19.06.2011

Oui, la démondialisation est une nécessité

Quelques jours après une réunion enthousiasmante avec Frédéric Vialle, une partie du conseil scientifique d’attaque a publié sur Médiapart une critique de la démondialisation chère à Jacques Sapir. Mais ce dernier, comme Frédéric Lordon ont justement mis en pièce cette tribune.

Une critique simpliste et superficielle

Il est proprement hallucinant qu’un tel texte ait pu être produit par le conseil scientifique d’Attac, quand on pense à ce que peut produire l’association. Voici un papier pétrit de contradictions, de mauvaise foi, d’approximations et d’un manque de rigueur qui en fait une proie facile à ridiculiser par un Jacques Sapir qui se fait volontiers saignant et un Frédéric Lordon qui joue plutôt la carte du démontage en règle, dans une inversion de leur style respectif.

La thèse des auteurs est que les ennemis ne sont pas les travailleurs chinois mais bien les gouvernements qui ont mis en œuvre les politiques de recul de droits sociaux. Sans craindre la contradiction, ils affirment qu’il « faut évidemment réduire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les systèmes productifs », soit une démondialisation... Mais ils souhaitent aussi « plus de coopération européenne et mondiale dans bien des domaines ».

Puis, après avoir évoqué le Front National, ils disent que « la démondialisation n’apporterait rien à l’affaire » sur la réduction des inégalités, ou le chômage. Ils attaquent aussi la sortie de l’euro qui ne ferait « qu’accentuer les problèmes au lieu de les résoudre » puis s’opposent aux mesures unilatérales et soulignent que la réindustrialisation devra être plus écologique. Enfin, ils finissent par critiquer les plans d’austérité qui aggravent la crise.

Tout d’abord, il faut noter qu’ils critiquent clairement Jacques Sapir, mais sans le nommer. Ensuite, ils témoignent d’une attention limitée à ses textes, car sinon, ils sauraient qu’il n’est nullement opposé à la coopération internationale ou européenne. En outre, leur papier en reste à des incantations sans la moindre démonstration sur l’euro et le reste. Et refuser l’unilatéralisme est le plus sûr moyen de ne rien faire avec le traité de Lisbonne et les gouvernements en place…

Les réponses de Sapir et Lordon

Finalement ce torchon a malgré tout un intérêt. En effet, il a poussé Jacques Sapir et Frédéric Lordon à publier chacun un (long mais riche) papier de réponse. Directement visé, le premier démonte mot après mot, comme un professeur reprenant la copie superficielle et simpliste d’un élève qui n’a pas fait attention à ce qu’il avait écrit. Il relève toutes les contradictions, malhonnêtetés, simplifications et imprécisions de ce texte qui ne fait pas honneur à un « conseil scientifique ».

Sur l’euro, pourquoi ce large « conseil scientifique » ne produit pas une véritable contre argumentation aux papiers, argumentés eux, de Sapir ? On sent deux choses dans leur critique : un rejet viscéral (pour ne pas dire plus) de la nation et une peur maladive d’être en compagnie du Front National sur un débat, au point où il ne m’étonnerait qu’à moitié qu’ils finissent par dire qu’il n’y a pas assez de chômeurs si le FN faisait de la dénonciation du chômage de masse son axe de campagne…

Frédéric Lordon commence par dénoncer l’amalgame avec le FN en affirmant que l’on « n’abandonnera donc pas le débat de la démondialisation sous prétexte que le FN qui a senti la bonne affaire, s’y vautre avec délice ». Il souligne que l’on ne cherchait pas autant de noises à ce parti sur l’économie quand il était néolibéral et qu’il faudrait plutôt questionner Marine Le Pen que ceux dont elle s’inspire. Au final, cette attitude contribue plutôt à renforcer le FN…

Puis, il dénonce certains arguments, qui viennent en droite ligne des néolibéraux ou des socio-démocrates infirmiers de la mondialisation. Il revient sur « la question décisive de la souveraineté » et souligne à quel point néolibéralisme et mondialisation détricotant les souverainetés nationales vont de pair, soulignant l’angle mort des auteurs. Il développe longuement sa pensée sur la nation, la souveraineté et le politique et livre à nouveau une critique sévère de l’UE.

