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31/07/2011

Alain Cotta flingue la monnaie unique

Il avait combattu l’euro, avec Rosa et Lafay dans les années 1990. Il y a un an, il avait sorti un petit livre savoureux et toujours d’actualité « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».

Les arguments des partisans de l’euro hachés menu

Comme Jean-Jacques Rosa après lui, l’économiste revient sur les nombreux arguments avancés par les partisans de l’unification monétaire européenne et depuis démentis par les faits. Il cite donc le fameux article du 28 octobre 1997 du Monde signé par tout ce que la pensée unique compte de partisans, de Pascal Lamy à Claude Bébéar. Le premier argument avancé était la protection contre les crises, prévision que les hoquets des bourses européennes depuis 18 mois infirment fortement.

Ensuite, l’euro devait apporter des prix stables : ceux des grandes marques de grande consommation ont fait l’exact inverse. Il devait ensuite assurer « une gestion saine des finances publiques ». C’est sans doute pour cela que nous sommes aujourd’hui en plein une crise des dettes souveraines… Enfin, l’euro devait nous apporter croissance et emploi. Manque de chance, la zone euro est, avec le Japon, la zone où la croissance est la plus faible depuis dix ans dans le monde entier.

Ensuite, l’euro devait nous donner « une position centrale dans le concert international ». En lieu et place, comme le dit Emmanuel Todd, « avec l’euro fou, l’Europe réussit le tour de force d’utiliser sa propre puissance économique pour se torturer ». Enfin, l’euro devait nous apporter une « cohésion interne » dont on discerne mal les contours en voyant certains Allemands demander aux Grecs de vendre leurs îles et certains grecs évoquer rien moins qu’un « 4ème Reich » !

Pourquoi l’euro ne marche pas

Alain Cotta développe des arguments repris par Patrick Artus et Jacques Sapir, à savoir que l’euro pousse à « contenir les salaires, accroître les impôts indirects pesant sur le consommateur et non sur les entreprises ». Il souligne que l’Allemagne s’y est adapté, accumulant 200 milliards d’excédent extérieur, correspondant à peu près aux déficits des autres pays. Pour lui, « la rente et les rentiers sont les grands bénéficiaires de l’euro », monnaie de la « gérontocratie européenne ».

Pour lui, les politiques qui ont construit l’euro sont « les pompiers zélés d’un incendie qu’ils auront allumé eux-mêmes ». Il note que la monnaie unique bénéficie de nombreux soutiens : tous les gouvernements en place, les rentiers, le système financier et les grands pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Chine inclus), ce qui risque de faire durer le supplice de l’euro encore un peu, « la force du statu quo ».

Mais pour lui, les plans d’austérité pourraient bien réveiller les peuples, comme le montre le mouvement des Indignados. Il ne croît pas à un mouvement fédéraliste qui « condamnerait les représentants du peuple à devenir (…) des décideurs de la localisation des pissotières ». Il souligne également que l’Allemagne ne sauvera pas l’euro « à n’importe quel prix » et trouve les réticences du peuple allemand « justifiées ». Il n’attaque pas des marchés qui ne font que refléter la réalité.

Vers une nouvelle Europe monétaire

Il souligne que ce sont les porteurs d’obligations de la Grèce qui ont profité du plan de soutien qui a permis de leur rembourser 100 milliards d’euros. Il préconise la transformation de l’euro en une monnaie commune accompagnée de monnaies nationales aux parités ajustables. Il souligne qu’Athènes ne retrouvera pas la croissance sans pouvoir dévaluer et souligne qu’il y a « des dévaluations réussies, d’autres qui échouent, certaines suivies d’inflations, et d’autres non ».

Il pense que l’Allemagne peut changer de modèle et pourrait bien « condamner la zone euro, dont elle détient les clés financières de la cohésion ». Comme Jacques Sapir, il évoque l’utilisation de l’article 16 et prévoit plus de croissance en cas de sortie de l’euro, préconisant aussi l’utilisation de la monétisation. Il croit fortement à l’avenir de notre pays, qui peut s’appuyer sur quatre atouts majeurs : le tourisme, notre système de santé, notre langue ainsi que notre épargne.

Avec ce petit livre mêlant économie et politique, Alain Cotta signe un essai facile à lire, aussi élégant que percutant qui synthétise remarquablement les enjeux autour de la monnaie unique européenne.

