13.09.2011

Comment piloter la politique monétaire ?

C’est cette question essentielle que The Economist s’est posée en constatant que la Banque d’Angleterre n’a sans doute pas tort de garder des taux extrêmement bas malgré une inflation au-delà de 4%, bien au-dessus de l’objectif officiel de 2%.

Les limites de l’indice d’inflation

En effet, théoriquement, la Banque Centrale  de nos voisins d’outre-Manche devrait monter les taux d’intérêt au-delà des 0.5% sachant que l’inflation a atteint 4.4%, plus du double de l’objectif affiché. Cette attitude contraste fortement à la BCE, qui, avec le même objectif, a monté son taux directeur de 1 à 1.5% alors que l’inflation dans la zone euro atteint péniblement 2.5% en août, s’attirant la critique de nombreux économistes, comme lors de la hausse de l’été 2008.

Le raisonnement est simple pour justifier ce choix. Tout d’abord, la hausse de l’inflation est conjoncturelle et temporaire suite à une envolée du prix des matières premières, qui pourra d’autant moins se reproduire qu’elle a tendance à casser la croissance. D’ailleurs, hors éléments volatiles, l’inflation reste sous les 2% et il n’y a aucun signe que les tensions se transmettent aux salaires. En effet, la croissance est faible, l’économie vient de subir une grave crise, donc la menace inflationniste est nulle.

La solution de la croissance nominale du PIB

Mais du coup, cela amène à se poser la question de la pertinence du taux d’inflation comme indicateur pour déterminer la politique monétaire. The Economist propose donc la solution du taux de croissance nominal de l’économie (croissance du PIB + inflation). Ainsi, dans le cas d’une hausse conjoncturelle des prix qui a tendance à freiner la croissance, la montée de l’un compensera l’autre (comme cela s’est passé en 2008 et en 2011) et cela justifie a posteriori le fait de ne pas monter les taux.

En outre, l’expérience a montré qu’il n’y avait pas de dérapages des prix, donc une telle méthode semble intéressante. The Economist propose donc de viser une croissance nominale de 4 à 5%, ce qui semble une bonne idée, même si on peut argumenter pour un chiffre un peu plus important si on remonte quelque peu l’objectif d’inflation. Malgré tout, l’hebdomadaire souligne qu’un tel changement pourrait perturber les acteurs économiques qui n’auraient plus un objectif d’inflation fixe.

Aller plus loin que la croissance et l’inflation

On peut encore élargir le débat en soulignant que depuis une vingtaine d’années, l’inflation a plutôt tendance à apparaître dans les prix des actifs, nourris par un excès de crédit et de création monétaire. Et devant les conséquences dramatiques des bulles spéculatives sur l’économie réelle, il serait hautement nécessaire de piloter le niveau d’inflation et de spéculation dans les actifs pour agir en cas de formation de bulles. D’ailleurs, la Chine mène une politique très active à ce sujet.

Dès lors, il faudrait également suivre un indice d’inflation des principaux actifs (immobilier et bourse notamment) ainsi que le volume des crédits et de monnaie. En revanche, il faudrait que les banques centrales trouvent d’autres moyens d’agir pour éviter de n’utiliser que les taux à court terme, qui ont également une influence sur l’économie réelle. Jouer sur le niveau des réserves des banques (comme on le faisait avant, et comme le fait la Chine) peut être une voie à explorer.

Devant les catastrophes économiques que nous amènent les marchés financiers déréglementés, il est important de réfléchir aux moyens de prévenir les crises et de protéger solidement l’économie réelle des excès de la finance. L’objectif seul d’inflation des prix des produits est clairement insuffisant.

Commentaires

Les Politiques doivent reprendre le contrôle de la finance, en France cela s'appelle nationalisation, aux US des lois anti-trust pour casser Goldmann-sachs.

Écrit par : cording | 13.09.2011

Cet article dit l'évidence: l'inflation ne saurait rendre compte de tous les déséquilibres de l'économie, notamment l'excès de dette privée à la source de la crise de 2007. En période de récession, il est absurde de contrôler une inflation qui vient de l'extérieur (matières premières), c'est à dire qui ne traduit pas une sur-utilisation des capacités de production.

Quelques bémols aux remèdes avancés. L'experience «monétariste» de ciblage de la masse monétaire a échoué dans les années 70 et les banquiers centraux en sont revenus à ce qu'ils connaissaient : contrôler le prix (taux directeur) plutôt que la demande. En particulier le multiplicateur du crédit n'est plus considéré comme viable par les bc. Ces dernières, enfin, peuvent en principe agir sur tous les taux de l'économie, pas seulement le taux directeur.