De ces échanges, une partie de la direction d’Attac ne sort pas grandie devant la légèreté de leur texte. Je vais laisser la conclusion à Jacques Sapir : « la haine de la nation, c’est l’internationalisme des imbéciles ».

Commentaires

Haine de la nation ou haine de la France? La récupération, par l'Allemagne, de sa souveraineté et sa défense de ses intérêts ne les dérange pas.

Écrit par : jardidi | 19.06.2011

@LP,

Il faudrait qu'un "grand" journal - notion qui ne veut plus rien dire aujourd'hui, la presse est idéologiquement aux ordres - publie en une la réponse de Sapir, laquelle anéantie les quelques paroles maladroitement bredouiller par le Conseil scientifique d'attac.

Attac est ainsi devenu une officine mondialiste pour qui l'Etat-nation est un problème manifestement. Cette association est discréditée ; elle meurt avec cet article en Une de Mediapart.

Mais est-ce que Mediapart - qui n'est pas un grand titre, loin s'en faut - acceptera de publier la réponse de Sapir ; Plenel, paraît-il, aiment le débat, qu'il le démontre.

Je m'interroge de plus en plus pour ma part sur le rôle de Plenel dans le débat public français ; quels intérêts sert cet individu ? Quel travail mène réellement Mediapart ?

A mon sens il y a un problème Mediapart comme il y a un problème Plenel.

Écrit par : Terence | 19.06.2011

Errata
... Une... anéantit... aime...

Écrit par : Terence | 19.06.2011

« ce torchon »…
Woaw ! Je t’ai connu plus mesuré dans tes propos. Tu vas finir par t’inscrire toi aussi à la BADLR (Branche Armée de DLR ;-)

Harribey a pondu une (longue) réponse sur son blog : http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/06/16/la-demondialisation-heureuse-elements-de-debat-et-de-reponse-a-frederic-lordon-et-a-quelques-autres-collegues#_ftn8

Je ne l’ai pas lue. J’ai calé rapidement après l’introduction : « Jacques Sapir d’un côté et Frédéric Lordon de l’autre répondaient longuement, leurs écrits étant très vite répercutés par leurs admirateurs. » « je préfère de loin le persiflage élégant d’un Lordon aux insultes grossières d’un Sapir »
Que de simples blogueurs se foutent sur la gueule, cela ne me gêne pas. Que des types comme Harribey le fassent aussi, je trouve cela pitoyable. On attend autre chose de ces gens qui sont censés nous aider à réfléchir. Harribey et sa bande se trompe de combat et d’adversaire et c’est bien dommage.
Cela étant, tout ceci a, comme tu le précises, le mérite de clarifier les positions et notamment celle de Lordon qui, faisant partie des Economistes Atterrés, pouvait être soupçonné lui aussi d’européisme béat. Ce n’est pas le cas et je m’en réjouis.

Écrit par : RST | 19.06.2011

J'ai lu la réponse d'Harribey, il pose des questions pas inutiles non plus. Maintenant, il y a des économistes pour et d'autres contre le protectionnisme, mais les français sont plutôt pour.

Donc, il me parait tout de même légitime que les politiques aillent dans ce sens. Les résultats économiques et sociaux seront ce qu'ils seront, favorables ou pas, mais au moins la population pourra assumer les choix qu'elle a faits. C'est un peu ça, non ? La démocratie.

Sinon, Trichet soutient que la zone euro n'est pas plus hétérogène que les US :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/06/pour-jean-claude-trichet-il-ny-a-pas-plus-de-diff%C3%A9rence-entre-la-gr%C3%A8ce-et-lallemagne-quentre-le-mich.html

Voir aussi Artus :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/Natixis-euro.pdf

Mais comme la situation des US n'est pas reluisante non plus, on peut se demander si plusieurs monnaies n'y seraient pas préférables.

Écrit par : olaf | 19.06.2011

@olaf:"Sinon, Trichet soutient que la zone euro n'est pas plus hétérogène que les US"

Trichet se fou de la gueule du monde

1 - ce critère d’homogénéité est stupide, c'est tout de même bien parce que l'on a des différences que l'on a intérêt à échanger.

2 - aux US, non seulement l'anglais est utilisé quasi universellement, mais ils ont en plus une forte concurrence fiscale.

Accessoirement, une monnaie unique n'a aucun intérêt pour établir une zone de libre échange (à la différence d'une monnaie unique, et tant qu'a faire, sans banque centrale).

