19.08.2011

Le bien mauvais débat sur la dette publique

C’est la nouvelle pierre philosophale de la pensée unique qui domine la vie politique française. La France a trop dépensé pendant des années et doit maintenant mener une politique d’austérité pour assainir la situation. Même les candidats du PS y cèdent, les uns après les autres.

Une autre vision de la dette

Bien sûr, je n’ai pas l’intention de glorifier la dépense publique pour la dépense publique, de dire qu’il n’y a pas de problème, ou même de prôner un comportement démagogique. Cependant, avant d’analyser ce qu’il faut faire, il faut questionner cette pensée qui s’impose à gauche, à droite et au centre. En effet, Nicolas Sarkozy veut faire de ce sujet un moyen de disqualifier les socialistes. Jean-Louis Borloo surenchérit et les socialistes montrent patte blanche aux agences de notation.

Tout d’abord, il faut relativiser la position de la France. Bien sûr, notre endettement a beaucoup augmenté depuis trois ans. Cependant, la France reste un des rares pays à conserver son AAA, du fait d’une dette relativement mieux maîtrisée que la moyenne des grands Etats. En outre, nous ne raisonnons qu’en dette brute, alors qu’en dette nette (diminuée des actifs financiers de l’Etat), la position de la France s’améliore nettement, comme souligné par Alternatives Economiques ou André-Jacques Holbecq. Mieux l’ensemble du patrimoine de l’Etat Français reste positif.

Les causes de notre endettement

Il faut ensuite analyser les causes de notre endettement. Il est tout de même assez incroyable que les médias ne soulignent pas davantage le rôle majeur joué par la crise financière de 2008 dans le dérapage des finances publiques. En effet, en 2007, notre endettement était légèrement supérieur à 60% du PIB et en légère baisse par rapport à notre richesse nationale. C’est la crise causée par les excès du monde financier et son sauvetage qui a déséquilibré une situation stabilisée auparavant.

En effet, notre dette tournait autour de 60% du PIB depuis le milieu des années 1990. En outre, comme le souligne justement André-Jacques Holbecq, il ne faut pas oublier que la France a payé 1340 milliards d’euros d’intérêts de 1979 à 2009 alors que la dette a augmenté de 1250 milliards… Et s’il est normal de payer des intérêts à un prêteur qui nous confie son épargne, le débat change quand on constate que l’Etat a renoncé à la création de la monnaie, confiée aux banques privées…

Du coup, outre l’augmentation conjoncturelle de 20 points de notre dette consécutive à la crise financière, l’analyse des raisons plus structurelles de la dette pose également problème. Par-delà l’abandon de la création monétaire en 1973, on peut également attribuer le déficit structurel de l’Etat à une mondialisation qui assèche le tissus productif français et explique la persistance d’un chômage de masse et d’une stagnation du pouvoir d’achat, qui pèsent tous deux sur les déficits…

Que faut-il faire ?

Aujourd’hui, on culpabilise les Français et si certains gouvernements ne sont pas tout blancs (« l’état calamiteux » des finances publiques laissé par Balladur et Sarkozy en 1995, la « cagnotte » dilapidée par Lionel Jospin ou les baisses d’impôt de Nicolas Sarkozy), le concours d’austérité auquel participent Hollande, Aubry, Borloo et Pécresse est inquiétant. Car trop d’austérité risque de tuer la croissance sans même réduire les déficits, comme cela se passe en Grèce…

Comme le souligne NDA, l’urgence aujourd’hui dans toute l’Europe est de relancer la croissance en relocalisant la production industrielle, qui porte une lourde part de responsabilité dans le niveau actuel des dettes publiques. Par-delà la monétisation partielle des dettes publiques, une réforme en profondeur du système monétaire et financier est absolument nécessaire. Vous trouverez une excellente analyse sur le blog de Joël Halpern sur la base du 100% money.

Sous la pression des marchés et des agences de notation, le thème de la dette publique risque de prendre une place importante dans les débats pour la présidentielle. Nous y serons bien armés pour dénoncer un système qui saigne les peuples au profit du système financier.

Commentaires

Bonjour Olivier,
vous ne pouvez pas savoir comment cela fait plaisir de lire enfin un discours structuré.

