05.07.2011

Protectionnisme, euro, démondialisation : la pensée unique contre-attaque

Alors que les intellectuels alternatifs amènent le débat économique sur tous les fronts (sortie de l’euro, protectionnisme, démondialisation), les tenants de l’ordre établi, néolibéral et monétariste, se crispent et refusent de débattre, préférant la caricature et l’outrance à la confrontation des idées.

Les caricatures du politiquement correct

Outre une interview de Christian Noyer dans le Figaro, c’est le Monde (qui avait, il est vrai, accueilli une interview de Jacques Sapir), qui mène la charge avec pas moins de trois papiers : une tribune d’Alain Faujas, qui fait du protectionnisme une « ligne Maginot », une autre, d’un professeur de Sciences Po, Zaki Laïdi, qui dénonce « l’absurde démondialisation » et un entretien avec Pascal Lamy pour qui « la démondialisation est réactionnaire ».

Christian Noyer affirme qu’une « réduction modeste des revenus permet d’obtenir les mêmes effets économiques qu’une dévaluation importante ». Non seulement cela est malhonnête puisque les deux doivent être équivalentes, mais cela montre aussi que les salaires vont devoir baisser. La comparaison entre la zone euro et les Etats-Unis est d’une sacrée mauvaise foi. Enfin, il refuse tout plan B. En revanche, il faut noter la justesse des questions de Jean-Pierre Robin.

Pascal Lamy ne fait pas dans la dentelle et ose affirmer que la compétitivité salariale indue n’est « pas évidente » tout en évoquant des écarts de salaires allant de 1 à 8 entre France et Chine du fait de la hausse des salaires chinois. Il faut noter qu’il minore volontairement les écarts (qui vont de 1 à 30 en Asie et de 1 à 10 en Europe). Le directeur de recherche de Sciences Po n’est pas moins caricatural en invoquant un « autocentrage économique » rappelant l’Albanie…

Il évoque le cas de l’Iphone, dont 4% de la valeur ajoutée est réalisée en Chine pour affirmer que les chiffres ne veulent rien dire, feignant d’ignorer que les composants issus des autres pays ont bien été importés dans un premier temps. ! Il ose même affirmer que « en achetant plus d’Airbus, on ne protège pas nécessairement plus l’emploi européen » ce qui est faux puisque 10% des composants de Boeing sont européens, contre 50% pour ceux d’Airbus (et il faut y ajouter le montage).

Le débat interdit

Ce qui est assez impressionnant, c’est la faiblesse de l’argumentation des défenseurs de la pensée unique. Quand ils ne réfutent pas tout simplement les chiffres du commerce extérieur, ils recourent à la caricature pour dénigrer tous ceux qui remettent en cause les dogmes libre-échangistes ou européistes. Pire, ils disent tout et son contraire, comme Christian Noyer qui affirme bien miraculeusement qu’une réduction modeste des revenus équivaut à une dévaluation importante.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des intellectuels de tous bords qui défendent ces idées, y compris des prix Nobel comme Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Maurice Allais ou Amartya Sen. En France, des intellectuels de gauche (Jacques Sapir, Emmanuel Todd, Frédéric Lordon) comme de droite (Jean-Luc Gréau, Alain Cotta, Jean-Jacques Rosa, Gérard Lafay) remettent en cause la libéralisation excessive ou le choix d’une monnaie unique en Europe.

En outre, il devrait tout de même être possible de débattre du degré de libéralisation du commerce. Tous les pays sont un peu protectionnistes et cela ne devrait pas être un drame que de dire qu’il en faut davantage. Personne ne propose l’autarcie, même les plus radicaux. Il est tout de même normal de débattre démocratiquement des grands choix économiques. La crispation des grands partis et de nombreux médias sur la question est franchement révoltante.

Naturellement, les défenseurs de la pensée unique ne manquent pas une occasion de citer Marine Le Pen pour discréditer les idées alternatives. Cela fait plus peur que Paul Krugman ou Jospeh Stiglitz… Il serait temps de pouvoir avoir un débat sérieux sur ces questions.

