09.08.2011
La crise boursière, symptôme d’un système fou
Hier, le CAC 40 a baissé pour la 11ème séance consécutive, du jamais vu. L’indice parisien a donc perdu plus de 18% en quinze jours, à la limite technique de la définition d’un krach. Un nouvel exemple de la folie d’un système où les gouvernements sont à la remorque de la corbeille.
La corbeille reine
Par-delà leur exubérance irrationnelle (qui accentue les hauts et les bas), les marchés expriment néanmoins une crainte légitime sur le modèle de croissance des pays dits développés. Ils constatent simplement qu’austérité et croissance ne vont pas de pair et s’inquiètent donc à la fois du climat économique à venir et du remboursement des dettes souveraines. A ceci s’ajoute le fait que les dirigeants ne semblent pas savoir que faire, réagissant uniquement aux problèmes du moment a minima.
Bref, l’économie mondiale vogue, comme un radeau sans voile, sur les flots agités de l’économie néolibérale, à deux doigts de se disloquer en plein mois d’août. Tel Ulysse, les dirigeants de la planète écoutent les sirènes du marché. Il y a deux ans, elles leur demandaient de sauver les banques et relancer l’économie. Aujourd’hui, elles demandent la reprise les dettes souveraines dont les banques ne veulent plus et des politiques d’austérité sauvage pour rembourser les dettes….
La folie de l’austérité
Mais cette austérité est proprement suicidaire. Le poids d’une dette s’apprécie en fonction de la richesse nationale. Si la richesse nationale baisse, le poids de la dette augmente. Or l’austérité casse la croissance, comme on le voit bien en Grèce, donc l’austérité n’améliore que très marginalement la situation financière des Etats puisque la réduction des dépenses est en bonne partie compensée par la baisse des recettes fiscales induites et l’augmentation du poids relatif de la dette…
Pourtant, ils n’ont que cela à la bouche. Elie Cohen hier soir parlait de l’instauration d’une camisole budgétaire dans tous les pays européens. Plus royaliste que le roi, Jean-Louis Borloo n’a pas hésité à réclamer une réduction du déficit à 3% dès 2012 au lieu de 2013. L’austérité britannique passerait pour une aimable plaisanterie à côté de ce que cela imposerait chez nous…
L’hystérie actuelle sur la dépense publique et les déficits est assez incroyable car ce sont les mêmes experts qui demandaient hier de coûteux plans de relance aux gouvernements pour sauver l’économie de la crise provoquée par les excès de la dérèglementation néolibérale. Et aujourd’hui, on voudrait accélérer ce même recul de l’Etat qui a provoqué la crise de 2008 à travers cette austérité !
Ce qu’il faudrait faire
Naturellement, les gouvernants cherchent à faire croire qu’il n’y a pas d’autres solutions possibles, que l’austérité serait la seule voie raisonnable. Par la même, ils demandent aux plus pauvres de se serrer une ceinture sans cesse rétrécie au bouillon de la mondialisation pour payer pour les créanciers des Etats, les principaux bénéficiaires de la croissance des dernières années. Car naturellement, il ne serait pas possible de faire autrement, du fait de cette globalisation.
C’est bien pourquoi un retour aux frontières, pour les mouvements de biens, de capitaux et de personnes, est le moyen de retrouver leur capacité d’action et ainsi de reconstruire un système économique plus juste. Ainsi, nous pourrons mettre aux arrêts le dragon de la finance (taxe Tobin, réforme bancaire séparant a minima banques d’affaires et de dépôt, renationalisation de la création monétaire, et interdiction des pratiques spéculatives dangereuses et des parasites fiscaux).
Les Etats européens doivent relancer leur croissance et mettre prioritairement fin au chômage de masse, qui créé drames humains et gâchis monstrueux. Par la mise en place d’un véritable protectionnisme conjugué à une politique industrielle ambitieuse et une fiscalité plus favorable à l’emploi, nous pouvons vaincre le cancer de nos sociétés dites modernes. Enfin, le retour à des monnaies nationales permettra à chacun d’avoir une politique monétaire adaptée à sa réalité nationale.
