31.08.2011
La crise économique suspend son vol
Les humeurs des marchés sont décidemment difficilement compréhensibles. Il y a quelques semaines, en plein été, nous étions à deux doigts d’un énorme krach financier. Aujourd’hui, après un ajustement très sévère, le calme semble revenu. Pour combien de temps ?
Menace sur la croissance et le plan européen
A dire vrai, les raisons de s’inquiéter sont légions. Tout d’abord, la croissance s’est fortement affaiblie au second trimestre, aux Etats-Unis comme dans la zone euro, où elle ne dépasse pas 1% en rythme annuel. Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle phase récessive, ce qui inquiète beaucoup les marchés. En effet, les programmes d’austérité risquent bien évidemment d’annihiler une croissance qui n’était déjà pas très vaillante avant que les Etats ne se serrent la ceinture.
Les pays dits développés se retrouvent donc dans une situation assez complexe où les marchés leur font des demandes contradictoires : à la fois les rassurer sur la croissance tout en garantissant le remboursement des dettes et l’assainissement des dépenses publiques. Pourtant, comme l’avait montré une étude du FMI, les programmes d’austérité pénalisent bien évidemment la croissance, comme le montre bien le cas de la Grèce, saignée par les plans européens.
Pire, des blocages apparaissent aujourd’hui sur le plan décidé le 21 juillet puisque la Finlande demande des garanties à la Grèce pour contribuer financièrement au plan européen. Si trop de pays venaient à suivre l’exemple d’Helsinki, alors le plan serait vidé de sa substance. Du coup, Jean-Claude Trichet a passé un rappel à l’ordre. Et il est évident que si le plan s’effondre, alors, nous serons au bord d’une désintégration désorganisée de la zone euro et donc d’une crise majeure.
Des forces de rappel puissantes
Mais comme je l’avais souligné en pleine crise, il y a tout de même des forces de rappel. La zone euro était au bord de l’explosion quand les taux longs italiens et espagnols ont dépassé le cap des 6%, rendant le financement des dettes publiques de Madrid et Rome périlleusement cher. Devant le refus obstiné de l’Allemagne d’émettre des euro obligations ou d’augmenter la taille du FESF, la BCE s’est résolue à faire ce qu’elle n’est pas vraiment sensée faire : racheter ces dettes.
Et pour le coup, cela a grandement calmé les tensions sur les taux longs puisque les deux grandes capitales du Sud peuvent désormais emprunter autour de 5%. La spéculation s’est grandement calmée devant les capacités de monétisation de la BCE, même si on peut imaginer qu’il y aura une limite aux programmes de rachat de Francfort, qui ne plaît guère à Berlin. En outre, le krach de cet été peut paradoxalement donner un répit aux marchés pour quelques mois.
En effet, les bourses européennes ne sont plus si loin de leurs plus bas du début 2009 et la valorisation de la plupart des grandes entreprises apparaît d’autant plus faible que leurs bénéfices ont déjà très fortement rebondi et qu’ils dépendent de plus en plus de marchés émergents qui continuent à croître. Bref, bizarrement, les marchés sont peut-être trop bas aujourd’hui pour permettre un krach boursier amenant à une nouvelle étape (finale ?) de la crise financière.
Si on ne peut pas exclure une rechute rapide, l’effondrement complet du système financier risque de prendre un peu de temps. Mais soyons philosophe : le spectacle des folies de ce système en sape profondément le soutien dans l’opinion, préalable indispensable à une prise de conscience politique de la majorité.
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : crise économique, crise financière, fmi, grèce, finlande, jean-claude trichet, fesf, euro obligations, allemagne




Commentaires
Pour costruire, c'est toujours mieux de commencer en posant d'abord la premiere pierre. Lire la suite calmement et attentivement, pas en diagonale.
1_ Un autre regard sur le commerce international
Circulation des marchandises entre pays industrialisés et pays émergents sans restrictions réglementaires, quotas ou autres, c’est le but espéré. La condition sine quoi non pour l’atteindre est une organisation pragmatique de la façon de commercer entre ces deux partenaires commerciaux.
L’Organisation Mondiale du Commerce, entre pays industrialisés et pays émergents, telle qu’elle est organisée actuellement, est impossible. Elle interdit, entre ces pays, tout équilibre de la balance commerciale. Soit, l’équilibre monétaire est établi, mais, l’équilibre de la valeur réelle des marchandises échangées est catastrophique, soit la valeur réelle des marchandises est en accord, mais alors, l’équilibre monétaire est faussement excédentaire.