Enfin, the Economist soigne son image après s'être fait le chantre, pendant 30 ans, de l'économie Tachérienne. Il vaut mieux l'ignorer.

Écrit par : ºC | 13.09.2011

Je pense qu'NDA ne sortira jamais de l'UE. J'ai le sentiment que tout cela n'est que du théâtre...

Écrit par : Terence | 13.09.2011

" The Economist propose donc la solution du taux de croissance nominal de l’économie (croissance du PIB + inflation). "

C'est d'une part ce que proposait Allais dans le cadre du 100% monnaie mais, plus étonnant, c'était aussi la "cible" de la BCE... Malheureusement pour elle (et pour nous) elle a été incapable de contenir l'appétit de création monétaire des banques commerciales (avec une pente à près de 10% de croissance de M3 par an jusqu'en 2008, origine des bulles d'actifs), surement parce que ses 2 gouverneurs successifs n'ont pas voulu modifier les taux de réserves obligatoires et se sont contentés de jouer sur les taux de refinancements

Écrit par : A-J Holbecq | 13.09.2011

Les banques centrales ne peuvent rien faire pour la croissance ce ne sont pas elles qui créent des emplois.

En revanche elles peuvent remonter les taux directeurs et mettre les industries à genoux; bref la croissance elles peuvent la détruire si elles le souhaitent.

Leur pouvoir en ce qui concerne l'inflation du tout venant est aussi très limité sauf de déverser des tombereaux de liquidités qui se reportent sur le marchés à termes et certaine classes d'actifs. Derrière si les salaires ne suivent pas, les bulles sur les MPs retombent, ne parlons pas de l'immobilier.

Par contre les politiques munis de leurs BCs avaient pratiquement des pouvoirs avant de s'en remettre à l'anarchie début 70.

Écrit par : Joe Bserve | 13.09.2011

@Joe Bserve

Effectivement, on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif (même si l'eau n'est pas chère ;) )

Si on veut sauver un pays, il faut faire dans ce cas de la relance keynésienne (il y a bien encore quelques équipements collectifs et quelques infrastructures à réaliser en France et en Europe...) et pour cela il faut que la Banque Centrale puisse alimenter directement le Trésor Public, sans intérêts donc.

Écrit par : A-J Holbecq | 13.09.2011

Une question peut être hors sujet mais qui me turlupine, à quoi bon quitter l'euro pour retourner dans la zone mark ?

Écrit par : dugenoux | 13.09.2011

«contrôler le prix (taux directeur) plutôt que la demande.»

Correction : c'est l'offre bien sûr.

Et il suffit que je rappelle que multiplicateur de crédit soit un mythe pour que quelqu'un demande un renforcement des réserves obligatoires...

Écrit par : ºC | 14.09.2011

@°C
"quelqu'un"?
J'ai un nom, contrairement à vous... le mien c'est Holbecq.

Ceci dit justement je n'ai pas parlé de multiplicateur car je pense que nous sommes plutôt dans un système dit "de diviseur" dans lequel les banques commerciales détiennent le rôle moteur en matière de création monétaire et que la BC suit en fournissant aux banques toute la monnaie centrale dont elles ont besoin.

Écrit par : A-J Holbecq | 14.09.2011

Mercredi 14 septembre 2011 :

Grèce : «Le risque de contagion est énorme» selon la Commission européenne.

«Une restructuration ordonnée de la dette grecque relève de l'illusion», a estimé mercredi le directeur général aux affaires économiques et monétaires de la Commission européenne, Marco Buti. «Le risque de contagion de la crise est énorme», a-t-il ajouté.

«Il y a deux illusions autour de la Grèce. La première, c'est qu'elle est en mesure de procéder à une restructuration ordonnée», a-t-il dit à propos du programme décidé fin juillet consistant à échanger des titres obligataires détenus par le secteur privé. «Il y a eu des difficultés, mais c'est la bonne direction», a-t-il toutefois concédé.

La seconde illusion, de l'avis de Marco Buti, est de penser que la crise grecque peut être contenue à l'intérieur de ses frontières. «Le risque de contagion est énorme», a-t-il dit.

http://www.20minutes.fr/ledirect/787018/grece-risque-contagion-enorme-selon-commission-europeenne

Écrit par : BA | 14.09.2011

@ A-J Holbecq

«Ceci dit justement je n'ai pas parlé de multiplicateur car je pense que nous sommes plutôt dans un système dit "de diviseur" dans lequel les banques commerciales détiennent le rôle moteur en matière de création monétaire et que la BC suit en fournissant aux banques toute la monnaie centrale dont elles ont besoin.»

