22.07.2011
Plan grec : la victoire de l’Allemagne et la défaite des fédéralistes
Ca y est, l’Europe a fini par se mettre d’accord sur un nouveau plan de financement pour les créanciers de la Grèce, qui devrait sauver l’euro pour quelques temps. La ligne allemande, qui consistait à faire contribuer les banques l’a complètement emporté sur la ligne fédéraliste.
L’Allemagne, victorieuse par KO
L’Allemagne semblait isolée dans son refus des euro obligations, d’augmentation des moyens du fonds européen, sa volonté de faire contribuer le secteur privé au nouveau plan. Mais l’inflexible Angela Merkel a obtenu satisfaction sur tous les points qui étaient importants pour elle. Elle a même réussi à repousser l’idée d’une taxe sur les banques, émise par la France, et qui a réussi à faire l’unanimité contre elle. La BCE et Nicolas Sarkozy avalent leur chapeau.
Bien sûr, l’accord sera présenté comme un compromis. Pourtant, ce n’en est pas un. Le gouvernement allemand a réussi à limiter sa contribution supplémentaire et impose de facto une restructuration de la dette grecque malgré l’avis des agences, qui va concerner les créanciers privés comme le fonds européen. Fort heureusement, la ligne allemande l’a emporté sur toute la ligne. Et les rachats de dettes par le fonds européen nécessitent un accord unanime des pays.
La fausse solution fédéraliste
Avant-hier, le Monde présentait un « débat » sur la crise européenne : un banquier appelle à « réaliser l’intégration économique et politique européenne », un enseignant à Sciences Po fait du « fédéralisme économique une question de survie pour l’Europe », un financier se pose la question de « que reste-t-il quand l’Allemagne fait défaut », un banquier y voit « une chance unique pour l’Europe », et deux dirigeants d’Attac en appellent à une « Europe solidaire et libérée du joug des marchés ».
Si la tribune signée par les dirigeants d’Attac pose beaucoup de bonnes questions, elle manque de réponses. Le papier de François Vigne est assez équilibré, présentant l’option du défaut et de la sortie de la zone euro et signalant que « l’intégration (…) ne suffirait pas à corriger les écarts de compétitivité entre les Etats ». Mais les autres papiers rappellent les hiérarques communistes qui attribuaient leur échec au fait de n’être pas assez loin dans le communisme…
Raoul Salomon propose plus d’intégration sans expliquer clairement les avantages ou les inconvénients. Thomas Guénolé préconise un grand saut fédéraliste (15% du PIB de budget européen) totalement illusoire et dont on se demande bien en quoi il règlerait le problème de croissance de l’Europe. Son alternative méditerranéenne, en revanche, est intéressante. Enfin, Edouard Tréteau critique les dirigeants politiques européens, qui ne seraient pas à la hauteur.
Vers la fin de la monnaie unique
Il est tout de même regrettable de ne pas avoir ouvert les colonnes à un Jacques Sapir qui a tellement écrit sur la question et qui aurait apporté une contradiction bienvenue. Car, tout d’abord, ce qui est gênant, c’est que plus de fédéralisme ne résoudrait pas grand chose. Par delà le côté illusoire d’une telle proposition (qui revient à demander à l’Allemagne un chèque en blanc de plusieurs centaines de milliards d’euros), les problèmes sont plus profonds, comme le souligne NDA.
Des euro obligations pourraient calmer temporairement la crise financière, mais elles ne résoudraient pas le problème de compétitivité des PIIGS. Pour rembourser leur dette, ces pays ont surtout besoin de retrouver de la croissance, ce que ne donnerait pas une intégration économique et politique. C’est bien une dévaluation (couplée à une restructuration) qui le permettrait, et donc une sortie de l’euro, qui devra encore attendre quelques mois ou quelques années.