Écrit par : Alf | 19.06.2011

Alf

Le problème de la langue est sous estimé, autant j'ai appris l'anglais facilement, autant l'allemand m'a été un vrai problème, grammaire, sonorité qui m'arrachait les tympans etc...

Autant je pense pouvoir apprendre l'italien ou l'espagnol, que j'ai en partie appris, avec plaisir. Éventuellement le polonais dont la prononciation est invraisemblable.

La langue c'est pas rien pour la mobilité et les US ont un avantage là dessus. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas prendre en compte les divers obstacles à la mobilité.

Langue, perte des amis, coûts divers de déménagements etc...

Écrit par : olaf | 19.06.2011

Alf

D'accord sur l'idiotie d'une monnaie unique, voir Hayek.

Il me parait tout à fait possible des échanges sans cette uniformisation monétaire ou linguistique.

Évidemment, ça demande du travail de conception.

Je suis tout à fait d'accord sur le fait que la diversité est une richesse et ne mérite pas le traitement à coups de bulldozer qu'on lui applique.

Écrit par : olaf | 19.06.2011

@olaf

Ne leur soufflons pas trop que la diversité des langues est un obstacle, il vont vouloir le supprimer...


Peu de gens comprennent que l'uniformisation des loi est aussi une grave menace pour le progrès, et pire, pour la liberté. C'est un autodafé des innovations juridiques futures. L’arrêt cardiaque du progrès de la civilisation.

Il n'y a qu'a voir les peuples soumis à la Charia presque inchangée depuis 1400 ans et quelle difficulté ils ont à en sortir. Comme le reste, la production juridique à besoin de diversité et d'émulation (en dessus comme en deçà des Pyrénées).


Pour paraphraser Constant je dirais :

être contre l'uniformisation en tout, en religion, en littérature, en philosophie, en industrie, en politique, et par liberté j’entends le triomphe de l’individualité tant sur l’autorité qui voudrait gouverner par le despotisme que sur les masses qui réclament le droit d’asservir la minorité à la majorité.

Écrit par : Alf | 19.06.2011

Au sujet de ceux qui font toujours référence au FN pour critiquer les partisans de la souveraineté nationale, il est évident que leur argumentation ne pèse pas bien lourd, tant est leur besoin de faire toujours référence à l'extrême-droite. Ils ne savent qu'invoquerle FN lorsqu'ils sont à court d'arguments valables. Cela me rappelle les oui-ouistes de 2005, le vide (et le bide) total.

Écrit par : J-J.S | 19.06.2011

@JJS

La question que je me pose en ce moment est : qu'est-ce que NDA votera - quelles consignes - au second tour de la Présidentielle ? Je suis là il va sans dire dans le cadre de la politique fiction la plus totale puisque nous partons du principe que NDA ne sera pas qualifié pour le second tour, ce qui est une hypothèse tout à fait fantaisiste.

Il ne pourra pas, à mon sens, se prononcer en faveur d'un candidat mondialiste - UMP/PS -, où alors on ne comprendrait plus.

Va-t-on avoir droit à un subtil "Je ne peux résolument pas voter pour MLP ou le PS" ?

Mais de quelle candidat - je dirais candidate - le programme de NDA est-il le plus proche ? Que pensez de celui qui disqualifierait en dernier ressort le seul programme proche du sien ?

Je n'ai pas de réponse à ces questions ! Et vous ?

Écrit par : Terence | 19.06.2011

Bonsoir à tous

Ce que je regrette en premier c'est que les tenants des 2 thèses ne puissent pas se respecter et échanger entre eux.
Les tenants du néolibéralisme sont unis, eux!

J'ai lu sur "alternatives économiques" les explications de Harribey, cela me paraît , c'est vrai un peu touffu.
La faiblesse, c'est effectivement d'attendre que les citoyens se mobilisent partout en même temps, je suis d'accord là-dessus.
La nation reste le cadre le plus efficace pour agir.
Encore que comme NDA ,je crois, j'accorde beaucoup d'attentions au mouvement des citoyens européens.
Mais de là à parler de collusion entre les altermondialistes et les mondialistes néolibéraux. C'est oublier l'histoire, la campagne contre l'OMC, la directive Bolkenstein etc...
Je pense également que bien des problèmes financiers et écologiques ne peuvent être réglés à l'échelle d'un pays.
Mais, je suis d'accord qu'il y a une chronologie à respecter.