Commentaires

Cher Laurent,
Le Monde ne relaie pas seulement la pensée unique, la preuve en est cette remarquable tribune d'Amartya Sen:
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/02/l-euro-fait-tomber-l-europe_1543995_3232.html
Il affirme en substance que le maintien à tout prix de l'euro conduira à la remise en cause de la démocratie elle-même. Ce qui se passe en Grèce, au Portugal ou en Irlande lui donne hélas raison. Cet article m'a fait penser à un hallucinant discours de DSK à Francfort à la fin de l'année dernière. Il recommandait notamment " la création d'une autorité budgétaire centralisée, aussi indépendante politiquement que la Banque centrale européenne (BCE). L'autorité fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre et allouerait les ressources provenant du budget central pour mieux atteindre le double objectif de stabilité et de croissance."
(Le lien, en anglais, est là: http://www.imf.org/external/np/speeches/2010/111910.htm)
Autant dire que les élections n'auraient plus aucune importance, puisque monnaie et budget seraient gérés par des technocrates n'ayant de compte à rendre à personne.
Les eurocrates se réfèrent toujours aux Etats-Unis comme modèle pour l'Europe - mais, année après année, ils ressemblent de plus en plus aux oligarques de l'ex-URSS.

Écrit par : Julien M | 05.07.2011

Que pensez-vous de cela ?
http://www.frontnational.com/pdf/euro-dette.pdf

Écrit par : Calmideg | 05.07.2011

Lorsque cela est possible, il convient d'apporter la contradiction sur les forums des journaux en questions à ces tenants de la pensée unique. Pour ma part, quand je le fait, j'indique toujours que leurs idées sont appliquées depuis des années et qu'elles ont largement prouvé leur échec.

Écrit par : J-J.S | 05.07.2011

Dans le même ordre d'idée, Devedjian sur Farnce CUl samedi matin vers 11h00 (le matin des politiques, une é&mission comme ça): connivence totale avec les journalistes, qui lui tendent la perche sur l'air de "alors pour l'année prochaine on voit bien se dessiner deux solutions, la solution populiste, anti-européenne, de repli sur soi, avec la sortie de l'Euro, le protectionnisme [etc.], une solution qui court de Mélenchon à Le Pen, avec Montebourg et Dupont-Aignan, et puis une solution plus exigeante, pro-européenne, avec des avancées, des investissements d'avenir [etc]). Devedjian de répondre sur le même ton, etc.
Ce qui est dingue c'est qu'on dirait les discours de 2007. Il n'y a toujours aucun déséquilibre, "il faut un choc de compétitivité", ou "il faut de la social-démocratie concertante", et tout ira bien, il n'y a eu aucune crise, rien qui ne justifie de remise en cause radicale...

Écrit par : Géry | 05.07.2011

@Calmideg

C'est une bonne réponse à la bêtise de Sarko qui a annoncé, dans discours du 27 juin sur le Grand emprunt lorsqu'il a fustigé la sortie de l'euro, "une folie qui aboutirait à doubler ou tripler la dette".

Pour ma part je défends la position que les dettes, qu'elles soient dues aux résidents ou aux non résident, ont été émises en "monnaie nationale" (l'euro) et qu'elles doivent donc être remboursées et les intérêts payés en "monnaie nationale " (le nouveau Franc français), rejoignant en cela la position de Charles Gave qui écrit (en "pestant")
//" La réintroduction de la drachme permettrait aux autorités locales de spolier tranquillement ces détenteurs d'obligations qui, rappelons-le, ne votent pas en Grèce ... A cela, on répond que la dette grecque ayant été libellée en euros devra être remboursée en euros, ce qui est bien sûr une tromperie juridique. La dette grecque a été émise dans la monnaie de l'Etat souverain grec, aujourd'hui l'euro, demain la drachme, et sera remboursé dans la monnaie ayant cours légal dans ce pays au moment du remboursement."//
...idem pour la France et les autres pays de la zone euro, évidemment...

Écrit par : A-J Holbecq | 05.07.2011

La Grande Bretagne - le gouvernement de Monsieur Cameron - met en oeuvre la PREFERENCE NATIONALE : dans la presse, en France, personne n'en parle : il faut rééduquer le bon peuple, sur tous les sujets.

http://www.rtl.fr/emission/z-comme-zemmour/ecouter/eric-zemmour-grande-bretagne-france-le-match-de-la-preference-nationale-7700212582

Les libéraux anglais, frontistes ?

Merci à tous les camarades journalistes qui sont au service de la vérité et du peuple.