Malheureusement, toutes ces solutions sont contraires à la doxa des marchés et des dirigeants en place. Mais l’absurdité de ce que nous vivons depuis trois ans pourrait bien permettre une prise de conscience de l’opinion qui permettra l’émergence de nouveaux Roosevelt ou un nouveau 1958.
Lire ici la contribution de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : crise boursière, cac40, austérité, grèce, jean-louis borloo, julien landfried




Commentaires
Le système est fou parce qu'en décidant administrativement des taux, les banques centrales détruisent l'information sur le marché monétaire.
Il est fou exactement comme tout contrôle politique des prix est fou.
Mais bon il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Écrit par : Alf | 09.08.2011
@ Alf
Mais bien sûr, la simple fixation des taux courts par les banques centrales (sachant que les taux longs se forment par la loi du marché, à part quand les BC monétisent) explique la crise de 2008. C'est franchement simpliste :
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009/02/10/la-crise-de-l-anarchie-neoliberale.html
Écrit par : Laurent Pinsolle | 09.08.2011
Le système est fou parce qu'il ne voit pas que les dépenses collectives font aussi les pouvoirs d'achats de beaucoup de citoyens. Pour comprendre cela il suffit de lire "déficit de la Sécurité Sociale = revenu supplémentaire des différentes professions de sante"
Le vrai déficit, c'est celui de la balance des transactions courantes http://postjorion.wordpress.com/2011/05/08/171-balances-des-transactions-en-2010/ , car une monnaie qui circule au sein d'une Nation crée de l'activité: dépenses pour les uns, recettes pour les autres, alors que si elle fuit, c'est le symptôme d'une économie déséquilibrée.
L'UE nous interdisant de prendre les dispositions nécessaire, il faut donc la quitter ou lui désobéir... et cela commence évidemment par le retour au franc!
Écrit par : A-J Holbecq | 09.08.2011
Bonjour Monsieur Pinsolle,
Concernant une des solutions que vous préconisez, je suis certes convaincu que les frontières n'auraient jamais dû être ouvertes, mais le fait est qu'elles l'ont été.
Nous n'avons pas su protéger notre industrie, et aujourd'hui certains pays, je pense bien entendu à la Chine, possèdent un savoir-faire que nous avons oublié, ils ont de plus grandement progressé, ils ne se contentent plus de copier bêtement.
Enfin bref, dans certains domaines nous sommes complètement dépassés. Certains produits ne sont plus fabriqués qu'en Chine et nous sont indispensables.
Bien entendu, nous pourrions prendre des mesures pour nous protéger de la concurrence déloyale asiatique, mais le problème n'est-il pas justement lorsqu'il n'y a pas de concurrence ?
A la première mesure que nous prendrions, la riposte ne tarderait pas... Je suis juriste, pas économiste, et je me pose cette question toute simple : a-t-on vraiment les moyens de lutter ?
Écrit par : Anthony | 09.08.2011
Dépêche Reuters :
Les rendements des emprunts italiens et espagnols sont en repli mardi en matinée, les investisseurs s'attendant à de nouveaux rachats de la part de la Banque centrale européenne (BCE), tandis que la France et la Belgique pourraient à leur tour être sous pression.
"Nous n'avons pas encore vu de rachats de la BCE, mais on s'attend à ce qu'elle s'implique à nouveau, et dans des volumes importants", explique un trader.
La BCE a élargi lundi son programme de rachat à l'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro, intervenant de façon importante sur les marchés obligataires.
Mardi, le rendement du papier italien à 10 ans reculait de 19,7 points de base (pdb) en matinée, à 5,134%, tandis que son homologue espagnol se détendait de 16,3 pdb à 5,05%.
Le marché obligataire pourrait tester la détermination de la zone euro à affronter la crise de la dette en mettant sous pression d'autres pays en délicatesse avec leurs finances.
"En fin de compte, l'Italie et l'Espagne sont sorties du jeu, donc nous allons regarder ensuite du côté de la Belgique et de la France - des pays qui sont sans protection", prévient un autre trader.
Le rendement des obligations françaises à 10 ans grimpait de 7,5 pdb sur la séance à 3,22 %, soit la plus mauvaise performance parmi les pays de la zone euro.