L'autre jour j'écoutais les GG sur RMC, l'émission avait lieu juste après le passage de NDA. Les intervenants jugeaient du sérieux de tel ou tel candidat. Toute la discussion ne tournait qu'autour de la fiscalité. j'ai vraiment été déçu. Ces personnes ne faisaient pas le lien entre la crise du siècle et les difficultés budgétaires rencontrées. Savoir s'il faut plus taxer les riches ou pas n'est qu'un des aspects du problèmes du problème de la fiscalité. Ils sont donc passés à côté des problèmes du libre échange, de la surévaluation de l'euro, de la participation de la France aux fonds structurels européens au moment où nous avons besoin de cet argent et de la croissance économique en berne.

Écrit par : Trubli | 19.08.2011

Une limitation du recours à la dette ne serait pas une mauvaise chose pour les États, à condition de le faire de façon intelligente: pas de déficit fiscal en période de croissance (et donc désendettement) y marge de manoeuvre importante en période de crise pour relancer la machine.

Le problème c'est que la pensée économique dominante et la peur (ou complicité) des politiques au regard des marchés leur fait faire exactement le contraire: s'endetter lourdement quand tout va bien (augmentant ainsi de façon artificielle la croissance) et passer à la rigueur à outrance quand tout va mal (en tuant toute possibilité de retour à la croissance).

Écrit par : Antoine | 19.08.2011

Une analyse Natixis parue aujourd'hui ("Quelle est la bonne règle budgétaire ?" http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59534 ) , explique

//"Mais la règle d’or présente beaucoup d’inconvénients :
-elle interdit le financement des investissements publics par l’endettement ; ceci suppose implicitement que, à la différence des entreprises, les Etats ne savent pas choisir des projets d’investissement efficaces (alors que la France a émis un « Grand Emprunt » visant à financer ce type d’investissement) ;

-elle conduit à une baisse continuelle du taux d’endettement public, qui tend vers 0% à long terme ; certains pays doivent certainement réduire leur taux d’endettement public, mais 0% n’est certainement pas le taux d’endettement public optimal.

Si on pense qu’une vraie supervision collective des politiques publiques est impossible et qu’il faut une règle budgétaire, il faudrait adopter une règle plus « subtile » par exemple l’interdiction de financer les dépenses courantes (salaires, transferts, protection sociale) des Etats par l’endettement public."//

Pour ma part je pense qu'effectivement les dépenses courantes de toutes les Administrations Publiques doivent avec les "amortissements" du patrimoine public, hors temps de crise, être financés par les recettes budgétaires.

Tout ce qui est investissements public peut et devrait être financé non pas par des emprunts sur les "marchés" mais par une pure création monétaire au bénéfice du Trésor Public, un excès de monnaie en circulation risquant de créer trop d'inflation ou des bulles pouvant être "épongé" par un gel d'une partie des recettes fiscales qui ne serait pas réinjecté.

L'excès de monnaie de crédit que les banques commerciales pourraient émettre de leur coté me semble totalement régulable par des variations des montants (non rémunérés) des réserves obligatoires.

Écrit par : A-J Holbecq | 19.08.2011

"Les médias ne soulignent pas davantage le rôle majeur joué par la crise financière de 2007 dans le dérapage des finances publiques".

Le déficit médiatique n'est t'il pas tout simplement révélateir du déficit politique de Nicolas Sarkozy, le Gouvernement et la classe politique en général, à de très rares exceptions (NDA/DLR). Ce qui prouve bien que ce gouvernement se soumet à la finance et se couche, capitule devant le fédéralisme qui semblerait détenir parole d'évangile. Le chef de l'état n'en est pas un, il n'impose pas la politique de la France, ses choix, il n'impulse pas une politique.

Monsieur Déficit est déficitaire des comptes publics parce que déficitaire de la politique parce qu'il est déficitaire de la France.

Il n' aime pas la France.

Lors du sommet Merkel-Sarkozy, Angela n'avait qu'à paraître puisqu'elle avait déjà implicitement obtenu tout ce qu'elle ne voulait pas déléguant par ventriloque interposé l'annonce faite oralement par Sarkozy.

Grande Dame cette Angela, je l'adore. Très grande maîtrise, lisse en apparence, cause toujours tu m'intéresses.
Elle susurre mais ne cautionne pas.
Femme politique exceptionnelle.
On peut toujours se foutre de son physique mais dans la
caboche c'est pas du mou pour les chats.

Je rêve d'une Europe conduite par Dupint-Aignan et Merkel. Mes enfants, ça ferait des étincelles , pour le meilleur, dans l'escalade de la restauration du débat politique.