Écrit par : John D. | 05.07.2011

@Laurent

faut arrêter tes phantasme, Paul Krugman est un défenseur bien connu du libre échange, c'est une de ses rare qualité et c'est pour cela qu'il à eu son Nobel.
http://www.amazon.fr/gp/product/270713113X/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&tag=lamidulaissfa-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=270713113X

J'ai lu un bouquin de Sen et j'y ai trouvé quelques âneries, mais pas celle là.
http://www.amazon.fr/gp/product/2130578586/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&tag=lamidulaissfa-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2130578586

De même que pour Joseph Stiglitz j'en doute fortement à moins que tu mettes des liens vers leurs propos, plutôt que vers tes propres articles...

Tu fait un espèce d'amalgame rhétorique pour faire croire que ces Nobels n'existent que pour défendre tes idées et rien d'autres, affligeant.

C'est plutôt les idées de protectionnisme qui discréditent ceux qui en parlent, Marion Le PEN comprise.

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Chine

Encore les ravages des plans de dettes Keynésiens et du nationalisme monétaire.
http://ladettedelafrance.blogspot.com/2011/07/bulle-immobiliere-et-inflation-en-chine.html

Écrit par : Alf | 05.07.2011

Comme on entend depuis que les nations existent qu'il faut du protectionnisme, je te laisse débattre avec Frédérique Bastiat 1850.


Pétition...

Frédéric Bastiat

http://bastiat.org/

Chapitre VII de la Ière série des Sophismes Économiques

Pétition

des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l'éclairage

À MM. les Membres de la Chambre des Députés

« Messieurs, »

« Vous êtes dans la bonne voie. Vous repoussez les théories abstraites; l'abondance, le bon marché vous touchent peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver le marché national au travail national. »

« Nous venons vous offrir une admirable occasion d'appliquer votre... comment dirons-nous? votre théorie? non, rien n'est plus trompeur que la théorie; votre doctrine? votre système? votre principe? mais vous n'aimez pas les doctrines, vous avez horreur des systèmes, et, quant aux principes, vous déclarez qu'il n'y en a pas en économie sociale; nous dirons donc votre pratique, votre pratique sans théorie et sans principe. »

« Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie par le temps qui court!), d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous. »

« Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale. »

« Veuillez, Messieurs les députés, ne pas prendre notre demande pour une satire, et ne la repoussez pas du moins sans écouter les raisons que nous avons à faire valoir à l'appui. »

« Et d'abord, si vous fermez, autant que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée? »

« S'il se consomme plus de suif, il faudra plus de bœufs et de moutons, et, par suite, on verra se multiplier les prairies artificielles, la viande, la laine, le cuir, et surtout les engrais, cette base de toute richesse agricole. »

« S'il se consomme plus d'huile, on verra s'étendre la culture du pavot, de l'olivier, du colza. Ces plantes riches et épuisantes viendront à propos mettre à profit cette fertilité que l'élevage des bestiaux aura communiquée à notre territoire. »

« Nos landes se couvriront d'arbres résineux. De nombreux essaims d'abeilles recueilleront sur nos montagnes des trésors parfumés qui s'évaporent aujourd'hui sans utilité, comme les fleurs d'où ils émanent. Il n'est donc pas une branche d'agriculture qui ne prenne un grand développement. »

« Il en est de même de la navigation: des milliers de vaisseaux iront à la pêche de la baleine, et dans peu de temps nous aurons une marine capable de soutenir l'honneur de la France et de répondre à la patriotique susceptibilité des pétitionnaires soussignés, marchands de chandelles, etc. »

« Mais que dirons-nous de l'article Paris? Voyez d'ici les dorures, les bronzes, les cristaux en chandeliers, en lampes, en lustres, en candélabres, briller dans de spacieux magasins, auprès desquels ceux d'aujourd'hui ne sont que des boutiques. »

« Il n'est pas jusqu'au pauvre résinier, au sommet de sa dune, ou au triste mineur, au fond de sa noire galerie, qui ne voie augmenter son salaire et son bien-être. »

« Veuillez y réfléchir, Messieurs; et vous resterez convaincus qu'il n'est peut-être pas un Français, depuis l'opulent actionnaire d'Anzin jusqu'au plus humble débitant d'allumettes, dont le succès de notre demande n'améliore la condition. »

« Nous prévoyons vos objections, Messieurs; mais vous ne nous en opposerez pas une seule que vous n'alliez la ramasser dans les livres usés des partisans de la liberté commerciale. Nous osons vous mettre au défi de prononcer un mot contre nous qui ne se retourne à l'instant contre vous-mêmes et contre le principe qui dirige toute votre politique. »

