance et mentalité, même si c'est à la société civile de définir la forme de son 'Etat'.
Bon c'est un final pompeux pompier qui n'est pas d'un grand intérêt pratique et qui relève un peu du conte de fée lorsqu'on analyse le monde comme un Système ou une sorte d'Eco-Système que des groupes divers de 'pression' tentent de faire tourner à leur avantage ou bien juste pour sauver quelques meubles.
Écrit par : Opps' | 09.05.2011
ALF
Selon l'article cité, il semble clair qu'il y a eu une accumulation de réglementations totalement inefficaces et que la faillite est devenue presque ingérable.
Écrit par : olaf | 10.05.2011
@ Alf
Admettez tout de même que les faits (explosion des inégalités / baisse de la pression fiscale sur les plus riches, désarmement des Etats nations face à une libéralisation contre laquelle les peuples ne semblent pas pouvoir agir) permet une lecture marxiste.
Malgré tout, ce n'est pas la mienne. Pour le coup, je vais également préférer l'analyse de Stiglitz dans la grande désillusion qui s'oppose à la théorie du complot et affirme que c'est un problème de bulles qui fait que certains dirigeants prennent de mauvaises décisions, tout en pensant sincèrement faire ce qui est bon pour la majorité.
Sapir ne veut pas une nationalisation de toute l'économie : vous exagérez. Ce n'est absolument pas le sens de son livre. Je peux vous l'assurer. Après, ce n'est pas un libéral non plus...
Je suis d'accord pour les banques : il faudrait pouvoir les laisser faire faillite. C'était justement le but du Glass Steagall Act qui, en séparant banque de dépôt et banque d'investissement devait permettre cela. Malheureusement, nous sommes revenus sur ces règles avec les conséquences que l'on a vu.
Malheureusement, je crois qu'on ne pouvait pas laisser les banques faire faillite en 2008 et 2009 car les conséquences auraient été encore plus dramatiques. Mais en échange des aides, il aurait fallu mettre en place des règles permettant aux banques de faire faillite car aujourd'hui, elles bénéficient d'un aléa moral totalement injuste.
En revanche, je crois qu'il faut forcément une Banque Centrale car je pense qu'il n'est pas une bonne idée de confier aux marchés (irrationnels et exubérants) la régulation les taux d'intérêt ou de la masse monétaire. Il faut une autorité centrale qui tirera les leçons de tous les excès passés, qui répondra devant les hommes politiques, responsables devant le peuple. En outre, la monnaie est pour moi un bien public et ne saurait en aucun cas être confiée à un établissement indépendant ou aux banques privées.
@ Opps'
Pas du tout d'accord sur l'étatisation. Attention à ne pas caricaturer ses propos. Entre le libre-échange intégral (que personne ne pratique, même l'Europe) et l'autarcie, il y a mille nuances de protectionnisme.
Nuance, la spéculation utilise la couverture du risque pour avoir de nouveaux outils pour spéculer. Il y a beaucoup de problèmes avec la spéculation : l'effet de levier, dont l'augmentation fait monter les cours indépendamment de toute valeur réelle, le manque de transparence (bien illustré par les subprimes), la déresponsabilisation (les banques qui vendent les prêts qu'elles accordent un peu légèrement), les esprits animaux chers à Keynes (ou l'exubérance irrationnelle pour Greenspan), l'aléa moral...
Après, je suis d'accord que 1971 est un bon point de départ. Attention sur Keynes : il ne faut pas confondre les excès de certains keynésiens de l'analyse de Keynes, dont je découvre tous les jours la puissance (à nouveau encore dans ce livre).Bancor : très juste. Il y a de vrais questions institutionnelles. Pour l'or, mes a priori ont été confirmé par l'analyse de Keynes. Il faut que je creuse le 100% money. Le retour aux monnaies nationales : une évidence.
NDA.
@ LL
Je ne suis pas complètement d'accord. Comme je l'ai signalé plus haut, je ne crois pas à un complot de l'oligarchie. Pour connaître ce petit monde, je souscris plutôt à l'analyse de Stiglitz.