Pourquoi continuer à parler des RO, dans ce cas?

PS: Vous faites bien de penser comme vous pensez, c'est moi qui vous l'ai appris. Souvenez vous:

«J’ai le sentiment que Anakin, skeptic et A-J Holbecq se fondent tout simplement le multiplicateur monétaire pour justifier des affirmations comme celles-ci ...»

http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2010/10/06/la-question-keynesienne-2/#comment-2800

http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/2010/10/06/la-question-keynesienne-2/#comment-2802

Écrit par : ºC | 14.09.2011

°C
Jeune prétentieux, va ... restez donc dans vos certitudes LOL

Ceci dit c'est "skeptic " et non pas moi qui ait écrit cette phrase que vous m'attribuez , qui plus est, sortie de son contexte.

Allez, soliloquez donc tout seul...

Écrit par : A-J Holbecq | 14.09.2011

Un intéressant article de Natixis http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=59908 dont je copie l'introduction

//Peut-on relancer l'économie et réduire les déficits publics ? La piste de la restructuration des finances publiques

De plus en plus de voix s'élèvent pour dire que la réduction rapide et simultanée des déficits publics dans les pays de l'OCDE conduit à un freinage de la croissance tel que la réduction des déficits est même menacée.
Certaines voix plaident même pour une relance de l'activité. Ceci pose la question importante suivante : est-il possible de relancer l'économie tout en réduisant les déficits publics ?
Quelles sont les pistes ?
- une politique monétaire encore plus expansionniste ? Mais, avec le désendettement du secteur privé, il n'y a plus beaucoup de canaux de transmission de la politique monétaire ;

- une dépréciation du change, comme l'ont réalisée dans le passé le Canada, la Suède, l'Italie, le Danemark, la Finlande… ? Ceci peut être une solution pour quelques pays (Royaume-Uni) mais pas pour tous et pas à l'intérieur de la zone euro ;

- la neutralité ricardienne : une baisse du taux d'épargne des ménages et du taux d'autofinancement des entreprises avec l'anticipation d'une croissance plus rapide des revenus dans le futur ? Il faudrait pour cela faire disparaître la forte aversion présente pour le risque, augmenter la croissance potentielle ;

- la coordination des politiques budgétaires, les pays ayant des marges de manoeuvre budgétaires les utilisant pour soutenir l'activité des pays qui doivent réduire leurs déficits publics. Il ne faut pas y compter aujourd'hui (mise en place de la règle d'or) ;

un multiplicateur budgétaire très élevé qui aurait l'effet paradoxal qu'en accroissant ex-ante les déficits publics, ils se réduiraient ex-post ; mais le niveau nécessaire du multiplicateur pour obtenir ce mécanisme est irréaliste.

Il ne reste finalement que l'idée d'une restructuration des dépenses publiques et de la fiscalité : réduire toutes les dépenses ou accroître les impôts qui n'ont pas d'effet sur la croissance de long terme (transferts publics sans effet sur l'investissement, le capital humain, TVA) et accroître les dépenses qui soutiennent la croissance potentielle (R&D, éducation, soutien aux entreprises innovantes, infrastructures publiques nécessaires, baisse des impôts qui réduisent l'offre). Cette substitution pourrait être neutre à court terme sur l'activité et avoir un effet positif ultérieur sur la croissance, qui réduirait les déficits publics. Ceci imposerait d'allonger les délais acceptés pour cette réduction des déficits.//

A ceci je rajoute bien évidemment une nécessité absolue: la monétisation directe annuelle par la Banque Centrale des déficits publics.

Écrit par : A-J Holbecq | 14.09.2011

@ A-J Holbecq

Tout au long de cette discussion au sujet de Maurice Allais, vous et d'autres preniez le multiplicateur monénaiter pour acquis. C'est moi, sous un autre pseudo, qui ait soulevé le lièvre en sortant un article de la Fed réfutant son existence. Voilà le contexte. Quant à la phrase que vous aurais incorrectement attribué il faudrait préciser laquelle. Je ne la vois pas.

Même si je fais abstraction de ce qui précède, vous avez réfuté, dans les commentaires du présent billet, le multiplicateur monétaire, après avoir regretté que «2 gouverneurs successifs n'ont pas voulu modifier les taux de réserves obligatoire». C'est incohérent. Mais puisque vous le souhaitez, restons en là, ça ne me dérange pas.