(Dépêche Reuters)
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110809.REU8375/recul-des-rendements-italiens-et-espagnols-la-bce-guettee.html
Alerte !
La France et la Belgique sont attaquées !
Alerte !
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=CFRTR1U5:IND
Écrit par : BA | 09.08.2011
@ A-J H
Très juste également.
@ Anthony
Bien sûr qu'il est possible de revenir en arrière sur la mondialisation. De nombreux pays prennent des mesures protectionnistes, notamment les pays asiatiques. C'est même la base de leur développement économique :
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/07/06/le-modele-de-developpement-asiatique-est-protectionniste.html
L'Argentine, depuis son défaut, doit équilibrer sa balance des paiements et pratique donc une politique d'indépendance nationale très intéressante. Lire cet excellent papier de Yann, du blog le bon dosage :
http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-fin-de-la-mondialisation-commence-par-l-argentine-69039223.html
Le Brésil, victime de la cherté de sa monnaie, prend de plus en plus de mesures pour protéger ses entreprises de la concurrence internationale.
Après, il ne s'agit pas de tomber dans l'autarcie. Nous pouvons commercer librement avec les pays au niveau de développement comparable au nôtre. Mais, il faut des écluses avec les autres pays.
Pas de problème de négociation pour nous étant donné l'ampleur de notre déficit commercial. Nos pays fournisseurs ont beaucoup plus à perdre que nous en cas de guerre commerciale. Nos rétorsions seraient bien plus fortes que les leurs...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 09.08.2011
Je suis un poil hors sujet, mais c'est une habitude.
Je vous invite à écouter la dernière causerie de Jean-Marc Jancovici sur l'ouverture à la concurrence du secteur de l'énergie et de son influence sur les prix.
>> 6 juillet 2011 : http://manicore.com/documentation/articles/France_info_chroniques.html
Si d'un côté, les mesures économiques européenne étranglent la compétitivité des entreprises et que de l'autre, ces même entreprises ont des coûts de l'énergie qui explosent, je pense qu'il va y avoir un problème. D'autant que le pétrole augmente lui-aussi.
Je suis d'accord avec Holbecq sur le fait qu'il va falloir commencer à proposer des solutions. En matière d'énergie, DLR devrait mettre en place un projet d'indépendance énergétique ou de grande autonomie assez ambitieux. Énergies renouvelables, non pas parce que c'est écologique mais parce que c'est chez nous, mais surtout insistance et investissements lourds dans les économies d'énergies (transports, bâtiments, etc.). Ce sont, en outre, des investissements locaux et qui ne fuitent en biens produits à l'étranger que de façon secondaire.
Évidemment, ces investissements posent des questions monétaires ; il faut avoir les moyens et la possibilités d'investir donc avoir la main sur la monnaie. Mais peut-être qu'il y a là un thème qui permettrait de mieux faire comprendre pourquoi il est nécessaire de sortir de la loi de 1973. Nous sommes à une période où la nécessité d'investir devient vitale et où les peuples ne peuvent plus servir de vache à lait des marchés.
Écrit par : ovide | 09.08.2011
@Ovide
Il y a dans votre commentaire une partie des propositions faites par la FNH : "financer l'avenir sans creuser la dette" que vous trouvez in extenso sur la page http://financerlavenir.fnh.org/propositions/financer-lavenir-proposition-et-debat-sur-linnovation-financiere/
Écrit par : A-J Holbecq | 09.08.2011
@Laurent:""
J'ai déjà répondu à l'affirmation enfantine, selon la quelle les taux longs seraient indépendant des taux cours. Les interventions des BC sur les taux longs sont fréquents et massifs
Ici dernier commentaire:
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2011/06/24/et-si-le-supplice-de-l-euro-durait-encore.html
OUI la manipulation des taux est une cause MAJEURE de la crise, au même titre que la responsabilité limité, la réglementation immobilière et les lois qui cautionne avec l'argent public le prêt à des personnes insolvables.
Il n'y a que la croyance au foutaises relancistes keynésiennes pour empêcher de le voir. Allez hop un petit paquet de 2000 milliards pour faire plaisir à Attali mon bon monsieur, histoire de nous enterrer sur plus de dettes encore.
Si vous avez contracté un prêt immobilier, contentez vous de le payer au lieu de vouloir voler les autres par l'inflation.