Car il faut être clair, comme le souligne avec verve Hervé Nathan, ce nouveau plan ne fait que traiter le problème grec (certes, pour assez longtemps a priori). Les dirigeants européens ont de nouveau acheté du temps sans rien résoudre sur le long terme. Si la crise reprend sur le front espagnol et italien, il faudra un nouveau sommet car rien n’est prévu pour dans l’accord d’hier…
Merci à l’Allemagne d’avoir refusé toute dérive fédéraliste et imposé une participation au secteur privé. C’est sans doute la moins mauvaise solution en attendant celle qui finira par s’imposer, le retour à des monnaies nationales distinctes adaptées à des réalités économiques différentes.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : grèce, allemagne, angela merkel, nicolas sarkozy, le monde, attac, françois vigne, raoul salomon, thomas guénolé, edouard tréteau, jacques sapir, nicolas dupont-aignan, hervé nathan




Commentaires
Je l'avais écris! La classe politique française, ayant à la fois abandonné la Nation et été désavouée par elle en 2005, ne pèse pas lourd face à un adversaire de poids. Nous aurons donc une Europe à l'Allemande, celle-ci devrait écraser au moins tous les pays de type latins sans chercher à les retenir.
Nos élites devraient continuer leur ânonnement mais avec moins d'enthousiasme. Si j'ai bien compris, elles ne seraient plus maintenant que des pions dans les mains de notre grande voisine?
Écrit par : jardidi | 22.07.2011
Alors, la grèce est sauvée?
Bon, maintenant que va t'il se passer avec le portugal et l'irlande?
Ont-ils pensé aux peuples européens ou bien aux marchés financiers?
Je ne suis pas un spécialiste alors j'essaie de comprendre.
Écrit par : guillaume | 22.07.2011
Effectivement, A Merkel a tenu bon. Elle représente bien les femmes allemandes qui sont souvent très déterminées, comme j'ai pu le constater. Parfois, ce qui se passe sur le plan économique me fait penser à 1940, d'un côté une armée coordonnée bien équipée qui avance, et de l'autre une armée désordonnée qui part dans tous les sens.
Écrit par : olaf | 22.07.2011
Sinon, la gestion de la dette grecque correspond à l'histoire du tonneau des Danaïdes. Ce pays est à l'agonie et géré par des mafieux. L'Italie c'est pas beaucoup mieux.
Tant que ces pays ne seront pas virés de l'Euro, le cinéma des réunions extraordinaires se poursuivra.
Ces pays relèvent de l'"aide" du FMI désormais et du changement de leur classe politique, donc une sorte de révolution.
Écrit par : olaf | 22.07.2011
@olaf
Ce n'est pas qu'un probleme de gestion, la monnaie de la Grèce est surévalué de plus de 50% et ce pays coincé dans l'euro ne peut même pas dévaluer ou se protéger... On fait comment dans ces conditions? Même chose pour l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la France à moindre échelle... (sans même parler de la crise immobilière Espagnole ou de celle de l'Irlande en grande partie causé par la BCE et ses taux directeurs inadaptés à ces pays dans les années 2000)
En clair l'euro ne fonctionne pas et conserver une même monnaie pour l'Allemagne et la Grèce est aujourd'hui une simple folie... Du coup c'est quand même un peu facile de rejeter la faute sur les grecs quand le système est en grande parti responsable.
Écrit par : red2 | 22.07.2011
Enseigner à ScPo ne prouve pas grand chose. UN peu d'entregent et c'est bon. Tu pourrais bien y enseigner le "marketing stratégique dans le food". Encore que 5 minutes de recherche google suffiraient à te disqualifier pour cause d'euro-incompatibilité.
Guénolé est un blanc bec de même pas 30 ans qui a tribune ouverte dans Le Monde et les Echos, au même titre que l'eurochiante Goulard, car il est l'un des conseillers de, chut, faut pas le dire, c'est confidentiel, c'est écrit sur sa page Linked-In, Bayrou.
