15.08.2011

Cette Europe qui saigne la Grèce pour rien

La nouvelle est tombée discrètement la semaine dernière : le PIB de la Grèce a baissé de 6.9% au second trimestre 2011. Encore une information qui démontre que les plans européens ne résolvent rien et ne font qu’aggraver une situation au lieu de s’améliorer.

Athènes dans une impasse

Il y a trois mois, les statistiques indiquaient pourtant que le PIB de la Grèce avait progressé au premier trimestre. En réalité, les chiffres ont été révisé et sur un an, le PIB de la Grèce reculait de 8.1%. Au second trimestre, la première estimation fait état d’une baisse de 6.9%. Bref, la récession est sauvage et met à mal les prévisions beaucoup trop optimistes de la troïka bureaucratique qui comptait sur une progression du PIB en 2012 dans les plans arrêtés ces derniers mois…

The Economist est revenu sur la situation de la Grèce et dresse un constat extrêmement négatif puisque, chose dont personne ne parle en France, le déficit budgétaire a dérapé de 30% au premier semestre par rapport à l’année passée. Sans les plans d’austérité, le dérapage aurait été de 60% ! En clair, l’effet de la récession économique est deux fois plus important que ceux des plans d’austérité. Du coup, le déficit de la Grèce devrait au mieux rester autour de 10% du PIB en 2011, comme en 2010.

En clair, les politiques suivies sont totalement absurdes, car, comme on pouvait le prévoir, l’austérité est tellement brutale que les économies réalisées sont plus que contrebalancées par la récession sauvage qu’elle provoque. La situation de la Grèce empire avec le temps, le fardeau de sa dette augmentant alors que l’économie se contracte. Il y aura bien un défaut sévère du pays dans les années à venir, quoiqu’en disent les technocrates européens.

Honte sur l’Europe !

Les politiques imposées à la Grèce sont vraiment révoltantes car elles provoquent une immense régression sociale : officiellement, le chômage a atteint 15.9% en avril, les salaires baissent, tout comme les prestations sociales. Et tout cela pour rien. Car même avec le plan décidé le 21 juillet dernier, il est bien évident que la situation d’Athènes est intenable. Dans deux ou trois ans, la dette pourrait bien approcher 200% du PIB et le pays sera alors contraint de faire défaut, comme l’Argentine.

Cette saignée est d’autant plus choquante qu’entre temps, les créanciers privés auront réussi à faire récupérer plus de 200 milliards d’euros de créances sur ce pays aux pays européens et au FMI (et donc, in fine, aux contribuables européens), qui devront alors assumer le futur défaut. S’il est normal de gérer rigoureusement l’argent public, il est totalement absurde d’imposer une telle austérité qui empire la situation au lieu de résoudre les problèmes.

A ce titre, je suis particulièrement fier de défendre Nicolas Dupont-Aignan, l’un des seuls parlementaires qui a eu l’intelligence d’alerter l’opinion publique Française sur l’absurdité de ces plans, dès le printemps 2010. Que la France aide la Grèce, c’est souhaitable. Mais là, nous ne faisons qu’aider les créanciers du pays et participons à une saignée inutile de la population. Combien faudra-t-il de temps à nos dirigeants pour enfin admettre que la politique qu’ils suivent est absurde ?

Il n’y a pas trente-six solutions. Comme on pouvait l’anticiper dès décembre 2009, la Grèce finira tôt ou tard par sortir de l’euro et faire défaut. La population ne pourra pas accepter indéfiniment ces politiques absurdes et le bradage du pays. La question aujourd’hui est seulement de savoir quand.

Commentaires

Si j'ai bien lu, le terme "monstrueux" est celui qui s'applique. Nous sombrons littéralement dans la démence. Tout cela ne fait que conforter le vote pour Marine Le Pen, elle ne doit quasiment plus que se préoccuper d'avoir un bon projet.
L'enjeu, d'ici les présidentielles, devient donc l'élection de Marine Le Pen normalement maintenant assurée ou la fin de l'Euro. Dans ce dernier cas, on pourrait espérer que la classe politique classique se résigne à la réalité mais je la sens capable de vouloir s'arrimer encore à l'Allemagne. Qu'en est-il de l'article 16?

Écrit par : jardidi | 15.08.2011

Dans tous les Etats européens périphériques, c'est pareil : la situation est de pire en pire.

Vendredi 12 août 2011 :

Italie : record de la dette en juin à plus de 1900 milliards d'euros.