Source : Alain Cotta, « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », Plon, collection Tribune Libre

Commentaires

Bon billet.

Au niveau national, il y a du ménage à faire :
http://www.francesoir.fr/actualite/politique/scandale-ils-n-ont-jamais-ete-prefets-mais-ils-en-touchent-retraite-98391.html

Écrit par : olaf | 31/07/2011

Bonjour,

Alain Cotta pense que l'Allemagne pourrait bien condamner la zone euro dont elle détient les clefs financières de la cohésion.

Il a raison. L'Allemagne dans la recherche de ses intérêts nationaux impose aux autres états un carcan que les autres états de l'Union ne vont pas supporter bien longtemps.
Par la voix de son ministre des finances, Schäuble elle se positionne en Etat-arbitre, voulant imposer aux autres états, sous couvert de veiller au maintien du pacte de stabilité, renforçant sa suprématie.

L'Allemagne vient de commettre une faute majeure en appelant les autres états à transférer davantage de compétences nationales aux institutions européennes. Encore en porte-à-faux avec sa spécificité, le renforcement de sa souveraineté.

De deux choses l'une :

soit l'Allemagne entend faire l'Europe à elle toute seule en imposant un modèle ???

soit l'Allemagne indispose les autres Etats en exigeant des vertus qu'elle ne s'impose pas, à elle même, plombe la cohésion en recommandant la cohésion,

et, indirectement donne un coup d'accélérateur, par la désunion, à l'éclatement de la zone euro.

Tutelle fédéraliste, tutelle de l'Allemagne.

Qui des deux s'imposera à l'autre, étendra son emprise?

Écrit par : GAIA | 31/07/2011

D'accord avec l'article sauf au sujet des indignés espagnols qui, lors de leur dernière grande marche, n'étaient que ... 500 environ. Il ne s'agit pas d'un vaste mouvement social, mais de la révolte d'une clique de branleurs voulant vivre aux crochets de la collectivité. S'ils voulaient vraiment faire bouger les choses, ils se battraient pour moins d'Etat, moins d'impôts et de charges et pour la liberté d'entreprendre qui est la seule clé de la prospérité.

Écrit par : Théo31 | 31/07/2011

@ Olaf

Merci pour le lien. Encore un exemple des abus de l'ère mitterrandienne.

@ Gaia

Je suis globalement d'accord. Mais il y a une contradiction allemande. L'absence de transferts financiers massifs imposer une austérité sauvage dont les marchés perçoivent bien qu'elle n'est pas une solution, du coup, tensions sur les taux et plans européens, qui imposent à l'Allemagne de mettre la main à la poche...

Tôt ou tard, soit l'Allemagne refusera de signer un nouveau plan, soit un pays finira par refuser l'austérité....

@ Théo31

C'est un peu simple et caricatural. Certes, ce mouvement a des limites, mais quand il y a 40% de taux de chômage chez les jeunes, on peut comprendre qu'il y ait un malaise et qu'ils protestent.

On peut vouloir faire bouger les choses sans se battre pour moins d'Etat et le moins d'impôts semble franchement illusoire aujourd'hui avec les déficits qu'il y a...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 31/07/2011

@ Laurent,
Mais qu'ont donc fait vos amis Chirac et Sarkozy depuis 1995 pour mettre fin à cet intolérable abus de l'ère mitterrandienne!

Écrit par : cording | 31/07/2011

@ Théo31
Ben non ! La clique de gros branleurs, ce sont d'abord ceux qui ont proposé la mise en oeuvre de l'€uro en 1992 (Cf traité de Maastricht) et ceux qui ont signé le traité de Lisbonne en 2007 ce qui représente un grand nombre d'hommes politiques de gauche et de droite en France.

La liberté d'entreprendre qui est la seule clé de la prospérité ? vous plaisantez j'espère ! La liberté d'entreprendre c'est d'abord une grosse machine à polluer la planête vous voulez dire et encore je ne parle pas de l'égalité sociale. Avec 40% de chômage les jeunes ne sont pas fainéants mais nos travailleurs européens dont les espagnols sont mis en concurrence légalement avec les Indiens, Chinois, Roumains, Turcs, etc ... que voulez vous entreprendre dans ces conditions de dumping social ?