Écrit par : ºC | 14.09.2011

Si les réserves préexistent à la distribution de crédit, on parle du multiplicateur.
Si les réserves résultent de la distribution de crédit (les banques ne se préoccupent pas de l'existence ou non de réserves excédentaires et chercheront ensuite à se refinancer en monnaie centrale auprès de la BC), on parle de diviseur.
Mais le taux des RO est toujours le même c-à-d 2% du montant des dépôts en zone euro: je dis bien 2% des montant des dépôts (en monnaie centrale) et non, comme veut l'expliquer Jorion, 2% des dépôts (qu'il imagine faussement extrait des comptes des déposants, et déposés en banque centrale en monnaie secondaire)

Une augmentation du taux imposé des RO augmente le besoin de refinancement des banques commerciales et diminue donc leur capacités à l'émission monétaire: mais ce n'est pas la politique monétaire actuellement suivie qui ne joue que sur les taux d'intérêts.

Point final.

Écrit par : A-J Holbecq | 14.09.2011

@ A-J H

On parle de multiplicateur parce que l'on suppose un multiple *à priori*, a peu près fiable, entre la masse de réserve banque centrale (M1) et le volume de crédit dans l'économie (Disons M3). On observe toujours un ratio ex-post, en revanche. Appelez le diviseur du crédit, si ça vous chante, mais c'est lui donner une connotation scientifique qui n'a pas lieu d'être à mes yeux.

Elever le taux de RO et penser que cela va freiner la distribution du crédit c'est continuer à adhérer à la logique du multiplicateur de crédit.

Certes en remontant les RO il y aura tension sur les taux dans le marché monétaire. Or, la BC vise un taux directeur. Elle devra donc apporter les liquidités nécessaires au marché pour retrouver le taux cible. Le frein du crédit n'aura été, au mieux, que très court, le temps pour le marché d'encaisser un maneouvre inhabituelle de la banque centrale. Entre fixer un taux et fixer la masse monétaire, il faut de toute façon choisir, c'est ce que j'ai dit au début. Je ne crois pas m'être contredit.

Vous pourrez mettre un point final lorsque vous aurez expliqué, à la lumière de ces développements, pourquoi les gouverneurs de BC auraient du augmenter les RO. C'est ce que vous avez affirmé. Je vous ferais remarquer que le Canada a des réserves obligatoires de zéro. Pourtant, c'est un pays réputé pour sa résistance à la crise.

Et puisqu'on y est, l'article de F.Lordon sur le fédéralisme n'est pas à mes yeux le point final sur la question. J'ai commencé à relever certaines de ses approximations mon blog, ºC (c'est à ça qu'il sert). C'est une redite, et je vous avais pourtant interpellé par votre nom la première x.

Écrit par : ºC | 14.09.2011

@ Bserve

Complètement d'accord.

@ A-J H

Merci pour ces précisions.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 14.09.2011

°C

" On parle de multiplicateur parce que l'on suppose un multiple *à priori*, a peu près fiable, entre la masse de réserve banque centrale (M1) et le volume de crédit dans l'économie (Disons M3)."

Deux erreurs majeures en trois lignes, c'est pas mal...

Écrit par : A-J Holbecq | 15.09.2011

@ A-J Holbecq

2 erreurs majeures (1), je n'aurais pas eu de problème à les reconnaître, le cas échéant, contrairement à vous (2), si vous me les aviez montrées.

Mais vous ne l'avez pas fait, je crois deviner, par feinte condescendance. Je dis bien feinte parce que les incohérences de votre propos au sujet des RO, que j'ai récapitulées dans mon dernier commentaire, restent en suspens. C'est votre choix. Vous n'avez plus qu'à espérer qu'elles ne vous poursuivront pas, contrairement à la dernière fois (2).

Je tiens toutefois à seconder les remerciements de Laurent Pinsolle pour vos «précisions». Grâce à vous je sais que Paul Jorion s'emmêle les pinceaux, même si cela n'apporte rien à la connaissance du sujet. J'ai bien saisi l'effet que vous recherchiez. Quelle élégance...

(1) Je ne vois qu'une erreur mineure, celle de d'utiliser le label M1 pour la base monétaire.
(2) cf La controverse survenue dans la discussion sur Maurice Allais, dont je suis à l'origine.

Écrit par : ºC | 15.09.2011

°C
- Confondre base monétaire (M0) et M1 c'est un peu "lourd". Qui plus est les réserves obligatoires ne sont pas un pourcentage des crédits mais des dépôts.