Écrit par : Alf | 09.08.2011
@Alf
les banques obtiennent de la monnaie à 1,25% ... elles la "revendent" 5 fois à 4% ... quel est leur bénéfice sans beaucoup de travail?
Votre argumentation serait juste (le "vol") si la monnaie prêtée provenait d'une épargne préalable; mais ce n'est pas le cas.
Écrit par : A-J Holbecq | 09.08.2011
@A-J Holbecq
oui indéniablement, mais ça n’empêche pas la complicité objective de ceux qui auraient un intérêt personnel à l'inflation et qui prôneraient une telle politique en connaissance de cause.
outre les banques et l'état, ça concerne plutôt en général les jeunes générations avec un gros crédit sur le dos (donc, pas tout le monde). Les entreprises structurellement endetté comme EDF qui à vendu ses oblig à 5% il y a 2 ans à une masse de pigeons.
Écrit par : Alf | 09.08.2011
Les fascistes sont de retour http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000020861826&cidTexte=LEGITEXT000006072026
Article L112-6
Modifié par LOI n°2011-900 du 29 juillet 2011 - art. 51 (V)
I.-Ne peut être effectué en espèces le paiement d'une dette supérieure à un montant fixé par décret, tenant compte du lieu du domicile fiscal du débiteur et de la finalité professionnelle ou non de l'opération.
[...]
Écrit par : Alf | 09.08.2011
Toute transaction relative à l'achat au détail de métaux ferreux et non ferreux est effectuée par chèque barré, virement bancaire ou postal ou par carte de paiement , sans que le montant total de cette transaction puisse excéder un plafond fixé par décret. Le non-respect de cette obligation est puni par une contravention de cinquième classe.
[...]
Écrit par : Alf | 09.08.2011
Avez-vous vu qu'Étienne Pinte réclame un referendum pour l'adoption de la "règle d'or" dans la constitution? Voila une initiative bien farfelue et qui a malheureusement peu de chance d'aboutir. Dommage, car le résultat ne fait guère de doute et il serait contraire très certainement à ce qu'attend Pinte. Le débat le précédant serait d'ailleurs on ne peut plus pertinent au point où nous en sommes puisqu'il permettrait de mettre au centre les questions macro-économiques si constamment éludées jusque-là, si cruciales et si difficiles d'accès pour le plus grand nombre. Si l'initiative avait la moindre chance d'aboutir, il faudrait la soutenir à toute force, mais, soyons lucide, je ne crois pas qu'il s'agisse d'autre chose que d'une déclaration gratuite...
Écrit par : Emmanuel B | 09.08.2011
Avez-vous vu qu'Étienne Pinte réclame un referendum pour l'adoption de la "règle d'or" dans la constitution? Voila une initiative bien farfelue et qui a malheureusement peu de chance d'aboutir. Dommage, car le résultat ne fait guère de doute et il serait contraire très certainement à ce qu'attend Pinte. Le débat le précédant serait d'ailleurs on ne peut plus pertinent au point où nous en sommes puisqu'il permettrait de mettre au centre les questions macro-économiques si constamment éludées jusque-là, si cruciales et si difficiles d'accès pour le plus grand nombre. Si l'initiative avait la moindre chance d'aboutir, il faudrait la soutenir à toute force, mais, soyons lucide, je ne crois pas qu'il s'agisse d'autre chose que d'une déclaration gratuite...
Écrit par : Emmanuel B | 09.08.2011
Le système vient de connaître une grave crise mais n'est pas encore mort. L'euro n'a pas flanché c'est donc encore un répit! Il faut encore s'armer de patience!
Écrit par : cording | 09.08.2011
@Emmanuel
j'approuve à 1000%
Notre flambeur de président osera t'il ?
Écrit par : Alf | 09.08.2011
@ Cording
Complètement d'accord. La très forte baisse des taux longs italiens et espagnols repousse la perspective d'une crise de l'euro.
@ Emmanuel B
Arrêtons d'appeler la camisole budgétaire de ce nom que lui ont trouvé ses soutiens ! Cette proposition n'a aucune chance de passer car Sarkozy n'est pas très courageux. En même temps, cela serait l'occasion d'une retentissante défaite pour Trichet et consorts...