Non seulement, les mouvements d'indignados vont se poursuivre mais ils vont s'étendre y compris en France lorsque la crise s'amplifiera. Je prends date.

Écrit par : Santufayan | 31/07/2011

@Santufayan

Médias à la botte, socialistes convertis au libéralisme le plus furieux, abandon des idéaux républicains, abandons de la nation, abandon du peuple, école en déshérence. Le socialisme mondain, qui n'est plus que cela, aura été une catastrophe pour notre pays. Dire que l'on trouve encore du monde pour voter Aubry, Hollande, Royal, DSK, et toute la clique qui va avec... des veaux ?

Nous sommes toujours long au démarrage, mais une fois partis, nous lançons les vraies révolutions, citoyennes.

Écrit par : Térence | 31/07/2011

Je ne vois toujours pas qui va reconstruire.

Écrit par : jardidi | 31/07/2011

@Térence
Il y aura du monde pour voter contre Sarkozy. Si Hollande ou Aubry est élu en 2012, ce qui me parait probable, ce sera un vote "contre" et non un vote d'adhésion car personne ne croit le PS capable de rétablir une situation qui désormais se négocie en dehors de nos propres frontières.
Le peuple espagnol s'apprête de la même manière à virer Zapatero, mais sans aucune envie pourtant d'élire son opposant du PP.
Bref, nous voici arrivés au bout de la logique gauche > droite puis droite > gauche et à nouveau gauche > droite. Les électeurs aimeraient bien avoir une alternative à l'UMPS mais qui ? Certainement pas le FN qui ne fera jamais mieux qu'arriver au 2ème tour comme en 2002.

Comme jardidi je ne vois pas non plus qui est capable de prendre les commandes du navire pour éviter l'écueil ?

Écrit par : Santufayan | 01/08/2011

"les espagnols sont mis en concurrence légalement avec les Indiens, Chinois, Roumains, Turcs, etc ...
"
Lesquels sont aussi en concurrence avec d'autres pays, y compris ceux où les revenus sont plus élevés. Si Je suis en concurrence avec mon voisin, lui aussi est en concurrence avec moi.

Écrit par : Théo31 | 01/08/2011

@ Santufayan,

Alors il faudra vous résoudre à reconduire le courant mondialiste. A part Marine, je ne vois pas qui peut véritablement ré-orienter nos politiques, et nous sortir de cette ornière européenne qui tue notre démocratie.

Pour ma part, je ne vois pas ce que l'on peut reprocher à cette candidate. Les éternelles postures morales à son propos sont du plus parfait ridicule.

Celles-ci sont ridicules parce que rien chez cette candidate ne choque la morale, et qu'aucune des mesures qu'elle propose ne viole ne serait-ce que l'esprit de la règle républicaine ; enfin, parce que la mention de la morale est un procédé bien utile aux fins de disqualifier péremptoirement et par principe un opposant politique.

Marine Le Pen choque t-elle la morale universelle, ou bien la morale personnelle et orientée de militants prêts à se saisir du moindre éléments dans le but de la disqualifier en toute mauvaise foi ?

Après la gauche morale, aurons nous droit à la droite morale ? Oui, les procédés seront les mêmes, et cela est toujours aussi peu sérieux sur le plan politique : moraline partout.

Le débat publique se fonde désormais sur les considérations morales tout à fait personnelles, et parfois bien obscures, de certains militants ? Mais que devient la politique...

Les curés sont partout ; mais d'où leur vient leur légitimité morale ? Qui les a institués grands juges moraux de l'espace public et politique ? Qui les a faits grands Rois de la Sainte Morale dans l'espace public ? Et de quelle morale parle t-on ?

MLP propose un programme pleinement républicain au peuple ; tout le reste relève d'une incapacité à penser par soi-même, admirablement renforcée d'ailleurs par une inaptitude à se défaire de la gangue de ce processus de décérébration auquel est soumis l'électeur depuis trente ans.

- Non, ne réfléchissez surtout pas. Soumettez-vous aux injonctions officielles de détestation obligatoires. Rappelez-vous Orwell, 1984, et l'ennemi de l'Angsoc.

Qu'à t-on à reprocher à cette candidate ? Rien ! On lui fait ces habituels procès par personnes interposées. Bienvenue dans le monde charmant de la responsabilité pénale, intellectuelle, politique, pour et par autrui.