Au delà de la pantalonnade, c'est navrant et ça fait mal de voir un spectacle aussi affligeant pour les français et la France.

Oui, Laurent, vous avez raison ce point est primordial et il fait le marteler sans cesse pour bien comprendre, sur nos finances publiqies, l'impact de la crise immobilière aux States que Nicolas Sarkoey et son Gouvernement voudraient inscrire dans notre Constitution et nous faire supporter par de l'austérité".

Dans la sortie de l'euro, il serait souhaitable de distinguer 3 périodes par 3 audits (mais je ne sais pas si c'est réalisable et facile à démontrer avec toutes les imbrications) :

avant 2008
flambée du déficit aggravé par la spéculation boursière et les intérêts de la dette démentiels
sortie de l'euro

Nous devrions saucissonner la dette et réclamer un effacement total ou partiel sur la période isolée iniermédiaire, préjudice subit sur notre économie, faire payer cette dette comme une dette de guerre.

C'est une guerre économique à laquelle il convient de donner un cadre juridique pour l'attaquer et se faire reconnaître comme victimes indemnisées.

Manquerait plus qu'on leur file un conséquent pourboire à ces charognards pendant qu'on bouffera la recette d'Alf.

Écrit par : GAIA | 19.08.2011

Excusez svp quelques coquilles de frappe. Désolée. .

Écrit par : GAIA | 19.08.2011

«C’est la crise causée par les excès du monde financier et son sauvetage qui a déséquilibré une situation stabilisée auparavant.»

Juste, mais plutôt que stabilisée, je dirais «gérable». Le dernier billet de Georges Ugeux trahit sa totale incurie macro-économique. Il occulte totalement le rôle stabilisateur des déficits : c'est le privé qui creuse les déficits, pas l'état! Mais le faire comprendre c'est se battre contre des moulins à vents.

Écrit par : ºC | 19.08.2011

Les interventions incisives de Mélenchon, hier (RMC, ITV) apportaient un peu d'air frais sur le sujet au milieu du concours de bêtise masochiste lancé au centre de l'échiquier politique.

L'exemple de la Grèce est le bon. Parmi les sujets économiques, c'est l'un de seuls qui soit bien connu par le grand public. La leçon est assez limpide pour tous.

Écrit par : Emmanuel B | 19.08.2011

@Emmanuel B

Mélenchon écrit : //"en taxant les revenus de capital comme ceux du travail, selon l’évaluation d’Artus de Natixis c’est 100 milliards de plus dans les caisses de l’Etat. Cela représente deux fois le montant actuel de la traite annuelle à payer pour le service de la dette dans le budget de l’Etat ! La dette est donc soutenable ! Notre thèse est que c’est la purge qui se prépare qui n’est pas soutenable !

Pour s'affranchir de cette dette, il existe des solutions simples et efficaces. Je les ai déjà exposées sur ce blog. Je veux les récapituler. On doit revenir sur l'appauvrissement de l'Etat. Remplir les caisses à proportion des dépenses. Notamment en taxant les banques et les riches à qui on rembourse la dette. "//

... je suis tout à fait étonné qu'il préfère payer des intérêts, puis les reprendre sous forme d'impôts (en oubliant au passage que 2/3 de la dette française est détenue par des non résidents qu'il ne pourra donc pas taxer), au risque inouïs de voir les taux d'intérêts s'envoler (manque de prêteurs) au lieu de se tourner vers la solution la plus simple d'une monétisation directe, lui qui nous parle souvent des opt out de l'UK...

Écrit par : A-J Holbecq | 19.08.2011

@ Emmanuel B

Je suis d'accord, Mélenchon a été bon. Les circonstances nous donnent de plus en plus d'exemples pour défendre nos idées... Les choses vont changer.

@ A-J H

Je suis d'accord. C'est surprenant, mais je crois que ces idées sont quand même un peu révolutionnaires et qu'il faut jeter certains présupposés pour s'y ouvrir.

@ °C

Complètement d'accord. Ce débat sur la dette est absolument hallucinant : ils oublient des basiques économiques.

@ Gaïa

Merci. Je partage.

@ Antoine,

En effet, il faudrait peut-être quelques verrous pour éviter les excès, mais il ne faudrait arriver à trouver une règle qui ne laisse néanmoins la démocratie s'exprimer et également qui ne deviendrait pas contre-productives à certains moments. J'ai tendance à croire qu'il faut remettre tous les pouvoirs au politique et qu'avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités et un comportement plus responsable.