La dette publique de l'Italie, qui est l'une des plus élevées du monde en valeur absolue, a atteint un nouveau record en juin, à 1901,9 milliards d'euros, contre 1897 milliards d'euros au mois de mai.

Elle représente 120 % de son produit intérieur brut (PIB).

Elle s'accentue ainsi pour le troisième mois consécutif. Sur un an, elle a progressé en juin de 3,19% en données absolues.

"Chaque nouveau-né se trouve avec une dette publique de 31'700 euros, qui s'élève à 90'565 euros par ménage", ont dénoncé les associations de consommateurs italiens.

http://www.lematin.ch/flashinfo/economie/italie-record-de-la-dette-en-juin-plus-de-1900-milliards-deuros

Écrit par : BA | 15.08.2011

@ Jardidi

Ce qui est monstrueux également, c'est Marine Le Pen et les sbires qui l'entourent (cf Oslo). Par-delà toutes les casseroles qu'elle traîne (et qui suffisent à la disqualifier), elle est incapable de débattre solidement de ces questions ce qui fait que face à des tenants du système qui peuvent débattre et une MLP critique du système mais incapable de débattre solidement, les citoyens préfèreront les premiers.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 15.08.2011

@ Nihil

Le pire, c'est qu'on impose un remboursement aux créanciers privés en substituant leurs engagements par des engagements publics et que quand il y aura défaut, alors, ce sont les Etats qui devront assumer...

Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.08.2011

Mardi 16 août 2011 :

La croissance allemande a ralenti brutalement au 2ème trimestre.

Le produit intérieur brut allemand (PIB) n'a augmenté que de 0,1 % au deuxième trimestre par rapport au premier, selon une statistique parue mardi, soit un coup de frein plus brutal que prévu.

L'Allemagne a donc fait à peine mieux que la France, qui a connu une croissance nulle au deuxième trimestre.

L'annonce de cette contre-performance allemande coïncide avec une rencontre très attendue entre la chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy, devant se dérouler en fin d'après-midi à Paris. La réunion a pour thème la crise de la dette en zone euro.

Les économistes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient certes un ralentissement après un début d'année tonitruant pour l'économie allemande, mais espéraient malgré tout une croissance plus élevée au deuxième trimestre, de 0,4 %.

Au premier trimestre, la croissance s'affichait encore à 1,3 %, a indiqué l'Office fédéral des statistiques (Destatis) dans un communiqué.

Ce chiffre a lui-même été corrigé en baisse : Destatis avait initialement annoncé une croissance de 1,5 % pour le début d'année.

Chose inhabituelle pour un pays champion des exportations, le commerce extérieur a apporté une contribution négative au PIB allemand au printemps, c'est-à-dire que les importations ont dépassé les exportations, a relevé Destatis.

"La consommation privée ainsi que les investissements dans le bâtiment ont aussi freiné l'économie allemande au deuxième trimestre", a encore indiqué l'Office des statistiques, sans donner plus de précisions.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=e91eefb8cfd696b3dc424aeb2fa923de

Écrit par : BA | 16.08.2011

Inattendu : Un prix Nobel d'économie conseille à l'Allemagne... de sortir de l'euro !
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110816trib000642634/un-prix-nobel-d-economie-conseille-a-l-allemagne-de-sortir-de-l-euro-.html

L'euro survivrait mieux à un départ de l'Allemagne qu'à celui des pays fortement endettés comme la Grèce ou le Portugal, a déclaré Joseph Stiglitz. Si l'Allemagne est "la seule à ne pas vouloir des eurobonds, alors ce sera à l'Allemagne de partir", a ajouté le prix Nobel d'économie 2001.

Si cela devait arriver, ne sera t-il pas encore plus risqué pour nous de rester dans l'€uroland ?

Écrit par : Santufayan | 16.08.2011

@ BA et Santufayan

Merci pour les infos.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 16.08.2011

Par contre j'ai écouté hier les réactions de François Hollande aux propositions Sarkosy Merkel: il est certain (je n'exagère qu'à peine) qu'avec lui dans 5 ans nous serons sous la loi allemande et que notre indépendance nationale se limitera à celle que voudra bien nous accorder les fonctionnaires de Bruxelles

Écrit par : A-J Holbecq | 17.08.2011

La situation me rappelle de plus en plus le pétainisme, l'écrasement du peuple par l'arrimage à l'Allemagne.

Écrit par : jardidi | 17.08.2011

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