« Nous direz-vous que, si nous gagnons à cette protection, la France n'y gagnera point, parce que le consommateur en fera les frais? »

« Nous vous répondrons: »

« Vous n'avez plus le droit d'invoquer les intérêts du consommateur. Quand il s'est trouvé aux prises avec le producteur, en toutes circonstances vous l'avez sacrifié. - Vous l'avez fait pour encourager le travail, pour accroître le domaine du travail. Par le même motif, vous devez le faire encore. »

« Vous avez été vous-mêmes au-devant de l'objection. Lorsqu'on vous disait: le consommateur est intéressé à la libre introduction du fer, de la houille, du sésame, du froment, des tissus. - Oui, disiez-vous, mais le producteur est intéressé à leur exclusion. - Eh bien! si les consommateurs sont intéressés à l'admission de la lumière naturelle, les producteurs le sont à son interdiction. »

« Mais, disiez-vous encore, le producteur et le consommateur ne font qu'un. Si le fabricant gagne par la protection, il fera gagner l'agriculteur. Si l'agriculture prospère, elle ouvrira des débouchés aux fabriques. - Eh bien! si vous nous conférez le monopole de l'éclairage pendant le jour, d'abord nous achèterons beaucoup de suifs, de charbons, d'huiles, de résines, de cire, d'alcool, d'argent, de fer, de bronzes, de cristaux, pour alimenter notre industrie, et, de plus, nous et nos nombreux fournisseurs, devenus riches, nous consommerons beaucoup et répandrons l'aisance dans toutes les branches du travail national. »

« Direz-vous que la lumière du soleil est un don gratuit, et que repousser des dons gratuits, ce serait repousser la richesse même sous prétexte d'encourager les moyens de l'acquérir? »

« Mais prenez garde que vous portez la mort dans le cœur de votre politique; prenez garde que jusqu'ici vous avez toujours repoussé le produit étranger parce qu'il se rapproche du don gratuit, et d'autant plus qu'il se rapproche du don gratuit. Pour obtempérer aux exigences des autres monopoleurs, vous n'aviez qu'un demi-motif; pour accueillir notre demande, vous avez un motif complet, et nous repousser précisément en vous fondant sur ce que nous sommes plus fondés que les autres, ce serait poser l'équation: + x + = -; en d'autres termes, ce serait entasser absurdité sur absurdité. »

« Le travail et la nature concourent en proportions diverses, selon les pays et les climats, à la création d'un produit. La part qu'y met la nature est toujours gratuite; c'est la part du travail qui en fait la valeur et se paie. »

« Si une orange de Lisbonne se vend à moitié prix d'une orange de Paris, c'est qu'une chaleur naturelle et par conséquent gratuite fait pour l'une ce que l'autre doit à une chaleur artificielle et partant coûteuse. »

« Donc, quand une orange nous arrive de Portugal, on peut dire qu'elle nous est donnée moitié gratuitement, moitié à titre onéreux, ou, en d'autres termes, à moitié prix relativement à celle de Paris. »

« Or, c'est précisément de cette demi-gratuité (pardon du mot) que vous arguez pour l'exclure. Vous dites: Comment le travail national pourrait-il soutenir la concurrence du travail étranger quand celui-là a tout à faire, et que celui-ci n'a à accomplir que la moitié de la besogne, le soleil se chargeant du reste? - Mais si la demi-gratuité vous détermine à repousser la concurrence, comment la gratuité entière vous porterait-elle à admettre la concurrence? Ou vous n'êtes pas logiciens, ou vous devez, repoussant la demi-gratuité comme nuisible à notre travail national, repousser a fortiori et avec deux fois plus de zèle la gratuité entière. »

« Encore une fois, quand un produit, houille, fer, froment ou tissu, nous vient du dehors et que nous pouvons l'acquérir avec moins de travail que si nous le faisions nous-mêmes, la différence est un don gratuit qui nous est conféré. Ce don est plus ou moins considérable, selon que la différence est plus ou moins grande. Il est du quart, de moitié, des trois quarts de la valeur du produit, si l'étranger ne nous demande que les trois quarts, la moitié, le quart du paiement. Il est aussi complet qu'il puisse l'être, quand le donateur, comme fait le soleil pour la lumière, ne nous demande rien. La question, et nous la posons formellement, est de savoir si vous voulez pour la France le bénéfice de la consommation gratuite ou les prétendus avantages de la production onéreuse. Choisissez, mais soyez logiques; car, tant que vous repousserez, comme vous le faites, la houille, le fer, le froment, les tissus étrangers, en proportion de ce que leur prix se rapproche de zéro, quelle inconséquence ne serait-ce pas d'admettre la lumière du soleil, dont le prix est à zéro, pendant toute la journée? »

Écrit par : Alf | 05.07.2011

Bastiat oublie totalement d'inclure le coût du chômage dans son raisonnement (sans doute parce qu'il n'y avait pas de droits et d'aide sociale à son époque).
Quid de plus des dettes monétaires qu'induisent des balances commerciales déficitaires?