L'irresponsabilité des politiques actuels ne vient-elle pas en partie du fait qu'ils ne sont plus que des pantins s'agitant alors que les traités européens verrouillent considérablement ce qu'ils peuvent faire ?

Écrit par : Laurent Pinsolle | 19.08.2011

Entendu parler ce soir du flash-trading dans C'est dans l'air. L'émission était particulièrement intéressante. Taxe Tobin sur les transactions financières appliquée en 1980 par la Suède, abolie en 1991 pour stopper l'hémorragie des investisseurs qui ne voulaient pas la payer et transféraient leurs fonds sur d'autres places.
Ca n'a pas l'air d'être le remède miraculeux, un palliatif, sans plus à condition qu'il s'applique à toutes les transactions internationales.

85 % du stock de la dette française ce sont des fonds pourris balancés par les gérants des hedges-subprimes ? Chapeau !

Cet outil virtuel, le flash-trading, a quoi sert t'il exactement ? S'apparente t'il à un gadget comme probablement bon nombre d'autres et présente t'il un impact mesurable, sur l'économie réelle ?

Y'a t'il une homologation de ces outils économiques ou techniques sur les marchés et par qui ? Ces outils boursiers sont t'ils indispensables et n'engendrent t'ils pas des parades sans cesse inventées qui créent au final des distorsions sur les pratiques boursières mettant en péril toute l'économie mondiale par manque de régulation dans les échanges et de surveillance des cabinets de courtage ?

Une déontologie de la finance reste à inventer mais n'est ce pas un combat voué par avance à l'echec ?

Écrit par : GAIA | 19.08.2011

@GAIA
J'ai regardé aussi l'émission, fort intéressante. Je pense néanmoins que celui qui a annoncé "85 % du stock de la dette française ce sont des fonds pourris balancés par les gérants des hedges-subprimes " s'est trompé... d'une part il suffit de regarder le site de l'Agence France Trésor pour voir que déjà la répartition française n'est pas celle là (et je pense qu'on peut extrapoler aux "non résidents"), d'autre part les CDS sur les dettes publiques peuvent être spéculatifs, mais les dettes en elles mêmes ne le sont pas assez pour les hedge funds.

Écrit par : A-J Holbecq | 20.08.2011

A A-j Holbecq

J'ai pas rêvé, vous avez entendu comme moi cette info ? N'étant pas experte du sujet, j'ai quand même tiqué sur le chiffre.

Écrit par : GAIA | 20.08.2011

@ Gaia

J'ai parlé du Flash Trading (qui est la même chose que le High Frequency Trading - HFT) dans un papier en juillet :

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2011/07/25/paul-jorion-explique-les-exces-du-capitalisme.html#comments

Il n'y a aucune homologation. C'est la loi de la jungle avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Ces outils sont sans doute derrière le flash crash du printemps 2010. Ils seront sans doute derrière le prochain crash. Le problème, c'est que les innovations vont beaucoup plus vites que les régulateurs et qu'en plus, ces derniers ont une attitude de laissez faire coupable.

Pour la taxe Tobin en Suède, le problème est qu'en cas de mise en oeuvre sans mettre le contrôle des mouvements de capitaux, les capitaux fuient. La condition sine qua non d'une taxe Tobin, c'est le contrôle des mouvements de capitaux.

85%, cela me semble sans doute beaucoup trop fort. C'est peut-être 85% des échanges sur la dette souveraine française qui sont le fait de hedge funds mais pour le stock, cela doit être nettement plus faible.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 20.08.2011

""la France reste un des rares pays à conserver son AAA... Mieux l’ensemble du patrimoine de l’Etat Français reste positif. ""

L'actif supérieur au passif dans les comptes...
Certes, et il faudrait s'en réjouir ??!!!

Si ce n'était pas le cas, la France serait déjà en banqueroute !!!

Le chiffre important c'est que les charges liées à la dette (à la fois intérêt + capital et pas seulement les intérêts comme svt présentés) représente désormais prés de 40% des dépenses de l'état.

40% !!! pour la dette !

Un ménage ne s'en sortirait pas.
Dans quelques années, nous serons à combien 50%, 60%

Combien de temps avant l'overdose fatale qui entrainera la faillite de la France ? des épargnes ? des français ?