(en revanche nous y avons une connaissance commune qui y enseigne la discipline XXX, assez fin et indirect dans son approche, et je crois comprendre qu'à la fin de la l'année ses étudiants ressortent avec l'esprit critique particulièrement affuté sur les vertus et les chances de l'UEM... ;-) ). Mais bon, il lui faut un an pour mettre le doute dans la caboche de 20 étudiants, ce n'est pas très productif.
Écrit par : Géry | 22.07.2011
Laurent, je serais toi, je parlerais de PIIGS-F. Quand un pays a vu soin industrie passer de 30 à 15% de son PIB en 20 ans, que 3/4 de son territoire vivent de transferts internes (budgétaires, sociaux, fiscaux) massifs, que seul l'accroissement de l'endettement collectif (e.g. Scellier) explique les variations d'activité, qu'il n'y a plus d'investissement productif, il n'y a plus beaucoup de différence avec l'Espagne. La France ne le sait pas encore, mais elle fait partie du groupe.
Écrit par : Géry | 22.07.2011
red2
Ce système Euro ne tient pas la route c'est évident.
La première fois que je suis allé en Grèce, en 1993, j'ai été assez stupéfait de voir toutes ces maisons inachevées pour raison fiscale. Sans être un expert, je m'étais dit que si il y a ça, alors il y a probablement bien d'autres arnaques...
Mais ça les experts de l'UE, ça ne leur est pas venu à l'esprit quand ils ont accepté l'adhésion de la Grèce :
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-ardoise-grecque-dans-sept-ans-on-97952?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29
Écrit par : olaf | 22.07.2011
Pas faux Géry, mais je dirais que l'endettement privé français est à un niveau raisonnable, que la France bénéficie plutôt de bonnes infrastructures (LGV etc.) qui favorisent l'activité sur les territoires et qu'elle reste la première destination touristique mondiale.
Après la désindustrialisation et le retard dans les hautes technologies sont suicidaires à moyen et long terme.
Sinon, concernant ce nouveau plan d'aide à la Grèce, franchement qu'y a t-il de nouveau ? L’Allemagne et la France ressortent le chéquier, les créanciers privés sont un peu mis à contribution.
Mais en quoi cela constitue t-il une solution de fond ? Comment l'économie grecque peut-elle se relever avec un euro dont le niveau est sans rapport avec elle ?
Fondamentalement je ne vois pas comment cela peut marcher à moyen et long terme.
Pouvez-vous préciser ce point Laurent Pinsolle ?
Pour finir, puisque le fédéralisme consiste en d'importants transferts à partir d'un budget central et étant donné que l'Allemagne apparaît par principe opposée à un tel système (à moins qu'elle soit aux manettes de cette Europe économique ?), elle qui a déjà expérimenté d'importants transferts en interne et qui se serre fort la ceinture, donc, comment un tel système voulu par les européistes pourrait t-il se réaliser ?
Ces gens-là pensent t-ils en dehors du réel ?
Les élites "françaises" des hautes écoles et de sciences po apparaissent vraiment comme formatées à l'européisme et au défaitisme, tandis que les élites allemandes semblent encore réfléchir en termes de souveraineté nationale, en puissance.
Écrit par : Manu | 22.07.2011
olaf : idem pour la Roumanie & co.
Cf. http://horreureuropeenne.blogspot.com/2011/07/immense-gabegie-des-fonds-europeens-la.html
Écrit par : Manu | 22.07.2011
@ Jardidi
L’Allemagne tient les cordons de la bourse donc nos élites ont suivies… Mais, ce faisant, l’Allemagne pourrait hâter la déconstruction de l’Europe fédérale car elle refuse toute dérive supranationale supplémentaire et une tension sur les taux italiens ferait exploser la zone euro…
@ Guillaume
Ils n’ont clairement pas pensé aux peuples, mais seulement aux marchés. Le financement de la dette grecque est assuré pour assez longtemps (au-delà de 2014 semblerait-il même) même au prix d’une austérité sauvage qui pourrait pousser les grecs à claquer la porte à un moment, comme l’avait fait l’Argentine.