Les différences des salaires, l’existence ou non de protection sociale et des taux de change monétaire irréalistes ont pour effet de donner à une même marchandise, dans chacun de ces pays, des valeurs locales dont la différence est énorme. Cette caractéristique interdit, entre ces
pays, tout commerce international équilibré.
En fait le désordre a pour cause une erreur d’organisation commerciale internationale et les efforts de nos meilleurs économistes ne pourront pas apporter une solution pérenne tant que cette erreur n’aura pas été corrigée.
La bévue a été, pour l’O.M.C., d’espérer créer un commerce international en libre échange entre un pays industrialisé et un pays en développement sans opérer un rééquilibrage entre les valeurs locales des marchandises échangées.
Ce commerce est impossible sans provoquer les difficultés que nous vivons actuellement
İL serait nécessaire, pour le pays ou les marchandises sont les plus chères, de fixer, en accord avec son partenaire commercial, le taux de réévaluation appliqué aux marchandises qu’il importe de façon qu’elles gardent un caractère attractif, mais non dangereux pour son marché intérieur.
Ce même taux serait appliqué, mais en dévaluation, sur les marchandises exportées en direction de ce partenaire commercial, ce qui aurait pour effet de les mettre au niveau du pouvoir d’achat de ce pays. Les réévaluations financeraient les dévaluations. Quel que soit le sens du déséquilibre de la balance commerciale, sa conséquence, sur la quantité des marchandises exportées qui pourraient bénéficier du taux de dévaluation ou sur leurs prix, rétablirait automatiquement l’équilibre.
Nous sortirions, ainsi, de cette situation incroyable, d’un pays, dont la population a besoin de tout, mais dont les marchandises sous évaluées, ne lui donne pas le pouvoir d’achat correspondant dans le pays qui est son partenaire commercial ; et d’autre part, d’un pays industrialisé a fort potentiel de production, mais dont la population vit le chômage parce que son marché intérieur est gravement perturbé par les faillites et les délocalisations et que ses prix sont hors de porté du pouvoir d’achat de ses partenaires commerciaux.
L’O.M.C. a une structure et une organisation qui lui permet de régler les différents commerciaux entre les pays industrialisés d’évolution identique.
L’absurdité de l’application de la règle de libre circulation ‘a des pays dont les différences de développement et des valeurs locales de leurs marchandises sont énormes est la cause essentielle de la crise en cours.
L’application de la théorie de l’O.M.C. ‘a ces pays a provoqué le chômage dans toutes les nations industrialisées, ce qui a engendré le problème des Subprimes en Amérique qui par contamination s’est propagé aux autres banques du monde. Les Subprimes ne sont qu’une conséquence, et non pas une cause.
L’O.M.C. est incontestablement l’instigatrice des désordres.
2_ L’APPLİCATİON DU TAUX DE REEVALUATİON – DEVALUATİON
CONSEQUENCES.
Le taux de réévaluation-dévaluation ferait l’objet d’une variation inversement proportionnelle au changement éventuel du taux de change des monnaies des deux partenaires, il acquerrait ainsi la capacité de stabiliser les prix ‘a 100% et d ‘anéantir toutes tentatives de spéculation sur ces deux monnaies.
La concurrence, indispensable pour la régulation du marché, ne serait pas affectée par le taux de dévaluation, ce dernier étant le même pour tous les producteurs du pays industrialisé.
L’application du taux de réévaluation-dévaluation rééquilibrerait l’échange commercial en valeur monétaire et en valeur des marchandises échangées. L’intérêt des deux partenaires serait de développer leurs échanges. Aucune spoliation ni aucune perturbation du marché intérieur des deux partenaires ne pourrait être détectée. Une stabilité pérenne s’installerait.
Ce nouveau concept de commerce international, n’impliquerait ni n’exclurait, un consensus de plusieurs pays industrialisés. Un seul d’entre eux pourrait décider de l’appliquer envers les pays en développement tout en conservant sa relation avec l’O.M.C.qui, elle, a une structure adaptée pour régler les problèmes de commerce entre pays industrialisés.
Tout excès dans un sens ou dans l’autre du montant du Taux de Réévaluation-Dévaluation a pour conséquence le blocage de l’échange commercial entre les deux partenaires. Pour l’un et l’autre, soit l’importation est altérée, soit l’exportation. L’usage même du Taux de Réévaluation-Dévaluation déterminerait le montant de ce taux.