En revanche, votre point sur le fait que ce sont des dictatures nationalistes (Chine) qui parviennent à bien défendre les intérêts de leur peuple, n'est pas faux. Il y a néanmoins des formes d'espoir avec le Brésil ou la Corée du Sud qui sont des démocraties qui défendent assez bien l'intérêt général.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 10.05.2011
@Opps
Merci pour votre réponse.
"Vous ne ferez jamais accepter à quiconque de perdre l'argent qu'il a déposé ou même placé à rendement père de famille lorsqu'une banque saute."
Je suis absolument d'accord. D'où mes articles contre la "responsabilité limitée". Ce qui implique qu'une clause de non garantie d'un compte en banque devra explicitement être ajoutée au contrat d'ouverture du compte. Ce risque aura alors nécessairement une contrepartie au bénéfice du client.
Tous les systèmes de banque libre que l'on connait, notamment, Canada (>1908), France (1796-1803), Chine foochow (>1911), Nouvelle Angleterre (1856), Ecosse (>1845), etc.
Tous sans être parfaits, furent incontestablement meilleurs que leurs homologues réglementés, fonds propres élevé, crises moins fréquentes, faillites moindres, clients mieux remboursés, fermetures de guichets plus courtes.
cdt
Écrit par : Alf | 10.05.2011
@ Alf
Comment voulez vous que les banques puissent garantir leur "responsabilité illimitée" ? Si ce sont les actionnaires qui sont responsables, d'où tirent t'ils les fonds qu'ils garantissent si ce n'est de la création monétaire de ces mêmes banques dont ils sont actionnaires?
Le "100% garanti" est impossible si toutes les banques sont dans le même système et obligées de rembourser toutes en même temps en cas de bank run.
La seule hypothèse possible à mon sens serait que les actionnaires hypothèquent des actifs dont ils seraient propriétaires sans avoir du les payer .. mais même dans ce cas les déposants accepteraient-ils d'être payés en autre chose que de la monnaie?
Écrit par : A-J Holbecq | 10.05.2011
@Laurent
@« Malgré tout, ce n'est pas la mienne. Pour le coup, je vais également préférer l'analyse de Stiglitz dans la grande désillusion qui s'oppose à la théorie du complot et affirme que c'est un problème de bulles qui fait que certains dirigeants prennent de mauvaises décisions, tout en pensant sincèrement faire ce qui est bon pour la majorité »
C’est un problème de taux trop bas qui a pour conséquences, ET la bulle, ET une erreur sincère de la quasi-totalité les investisseurs dans le même sens. Voilà ce que dirait un économiste Autrichien.
@« Je suis d'accord pour les banques : il faudrait pouvoir les laisser faire faillite. C'était justement le but du Glass Steagall Act qui, en séparant banque de dépôt et banque d'investissement devait permettre cela. Malheureusement, nous sommes revenus sur ces règles avec les conséquences que l'on a vu. »
La faillite des S&L n’a pas été empêchée par le GSAct. En revanche il avait un effet de bord très positifs (donc non prévu par les politiciens), les « Investment Banks » ne pouvant puiser dans les dépôts des clients ordinaires, devaient proposer des produits spécifiques à leurs clients, et, sans que ce soit obligatoire (dommage), être un banquier responsable des pertes sur ses biens propres était de nature à rassurer le client …
@« Malheureusement, je crois qu'on ne pouvait pas laisser les banques faire faillite en 2008 et 2009 car les conséquences auraient été encore plus dramatiques. Mais en échange des aides, il aurait fallu mettre en place des règles permettant aux banques de faire faillite car aujourd'hui, elles bénéficient d'un aléa moral totalement injuste. »
En tous les cas, ça aurait été le minimum. Mais c’est incompatible avec l’incontinence budgétaire de nos politiciens, voilà pourquoi ils semblent avoir tant de mal à y arriver…
Voilà pourquoi il faut quasi interdire la dette.
@« les hommes politiques, responsables devant le peuple. »
"responsables" est en trop.