Tic Tac Tic Tac, le compte à rebours a commencé et nous sommes de plus en plus prés d'un précipice sans fond.

En conclusion, prétendre que l'urgence est la croissance et non la dette est une erreur de plus (!)

Avant c'était possible et il y avait de la marge de manœuvre.
On aurait pu se permettre quelques années de déficit pour relancer la croissance. Chose que d'ailleurs on ne faisait pas. Que ce soit la crise ou la croissance, l'endettement augmentait. Trop. Surement.

Mais maintenant nous sommes trop engagés dans cette ivresse.

Et nous n'avons plus le choix; dans moins de 10 ans la charge de la dette sera insupportable sans de franches coupes.

La facilité est ce qui a guidé tous les politiques de gauche comme de droite.

Endettons nous quelques années pour relancer la croissance ils disaient. Mensonge. En fait c'était un cercle vicieux sans fin qui se perpétuait depuis plus de 30 ans.


Alors évitons de perdre du TEMPS et de l'ENERGIE à discuter de chose au mieux inefficace désormais, mais plus certainement dangereuses et fatales !


0 DÉFICIT. C'est la seule solution pour se désintoxiquer et éviter l’overdose fatale.

Écrit par : marc s. | 20.08.2011

Merci Laurent.

Les dark-pools me font penser a un bernard l'hermitte qui s'approprierait une coquille sans payer le titre de proprièté ou le loyer réglementaire.
Bravo pour la directive européenne de 2007 annihilant la transparence et le monopole des bourses où elle pouvait s'exercer.

Dans les montages financiers, qui doivent être fort complexes, quels signes peuvent être détectés dans les volumes d'achat ou de vente des actions sur les marchés officiels ?

Quand je pense qu'il y a de sombre diots pour prôner encore plus de gouvernance économique fédéraliste !

Ceux qui en croque, on comprend pourquoi.

Écrit par : GAIA | 20.08.2011

@marc s
Vous trouverez les chiffres ici: http://postjorion.wordpress.com/2011/02/06/154-patrimoine-des-administrations-publiques/

Mais un État n'est pas un ménage, la comparaison n'est pas pertinente.

Nous avons toute la marge que nous voulons si nous monétisons directement (de la BdF au bénéfice du Trésor Public en tant que recette fiscale) la même quantité annuelle de monnaie nouvelle que celles qu'ont l'habitude de monétiser les banques commerciales, soit environ 100 milliards par an: 50 milliards pour les intérêts de la dette (qui éviteront l'effet boule de neige) et 50 milliards pour des investissements supplémentaires (en plus des formations de capital brute que nous réussissons actuellement à faire chaque année)

Le seul problème final reste celui des balances négatives des transactions qui nous impose l'endettement en devises étrangères (dollars, yen, etc).

Ce qui est fou c'est qu'actuellement, notre propre monnaie est considérée par nous mêmes comme une devise étrangère que nous devons emprunter!

Écrit par : A-J Holbecq | 21.08.2011

Que peuvent valoir les notes d'agences qui ont longtemps poussé les subprimes et qui peut de temps avant la chute de 2008 n'ont rien vu venir.
Personne, pas un média pour souligner ce fait!
Tous complices? A qui profite ce silence?

Écrit par : Manu | 21.08.2011

mais quand arretera t on de nous baratiner avec cette dette qui n est qu un baratin pour encore gaver les banquiers et les gros actionnaires !!!
nous en avons marre
la vérité est de simplement renationaliser toutes les banques , sans indemniser les voleurs d actionnaires ,comme mitterrand et de gaulle l on fait
et ne dites pas c es t pas possible , ce serait une idiotie d e plus
la seule a le proner et ségolène royal , hé oui encore , et mélenchon , peut etre montebourg
le reste n est que fumée , baratin mensonge
les agences on n en a rien a faire , on s en fout complètement , il n y a qu e les idiots gangsters qui gouvernent pour s en occuper , et encore car cela leur profite
démontez plutot les mécanismes de ce baratin ce sera bien plus profitable
de ce coté Marianne me gonfle la renationalisation des banque efface la dette , c est automatique
si vous n avez pas compris cela , alors la !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
c est grave

Écrit par : durand | 21.08.2011

@ Manu

C'est du blanchiement de délit d'initiiés en toute impunité, normalement passible de prison, légalisé par les gouvernements eux mêmes et tous les profiteurs du système.