Cela concerne un autre individu et non celle-ci ? Aucune importance, nous lui attribuerons volontiers tout ce qu'il sera possible de lui attribuer, ce au nom de notre conception si particulière de la morale, de la morale politique enfin, et même d'une certaine morale du débat public.

On rêve ma parole...

Écrit par : Térence | 01/08/2011

@Térense:"socialistes convertis au libéralisme le plus furieux"

Si on en vois un c'est goudron et plumes direct... mais bon rien en vue, vous pouvez être rassuré.

@"abandon des idéaux républicains,"

ayant été dans ma prime enfance, pouponné à droite catho, je dois dire que j'ignore ce que ces idéos peuvent bien être.

Je dois dire que j’entends parler à toutes les sauces des "valeurs de la république", au point d'avoir l'impression qu'il s'agit d'une Eglise (avec la forme, mais surtout pas de fond).

Personnellement, les valeurs, ce sont les français qui les ont. Si la république se contentait de fonctionner correctement, d'être juste dans ses arbitrage, économe, et de laisser à la société civile le registre des valeurs, j'en serais fort aise.

Je partage avec vous de dégout pour la moraline au quotidien.

Écrit par : Alf | 01/08/2011

Ce qui s’est passé depuis le jeudi 21 juillet est très clair : les investisseurs internationaux n’ont pas du tout été rassurés par le sommet européen.

En zone euro, les dominos vont continuer à tomber : l’Italie et l’Espagne sont les prochains dominos.

La chute de l’Italie et de l’Espagne déclenchera l’explosion de la zone euro.

Jeudi 21 juillet 2011 : réunion des chefs d'Etat et de gouvernement européens.
Vendredi 22 juillet 2011 : les taux des obligations de l'Italie et de l'Espagne repartent à la hausse.
Lundi 25 juillet 2011 : les taux des obligations de l'Italie et de l'Espagne sont en hausse.
Mardi 26 juillet 2011 : les taux des obligations de l'Italie et de l'Espagne sont en hausse.
Mercredi 27 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.
Jeudi 28 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.
Vendredi 29 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.
Lundi 1er août 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse.

Italie : taux des obligations à 2 ans : 4,479 %.
Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,004 %. Record historique battu.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

Espagne : taux des obligations à 2 ans : 4,403 %.
Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,200 %.

Écrit par : BA | 01/08/2011

@ Cording

Vos amis ???

@ Santufayan

Je suis d'accord.

@ Jardidi

Pour moi, la réponse est claire : NDA

@ Terence

C'est un peu fatiguant votre défense de MLP, reprendre le débat en permanence. MLP n'est pas une option. C'est une politicienne du même acabit que Nicolas Sarkozy, qui n'est pas capable de donner le change sur les questions qu'elle met elle-même en avant. Et le FN demeure un parti infréquentable.

J'y reviendrai demain.

@ BA

Merci pour les infos.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 01/08/2011

@LP,

""MLP n'est pas une option""

Si vous voulez. Mais ce qui nous reste à mesurer désormais, c'est le poids de cet avis dans l'espace public et politique.

Tenez, pour ma part, je pense que Casimir aurait jamais dû être orange - mauvaise option -, mais bleu, dès le départ. C'est un avis, parmi d'autres avis sur le sujet.

""C'est une politicienne du même acabit que Nicolas Sarkozy, qui n'est pas capable de donner le change sur les questions qu'elle met elle-même en avant.""

Mais quel est donc cet homme d'Etat qui toise le personnel politique actuel, qui est soutenu par une majorité de français, et que vous semblez garder au secret dans votre manche ? Même De Gaulle n'a pas échappé au côté politicien du "métier".

Pas capable de donner le change ? C'est-à-dire ?

Nous n'avons pas besoin d'experts économiques au plus haut poste politique du pays. Une copie d'agrégé d'économie sur l'euro ne changera rien à l'affaire. Ce qu'il faut c'est la capacité à trancher au nom d'une vision politique globale et cohérente.

Les réponses politiques qu'elle apporte, en se basant d'ailleurs, s'agissant de l'euro, sur les travaux de ces économistes que vous citez vous-même et avec pertinence, semblent être les bonnes.