Concernant la démondialisation et la sortie de l'euro (les 2 choses ne sont peut-être pas liées totalement), il paraît évident que des barrières douanières et la sortie de l'euro pour la quelle j'ai signé la pétition initiée par DLR ne compenseront pas le coût des salaires avec les pays émergents. Condition nécessaire mais non suffisante.
Reprendre le contrôle de la monnaie, réformer le système bancaire, être économiquement le plus le plus indépendant possible notamment dans les domaines de l'énergie et de l'agriculture aussi dans le but de rééquilibrer notre balance sont des corolaires indispensables.

Écrit par : André | 19.06.2011

A Terence. Je vais être franc avec vous, en cas d'hypothèse d'un second tour PS-FN, à titre personnel je voterai blanc. J'espère et je pense qu'il en irait de même pour NDA.

Écrit par : J-J.S | 19.06.2011

A TErence. MOn message ne s'affichant pas, je le recommence. Je vais être franc avec vous, en cas d'hypothèse au second tour d'un duel PS-FN, à titre personnel je voterai blanc. J'espère et je pense qu'il en irait de même pour NDA.

Écrit par : J-J.S | 19.06.2011

@JJS

Voter blanc c'est voter pour le parti mondialiste, non ?

Voter blanc alors qu'un programme encore en lice fait état de points d'accords importants - et de désaccords majeurs avec le second encore en course - avec celui que l'on a soutenu au premier tour, c'est un peu particulier comme démarche non ?

Écrit par : Terence | 19.06.2011

A Terence. Vous me faites tous rire. Pour les UMPS, voter blanc au second tour (dans l'hypothèse que vous évoquez), c'est voter Le Pen et pour les Lepenistes c'est voter pour les "mondialistes"... Ce n'est guère crédible. Voter blanc (ce qui m'arrive malheureusement souvent dans le cadre de 2ème tour d'élections), c'est refuser de choisir entre deux candidats qui ne vous conviennent pas.

Écrit par : J-J.S | 19.06.2011

@JJS

J'ai bien compris ; c'est pour cela que je fais mention d'un choix entre deux programmes dont l'un est proche du vôtre et l'autre très éloigné, voire franchement opposé et hostile. Ainsi, sauf à venir nous expliquer - et bien sûr démontrer - que la candidate en cause a des idées tout à fait différentes du programme qu'elle présente, je ne comprends pas la démarche.

Écrit par : Terence | 19.06.2011

N'en déplaise aux détracteurs de Jacques Sapir guidés par la haine de l'Etat et de la Nation et des nations, la démondialisation est non seulement nécésssaire mais elle aura lieu que cela leur plaise ou non. Elle est en cours.

Écrit par : cording | 19.06.2011

@ RST

En même temps, le niveau de cette tribune, c'est du Minc pas inspiré... Venant du "conseil scientifique" d'Attac, c'est faible, très faible.

Le problème d'AlterEco, que tu avais bien noté il y a quelques mois, c'est qu'ils n'ont pas la forme d'internationalisme la plus intelligente et au final, cela les amène trop souvent à composer avec le néolibéralisme et chercher à en corriger à la marge des dysfonctionnements. Je ne sais pas si je vais lire cette réponse car défendre ce torchon est un exercice périlleux.

Lordon a bien précisé ses positions au colloque du M'PEP.

@ Olaf,

Merci pour ces papiers. Je vais en faire une réponse en bonne et due forme (mardi a priori) car le coup des Etats-Unis similaires à l'Union Européenne, c'est franchement ridicule. Trichet ne recule devant rien. Artus cède à son européisme...

@ Alf

Très juste sur les langues et les lois.

@ Terence

Je pense qu'un candidat de premier tour ne doit en aucun cas dire ce qu'il ferait au second tour car cela parasiterait fortement son discours.

@ André

Je ne suis pas totalement persuadé de la position d'AlterEco : ils sont très socialistes. Je les ai lu tous les mois pendant quelques années avant d'abandonner au coeur de la crise devant leur manque de remise en cause du néolibéralisme. Ils s'en tiennent trop souvent à une redistribution qui doit compenser les effets néfastes d'une libéralisation qu'ils n'arrivent pas à remettre en cause (par internationalisme).