@ Alf
Je vous signale que j'ai précisé que les taux longs étaient bien sûrs influencés par les interventions des banques centrales (cf cette semaine les taux longs italiens et espagnols).
Ce qui est enfantin, c'est de vouloir réduire la crise de 2007-2008 aux interventions de l'Etat en étant incapable de voir que le saint marché n'est pas parfait et que la libéralisation provoque des comportements dangereux...
Écrit par : Laurent Pinsolle | 09.08.2011
Voici déja quelques années que j'ai détecté un autre "symptôme d’un système fou".
Il s'agit tout bonnement de la décorrélation des prix de l'immobilier par rapport aux revenus du travail. Lorsque les prix augmentent de +150 en 12 ans ou que le m2 parisien dépasse en moyenne les 8.000 €, que dire, que faire ?
Intuitivement, on se dit que le taux REFI de la BCE resté entre 2% et 4% pendant 10 ans et l'abaissement de ce taux en dessous de 2% jusqu'à 1% ces dernières années doit être mis en cause ? Si l'argent n'était pas si bon marché, les prêts immobiliers énormes accordés aux particuliers n'existeraient pas.
Par conséquent, une grande part de l'argent qui servait à faire fonctionner l'économie a été immobilisé dans la pierre pendant très longtemps, sauf pour les rares propriétaires qui au contraire voient leur capital doubler et même tripler en quelques années.
La crise boursière géante qui s'annonce cet été sera peut être le bouquet final du feu d'artifice dont les premières pétarades étaient visibles dès l'entrée en vigueur de l'€uro en 1999 (monnaie scripturale).
Écrit par : Santufayan | 09.08.2011
@Santufayan
Comment voulez vous "immobiliser de l'argent dans la pierre"" ?
A tout achat corresponds un bénéficiaire qui va à son tour utiliser cette monnaie, et même si elle "tourne" entre acheteurs et vendeurs sur des achats immobiliers, elle ne "manque "pas nulle part.
Dites vous bien que lorsque les banques ont des demandes de création monétaire "sérieuses" elles créent la monnaie nécessaire. Le problème est qu'il n'y a pas de demande des entreprises car les débouchés sont trop rares (manque de pouvoir d'achat), mais il y a de toute façon un problème de fond: c'est l'augmentation du prix de l'énergie qui bridera la croissance en la faisant rechuter dès que celle ci montrera le bout de son nez..
Écrit par : A-J Holbecq | 09.08.2011
@Laurent
Je ne la réduit pas aux interventions de l'Etat à moins de considérer que la responsabilité soit du fait des hommes l'état, formellement oui mais je ne peut pas leur en attribuer la responsabilité .
Ce qui vous ennui, c'est que je mette en cause les saintes pratiques que vous idolâtrez, comme l'usage des banques centrales et la dette revolving.
Sur le courage de Sarkozy, au moins, on est d'accord...
Écrit par : Alf | 09.08.2011
@A-J Holbecq
Je ne vois pas en quoi le fait d'affecter 600.000 euros avec un crédit sur 25 ans dans un bien immobilier produirait un meilleur pouvoir d'achat du ménage pour consommer ensuite au quotidien des produits alimentaires, électro-ménagers, automobiles, carburant, restaurant, voyages, etc ... ??? bref, tout ce qui fait vivre l'économie d'un pays.
Je me suis peut être mal exprimé mais de mon point de vue investir beaucoup d'argent dans l'immobilier pour un particulier revient quasiment au même qu'acheter des lingots d'or durant la période du prêt (20 à 25 ans). Idem pour les loyers anormalement élevés qui sont pure perte pour le pouvoir d'achat d'une majorité. J'ai d'ailleurs plusieurs exemples concrets à ce sujet dans ma famille.
Écrit par : Santufayan | 10.08.2011
@A-J Holbecq
Je ne vois pas en quoi le fait d'affecter 600.000 euros avec un crédit sur 25 ans dans un bien immobilier produirait un meilleur pouvoir d'achat du ménage pour consommer ensuite au quotidien des produits alimentaires, électro-ménagers, automobiles, carburant, restaurant, voyages, etc ... ??? bref, tout ce qui fait vivre l'économie d'un pays.