Nous n'avons pas besoin de leçons de morale, mais d'actes politiques en accord avec la loi de la République. Pour plus de 20 % - et les sondages en ce qui la concerne me semblent être révisés à la baisse - des français, elle semble bien être une option sérieuse. L'avis du peuple, c'est peanuts ?

Je me fous du FN ; je n'ai aucun lien avec ce parti et n'en aurai jamais ; mais MLP est manifestement une option sérieuse.

Écrit par : Térence | 02/08/2011

@Laurent:"Et le FN demeure un parti infréquentable."

Si vous pouviez faire une liste plus complété des partis infréquentables, ce serait un plus certain, histoire de mettre les choses plus en perspectives.

De mon point de vu les partis étant pour l'essentiel nuisible comme l'écrivait la philosophe Simone Weil, la seule fonction utile que je leur trouve est celle de thermomètre.

Vivement l'initiative populaire

Écrit par : Alf | 02/08/2011

@Terence

J'ai 3 questions à propos du FN :
1) Sur le droit du sol (loi du 26 juin 1889) : hériter de la nationalité française du simple fait de sa naissance si l'on est né en France d'un parent lui même né en France. Approuvé ou rejeté par le FN ?
2) Extension de la déchéance de la nationalité réservée aux français qui ont acquis la nationalité française par naturalisation*, suite à certains délits graves (Cf ségrégation entre les français de souche et les autres). Proposition du FN ou non ?
3) La préférence nationale : priviliégier et favoriser les citoyens de nationalité française par rapport aux citoyens étrangers vivant sur le sol français. Proposition du FN ou non ?

Merci à l'avance de répondre à ces 3 questions :-). Je vous expliquerai ensuite ce que je peux reprocher à la candidate Marine Le Pen et qui n'a absolument rien à voir ni avec le dumping social ni avec la mondialisation économique.

(*) Proposition timide de l'UMP à ce sujet mais retoquée par le Sénat en février 2011.

Écrit par : Santufayan | 02/08/2011

@ Terence

C'est un fatiguant de refaire une énième fois ce débat. Je l'ai traité rapidement dans mon papier du jour avec des liens vers des papiers précédents où l'on peut retrouver un fil de commentaires qui se suffira.

Sur les quelques points nouveaux :
- entre MLP et un Homme d'Etat qui toiserait toute la classe politique, il y a de la marge non ?
- je n'ai jamais dit que le vote du peuple ne compte pas mais simplement que le vote MLP est une impasse (même s'il est compréhensible)

@ Alf

Voici la liste (sur les partis nationaux, j'exclus les groupuscules) : le FN.

Et le nouveau dérapage de certains frontistes sur le massacre norvégien est un nouvel élément à charge...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 02/08/2011

@Laurent,

la gôche bobo dérape largement autant que JM Le Pen

Exemple:
http://ripostelaique.com/riposte-laique-deposera-plainte-contre-le-nouvel-observateur-suite-a-leditorial-diffamatoire-de-laurent-joffrin.html

Fdesouche associe posts après posts, immigrés et délinquants/criminels/émeutiers .

Joffrin, associe les idées de 20-30% des électeurs (droite et gauche) au meurtrier d'oslo.

ça a autant de sens que si j'associais le "j'aime pas les riches" de Hollande à Lénine, Staline ou Mao.

Amalgames haineux, exploitation des peurs, rien n'est oublié, on est dans les bas fonds de la politique.

Écrit par : Alf | 02/08/2011

@Santufayan

1, 2 ou 3, ne signent pas un caractère de non conformité au républicanisme français. L'idéologie 68 et ses enfants troublent notablement la qualité du débat public depuis 40 ans. Il faut se déprendre du régime idéologique 68. Cela prend du temps.

Écrit par : Térence | 02/08/2011

@Térence
Je ne vous parle pas du républicanisme mais de l'identité française telle que conçue par le FN. Sur ce point au moins il y a consensus entre MLP et M. Gollnisch... et même JMLP.
Hors justement avec cette idée étriquée de l'identité française le FN ne pourra jamais trouver d'alliance ni dépasser un plafond de 30% lors d'un 2ème tour à la présidentielle.