L'Etat est une société à irresponsabilité illimitée.
Mieux vos endetter le pays pour acheter des voix pour la prochaine élection, et si l'on perd, faire payer l'opposition...
Écrit par : Alf | 10.05.2011
Alf
Ça va vous plaire, sur Jorion, Sarton, à propos des faillites, que je n'arrive pas à lire sans prendre un litre de café :
http://www.pauljorion.com/blog/?p=24201
Si vous avez le courage...
Écrit par : olaf | 10.05.2011
@ Alf
Pas d'accord sur les taux : même avec des taux plus élevés, la rentabilité du capital n'aurait pas freiné la pyramide de dettes qu'ont constitué les institutions financières. Il aurait fallu des normes prudentielles beaucoup plus strictes, interdire un certain nombre de choses (hors bilan...). Il y a un terrible manque d'encadrement. Et puis, il y a les esprits animaux dont parlait Keynes...
Votre proposition de responsabilité est intéressante. Mais il faudrait une étude très pointue et complète pour établir son éventuelle faisabilité.
Les problèmes de dette vient aussi (mais pas que bien sûr) d'un manque de croissance et des crises à répétition qui occasionne dépenses supplémentaires et moins de recettes. Le modèle actuel des pays occidentaux à fort déficit extérieur est totalement intenable. Sans équilibrer notre commerce extérieur, nous n'y arriverons jamais.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 10.05.2011
@Laurent
Inutile de m'attribuer un propos selon le quel: "les taux trop bas serait la cause unique de la crise" ce n'est pas le cas.
C'est un catalyseur majeur parmi une demi douzaine, comme la restriction réglementaire de l'offre de logement.
Le hors bilan n'est pas interdit, et la réglementation n'arrivera jamais à bout du problème sauf à interdit l’activité bancaire.
Sur ma proposition, je ne suis ps juriste, mais, c'est caractéristique de votre approche constructiviste/technocratique/autoritaire. Nul besoin d'une étude complexes.
Il faut produire un texte de qualité suffisante pour être viable de laisser les gens l'utiliser LIBREMENT, de voir ce que la jurisprudence donne pendant 5-10 ans et d'en corriger les défauts avant d'aller plus loin, par exemple en suppriment la possibilité de créer de nouvelles sociétés à RL sans supprimer celles qui existent.
La majeure partie de la dette est largement due à des déficits routiniers du fait de l'incapacité que l'on à gérer des administration 10 fois plus grosses que les plus grosses entreprises. Pas à de vrais crise que l'on croit pouvoir résoudre par un endettement massif. C'est cette routine qu'il faut stopper en priorité.
Écrit par : Alf | 11.05.2011
Dès le premier paragraphe de cet article, Sapir montre qu'il n'aime pas le commerce. Les paragraphes suivants confirment malheureusement sa méfiance envers le commerce. Il faut quand même rappeler que le commerce est le premier moteur de création de richesse dans le monde. Chaque échange commercial crée de la valeur, crée de la richesse.
En effet, dans un échange commercial, le vendeur y gagne. Le vendeur fait une marge, fait une plus-value. Il peut même la traduire en chiffre et le mettre dans sa comptabilité. S'il ne gagnait pas d'argent en vendant, il refuserait de vendre. C'est donc une preuve que le commerce crée de la richesse pour le vendeur.
Et pour l’acheteur, c'est pareil. L'acheteur y gagne. Lorsque l’acheteur est une entreprise, le raisonnement est le même. L'entreprise acheteuse peut même écrire dans une comptabilité analytique l'argent qu'il gagne en achetant ses produits. Lorsque l’acheteur achète un pain pour un euro, il économise les cinq euros qu'il aurait du dépenser pour fabriquer lui-même le pain.
Cette création de richesse dans l'échange commercial est une loi incontestée. Elle est enseignée par tous les économistes universitaires. On trouve cette loi économique dans les tous premiers chapitres des livres d'économie.