Je me suis peut être mal exprimé mais de mon point de vue investir beaucoup d'argent dans l'immobilier pour un particulier revient quasiment au même qu'acheter des lingots d'or durant la période du prêt (20 à 25 ans). Idem pour les loyers anormalement élevés qui sont pure perte pour le pouvoir d'achat d'une majorité. J'ai d'ailleurs plusieurs exemples concrets à ce sujet dans ma famille.
Écrit par : Santufayan | 10.08.2011
@ Santufayan
Complètement d'accord sur la bêtise de cette bulle immobilière, dont je parle régulièrement sur ce blog. Par-delà la politique de taux de la BCE, il y a d'autres responsabilités : l'exubérance irrationnelle des marchés (à la hausse comme à la baisse) mais aussi toutes les aides fiscales qui poussent les agents économiques à mettre leur argent dans l'immobilier, et font donc monter les prix.
La France pourrait également mener une politique contracyclique pour éviter les bulles immobilières. C'est ce que fait la Chine par exemple : quand les prix montent trop, les autorités fixent une part du prix qui doit être versée cash pour freiner la spéculation. Les autorités devraient également veiller à agir contre l'inflation inconsidérée du prix des actifs.
@ Alf
En effet, je crois à la politique monétaire car quand on laisse faire les marchés, on aboutit à un grand n'importe quoi.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 10.08.2011
@Santufayan
Je crois que vous m'avez mal lu ou mal compris.
Tout payement d'un bien immobilier peut, pour l'acheteur, être considéré comme une "immobilisation dans la pierre", mais pour le vendeur c'est au contraire un "dégagement de son immobilisation dans la pierre".
Au total, il n'y a pas d'argent immobilisé; c'est une illusion. Il y a juste un transfert de monnaie d'un consommateur potentiel à un autre consommateur potentiel
Écrit par : A-J Holbecq | 10.08.2011
@Laurent:"En effet, je crois..."
Si c'est de la croyance, il vous reste 20 jours avant la rentrée pour commencer la littérature sur la banque libre, et passer au savoir.
Écrit par : Alf | 10.08.2011
Dans mon avant dernier post il fallait lire
"Je ne la réduit pas aux interventions de l'Etat à moins de considérer que la responsabilité LIMITEE soit du fait des hommes l'Etat, formellement oui mais je ne peut pas leur en attribuer la responsabilité ."
Écrit par : Alf | 10.08.2011
"les flots agités de l’économie néolibérale"
C'est vrai qu'en France, avec 57 % de dépenses publiques et cinq millions et demi de fonctionnaires, l'économie de la France est vachement libérale. Au temps de sa grandeur, il n'y en avait que 600 mille en URSS. Cherchez l'erreur.
L'austérité, c'est la catastrophe. Bah oui, normal. Fallait pas vivre à crédit pendant 40 ans. Fallait pas voter pour tous ces connards, de Giscard à Sarkozy qui ont promis de l'argent gratuit pendant toutes ces années. Je sais ce que sais, je l'a fait pendant des années jusqu'au jour où mon banquier est venu me mettre au pied du mur : 6 mois pour rétablir la situation ou alors de très gros ennuis.
Quand vous avez la grippe, vous en bavez pendant quelques jours le temps que le traitement commence à faire effet. En économie, c'est pareil. Il y a des ajustements qui vont se faire, ils seront douloureux pour un grand nombre de personnes. Mais c'est la vie. Faut arrêter de croire à la pensée magique et qu'en claquant des doigts, tout va s'arranger.
"les dépenses collectives font aussi les pouvoirs d'achats de beaucoup de citoyens."
Dépenses à crédit puisque la Sécu est toujours en déficit que vous remboursez comment, en sachant qu'une bonne partie de ses bénéficiaires n'y cotisent pas ? En achetant une HP pour imprimer des jolis billets tout neufs ?