Écrit par : Santufayan | 03/08/2011

@Santufayan

Je ne vois pas où est cette vision étriquée ? MLP adhère pleinement à la définition de la nation selon Renan, et réfute le romantisme de Fichte. MLP n'établit pas de lien entre appartenance ethnique et appartenance à la nation française ; vous n'avez probablement pas écouté celle-ci sur ces sujets. Ainsi, la préférence nationale est nationale, c'est-à-dire attachée à celui qui a la nationalité française, rien d'autre. En revanche, le réel, notre histoire, est tout de même bien résumé par De Gaulle « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » ; c'est là la réalité de notre histoire. Cela ne change rien à sa conception du lien citoyen selon le régime républicain classique, c'est-à-dire détaché de toute dimension ethnique. La France c'est une homogénéité culturelle, une histoire singulière. Cela étant, je sais ce qu'il en est du crédit que notre triste époque accorde au réel. Tout comme je sais l'état de perversion du discours médiatique et politique de nos jours. Nous vivons vraiment une sinistre époque dont le maître mot est soumission totale à l'idéologie dominante et interdiction de réfléchir. La chose européenne est le parfait exemple de tout cela. Le lavage de cerveau continue.

Écrit par : Terence | 03/08/2011

@Terence
J'ai très bien compris où MLP voulait en venir et j'ai lu suffisamment ses discours et déclarations.

Pour ne prendre que l'exemple de la préférence nationale, je suis en désaccord bien que la proposition FN semble légalement valide (je laisse les contributeurs du blog corriger ce point si nécessaire). De mon point vue, je suis partisan de donner préférence (Cf emploi, prestations sociales) aux personnes qui résident sur le sol français indépendamment de leur nationalité française et bien entendu de leur origine éthnique. Un étranger qui travaille et consomme en France devrait donc être privilégié par rapport à un français qui réside/travaille à l'étranger. Idem pour les entreprises du privé : privilégier fiscalement celles qui emploient des personnes vivant en France et qui sont implantées sur le territoire français. Priorité à la relocalisation de l'économie donc !

Écrit par : Santufayan | 03/08/2011

@Santufayan

"Un étranger qui travaille et consomme en France devrait donc être privilégié par rapport à un français qui réside/travaille à l'étranger".

Vous faites ainsi fi de la notion de nationalité et des droits naturellement attachés à cet état. C'est l'utilitarisme qui triomphe avec vous, et ce contre la nation et son histoire. Une négation du pays en sommes. Une négation de la mémoire. Un droit du sol inversé, qui nous dit, on est pas attaché par l'âme et l'esprit, mais par le corps. Je ne peux donner agrément à une pareille position. Vous oubliez qu'être français c'est faire un choix, c'est faire sienne une culture millénaire et non seulement consommer sur place.

Avec vous, le consommateur tue le citoyen. C'est ainsi le marché qui fait la loi.

Vous illustrer à merveille le totalitarisme de la table rase que peut porter, avec la plus parfaite gentillesse et les plus beaux sourires animés de paix et de concorde, le droitdelhommisme mondain mâtiné de cette utilitarisme néolibérale anglo-saxon qui tue le monde, la Culture, les cultures.

Pour moi, votre réflexion a du sens vis-à-vis des personnes morales ; je crois au patriotisme économique.

Mais, l'attachement d'un individu à son pays, transcende le cadre économique, et il en appelle à la mémoire et à des valeurs non-économique et non-marchandes ; eu égard à ces dernières réflexions que nous menons, résolument teintées de patriotisme économique et de juste intérêt de la France, certaines entreprises privés, qui échappent habillement à toutes sortes de cotisations et impôts, devraient être vertement remises dans le droit chemin par l'Etat.

Un individu résidant à l'étranger n'en est pas moins attaché à sa patrie. Vous voulez stigmatiser les ambassadeurs et les personnels d'ambassade ?

Le combat politique de demain, c'est l'Etat contre les firmes et ce principe de dérégulation sauvage allant à l'assaut de toutes formes de frontières ; voilà le combat du droit contre les passe-droits et l'argent ; des droits de l'individu et de la libre détermination politique contre les abus des personnes morales et des oligarchies qui y sont attachées ; voilà le combat de la liberté contre les prérogatives et privilèges de la Banque et du marché : la bourse ou la vie en somme.

Les politiques de table rase, plongées dans la négation des histoires nationales, mènent toujours au fond du gouffre politique. Vous aurez plus de droit parce que vous n'êtes pas français et que vous résidez, vous, en France : voilà donc où nous arrivons, bien tranquillement, et avec gentillesse bien sûr. La haine de soi, mais jusqu'où ?