Ce commerce mondial impliquerait la mise en place d’un contrôle douanier. Mais nous savons faire cela, n’est-ce pas. Il serait réduit a des points de control. Les deux pays ayant un intérêt commun le transfert des marchandises se ferait par une action concertée des douanes des deux pays. Cette transaction n’aurait plus aucun caractère protectionniste et favoriserait de façon effective le commerce international sans effets secondaire défavorable.
Dans cette nouvelle situation, de stabilité des prix et des monnaies, l’activité des établissements financiers reprendrait dans une ambiance beaucoup plus détendue et moins risquée. İls seraient enfin durablement délivrés de leurs risques de déviance sans souffrir ni de règlement ni de contrainte.
Ce nouveau commerce international aurait la capacité de s’intégrer dans une Europe qui aurait la sagesse de coordonner ses salaires, ses règlements fiscaux, ses législations techniques, ses systèmes de protection sociale. Ces derniers, par une T.V.A. SOCİALE par exemple.
İl aiderait cet effort Franco-Allemand qui établit en Europe la Règle d’Or, en lui apportant ce qui lui manque. C’est à dire la garantie d’une reprise d’activité de l’ensemble de l’Europe.
L’évidente nécessité de la coordination des pays de l’Europe et la, non moins, nécessaire fiabilité qu’ils doivent garantir à l’extérieur, seraient ainsi réalisées.
Le personnel des agences de cotations pourrait prendre des vacances.
3_ L’AUTO REGULATİON DU TAUX DE REEVALUATİON – DEVALUATİON
TAUX TROP FORT :
Les marchandises importées sont trop chères sur le marché national, les importations s’effondrent.
Les marchandises nationales sont bien placées en prix sur le marché de l’exportation mais les liquidités qui permettent de financer les dévaluations sont faibles. Marché d’abord stagnant suivi d’une récession. Conséquences : diminution du revenu de la population et de l’Etat.
TAUX TROP FAİBLE :
Les prix des marchandises importées sont très en dessous de ceux des marchandises locales. Le marché de l’importation se développe rapidement.
Les prix des marchandises exportées ont augmenté, le taux de réévaluation - dévaluation ayant diminué. L’exportation régresse rapidement.
Les conséquences : balance commerciale déficitaire, le chômage se développe, si le taux n’est pas corrigé, quelques-unes des entreprises font faillite, de nombreux prêts bancaires ne sont plus honorés. Les établissements financiers sont en difficulté. La population souffre. Le revenu de l’Etat s’effondre.
TAUX AU BON NİVEAU :
Les prix des marchandises ‘a l’importation sont raisonnablement attractifs. Ce marché est actif et stable. Les liquidités obtenues par le taux de réévaluation des marchandises importées sont conséquentes et dynamisent le marché ‘a l’exportation. Le chômage est réduit, la balance commerciale est équilibrée et stable. La montée en puissance de l’activité associée a une stabilité des prix, inconnue jusqu’’a ce jour, permet une évolution du marché intérieur régulière. Le climat social devient calme. L’Etat peut établir des budgets respectant la Règle d’Or sans être tributaire de l’instabilité. En peu de temps, de petites retouches d’ajustement donneraient au taux de Réévaluation – Dévaluation sa valeur définitive.
La monnaie est un outil dont le rôle est de faciliter le commerce. En aucun cas et d’aucune façon elle ne doit être une marchandise. Cette nouvelle organisation du commerce international règle le problème de façon efficace puisqu’elle élimine la spéculation sur les monnaies sans règlement et sans contrainte. De plus elle stabilise totalement les taux de change. Les prix deviennent stables.
Les délocalisations, ‘a part celles qui ont pour objectif d’approvisionner les populations des pays dans lequel elles s’installent, perdront leur motivation.
Les entreprises sérieuses, bien organisées, pilote dans leur technique et disposant de personnel qualifié ne seront plus ‘a la merci d’un concurrent, pourtant de moindre qualité, mais qui s’étant délocalisé, peut réussir à les exterminer rapidement.
La reprise de l’activité, ajoutée à l’élimination de ces points noirs, donnera à la Bourse un climat sûrement meilleur et les porteurs d’actions dormiront mieux.