Écrit par : Théo31 | 10.08.2011
@A-J Holbecq
Il s'agit peut être d'une illusion mais je ne connais que des personnes qui sont du coté des acheteurs et pour lesquels il résulte un pouvoir d'achat minable car au choix 1) l'achat du bien immobilier a englouti toutes les économies d'une vie (ex : retraités) ou bien 2) l'achat du bien immobilier a nécessité un prêt sur 25 ans au maximum de l'endettement soit 33% du revenu ou encore 3) l'achat est reporté à plus tard car celui-ci nécessite un apport énorme c'est à dire un gros effort d'épargne en plus du loyer à payer chaque mois.
Le 3ème cas est fortement répandu en région parisienne !
Je comprends bien votre raisonnement mais je ne connais personne qui a vendu dernièrement un bien immobilier et qui dilapide l'argent de cette vente en restaurants, voyages et autres biens futiles (en supposant que ce vendeur redevient locataire ou possède en plus un 2ème bien dans lequel il est logé). Ceux que je connais ont utilisé leur argent comme apport pour acheter immédiatement une nouvelle résidence principale.
@LP
D'accord sur ces arguments. Le levier des taux immobiliers et de la suppression des aides fiscales me semblent suffisants pour dégonfler cette bulle immobilière. Mais un propriétaire votera t-il pour un candidat qui ferait de telles propositions ?
D'où le silence géné de l'UMP et du PS sur la question je suppose.
Écrit par : Santufayan | 10.08.2011
@Théo31
+ Beaucoup Beaucoup
Mais bon c'est pas 57% de dépenses qui vont les persuader qu'on est dans une économie socialiste.
C'est un réflexe de Pavlov, même à 80% d’impôts pour les gens fortunés on est dans l'ultra-libéralisme sauvage-débridé.
C'est comme ça, c'est pas un truc rationnel, ça s’appel un lavage de cerveau, et c'est fait par l'Ednat dé 6 ans.
Écrit par : Alf | 11.08.2011
@Santufayan
"Je comprends bien votre raisonnement...."
donc ne faites pas "d'arrêt sur image", continuez votre raisonnement; c'est la même monnaie qui tourne entre sa naissance (la création monétaire ) et sa mort (son remboursement à la banque)
Mais il est tout à fait évident qu'un achat immobilier empêche, pour l'acheteur, de procéder à d'autres consommations: je n'ai pas soutenu le contraire, seulement que la monnaie n'était pas "gelée"
Écrit par : A-J Holbecq | 11.08.2011
@ Alf
Merci.
Pour ce qui est des marchés, les accuser d'être irrationnels, c'est comme votre chien et la rage.
La réaction des marchés (donc des épargnants) est rationnelle : ils voient que les solutions proposées ne vont faire que retarder la chute. Les dettes s'envolent, et ce n'est pas en en remettant quelques couches que ça va s'arranger. Les réductions de dépenses proposées aux USA sont un vaste foutage de gueule : faire semblant de se disputer pour 57 milliards quand le trou est de 1500, les politocards prennent vraiment les gens pour des cons alors que la première des décisions aurait été d'arrêter les conneries en Irak et en Afghanistan. Idem en France avec la bande des tocards UMP qui viennent nous raconter que tout va bien. La crise aura eu un mérite : la France n'est pas le seul pays où les politocards sont nullissimes.
La fin de l'été sera très chaude.
Écrit par : Théo31 | 11.08.2011
«Mais cette austérité est proprement suicidaire. Le poids d’une dette s’apprécie en fonction de la richesse nationale. Si la richesse nationale baisse, le poids de la dette augmente. »
Pourquoi est-ce si difficile à faire entendre?
Écrit par : ºC | 12.08.2011
@ Alf
Ce genre de commentaire est typique des idéologues fanatiques et ne me donne vraiment pas envie de creuser davantage cette voie.
@ Théo 31
Déjà, comme aurait pu le rappeler A-J, nous avons payé depuis 1979 plus de 1400 Mds d'intérêts, soit plus que l'augmentation de la dette depuis cette date, ce qui signifie que si nous n'avions pas privatisé la création monétaire en 1973, notre dette serait très limitée.
Mais même si nous raisonnions à système constant, notre dette actuelle se compose :
1- d'une dette conjoncturelle du à la crise de 2007-2008 qui est bien une crise provoquée par les excès de la finance dérégulée, qui fait absolument n'importe quoi
2- d'une dette structurelle, dont on peut attribuer une bonne partie de la responsabilité à une mondialisation qui pèse sur le niveau de l'emploi et des rémunérations
Soit dit en passant, le secteur privé et la finance ont fait bien pire que les Etats ces dernières années au point que la finance se serait auto-détruite si les Etats n'étaient gentiment intervenu.