Tout ça est assez incroyable. Que reste t-il de la culture citoyenne dans ce pays ? Rien. La génération 68 a consciencieusement effacé les mémoires et récusé tous les héritages. Manifestement nos amis ont été - secondé par la télé et les médias en général, toujours prompts à d'interminables séances d'auto-flagélation et de repentance active - d'une rare efficacité.

Bravo à tous.

Écrit par : Térence | 03/08/2011

@Térence
Je suis un citoyen de nationalité française mais :
1) Je n'en tire aucune fierté ni aucun chauvinisme.
2) Je n'en ai pas honte non plus.
3) Etant donné les enjeux environnementaux, la réduction de l'empreinte écologique d'un individu donc la relocalisation économique me parait prioritaire par rapport la nationalité de ce même individu.
4) Le consommateur tue le citoyen ? Raccourci et affirmation gratuite de votre part puisque ma logique vise exactement le contraire : arrêter la course folle vers la croissance tirée par la consommation de masse.
5) Enfin, j'exprime ici un avis personnel, non celui de Laurent Pinsolle et encore moins celui de DLR.

Je ne vous demande pas d'être d'accord avec mes positions qui sont diamétralement opposées aux votres sur le thème de l'identité nationale. Peut être que cet échange vous permettra de comprendre pourquoi on peut avoir de la sympathie pour DLR et pas pour le FN ?

Écrit par : Santufayan | 04/08/2011

@Santufayan
Ni le FN, ni DLR ne sont des partis "décroissants", mais tous les deux prônent la relocalisation économique (démondialisation) et un meilleur partage des richesses que permet le modèle français lorsqu'il est appliqué.

Écrit par : A-J Holbecq | 04/08/2011

@Santufayan
Ni le FN, ni DLR ne sont des partis "décroissants", mais tous les deux prônent la relocalisation économique (démondialisation) et un meilleur partage des richesses que permet le modèle français lorsqu'il est appliqué.

Écrit par : A-J Holbecq | 04/08/2011

@ A-J Holbecq
D'accord avec vous. C'est justement pourquoi le choix d'un vote entre DLR le souverainiste et EELV l'écologiste n'est pas simple (pour moi) puisque ces 2 partis ont chacun une composante qui me parait essentielle.

NB : Au sujet des "décroissants", les objecteurs de croissance en réalité, s'opposent à la poursuite de la croissance économique du PIB dans les pays riches (G8 en gros) et pour être plus rigoureux cette proposition ne concerne que les individus dont l'empreinte écologique est supérieure à celle disponible dans notre éco-système. Les pauvres y compris français ne sont donc pas concernés. Fin de la parenthèse.

Écrit par : Santufayan | 04/08/2011

Je suis loin d'être spécialiste de l'empreinte écologique... et vous pourrez peut être me répondre à cette question: en France quel est le niveau de dépenses correspondant à une empreinte écologique supérieure à celle disponible dans notre éco-système?

Écrit par : A-J Holbecq | 04/08/2011

@ A-J Holbecq
Quelques chiffres en 2008, il s'agit de moyennes / pays :
Empreinte écologique disponible sur terre : 1,8 hectare
Empreinte écologique moyenne pour un terrien : 2,2 hectares
Empreinte écologique française : 5,2 hectares
Empreinte écologique USA : 9,5 hectares

Quelques outil d'évaluation pour estimation de son Empreinte Ecologique Annuelle :
http://archives.universcience.fr/francais/ala_cite/expositions/developpement-durable/calcul-empreinte-ecologique/
http://www.wwf.fr/s-informer/calculer-votre-empreinte-ecologique
http://myfootprint.org/fr/visitor_information/
http://www.e-graine.org/calculer_son_empreinte.html

Personnellement, j'ai obtenu 4,7 ha sur Universcience (NB : vie en appartement, transports en commun majoritaire). Sur le calculateur du WWF j'ai obtenu 3,2 ha. Et sur Myfootprint j'ai obtenu 3,1 ha (résultat en nb planètes : multiplier le chiffre obtenu par 1,8 ha).
Mon empreinte carbone est largement inférieure à la moyenne française car je ne fait que 2.000 km par an en voiture et tout le reste en transports en commun y compris les voyages) ce qui explique probablement mon EEA entre 3,2 et 4,7 ha inférieure à la moyenne nationale (5,2 ha).