Écrit par : A-J Holbecq | 05.07.2011

@ Alf

Bastiat, c'était à une époque où le coût du transport était beaucoup plus important et où les différences de salaires l'étaient beaucoup moins....

Certes, ce sont des liens vers des papiers du blog, mais dans ces papiers il y a toujours des liens vers les propos originaux de Krugman et Stiglitz. En outre, il y a sur mon blog les résumés de deux livres de Krugman et de deux livres de Stiglitz.

Krugman a changé de fusil d'épaule sur la mondialisation (pas coupable à la fin des années 1990) et dont il reconnaît aujourd'hui qu'elle a un impact négatif pour une grande partie des salariés.

@ Calmideg

C'est une chose d'avoir une personne capable de rédiger une note correcte sur un sujet, c'en est une autre pour les dirigeants d'un parti de véritablement comprendre ce qui est dit et être capable d'en débattre sur un plateau TV comme je l'ai évoqué il y a une semaine...

@ Julien M

C'est juste, j'ai mis le papier en lien dans ce papier d'ailleurs. Il y a quand même une certaine ouverture aux idées alternatives, mais le niveau des papiers incriminés ici est assez navrant avec des points évidents que l'on peut descendre...

Je suis d'accord, on vire à une forme de totalitarisme qui n'est pas sans rappeler par certains aspects l'URSS, du genre, cela ne marche pas parce qu'il n'y a pas assez d'Europe...

@ A-J H

Je suis d'accord. De toutes les façons, la Grèce ne remboursera pas tout...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.07.2011

Ça y est ça commence :

"L'Allemagne a besoin de 200 000 étrangers qualifiés par an"

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/07/05/allemagne-faute-de-chomeurs-l-agence-pour-l-emploi-licencie_1544952_3234.html#xtor=RSS-3208

Grecs, espagnols, français...Richtung DE.

D'un autre côté, ce serait peut être plus simple d'aller construire des bureaux et usines en Grèce, Espagne et France.

Écrit par : olaf | 05.07.2011

@Laurent:"Bastiat, c'était à une époque où le coût du transport était beaucoup plus important"

C'est sur, aujourd'hui on a construit des routes dans les champs, des tunnels sous les montagne, on a inventé le moteur à explosion.
Heureusement qu'il y a des gens comme vous pour annuler par les taxes l'effet bénéfiques de tous ces progrès.

Moins plus les couts de transports sont bas, plus les gains de transactions sont important et plus le protectionnisme est nuisible.

@Laurent:"les différences de salaires l'étaient beaucoup moins...."

Encore une affirmation complétement gratuite. L'égalité des revenus n'est certainement pas ce qui caractérise le 19e... sans compter certains pays européens encore à l'age féodal.

Écrit par : Alf | 05.07.2011

C'est marrant de voir que certains, parmi ceux qui sont pour le protectionnisme, sont les mêmes qui dénoncent l'embargo commercial américain sur Cuba et le blocus économique israélien sur Gaza. Contradictions, quand tu nous tiens...

Stiglitz, l'homme qui a plus d'une chance sur 500 mille à 3 millions d'écrire des conneries insondables et prouver qu'on peut être un tocard et avoir un prix Nobel, quelle référence !

Écrit par : Théo31 | 05.07.2011

Mardi 5 juillet 2011 :

L'agence de notation Moody's a dégradé mardi de quatre crans la note du Portugal, de "Baa1" à "Ba2", et envisage de l'abaisser encore à court terme, estimant notamment que le pays pourrait avoir besoin d'un deuxième plan d'aide avant de pouvoir emprunter de nouveau sur les marchés.

Moody's s'inquiète également du fait que le Portugal ne parvienne pas à tenir les engagements en matière de réduction de son déficit qu'il a pris envers l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ee98b6715325c840c5ea611d178ee5a5

Écrit par : BA | 05.07.2011

C'est du n'importe quoi.