L'investissement et la spéculation est un commerce comme les autres. Ils créent, tous les deux, des richesses pour le vendeur et crée des richesses pour l'acheteur. C'est la même logique économique. Alors Sapir ne devrait pas dénigrer les bases élémentaires du commerce et de la création de richesse dans le monde.
Écrit par : gdm | 11.05.2011
@gdm
Vous avez une bizarre notion de la richesse.. vous utilisez ce mot alors qu'il s'agit de valeur ajoutée.
De plus, ce que gagne l'un (le vendeur, ou les dizaines d'intermédiaires) est perdu par l'autre (le client final...
Non, il n'y a aucune création de richesse, mais de la destruction de richesses.
Écrit par : A-J Holbecq | 11.05.2011
@Alf
"La majeure partie de la dette est largement due à des déficits routiniers du fait de l'incapacité que l'on à gérer des administration 10 fois plus grosses que les plus grosses entreprises."
C'est une affirmation totalement sans preuve.
Moi je vous dis: la majeure partie de la dette est largement due à un déficit du à la charge annuelle cumulée des intérêts versés indument à l'origine aux créateurs de monnaie.
Écrit par : A-J Holbecq | 11.05.2011
@A-J Holbecq
Je cite un paragraphe de Stigliz, partie 1, chapitre 3 page 48, "Principes d'économie moderne. "Dans un échange volontaire entre deux individus, il n'y a que des gagnants. En effet, si l'une des parties était perdante, elle refuserait d'échanger. L'échange volontaire se caractérise donc fondamentalement par le fait que tous le monde y gagne". fin de citation fin de paragraphe.
Écrit par : gdm | 11.05.2011
gdm, la spéculation ne peut pas produire de véritable richesse dans un système où la création monétaire est en open bar. Elle préempte uniquement les signes monétaires en excès émis.
Il s'agit donc uniquement d'une accumulation de droits à prendre dans un système ou le stock réel de bien et service reste constant ou même en recul.
Écrit par : Opps' | 11.05.2011
@gdm
Essayez de réfléchir par vous même: Stiglitz parle de gains en terme d'avantages, de satisfaction des deux partis, pas de richesse suivant le terme que vous utilisez.
Je redis : si l'un s'enrichit dans un acte commercial, l'autre s'appauvrit nécessairement en terme de monnaie (que vous appelez "richesse").
Maintenant si vous vouliez dire que tous les intervenants étaient satisfaits, je ne suis pas non plus d'accord ni avec vous ni avec Stiglitz; il y a des échanges obligés quand il s'agit des premiers besoins de la pyramide de Maslow où le producteur (vendeur) fait la loi et où l'échange, s'il est commercial, n'est pas pour autant volontaire ni gagnant-gagnant.
La vraie richesse c'est la pomme, le symbolisme de cette richesse c'est le prix de la pomme ( "Un regard citoyen sur l'économie" pages 19 à 24 / A-J Holbecq 2002 )
Écrit par : A-J Holbecq | 11.05.2011
@Opps:"la spéculation ne peut pas produire de véritable richesse dans un système où la création monétaire est en open bar"
+1
@A-J Holbecq
Il y a tjr quelqu'un qui paye les intérêts.
Si vous aviez dit aux fonds préteurs (je n'ose pas parler d'investisseurs) qu'ils n'auraient pas de rémunération, vous n'auriez jamais eu de quoi mettre sous perfusion les danseuses de la république.
Comme vous voulez faire tourner la planche à billet sans limite, ce sera l'épargne des français captée par l'état pour être jetée dans des puis sans fonds. C'est à dire la même chose qu'un impôt sur la capital.
Je suis contre le reniement de la dette tant qu'une règle quasi-interdisant la dette de l’État n'a pas été trouvée.
Écrit par : Alf | 11.05.2011
@Alf
Une précision, car j'ignore d'où vient cette idée que je veux " faire tourner la planche à billet sans limite,".
Celà n'a jamais été dans mes propositions, j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas émettre plus de "inflation 2% + croissance estimée." du PIB précédent.