Accuser les marchés d'être irrationnels, ce serait accuser son chien d'avoir la rage. Et quand ces imbéciles de marchés achètent des actions France Telecom à plus de 210 euros début 2001, avant de faire plonger le cours à 7 euros une année après, on est dans la rationalité ? Vous savez bien qu'il y a des montagnes d'exemples comme cela et vous ne pourrez pas vous raccrocher à la critique systématique, idéologique et fanatique de l'Etat pour expliquer ces travers de vos beaux marchés !
@ °C
Les politiques actuels (UMP, PS, Modem) sont déboussolés. Tout ce en quoi ils croyaient s'effondre. Mais ils peuvent se raccrocher à cette histoire de la dette excessive sans se renier donc ils s'y vautrent.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 12.08.2011
@ LP,
Ces partis sont conseillés par des économistes bien-en-vues... C'est assez décourageant ce discours convenu presque généralisé.
J'ai tenté de rassembler qq idées sur la déconvenue des banques dans mon dernier billet, dont l'intérêt réside probablement dans l'annexe pour qui voudrait explorer des articles connexes.
Dans «Ce qu'il faudrait faire», j'ai le sentiment que vous préconisez un changement d'architecture. Mais quant à résoudre la crise dans le court terme, que pensez vous du «debt-equity-swap», brièvement abordé dans le billet pré-cité?
Écrit par : ºC | 12.08.2011
"mondialisation qui pèse sur le niveau de l'emploi et des rémunérations"
Allez donc voir en Suisse. Elle subit elle aussi la mondialisation de la même manière. Curieusement, les revenus y sont plus élevés et le chômage très faible. La différence avec nous ? Très simple : le poids de l'Etat dans l'économie.
Pour FT, un petit article pour exemple :
http://www.easybourse.com/bourse/services/article/18535/france-telecom-le-titre-baisse-apres-les-annonces-chez-orange.html
Bah oui, c'est le vilain marché qui a décidé de la hausse de la TVA pour emmerder les actionnaires. Si l'entreprise a fait de gros investissements, ses marges seront plus faibles. Résultat normal des choses : le cours en bourse baisse. C'est donc l'Etat qui a faussé le système des prix, mais ce sont les méchants marchés qui sont accusés d'être irrationnels car bien sûr les hommes politiques eux, sont toujours rationnels et prennent toujours de bonnes et sages décisions.
Écrit par : Théo31 | 12.08.2011
"La France pourrait également mener une politique contracyclique pour éviter les bulles immobilières. C'est ce que fait la Chine par exemple : quand les prix montent trop, les autorités fixent une part du prix qui doit être versée cash pour freiner la spéculation. "
ah ah ah essayez en france de financer une maison ou un projet cash...
y'en a qui ont essayé.
Mais le plus drôle dans l'histoire c'est que si vous avez 200 000 euros cash pour financer une maison le vendeur n'en voudra pas, par contre le glandu qui n'a rien du tout,pas un sou, qui doit déja 30000 euros pour sa bagnole,qui dispose juste d'un accord de sa banque pour un crédit de 30 ans qu'il ne pourra peut être pas rembourser, il sera accueilli à bras ouverts. le vendeur s'en fout que ce soit la banque ou l'autre glandu qui lui achète sa maison, du moment qu'il la vend, en plus il ne s'immagine pas débarquer avec une malette et deposer 200000 euros cash sur une table.
c'est dingue quand même, je diverge, mais pour une banque, au vu d'un vendeur immobilier et pour le reste de monde ce glandu qui achète des choses avec de l'argent qui n'est pas a lui vaut mieux que celui qui vit seulement avec ce que son travail lui rapporte.
pourtant c'est ce glandu et des millions d'autres comme lui qui financent la crise, ils s'en foutent, eux il feront de nouveaux prets pour financer leur dettes.
qu'en pensez vous?
Écrit par : bibi | 23.11.2011
Écrire un commentaire