Déjà dupont gnagna gueule contre le libéralisme mais n'hésite pas a se montrer en vidéo avec Nigel Farage et a vanté Vaclav Klaus.

2 très libéraux.


de 2, la majorité est contre la mondialisation etc. Ce sont les pays pauvres qui y sont favorables.

Écrit par : Visiteur du soir | 05.07.2011

@ Visiteur du soir

C'est pour cela qu'il parle d'Europe avec eux...

Vous avez une vision un peu naïve de la mondialisation. Les pays émergents se construisent en protégeant leur marché et en bénéficiant de l'ouverture de l'Union Européenne ou des Etats-Unis...

@ Théo31 & Alf

Forcément, quand on regarde le monde en noir et blanc, on ne voit pas les nuances de gris...

@ Alf

Non, justement, les différences de salaire allaient de 1 à 2 quand aujourd'hui, on peut aller de 1 à 30 : cela change beaucoup de choses...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 05.07.2011

@Laurent,

Pas mal votre billet, pas mal du tout. Un débat "loyal et neutre" c'est effectivement ce que nous sommes nombreux a demandés.

La chape de plomb qui s’installe, les discours arrogants et pleins de mépris, rappelleront à certains la campagne du TCE et là aussi en 2012, malgré la propagande et les actions au train ou vont les choses, il va y avoir des surprises de tailles.

Il n'y a pas que l'euro et ce qui se passe avec la Grèce, les agences de notation sont un véritable danger pour la démocratie et la souveraineté des pays, la conduite des élites politiques est affligeante, et donne des frissons si on fait le parallèle avec ce qui s'est passé de 40 à 44 dans notre pays.

On les voit utiliser tous les coups possibles, Todd, Sapir, Stigliz, Allais sont déconsidérés dans des campagnes ignominieuses ou tout simplement frappés de non-médiatisation, heureusement quelques "apaches" dans les partis caciques commencent à réagir et les lignes lentement évoluent.

Bientôt le temps des cerises ou des noyaux de cerises, la politique fédéraliste va droit dans le mur, ils préfèrent le grand machin sans les peuples, tout cela va leur exploser à la figure.

Allez Laurent bonne continuation.

Écrit par : Lilian CAULE | 06.07.2011

De toutes les façons les néolibéraux de toute tendance et de tous pays peuvent bien "aboyer" comme les chiens de garde de l'oligarchie dont ils font aussi partie on assiste depuis l'automne 2008 à la fin d'une époque, le leur!
Le problème est que leur fin dure longtemps et produit des ravages de plus en plus fort qu'il faudra réparer par des mesures "radicales" : nationalisations, contrôle des changes et protectionnisme européen voire national cf Jacques Sapir.

Écrit par : cording | 06.07.2011

@Théo31
+1

@Laurent
http://www.amazon.fr/gp/product/2262022534/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&tag=lamidulaissfa-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2262022534

ici Jacques Marseille en parle de la concurrence des chinois sur le marché français au 19e et les transports étaient beaucoup plus couteux, par conséquent ton allégation n'a aucune crédibilité. ZERO pointé.

Et quand bien même il y aurait le moindre soupçon d'exactitude, quelque soit la différence de salaire, et MÊME INVERSE, chacun se spécialise la ou il est RELATIVEMENT meilleur que l'autre et même s'il elle était dans le sens inverse.

Bref les différence de salaires n'ont aucun intérêt quand à savoir si le libre échange est bénéfique. Il l'est POINT et nos problèmes ne vienne absolument pas de lui.

Cf loi des avantages comparatifs (D.Ricardo) dite aussi loi d'association (L.W.Mises).
http://ami.du.laissez-faire.eu/theorie.php5#avantages_comparatifs

(c'est un cours de 1 ère année d'éco là dont je te fait en cadeau)

@Lilian CAULE
La campagne du TCE et les autres depuis 92 je les ais faites dans le camps du non. Laurent ne pause pas une question pour son débat, mais 3 au moins et fait une bouillie avec 90% d'idéologie.

Merci donc de ne pas mettre les partisans du libre échange dans le camps des Euro-nationalistes (qui compte eux même nombre de protectionnistes), ça n'a rien à voir.

Et aucun type compétent n'a envi de discuter par exemple avec un analphabète économique comme Todd. ça n'est pas 10 minutes de télé qui remplacent des années d'apprentissage de l'économie.