Mais un éventuel dépassement nécessaire (période de crise) peut être "épongé" par l'impôt (éh oui)
Écrit par : A-J Holbecq | 11.05.2011
@A-J Holbecq : "Comment voulez vous que les banques puissent garantir leur "responsabilité illimitée" ? Si ce sont les actionnaires qui sont responsables, d'où tirent t'ils les fonds qu'ils garantissent si ce n'est de la création monétaire de ces mêmes banques dont ils sont actionnaires?"
Les banques commenceront par ne pas s'endetter sans conserver des ratios élevés qui permettent aux dirigeants de ne pas devoir vendre tout leurs biens et rembourser toute leur vie.
C'est une affaire de négociation entre l'AG et le dirigeant. ceux qui peuvent encaisser la dette du fait de leur grand nombre et celui qui à un contrôle dessus.
Le principe n'est pas de garantir une certitude de remboursement à 100%, la certitude absolue n'existe pas.
Mais de s'assurer que ceux qui ont des affaires en charge, fassent autant que possible le nécessaire pour éviter les problèmes et qu'ils n'aient aucune chance de bien s'en tirer s'ils ruinent des milliers de gens.
On peut effectivement faire un système de caution pour les actionnaires en RL en vue de faciliter la transition des SA actuelles.
Écrit par : Alf | 11.05.2011
@A-J Holbecq
Le mot valeur et le mot richesse sont synonymes. Ce qui a de la valeur pour moi est une richesse pour moi. La valeur est un jugement individuel de préférence. ce qui a de la valeur pour moi, n'a pas toujours de la valeur pour un autre.
Je vous donne un raisonnement personnel fouillé sur l'échange créateur de valeur. Ensuite, je vous donne une référence de stigliz, prix Nobel d'économie qui dit la même chose. Je vous dis que tous les profs disent le même chose sur l'échange créateur d'avantages pour l'un et pour l'autre. Cette fois, c'est plutôt à vous de démontrer que la science économique se trompe sur la nature de l'échange volontaire.
Alors vous me dites que l'autre s'est "appauvrit en terme de monnaie". Si j’achète un pain pour 10 centimes au lieu de 1 euro, je m'enrichis de 90 centimes. Dire que je "m'appauvri en monnaie" ne me semble pas pertinent.
Ensuite, vous me parlez des échanges "obligés". Un échange volontaire, c'est un échange accepté volontairement par l'un et volontairement accepté par l'autre. Il existe un contrat de vente, c'est a dire qu'il existe un consentement. Nul ne contraint l'autre. S'il existe une contrainte, il n'existe pas de consentement, il n'existe pas de contrat, il n'existe pas de vente. Il y a seulement un vol, une violation du consentement.
Je reviens sur votre mot "obligé". Qui oblige qui? qui exerce une contrainte sur qui? Il faut toujours raisonner en terme de Droit. La science économique est fondée sur des échanges de droits de propriété. Elle est directement liée au Droit. Selon vous, un tribunal français dirait-il que telle personne est obligée d'accepter d’acheter ceci chez tel vendeur? Et si oui, la contrainte vient-elle de ce vendeur là? On ne peut pas se fourvoyer dans des raisonnements psychologiques. Il faut en revenir à la définition légale de la responsabilité civile.
Écrit par : gdm | 11.05.2011
@Opps
la spéculation, c'est un acheteur+un vendeur. L'acheteur veut acheter et il est bien content d'acheter à ce prix là. Il y trouve un avantage. Le vendeur veut vendre et il est bien content de trouver un acheteur à ce prix là. Lui aussi y trouve un avantage. Tous les deux sont convaincus d'avoir gagné de l'(argent au moment ou ils effectuent la transaction.
Il ne peut pas exister, à ce moment là, en ce même lieu, un autre jugement de valeur sur cette transaction entre ce vendeur là et cet acheteur là. On ne peut pas juger la validité d'une transaction a posteriori.
Écrit par : gdm | 11.05.2011
@Laurent Pinsolle
Une condition de fonctionnement du système monétaire est que la Banque Centrale est le "prêteur en dernier ressort". La BC impose aux banques une règlementation, une certaine manière de travailler. Et les banques doivent obéir. Elles appliquent loyalement les règlements imposés par la Banque Centrale. Accuser les banques de gagner de l'argent indument est donc mal fondé.