Complètement d'accord avec votre conclusion.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 19.06.2011

@LP,

Je fais un pari LP, NDA votera PS ou Nicolas Ier au 2nd tour, c'est-à-dire Bruxelles et la Commission !

Écrit par : Terence | 19.06.2011

Alf

Je pense bien sûr qu'il faut de la diversité, l'individu compte dans ce processus.

Mais on ne me fera jamais croire à la mobilité professionnelle en Europe, à moins d'imposer l'apprentissage d'au moins 2 langues étrangères très tôt, dès la maternelle.

J'ai quand même vécu à l'étranger, c'est encore le cas, je pense savoir de quoi je parle, d'autant plus que je ne m'estime pas surdoué pour les langues, comme la plupart des français, ou européens.

Les américains ont l'anglais comme langue et accessoirement l'espagnol, ça change la donne.

En Europe il y a l'anglais à peu près, mais l’espéranto n'existe pas.

Écrit par : olaf | 20.06.2011

@olaf

Je suis d'accord, la mobilité internationale, ça va pour une minorité capable de le faire.

En revanche on peut accroitre considérablement la décentralisation et l’autonomie des collectivité locales en France, en se rapprochant du modèle Suisse, en descendant des compétences, en permettant la pratique de la démocratie directe pour éviter les baronnies insupportables.

On n'en sera pas encore à légiférer localement, mais dans 50 ans, qui sait. J'observe la suisse, est il est frappant de voir à quel point les pratiques initiées localement, sont ensuite appliquées au niveau fédéral, lorsque une large majorité de cantons les ont adopter avec succès.

Écrit par : Alf | 20.06.2011

Alf

Je suis en train d'aller en suisse, je ne sais si ça se fera, mais j'ai envie d'y aller. C'est un pays qui m'attire.

Écrit par : olaf | 20.06.2011

Lundi 20 juin 2011 :

La zone euro a renvoyé dimanche soir la balle dans le camp de la Grèce en refusant de débloquer la cinquième tranche de l'aide à Athènes et de valider un second plan d'aide au pays tant que le Parlement grec n'aura pas voté un nouveau programme d'austérité.

Alors que la date de ce vote n'est pas encore arrêtée, les ministres des Finances de la zone euro, qui se sont réunis huit heures durant à Luxembourg, se sont donné jusqu'à début juillet pour prendre une décision sur ces deux dossiers, faute de quoi la Grèce ferait défaut sur sa dette dans les jours suivants.

Ils ont, en revanche, d'ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s'agira d'une participation informelle et volontaire, correspondant à ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient décidé à Berlin vendredi. "Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de définir d'ici début juillet les principaux paramètres d'une stratégie de financement pour la Grèce", peut-on lire dans un communiqué d'une page publié à l'issue de la réunion.

"Les ministres des Finances de la zone euro sont d'avis que tout financement supplémentaire pour la Grèce sera de source publique et privée. (...) Une participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce se fera sur une base volontaire et informelle via un roll-over d'obligations grecques arrivant à maturité", est-il encore indiqué. Cette modalité est connue comme "l'initiative de Vienne", par laquelle des banques privées avaient accepté en 2009 de ne pas se désengager d'Europe centrale au plus fort de la crise.

Après la valse-hésitation au cours de la semaine sur l'opportunité de débloquer la cinquième tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le cadre du plan de 110 milliards approuvé en mai 2010, les ministres ont décidé de rester fermes. Ils ont de nouveau appelé à une unité politique nationale en Grèce "compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises".

Surtout, ils "(ont) rappelé avec force au gouvernement grec que, d'ici la fin du mois, il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis", selon les mots du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à la sortie de la réunion. "Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce", a-t-il encore indiqué aux journalistes.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a confirmé que les fonds ne seraient pas débloqués pour le moment, même si des discussions s'engageront entre les départements du Trésor des principaux États membres et les créanciers privés de la Grèce.

http://www.lepoint.fr/economie/l-europe-demande-des-garanties-a-la-grece-20-06-2011-1343721_28.php

Écrit par : BA | 20.06.2011

Olaf

La suisse est le pays des français qui on en marre de ne pas pouvoir aimer la France. Bien venu au club, je crois que je vais aussi sauter le pas.