La situation de l’Irlande et du Portugal est un peu améliorée et il n’y aura pas de problèmes de financement avant 2013. En fait, le risque porte aujourd’hui sur l’Espagne et l’Italie en cas de tension sur les taux. Là, les enjeux ne seraient pas les mêmes.
@ Olaf
Complètement d’accord. Angela Merkel a un sacré caractère. Il est clair que ces « aides » reviennent à un tonneau des Danaïdes. J’y reviendrai demain.
@ Red2
Complètement d’accord.
@ Géry
Je ne suis pas sûr de qui tu parles : on en parle en message privé ? La France n’est pas encore totalement comparable à l’Espagne ou l’Italie mais nous nous en rapprochons tous les jours un peu plus avec notre déficit commercial.
@ Manu
C’est clair que le plan ne peut pas marcher à moyen / long terme. Les dirigeants européens n’ont fait que régler le financement de la dette grecque pour plusieurs années, mais dans 3 ans, le PIB de la Grèce aura encore baissé, la dette aura encore monté (même si elle le fera moins du fait de ce plan), l’activité productive sera encore plus faible car le pays n’aura pas dévalué. Du coup, la Grèce finira par faire un gros défaut. On sauve en partie les créanciers (même s’ils devront rester mouillés) mais on ne sauve en aucun cas le pays.
Complètement d’accord : les fédéraliste sont totalement hors sol et ont un rapport assez irresponsable à l’argent public car quand ils réclament plus de solidarité financière, on parle de sommes colossales pour l’Allemagne, mais aussi la France !
Écrit par : Laurent Pinsolle | 22.07.2011
@Laurent P
"les fédéraliste sont totalement hors sol et ont un rapport assez irresponsable à l’argent public car quand ils réclament plus de solidarité financière, on parle de sommes colossales"
L'UE fait de plus en plus penser au projet d'iles artificielles lancé par Dubaï qui s'appellait "The World" ,et qui a terminé comme on sait à cause de la crise.
ps: et si on renflouait les banques avec du sable nous aussi ? ;)
Écrit par : Damien | 22.07.2011
Le sauvetage de la Grèce va coûter 15 milliards d’euros à la France.
Les dirigeants de la zone euro ont validé, jeudi soir, un plan d’aide de 109 milliards d’euros pour sauver la Grèce de la faillite. Ce plan d’aide va coûter environ 15 milliards d’euros à la France, a annoncé, ce vendredi, François Fillon.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-sauvetage-de-la-Grece-va-couter-15-milliards-d-euros-a-la-France_39382-1882831_actu.Htm
En clair :
- Les Etats européens sont déjà surendettés. Les Etats européens vont se surendetter encore plus pour pouvoir prêter de l’argent à la Grèce.
- Le deuxième plan de sauvetage de la Grèce va coûter 15 milliards d'euros à la France.
- De toute façon, la Grèce sera incapable de rembourser ses dettes.
- L’Union Européenne, c’est ça : des Etats européens surendettés se surendettent encore plus pour aider des Etats en faillite, qui ne les rembourseront jamais.
- L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.
- Prochains épisodes : l’Italie et l’Espagne.
Écrit par : BA | 22.07.2011
@LP
Ceux qui nous maintiennent dans l'euro auront des comptes à rendre au peuple et à la nation. Le niveau de notre personnel politique est consternant. Le peuple, anesthésié par la télévision et le journalisme, réagira t-il ? Probablement pas. La honte, la honte pour notre personnel politique qui n'a aucune vision politique du pays et a volontairement oublié la liberté des peuples, la liberté de son propre peuple. Ces gens-là nous vendront, indéfiniment ; ces gens-là trahiront, indéfiniment ; la superclasse rançonnera et dépouillera les peuples sans la moindre vergogne.
J'en ai la gerbe au fond de la gorge...
Ca y est, j'viens de rendre, et rien qu'en pensant à l'UE et à la Commission.