Mon niveau de dépense annuel sans prendre en compte le loyer est d'environ 25.000 €.

Quelques liens pout tout complément d'info :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_%C3%A9cologique

Écrit par : Santufayan | 04/08/2011

Merci Santufayan

Donc, si je ne me trompe pas (et à la louche), et puisque le PIB/hab est de l'ordre de 30000 €, toutes dépenses annuelles/habitant de plus de 13000 € dépasserait la consommation admissible correspondante à une empreinte écologique disponible dans notre éco-système
Me trompe-je ?

Écrit par : A-J Holbecq | 04/08/2011

@ A-J Holbecq
Vous vous trompez. Il existe bien une corrélation intuitive entre la dépense annuelle en € d'un individu et son empreinte écologique mais ces 2 données ne sont pas proportionnelles, c'est bcp plus compliqué.

Autrement dit, vous pouvez calculer ces 2 informations mais il n'existe pas de lien direct - encore moins proportionnel - car le calcul de l'empreinte écologique annuelle ne fait pas intervenir le budget dépensé annuellement (les formules de calcul demandent une expertise spécifique du sujet d'où les outils disponibles sur le web).

Par contre une corrélation : un smicard qui dépense 10.000 € annuellement hors frais de logement (loyer) ne peut intuitivement pas avoir une empreinte carbone très élevée car il ne fera pas 20.000 km par an en 4x4 Porsche Cayenne qui consomme 19L/100 km et ne prendra pas non plus l'avion une fois par semaine car on suppose que ni son métier ni ses capacités financières ne lui offrent cette possibilité. Hors l'empreinte carbone entre dans le calcul de l'empreinte écologique.

Inversement, un homme d'affaire qui prends l'avion plusieurs fois par semaine y compris en longs courriers aura une empreinte très élevée probablement au dessus de 100 ha même s'il fait le tri sélectif de ses poubelles :-).

Écrit par : Santufayan | 05/08/2011

@ A-J Holbecq
Pour éviter tout malentendu bien que ce soit évident : les chiffres que j'ai communiqué sur 2008 (disponibles / wikipédia) sont des empreintes écologiques annuelles moyennes du pays mentionné par individu.
L'empreinte écologique n'a de sens que par individu ! Au niveau d'un pays c'est donc une moyenne.

Écrit par : Santufayan | 05/08/2011

Santufayan
C'est bien vous qui aviez écrit
//NB : Au sujet des "décroissants", les objecteurs de croissance en réalité, s'opposent à la poursuite de la croissance économique du PIB dans les pays riches (G8 en gros) et pour être plus rigoureux cette proposition ne concerne que les individus dont l'empreinte écologique est supérieure à celle disponible dans notre éco-système. Les pauvres y compris français ne sont donc pas concernés. //

J'essayais seulement de faire une *vague* corrélation (sans vouloir du tout qu'elle soit "scientifique") et nous sommes donc bien d'accord que " un smicard qui dépense 10.000 € annuellement hors frais de logement (loyer) ne peut intuitivement pas avoir une empreinte carbone très élevée " ... donc de la moyenne admissible de 1,8 ha? ... ou bien peut t'on considérer qu'il faut être encore plus pauvre pour ne pas percuter ce plafond ?

Écrit par : A-J Holbecq | 05/08/2011

@ A-J Holbecq
Peut t'on considérer qu'il faut être encore plus pauvre pour ne pas percuter ce plafond de 1,8 ha (Cf 10.000 € annuels) ?

Réponse : Avec une dépense de 30.000 € annuels hors frais de logement on peut très bien arriver à une empreinte de 1,8 ha. Il suffit de ne jamais prendre l'avion, ne pas utiliser sa voiture ou très peu cad moins de 1.000 km annuels, d'équiper son logement de manière à économiser l'énergie, l'eau, etc (isolation, ...). Acheter des produits bio qui sont plus chers généralement.

Faire une simulation sur le calculateur.

Etre pauvre cad avoir des revenus inférieur au smic n'est donc pas un passage obligé.

Écrit par : Santufayan | 05/08/2011

Il y a certainement beaucoup d' informations en ce qui concerne thème. J'aime tous les points dont vous avez parlé.

Écrit par : Grover | 03/07/2013

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