Les agences de notation participent au déclassement économique des Etats et utilisent leurs propres informations, pire, elles créent le cadre adéquat pour spéculer en se dotant d'outils financiers sophistiqués, elles sont juge et partie prenante et nous inondent de leurs produits toxiques dont nous devrions payer l'ardoise quand elles perdent.

Les procédés des dark-pools ou autes produits dérivés inventés, sans aucun contrôle ni légalité sont proprement inadmissibles.

Secret de polichinelle

Je suis formellement opposée à la mutualisation des déficits européens fédéralistes et à l'inscription dans notre Constitution de la délégation
de notre pouvoir et moyens de contrôle économiques à une gouvernance économique européenne fédéraliste qui par ses directives 2007 encourage une mafia de la finance.

Leur donner la main par notre Constitution, c'est de la folie furieuse.
Ce serait vraiment la fin des haricots.

De toutes façons faut pas se faire d'illusion, dans les années qui viennent avec une croissance aussi amorphe je vois vraiment pas comment nous allons payer "les" dettes et créer de l'emploi si on sort pas de ce cercle vicieux.

Écrit par : GAIA | 21.08.2011

@ Manu

C'est du blanchiement de délit d'initiiés en toute impunité, normalement passible de prison, légalisé par les gouvernements eux mêmes et tous les profiteurs du système.

Les agences de notation participent au déclassement économique des Etats et utilisent leurs propres informations, pire, elles créent le cadre adéquat pour spéculer en se dotant d'outils financiers sophistiqués, elles sont juge et partie prenante et nous inondent de leurs produits toxiques dont nous devrions payer l'ardoise quand elles perdent.

Les procédés des dark-pools ou autes produits dérivés inventés, sans aucun contrôle ni légalité sont proprement inadmissibles.

Secret de polichinelle

Je suis formellement opposée à la mutualisation des déficits européens fédéralistes et à l'inscription dans notre Constitution de la délégation
de notre pouvoir et moyens de contrôle économiques à une gouvernance économique européenne fédéraliste qui par ses directives 2007 encourage une mafia de la finance.

Leur donner la main par notre Constitution, c'est de la folie furieuse.
Ce serait vraiment la fin des haricots.

De toutes façons faut pas se faire d'illusion, dans les années qui viennent avec une croissance aussi amorphe je vois vraiment pas comment nous allons payer "les" dettes et créer de l'emploi si on sort pas de ce cercle vicieux.

Écrit par : GAIA | 21.08.2011

@ Manu

C'est du blanchiement de délit d'initiiés en toute impunité, normalement passible de prison, légalisé par les gouvernements eux mêmes et tous les profiteurs du système.

Les agences de notation participent au déclassement économique des Etats et utilisent leurs propres informations, pire, elles créent le cadre adéquat pour spéculer en se dotant d'outils financiers sophistiqués, elles sont juge et partie prenante et nous inondent de leurs produits toxiques dont nous devrions payer l'ardoise quand elles perdent.

Les procédés des dark-pools ou autes produits dérivés inventés, sans aucun contrôle ni légalité sont proprement inadmissibles.

Secret de polichinelle

Je suis formellement opposée à la mutualisation des déficits européens fédéralistes et à l'inscription dans notre Constitution de la délégation
de notre pouvoir et moyens de contrôle économiques à une gouvernance économique européenne fédéraliste qui par ses directives 2007 encourage une mafia de la finance.

Leur donner la main par notre Constitution, c'est de la folie furieuse.
Ce serait vraiment la fin des haricots.

De toutes façons faut pas se faire d'illusion, dans les années qui viennent avec une croissance aussi amorphe je vois vraiment pas comment nous allons payer "les" dettes et créer de l'emploi si on sort pas de ce cercle vicieux.

Écrit par : GAIA | 21.08.2011

La taxe Tobin mettrait fin aux segments les moins spéculatifs (au sens de pari) de la finance, contrairement aux croyances, mais qui offrent au contraire à certains acteurs des rentes (faibles en %, élevées en volumes) tirées d'avantages purement techniques (informatiques, opérateurs privilégiés) et donc déloyaux.
Une bonne occasion de renvoyer la concurrence libre et non faussée à son expéditeur, et de faire pression, quitte à saisir la direction générale de la concurrence de la commission européenne, sur les gouvernements récalcitrants.