Concept de Noël RAMBALDİ politiquement neutre.
noelrambaldi(arobase)gmail.com
Écrit par : Noel RAMBALDİ | 31.08.2011
Qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats insolvables de la zone euro ? Le cas le plus énorme : la Grèce. En Grèce, l’Etat est insolvable. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
Deuxième question : les banques françaises sont exposées à la Grèce pour 45,268 milliards d’euros, soit 65,047 milliards de dollars. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
Troisième question : en Grèce, le ministère des Finances avait commandé un rapport aux commissaires aux comptes du Parlement grec. Mercredi 31 août, ils ont rendu leur rapport : « la dette grecque est hors de contrôle. » Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110831.REU2362/la-dette-grecque-hors-de-controle-dit-une-commission-d-experts.html
Écrit par : BA | 31.08.2011
@BA
ben je crois qu'on va droit au fédéralisme dont les peuples ne veulent pas, mais qu'il faut bien leur imposer.
On te fait croire que la situation est dramatique pour faire passer la pilule. Dans quelques jours, le parlement va voter la caution de 159 Milliards d'euros au FESF en faisant mine de discuter âprement de la TVA sur les parcs d'attraction avec un amendement déposé par le révolutionnaire bien connu H. NOVELLI. lol.
Le 16 aout, Sarko a annoncé qu'il cédait la souveraineté économique de la France à l'Europe, tu as cru qu'il parlait en l'air, sous la "pression des marchés" ????
Moi, j'ai conclu que la prochaine élection n'aurait pas un grand intérêt.
Écrit par : noeuddechaise | 01.09.2011
Les commissaires au comptes du Parlement grec viennent de rendre leur rapport :
"La dette grecque est hors de contrôle."
Maintenant, il va falloir agir.
1- Première possibilité : le statu quo.
On continue de faire ce qu'on a toujours fait.
La BCE continue de racheter des obligations d'Etat grecques pour "rassurer les marchés", qui ne sont jamais rassurés.
On continue de faire des "plans de sauvetage", qui ne sauvent jamais personne.
On continue de faire des "Fonds de Stabilité", qui ne stabilisent jamais rien.
On continue de faire des centaines de réunions, qui ne règlent jamais les problèmes.
On continue d'apporter des milliards d'euros en garantie, que nous ne reverrons jamais puisque la Grèce ne peut pas rembourser ses dettes.
Rappel : concernant le Fonds Européen de Stabilité Financière, la France s'est engagée pour un plafond de garantie de 159 milliards d'euros. Je dis bien : 159 milliards d'euros. La Grèce est incapable de rembourser : les contribuables français vont l'avoir dans le ...
2- Deuxième possibilité : l'Union des dettes.
L'Union Européenne devient une Union des dettes. Le problème grec est réglé. Les contribuables européens paieront.
3- Troisième possibilité : l'explosion.
Les pays européens ne peuvent pas avoir la même monnaie. La Grèce sort de la zone euro. La Grèce retourne à sa monnaie nationale, la drachme. La Grèce dévalue massivement pour relancer son économie.
4- Quatrième possibilité : la privatisation de tout.
La Grèce privatise tout, sauf la Justice, la Police et l'Armée, parce qu'il va falloir réprimer les émeutes. La dette grecque est enfin remboursée. Le chaos s'installe.
Écrit par : BA | 01.09.2011
J'ai lu vos questions, j'ai donc relu mon texte pour voir si je ne l'avais pas écrit en Turc. Non, il est bien en français!
Écrit par : Noel RAMBALDİ | 02.09.2011
Face à l'effondrement financier, Nous devons organisé la banqueroute organisé du système avec le Glass Steagall.
http://www.davidcabas.fr/?p=611
David CABAS
rejoignez la nouvelle résistance contre le monde de l'argent
https://www.facebook.com/pages/David-CABAS/160111484055821
Écrit par : David CABAS | 05.09.2011
C'est mort. La zone euro va se disloquer: c'est quasi écrit dans ses gènes. Je parie même que ce sera plié avant noël.
Pour prendre une image, l'euro c'est un peu comme si, pendant le tour de France, au pied du mont Ventoux, l'on avait non seulement imposé aux coureurs le même braquet, mais en plus, celui du plus fort. En l'occurrence l'Allemagne. Forcément, ça ne peut pas marcher.
Avec ça, des dirigeants européens lamentables et à la tête de notre république, le chef d' Etat le moins bien capé depuis louis X le hutin.
Je vous le dis: c'est mort.
Écrit par : abraxas | 06.09.2011
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