Si le solde des actifs d'une banque est positif, le devoir impératif de la Banque Centrale est de lui prêter des liquidités immédiatement. Cela fait partie des "règles du jeu" imposées. Il serait absurde et déloyal de considérer qu'un manque de liquidité provoque la faillite de la banque.
Écrit par : gdm | 11.05.2011
Mercredi 11 mai 2011 :
ALERTE - Le Danemark rétablit des contrôles à ses frontières intra-Union Européenne.
Le Danemark va rétablir des contrôles douaniers à ses frontières intra-européennes avec l'Allemagne et la Suède, a annoncé mercredi le ministre danois des Finances, Claus Hjort Frederiksen, à la suite d'un accord politique entre le gouvernement et l'extrême-droite.
http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Le_Danemark_retablit_des_controles_a_ses_frontieres_intra_UE_110520111605.asp
En Europe, les années qui viennent seront explosives.
Écrit par : BA | 11.05.2011
@ Alf
Je ne vous attribue pas ce propos, mais je relativise fortement cet argument. Bien sûr que la réglementation peut faire quelque chose : et les 30 ans de stabilité du système financier pendant les 30 Glorieuses ?
On peut avoir une autre vision des choses sur la dette, notamment le point concernant le poids des intérêts (cf André-Jacques)
@ gdm
Vous caricaturez la pensée de Sapir sur le commerce. Dans un monde qui n’existe pas, votre pensée est peut-être correcte, mais ici, elle manque grandement de nuance. Bien sûr, le commerce peut créer de la richesse, mais dans nos pays de l’ouest européen, le commerce avec des pays dont les salaires sont 10 à 20 fois inférieurs détruit nos emplois et provoque délocalisations et déficits commerciaux. A quoi bon que des hordes de chômeurs puissent payer leur télévision moins cher ? Dans votre raisonnement, il manque le fait que le consommateur doit aussi être un producteur, ce que l’anarchie commerciale lui permet de moins en moins.
Paul Krugman, qui avait écrit « la mondialisation n’est pas coupable » modère de plus en plus sa position sur le commerce au regard des 10 dernières années. Il y a beaucoup d’économistes qui ont critiqué les conséquences d’un libre-échange anarchique. Maurice Allais, lui aussi prix Nobel d’économie, attribuait plus de la moitié du niveau du chômage en France au libre-échange. Sapir fait une démonstration très intéressante.
La spéculation créé de la richesse ? Vous avez suivi l’actualité financière des dernières années ? Elle créé des bulles, qui, en explosant font beaucoup de mal. En outre, les banques créent de la monnaie à volonté, sont aidées si elles vont mal… Leurs profits sont privatisés et leurs pertes collectivisées.
@ Alf,
A vue de nez, votre système ne risque-t-il pas de freiner le développement économique et de ne permettre qu’aux plus riches d’exercer des postes à responsabilités ?
@ gdm
Vous oubliez le problème de transparence des actifs des banques. Croyez-vous qu’à l’automne 2008, la valeur réelle des actifs des banques était claire ?
Écrit par : Laurent Pinsolle | 11.05.2011
@Laurent Pinsolle
Le commerce crée nécessairement de la valeur pour le vendeur, et crée de la valeur pour l’acheteur. Sinon, l'un des deux refuserait l'échange commercial. Cette simultanéité de ces deux créations de richesse est obligatoire. Il ne peut pas exister d'exception à cette règle lorsqu'il existe un livre choix du vendeur et qu'il existe un libre choix de l'acheteur.
La concurrence des ouvriers chinois n'a induit aucun chômage en France, aucune suppression d'emploi. C'est l'erreur de l'entrepreneur, de l'employeur qui a provoqué ce chômage. On ne produit pas une marchandise lorsque son prix de fabrication est supérieur au prix du marché. On produit autre chose. Une autre cause structurelle du chômage est l'accumulation des obstacles légaux au droit de travailler. Mais cette cause structurelle est un autre débat.