Notamment la Grande Bretagne qui sait trop bien que l'intérêt de la City est de maintenir dans ses murs ces activités dites d'algo-trading, hft etc. qui n'ont pas seulement le défaut de ne servir aucune fonction sociale, contrairement à la finance «classique», mais qui sont la cause, régulièrement, de mini-crashs «inexpliqués».

Écrit par : ºC | 21.08.2011

La taxe Tobin mettrait fin aux segments les moins spéculatifs (au sens de pari) de la finance, contrairement aux croyances, mais qui offrent au contraire à certains acteurs des rentes (faibles en %, élevées en volumes) tirées d'avantages purement techniques (informatiques, opérateurs privilégiés) et donc déloyaux.
Une bonne occasion de renvoyer la concurrence libre et non faussée à son expéditeur, et de faire pression, quitte à saisir la direction générale de la concurrence de la commission européenne, sur les gouvernements récalcitrants.

Notamment la Grande Bretagne qui sait trop bien que l'intérêt de la City est de maintenir dans ses murs ces activités dites d'algo-trading, hft etc. qui n'ont pas seulement le défaut de ne servir aucune fonction sociale, contrairement à la finance «classique», mais qui sont la cause, régulièrement, de mini-crashs «inexpliqués».

Écrit par : ºC | 21.08.2011

@ Marc S,

Je ne suis pas du tout persuadé que ce soit le cas des autres pays (actif supérieur au passif).

40% ? Le chiffre me semble très fort…

On voit bien avec la Grèce que faire de l’austérité la priorité sur la croissance ne mène à rien. Malgré des plans sauvages d’austérité, le déficit est reparti à la hausse début 2011, alors même que les objectifs n’ont pas du tout était atteint en 2010…

Après, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire attention, mais tout miser sur l’austérité aujourd’hui est suicidaire.

@ Gaïa,

Vous avez un lien vers un article sur cette directive ?

Les agences de notation ne sont que l’écume de la vague néolibérale…

@ A-J Holbecq

En outre, il faut quand même comparer le niveau d’endettement au niveau des recettes (qui sont beaucoup plus importants qu’il y a quelques décennies).

Enfin, nous nous privons de la possibilité de monétiser.

@ Manu

Conformisme et paresse intellectuels

@ °C

Très juste. C’est pourquoi la Grande-Bretagne le refuse. Nous pourrions contourner cet obstacle en réintroduisant un contrôle des mouvements de capitaux.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 21.08.2011

Non, je l'ai vu dans votre article sur les dark-pools (fev. 2010) mais je vais rechercher cette directive et vous donnerais le lien (si je trouve).

Écrit par : GAIA | 21.08.2011

Tout investissement par par l'Etat produit moins de valeur qu'il n'en détruit. Aucune redistribution atteint son objectif. L'Etat doit donc cesser tout investissement. L'Etat doit cesser toute redistribution.

L'Etat français ne diligente jamais aucune étude économique sur la rentabilité économique d'aucun de ses investissements, ni sur l'impact économique de ses dépenses, ni sur aucune de ses redistributions. L'Etat évite ainsi de fournir les preuve de ses nuisances. L'Etat illusionne les plus crédules sur la prétendue utilité de l'Etat.

La dépense de l'Etat mesure son gaspillage. La dette de l'Etat mesure son irresponsabilité.

Écrit par : gdm | 22.08.2011

@ Gaia

Merci.

@ Gdm

Le néolibéralisme est une religion, d'où le dogmatisme de ses pratiquants les plus fanatiques.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 22.08.2011

Bj,

Je réponds à certains et je maintiens la gravité de la situation de la dette cachée par les gouvernements successifs dans leur présentation tronquée des chiffres.


Souvenez-vous de la lettre jointe à notre déclaration chaque année pour nous montrer où passent nos impôts (ex: http://www.abcbourse.com/analyses/chronique-a_quoi_servent_nos_impots_-408.aspx)

La charge de la dette est estimée à 43 milliards sur 419 milliards de dépenses.

Sauf que cette "Charge de la dette" ne correspond qu'aux seuls intérêts de remboursements et non aux intérêts + capital. Ceci est confirmé partout ! Vérifiez.