Écrit par : Alf | 20.06.2011

@olaf

et la porte Suisse risque de se refermer en quelques années, mieux vaut s'y installer avant qu'il remette Schengen en cause.

Écrit par : Alf | 20.06.2011

le texte d'Attac est effectivement lamentable. A l'image de Plihon, idiot utile du système (ex: invité régulièrement de l'économie en questions, sur France Cul, le samedi matin) qui fait semblant d'être contre parce qu'il est de gauche mais ne remet rien en cause.
Je note aussi qu'il a été signé par Aurélie Trouvé, que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans un colloque académique. Jolie, sympa, et sûrement motivée, vraisemblablement bonne dans son domaine, on ne va pas lui enlever ça, mais pas à la hauteur pour le reste. C'est un peu la Rama Yade d'Attac, ce qui n'est pas pour la gloire de ce mouvement.

Je suis ravi par l'évolution des positions de Lordon, qui est un des esprits les plus brillants qu'a déniché l'école de la régulation. Il pourrait aller loin mais son esprit de contradiction, son niveau intellectuel (proposer de refonder l'économie avec Spinoza, c'est quand même costaud), et surtout sa liberté de pensée, devraient lui valoir de toucher rapidement le plafond de verre.

Écrit par : Géry | 20.06.2011

Un détail Laurent " une partie du conseil scientifique d’attaque " ;)

Écrit par : A-J Holbecq | 20.06.2011

@LP

Puisque vous mentionnez le M'PEP, je me permets de renvoyer les lecteurs vers un texte remarquable d'un membre de cette association : Aurélien Bernier "Désobéissons à l'Union Européenne" (4€) Ed. des Mille et une nuits.

Son propos est détaillé et précis, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas tendre avec DLR ! Personnellement, je suis assez en phase avec ses analyses.

;-)

Écrit par : Terence | 20.06.2011

@ Terence

J'ai acheté son livre mais pas encore de le lire.

@ Géry

Je crois que Lordon veut plutôt rester dans une position d'intellectuel mais il a l'immense mérite de proposer beaucoup de choses là où certains en restent aux constats.

@ Olaf

Clairement, la mobilité professionnelle à l'échelle de l'Europe est un voeu pieu...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 20.06.2011

@Térence
@Laurent

Page 89 à 95 ..
Aurelien Bernier, sans doute parce que le programme de DLR n'était pas encore totalement défini , se base sur le "Manifeste des Européens pour une autre Europe." (2006); les positions de DLR ont changées depuis du fait du traité de Lisbonne mais n'oublions pas que le M'PEP est également un parti politique qui défends l'idée de la "désobéissance européenne" : il ne peut encenser trop ses concurrents politiques...

Ceci dit la politique préconisée par le MPEP bien que différente de celle de DLR (exemple, ils veulent nationaliser toutes les banques), ont une analyse de l'inutilité du "machin européen" très proche de DLR; il y a surement plus de convergence pour DLR avec le programme M'PEP qu'avec celui de l'UMPS

Écrit par : A-J Holbecq | 21.06.2011

@ Terence / A-J

J'ai lu hier soir le passage incriminé. En effet, il se base sur un document que je connais pas (j'ai rejoint DLR en 2007). Il aurait du lire le petit livre mauve qui comporte un traité alternatif qui explicite très bien notre vision de l'organisation de l'Europe (suppression des organismes technocratiques - notamment de la Commission -, respect scrupuleux de la souveraineté nationale, Europe à la carte). Nous avions sorti cela en 2009 pour la campagne des européennes.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 21.06.2011

@LP,

Inscrirez-vous en tête de votre programme une modification de la Constitutions pour y inscrire la primauté du droit national sur le droit européen ?

Oui, ou non ?

Écrit par : Terence | 21.06.2011

Errata

... Constitution...

Écrit par : Terence | 21.06.2011

@ Terence

Oui, et on supprime la Cour de Justice puisqu'il n'y a pas de droit supérieur à celui que se donnent des nations libres).

PS : petite exclu sur le programme qui va sortir...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 21.06.2011

@LP,

Alléluia !

Maintenez-vous de prendre une mesure aux fins de mettre un terme à l'effet des arrêts de la CEDH en droit interne ? Cette mesure est, il me semble, dans le programme, mais n'est pas secondée par un dispositif technique précis.

Écrit par : Terence | 21.06.2011

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