Écrit par : Terence | 22.07.2011
Hier, j'ai regardé la conférence de presse de Sarko, il était juste incompréhensible, à se demander s'il comprend de quoi il parle.
J'ai une pensée émue pour les pauvres députés UMP qui vont devoir voter 15 Milliards d'euros d'engagement après avoir voter la règle d'or il n'y a pas longtemps. lol.
Écrit par : noeuddechaise | 23.07.2011
Pour changer un peu : la crise grecque vue par les Américains et en animation.
http://www.youtube.com/watch?v=--TABdLsWSU&feature=player_embedded
Écrit par : Ovide | 23.07.2011
Le choix du tertiaire plutôt que l'industrie, est un choix idéologique, mais délibéré. Je l'ai compris en lisant le livre de Jean-Louis Borloo "Un homme en colère" . Il explique le désintérêt de ce qu'il appelle "la nomenklatura" française (sa bête noire), pour l'industrie au profit de la finance.
La France a choisi le modèle anglo-saxon , l'Allemagne a gardé son industrie. Elle en profite pour exporter 70% de ses produits dans les autres pays d'Europe. Sapir explique bien que s'il y avait 10 pays comme l'Allemagne en Europe, sa situation serait moins confortable.
Écrit par : MAX Claire | 23.07.2011
@Max Claire : en jetant un oeil sur amazon, voici l'intitulé d'un livre dont J.L Borloo est co-auteur : "Le pari d'un gouvernement mondial".
Hahaha.
Je me demande bien quand notre classe politique fera son méa culpa, ce sont bien eux les responsables principaux de la situation de la France.
En espérant qu'ils le payeront un jour - trop de compromissions depuis trops d'années... -mais rien n'est moins sûr.
Écrit par : Manu | 23.07.2011
En ce 23/07/2011, je lis tout et son contraire.
Sauf à n'avoir rien compris, c'est surtout le contraire de ce que votre post du 22/07/2011 écrit (repris par Marianne) où on lit "L’Allemagne, victorieuse par KO".
Je ne vois pas en quoi l'Allemagne est victorieuse car, pour faire court, après "l'appel à l'aide" de M. Trichet et des patrons des organismes financiers "too big to fail" par M. Sarkozy, Mme Merkel a du oublier la taxation sur la finance, la prise en charge obligatoire d'une partie des dettes et en plus accepter que, in fine, les états se portent garants pour ... toutes les créances.
Je dis "in fine" car si j'ai bien compris le mécanisme, grâce à la garantie d'état, si cela coute "trop cher" (Reste à préciser ce que veut dire "trop cher") ce sont les états, donc nous qui allons payer.
Bref si on ajoute à cela que la participation du privée est sur la base du volontariat il est aisé de comprendre que ce sont les populations qui vont régler la note.
Vraiment rien à voir avec les demandes de Mme Merkel.
D'ailleurs je me demande comment elle va présenter ce résultat aux allemands.
Toujours au fil de mes lectures et écoutes (Marianne, Le Figaro, France Soir, les TV ...) je me demande par quel miracle M. Sarkozy ET Mme Merkel peuvent tout deux être les gagnants.
Là aussi il faut vraiment que l'on m'explique.
Écrit par : 1Direct | 23.07.2011
@ Damien
Bien belle image !
@ BA
Complètement d’accord.
@ Noeudechaise
J’ai vu un extrait, ce n’est pas brillant en effet.
@ MAX Claire
Complètement d’accord. Le désintérêt à l’égard de l’industrie est une immense faute.
@ Manu
Ils seront renversés comme en 1958. L’euro sera leur Algérie.