Ex:

http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/cadre_budgetaire_25/principaux_chiffres_89/charge_dette_93/index.html
-> les 40 à 50 milliards ne sont que pour les intérêts.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#Service_et_charge_de_la_dette

""Le remboursement du capital de la dette, qui fait partie du service de la dette, représente pour l’État environ 80 milliards d'euros, c'est-à-dire la somme de toutes les autres recettes fiscales directes (impôt sur les société, ISF, etc.). Au total, le service de la dette de l'État représente 118 milliards d'euros, ce qui correspond à la totalité de ses ressources fiscales directes, ou encore, presque à la TVA (environ 130 milliards).""

Il y a une différence majeure entre 40 et 130 milliards ! Du simple au triple.

Et il faudrait rajouter à cela le hors bilan non financé comme les retraites à venir des fonctionnaires etc...


En bref, la présentation de la charge de la dette (et de sa soutenabilité) est incomplète et SOUS ESTIMÉE.

Il est difficile de parler d'actif valorisable ou amortissable pour un état qui vit constamment à découvert pour payer toutes ses dépenses y compris celles de fonctionnement.
Son bilan est assez différent de celui d'une entreprise.

Pourtant l'état prend le parti de présenter ses comptes en usages finaux (ex: dépenses de fonctionnaires) plutôt qu'en usage réel.

Ainsi lorsque l'état emprunte 100 (autant pour du fonctionnement plus que de l'investissement) et qu'il va devoir payer 100+10 d'intérêts, il présentera ses comptes comme suit :

Dépenses :
* 10 : charge de la dette
* 100 : dépenses de fonctionnement (paye des fonctionnaires)

C'est peut être légal et comptable mais cela cache bien la cavalerie qui est en cours.

Car sur le capital de 100 la majorité ne sera pas porté à l'actif de l'état car :
- dépenses de fonctionnement pour une bonne moitié pour plus;
- qq biens amortissables mais avec une forte décote (que vaut un bâtiment hospitalier : essentiellement le foncier, le bâti n'étant pas exploitable sans gros travaux)
- que vaut un porte avion etc ?


Bref, la charge de la dette (la vraie la totale) représente le 1er poste budgétaire et de loin. Personne ou presque ne le dit.

Lorsque nous serons à 50% peut être qu'on comprendra que l’étouffement est proche ?

Et la "vraie" charge de la dette (intérêt + capital) est quelque chose que tout ménage peut appréhender plutôt que les artifices comptables qui masquent la non soutenabilité proche de nos dettes.

Écrit par : marc s. | 28.08.2011

@marc s
Nous sommes dans un système de "credit revolving" ... le problème se posera (si on se refuse à changer de système) lorsque les "zinzins" ne voudront plus racheter de nouveaux titres à l'Agence France Trésor ou alors seulement à des taux "à la grecque"

Écrit par : A-J Holbecq | 28.08.2011

Il y a un peu trop d'autosatisfaction chauviniste dans l'article:
- le fait de ne pas avoir eu de budget en équilibre pendant 30 ans malgré des années fastes est quand même un signe de très mauvaise gouvernance, ce thème récurrent du duvidende de la croissance à distribuer plutôt qu'à mettre de côté pour les périodes maigres est une vision à courte vue qui ne plaide pas en faveur des gouvernements successifs et d'une bonne gestion française
- mettre en balance les actifs est exagéré, on ne peut tenir compte que des actifs réellement mobilisable, en cas de crise très grave l'état ne va pas vendre les routes, les monuments historiques, ...
- quand à la désindustrialisation, c'est une stratégie délibérée de s'orienter vers les services qui n'avait rien d'inévitable puisque les pays du nord sont restés plus industriels - et exportateurs - avec des coûts de production similaires

Écrit par : Alain | 29.08.2011

@ Alain
Où voyez-vous de l'"autosatisfaction chauviniste" ? Avez-vous lu le même article que moi ?

- " le fait de ne pas avoir eu de budget en équilibre pendant 30 ans malgré des années fastes est quand même un signe de très mauvaise gouvernance"
très juste, mais si cette "mauvaise gouvernance" est partagée par presque tous les pays développés depuis 1973, il faut en rechercher l'explication...
- "quand à la désindustrialisation, c'est une stratégie délibérée"
En effet, personne ici ne pense le contraire, je crois...

Le fond du propos c'est qu'il faut restaurer les conditions d'une croissance industrielle, qui réduira le besoin de déficits budgétaires répétitifs mais qui passe au préalable par la préservation de l’État vis-à-vis de la prédation financière (d'où la nécessité d'un autre mode de financement de la dette publique).

Écrit par : J. Halpern | 29.08.2011

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