Oui, le commerce et l'industrie sont, par nature, anarchique dans le sens ou nulle autorité politique ne leur ordonne un plan de fabrication et de production. Et pourtant l'harmonie de cet ordre marchand provient directement de cette anarchie fondée sur le contrat. Le contrat est fondé sur le consentement de chacun. L'ordre marchand est uniquement fondé sur des contrats, donc sur des accords unanimes. L’État est le principal facteur de désordre dans le monde économique.
Vous m'objectez très justement le manque de transparence des actifs des banques. Et donc la difficulté pour une Banque Centrale d'évaluer les actifs d'une banque qu'elle pourrait éventuellement secourir. Aucun expert ne peut donner la valeur d'une entreprise. Seul le marché peut donner un vrai prix à une chose. C'est à dire lorsque le vendeur paye avec son vrai bon argent. Et lorsque l’acheteur vend son bien à lui. Sinon, les prix sont arbitraires, fictifs. Votre remarque sur l'incertitude sur les actifs des banques révèle que la Banque Centrale est nécessairement incapable de jouer correctement son rôle de "prêteur en dernier ressort". C'est une violente critique contre le système de Banque Centrale classique.
Écrit par : gdm | 12.05.2011
@Laurent
Les 2 arguments qui reviennent souvent sur ce sujet, seraient le frein à l'entrée sur le marché pour la concurrence et le frein à la prise de risques.
Le premier tombe facilement, puisque les actionnaires de jeunes pousses en RL doivent déjà donner des garanties personnelles au moindre risque significatif (tel que perçu par le banquier…).
Pour les grandes entreprises, si le capital (liquide) n’est pas jugé suffisant, même si ça n’est pas équivalent à la RI, une banque leur demandera une augmentation de celui-ci pour financer une partie d’un projet important.
On entend souvent venter les entrepreneurs pour leur « capacité à prendre des risques » comme moteur du capitalisme. Le risque est un cout comme un autre, on peut faire preuve d’ingéniosité pour le réduire, encore faut-il qu’il ne soit pas supporté par les autres.
Le seul problème est l’alternative à la SA (l’objet de l’article). Il faut que les actionnaires dormants puissent être assurés de ne pas subir de pertes sans limite, d’où l’idée de leur permettre de partager le risque avec le dirigeant dans une borne. Evidement les titres les plus risqués seront aussi les plus rémunérés en termes de dividendes sur le marché. C’est TRES important parce que cela pousse les acteurs du marché à identifier le risque là où on ne le voit pas encore, c’est PRODUCTEUR d’information.
Sur l’égalité proprement dite, en cas de faillite, le PDG ne s’en tirera pas avec un parachute doré, sauf à considérer qu’il ait falsifié les rapports comptables et que les actionnaires trompés lui aient alors laissé une marge de sécurité exagérément grande à leur dépend. Il finira en plus sous les barreaux.
Écrit par : Alf | 12.05.2011
@ gdm
"Le mot valeur et le mot richesse sont synonymes"
Non
C'est vrai que leur contenu est flou. Et souvent on va utiliser de façon un peu indifférenciée Mais vous devez ne pas y mettre le même contenu. Voici mon idée :
- d'un point de vie global, la richesse d'un pays ou du monde est la somme des biens et services dont nous pouvons jouir dans le cadre concret de notre existence.
- et puis il y a l'équivalent général qui sert aux transactions d'une partie de cette richesse, à savoir les signes monétaires.
Mais cette monnaie est-elle vraiment une véritable richesse ? Pas vraiment puisque c'est un droit à prendre dans le stock de richesse. Ceci d'un point de vue global (Car d'un point de vue individuel , je peux considérer que mon encours monétaire dont la liquidité est par définition maximum, est bien une quasi-richesse pour moi).
Ceci dit, les choses sont compliquées car la notion de richesse est également subjective en ce sens que c'est parce que nous donnons 'une valeur' à certains biens/services qu'il deviennent richesse réelle, mais il s'agit d'une valeur d'usage (cet usage peut-être + ou - symbolique = tout ce qui dépasse du "manger/loger/baiser" ... et encore!)