@ 1Direct
Angela Merkel avait trois objectifs :
- la participation des créanciers privés
- une restructuration de la dette grecque / un défaut partiel
- refus d’une taxe sur les banques
Sur les deux premiers points, la France et la BCE s’opposaient à l’Allemagne (l’idée de taxe était seulement une idée française). Merkel a gagné sur ces trois points. Il suffit de revenir sur les papiers de la presse du début de semaine :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/07/20/crise-grecque-ce-qui-oppose-sarkozy-et-merkel_1550731_3234.html
En réalité, c’est bien l’Allemagne qui a très largement imposé ses vues (je ne sais pas pourquoi on ne le reconnaît pas en France). D’ailleurs, il semblerait que la presse allemande réponde de manière relativement positive au plan, la chancelière se plaçant entre les euro-béats et les euro-sceptiques.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 23.07.2011
@Laurent Pinsolle
vous dites:
"Angela Merkel avait trois objectifs :
1- la participation des créanciers privés
2- une restructuration de la dette grecque / un défaut partiel
3- refus d’une taxe sur les banques"
A mon avis:
1) sur la participation du privé c'est une demi victoire (ou défaite) car:
a- La participation est basée sur le volontariat.
b- Gros bémol, les "Euros États" garantissent les créanciers
=> Certainement, in fine, nous -la population- paierons
2) Restructuration: Là je suis d'accord puisque la durée de remboursement est allongée.
3) Taxe sur les banques: Même si ce n'est pas une taxe à proprement parlé, le fait que les taux d'intérêt soient baissés et la durée allongé revient à une perte que long peut assimiler à un coût donc une "pseudo taxation".
Le KO allemand ne me parait pas si évident et dépend, à mon humble avis, de la présentation et du niveau de conclusion: A quel terme faisons nous le "total"?
C'est un peu la verre à moitié plein ou à moitié vide.
Bon mais, je le reconnais, je peux me tromper même si je suis convaincu que au bout du bout, d'une façon ou d'une autre, ce sera la population qui recevra la facture; question de temps.
Écrit par : 1Direct | 24.07.2011
@ 1Direct
1- Le "volontariat" du privé est cosmétique puisque les banques se sont engagées en vue du sommet et du plan. Les Etats sont contraints de présenter leur adhésion comme volontaire pour essayer d'éviter que les agences de notation ne considère qu'il s'agit d'un évènement de crédit. Et puis, les banques vont prolonger 50 milliards d'euros de crédit entre 2011 et 2014. Là, il me semble qu'on est dans le haut de la fourchette qui était annoncé avant le sommet (on parlait plutôt de 30 milliards).
Il me semble que la garantie de créances concerne les apports à la BCE pour les refinancements, mais pas pour les 50 milliards que les banques privées vont continuer à prêter à la Grèce, mais il faut que je relise le détail du plan.
3- Je ne sais pas à quel taux les banques re-financeront la Grèce. C'est sûr que si c'est entre 3.5 et 4%, il y a une forme de subvention de facto à Athènes mais cette "taxation" ne concerne que ceux qui avaient prêté à la Grèce et non une taxe généralisée comme le refusait l'Allemagne. En outre, cela fait également partie de la contribution du privé au plan, qu'a toujours défendu l'Allemagne, donc ce point me semble confirmer le succès de l'Allemagne.
Si vous reprenez les déclarations d'avant sommet, la BCE refusait tout évènement de crédit (restructuration et contribution du privé), soutenue par la France, et elle a fini par céder.
D'accord sur la conclusion.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 24.07.2011
Jeudi 21 juillet 2011 : réunion des chefs d'Etat et de gouvernement européens.
Vendredi 22 juillet 2011 : les taux des obligations de l'Italie et de l'Espagne repartent à la hausse.
Lundi 25 juillet 2011 : les taux des obligations de l'Italie et de l'Espagne sont en forte hausse.
Dans la zone euro, qui sera le prochain domino à tomber ?
L'Italie ?
Ou l'Espagne ?
Italie : taux des obligations à 2 ans : 3,990 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR2:IND
Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,661 %.
Espagne : taux des obligations à 2 ans : 4,155 %.
Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,028 %.
Écrit par : BA | 25.07.2011
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