Le débat tant demandé à eu lieu des milliers de fois, plus haut le pamphlet de Frederic Bastiat, il y a 160 ans à l'assemblée nationale.

Écrit par : Alf | 06.07.2011

@Visiteur du soir:"Déjà dupont gnagna gueule contre le libéralisme mais n'hésite pas a se montrer en vidéo avec Nigel Farage et a vanté Vaclav Klaus. 2 très libéraux."

On a le droit d'être d'accord avec NDA JUSTE sur la fin de l'euro ?
D'être libéral et anti-euro (la majorité) ?
Ou il faut votre permission ?

Au moins ça prouve que NDA à une certaine ouverture d'esprit, ce qui ne semble pas être votre cas.

Écrit par : Alf | 06.07.2011

@ Lilian

Merci.

@ Cording

Très juste.

@ Alf

J'ai peur que vous vous soyez tiré dans le pied avec vos deux exemples. Bien sûr, à l'échelle d'un ou deux siècles, les progrès économiques sont stupéfiants. Mais depuis 10 à 30 ans (selon les pays), dans les pays dits développés, apparaît une régression sociale et / ou une persistance d'un chômage de masse du fait de la concurrence des pays émergents où les conditions salariales sont sans rapport avec les écarts de productivité.

La théorie de Ricardo n'est pas inintéressante quand on raisonne abstraitement, mais le problème est qu'il faut partir de postulats non vérifiable. En outre, on voit bien que l'avantage compétitif de l'Asie du Sud-Est (ou de l'Europe de l'Est) est le coût de la main d'oeuvre au regard de sa main d'oeuvre et que si on suit la logique, il n'y aura plus beaucoup d'industrie sur notre sol dans quelques décennies. Ricardo n'avait pas pris en compte le fait qu'il pouvait y avoir de tels écarts structurels de coût de la main d'oeuvre...

Et puis, il y a de très nombreux auteurs, dont beaucoup viennent de la droite et du libéralisme qui remettent en cause cette anarchie commerciale qui lamine nos économies (Allais, Gréau, Lafay, Krugman....)

Écrit par : Laurent Pinsolle | 07.07.2011

A Alf. Lorsque je lis des libre-échangistes comme vous, je me dis que s'il y avait des habitants sur la Lune, ils voudraient faire du commerce avec eux... A quand un accord de libre-échange interstellaire ?...

Écrit par : J-J.S | 07.07.2011

@J-J.S

Révolte sur la Lune de Robert Heinlein :-)

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La colonie lunaire est étouffée par un Etat qui contrôle TOUT, jusqu'à l'approvisionnement en eau depuis la terre. Ils se révoltent pour prendre leur destin en main.

Écrit par : Alf | 08.07.2011

Merci giscard, le collabo mitterand et le bon à rien de chirac !.
l'Europe oui et même les Etats Unis d'Europe, le courage était là pas dans le b.... européen.
Des technocrates sans envergure et dociles jusqu'à la paresse mais dangereux en plus.
Il fallait la créer pas à pas ces EUE à condition qu'il y ait des ponts et pas des murs, monnaie unique ou pas ils ont crée un monstre.
oui !un monstre inutile et pire, DANGEREUX.

Écrit par : GERARD | 10.07.2011

face a une catastrophe inéluctable l'union sacrée serait un devoir ,NDA , JLM , MLP, AM s'unir sur ce sujet d'une telle gravité doit ètre possible ?

Écrit par : christian | 10.07.2011

Un article intéressant. En revanche, j'ai été sidéré par le commentaire de Théo31, qui ose un parallèle ahurissant entre protectionnisme, embargo sur Cuba et blocus de Gaza. Il ne s'est sans doute pas aperçu que cet embargo et ce blocus n'ont pas été décidés démocratiquement par les Cubains et les Gazaouis, mais imposés par des puissances étrangères, et que le but de ces actes de "protectionnisme" n'est pas de préserver et développer le tissu économique des territoires concernés, mais au contraire de l'affaiblir et le détruire. Le protectionnisme est un acte de défense économique, l'embargo et le blocus sont des actes d'attaque.

Écrit par : ZapPow | 10.07.2011

Théo 31
le libre échange est bénéfique ! pour qui ? c'est un non sens le laisser faire est l'apanage des faibles

Écrit par : christian | 10.07.2011

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