Compliquées également , car à partir du moment ou nous donnons de la valeur à la valeur monétaire , elle devient une sorte de richesse , en quelque sorte : je jouis avec des billets.
Mais cela ne doit pas occulter le fait essentiel que la valeur monétaire n'est en réalité qu'une promesse de richesses futures réellement ... réelle.
Bref si vous confondez ces deux notions , c'est que vous laissez la monnaie inflater le réel.
Écrit par : Opps' | 13.05.2011
@Opps
Deux mots synonymes n'ont pas la même définition, sauf rares exceptions. Le mot "richesse" ne signifie pas "valeur". Une sphère et une boule sont synonymes, bien que leur définitions soit différente, bien que leur contexte d'utilisation soit différent.
Plusieurs tonnes d'encre ont déjà été écrites sur le sujet de la nature de la richesse et sur la nature de la valeur. Je ne m'intéresse ici qu'a l'aspect économique de la richesse et de la valeur. Une richesse a un propriétaire ou bien elle n'en a pas pas. La seule valeur qui m'intéresse ici est la valeur qui se rapporte à un bien économique.
Pour un économiste, la valeur d'une chose qu'on possède, c'est de la richesse qu'on possède. La valeur est un sentiment, c'est un jugement individuel de préférence par rapport à la valeur d'autres choses. Je préfère cette chose, donc cette chose a plus de valeur pour moi. C'est le fameux postulat de la préférence démontrée de Rothbard.
On peut penser la richesse d'un individu. Mais le concept de "richesse du monde" est impensable. C'est donc un faux concept. Du moins en économie. Ensuite, j'aime que les poètes nous fassent rêver. Mais alors ce n'est plus de la science économique. C'est de la liturgie.
Dans votre définition de la richesse du monde, vous définissez de manière un peu téméraire, un agrégat mondial de biens et de services. Ensuite, vous tenter de lui appliquer une relation d'égalité arithmétique. Une telle arithmétique n'est pas légitime sur des objets non définissables, non mesurables, non évaluables.
Vous parlez ensuite de la nature de la monnaie. Est-ce un droit sur un stock de richesse? et alors a qui appartiendraient ces richesses? et qui aurait donné un tel droit? La monnaie du 19e siècle était une monnaie-promesse. Chaque billet, chaque unité monétaire était une promesse commerciale de verser de l'or. C'est bien la promesse qui était la monnaie et non pas l'or. La promesse se vend et s’achète. La promesse a de la valeur.
Au 20e siècle, la monnaie contemporaine est entièrement une construction administrative étrange. Mais elle est pas trop mal bien conçue. Elle fonctionne sur des principes logiques et pas trop mal, mais largement sous-optimale. Le fonctionnement optimal serait celui de monnaies en free-banking. Vous trouverez sur mon blog plusieurs textes sur la monnaie contemporaine.
Écrit par : gdm | 13.05.2011
@ Je dis simplement qu'on peut globalement se croire riche parce qu'on possède des 'droits à pendre' . Mais cette accumulation de droits n' a pas de valeur si la promesse n'est pas tenue. L'ajustement se fera par destruction de valeur.
La promesse n'a de valeur que tant que l'on croit qu'elle peut se réaliser.
La monnaie peut s'analyser comme un droit à prendre , bien entendu dans le stock des biens et services qui est proposé , je suppose que cela ne vous a pas échappé. Le cours légal légal de la monnaie-crédit donne ce droit.
La monnaie a longtemps correctement assez fonctionné tant qu'elle était gagée sur des métaux précieux mais il est difficile de comparer avec le système actuel car alors , le banquier était la nature.
Dans le système actuel , la monnaie est produite par le système lui-même. Si le système des banques libres étaient optimal , il aurait donné lieu a des expérimentations positives qui se seraient propagées. Ce système ne peut correctement fonctionner que sur un marché transparent et efficient qui n'existe pas.
Écrit par : opps' | 13.05.2011
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