- Je ne vois pas de quelle contreverse vous parlez (il faudrait déjà commaitre sous quel pseudo vous vous cachiez à l'époque): de nombreux commentateurs ont répondu à la mauvaise lecture de Peyrelevade d'une note d'un écrit d'Allais, si c'est de cela dont vous parlez.

Écrit par : A-J Holbecq | 15.09.2011

Ca vient de sortir " Crise 2008 4) Quelques perspectives " : http://www.dailymotion.com/video/xl1kzx

C'est la suite (et la conclusion) des 3 vidéos précédentes.

Écrit par : A-J Holbecq | 15.09.2011

@ A-J Holbecq

Vous butez sur des erreurs superficielles. Le faites vous sciemment pour enliser cette conversation, ou êtes vous à ce point scolaire? En prenant en compte une de vos correction, celle que j'ai reconnue, on passe de

«On parle de multiplicateur parce que l'on suppose un multiple *à priori*, a peu près fiable, entre la masse de réserve banque centrale (M1) et le volume de crédit dans l'économie (Disons M3).»

à

«On parle de multiplicateur parce que l'on suppose un multiple *à priori*, a peu près fiable, entre la masse de réserve banque centrale (M0) et le volume de crédit dans l'économie (Disons M3).»

La juxtaposition de l'original et sa version corrigée permettra à chacun, même le néophyte, de juger de la sincérité des adjectifs «majeure», et «lourde» que vous avez choisi pour qualifier ces erreurs. Je n'ai pas corrigé la deuxième erreur, en revanche, parce que je ne la vois pas (*).

Ces clarifications faites, j'espère que vous allez désormais pouvoir, sans tourner autour du pot, répondre à la question posée. Pour rappel:

«Vous pourrez mettre un point final lorsque vous aurez expliqué, à la lumière de ces développements, pourquoi les gouverneurs de BC auraient du augmenter les RO. C'est ce que vous avez affirmé. Je vous ferais remarquer que le Canada a des réserves obligatoires de zéro. Pourtant, c'est un pays réputé pour sa résistance à la crise»

Inutile de prétexter que vous ne voyez pas le lien avec la discussion de Allais, j'ai déjà dit que j'en ferais abstraction pour vous dégager la voie.

Alors?

(*) Wikipédia, Effet multiplicateur de crédit, section Formalisation : Le multiplicateur de crédit est défini comme le ratio de la masse monétaire (M1, M2 ou M3) à la monnaie banque centrale.

Écrit par : ºC | 15.09.2011

°C

Pensez que je me défile si vous le voulez, mais je n'ai nullement l'intention de développer ici avec vous un débat sur la création monétaire, pour trois motifs: je n'ai pas le temps, je n'aime pas les ordres (surtout venant de vous), ce blog n'est pas le lieu adéquat.

Vous considérez que le pourcentage des réserves obligatoires n'a pas d'effet permanent sur la masse des crédits émis par le système bancaire commercial.... c'est votre avis, mais ce n'est pas le mien. Point vraiment final cette fois.

Écrit par : A-J Holbecq | 15.09.2011

@ A-J Holbecq

«ce blog n'est pas le lieu adéquat.»

Ce blog accueille des passionnés d'économie et ce billet traite de politique monétaire. Que vous faut-il de plus?

«je n'ai pas le temps»

Pourtant, vous en avez perdu beaucoup en dérobades et faux fuyants.

«je n'aime pas les ordres» (surtout venant de vous)

Vous entendez des voix, mais pas les bonnes. La bonne c'eût été la raison intérieure vous dictant de trancher la question, ne serait-ce que par curiosité. Surtout lorsqu'on se fait le héraut, auprès de plusieurs formations politiques, d'un projet aussi audacieux que la réforme monétaire de Maurice Allais.

«(surtout venant de vous)»

Avec ce qui précède, il ne manquait plus, de votre part, qu'une insinuation aussi vague qu'injurieuse pour compléter le tout. Point final, je vous l'accorde, cette fois-ci.

Écrit par : ºC | 15.09.2011

http://www.michelcastel.com/index.php?tag/R%C3%A9serves%20obligatoires
(Michel Castel, ancien Directeur à la Banque de France, enseignant en sciences économiques à Paris Ouest-Nanterre-La Défense. )

//De quelque côté que l’on regarde les effets d’une hausse des taux, on ne voit que des effets réellement ou potentiellement extrêmement négatifs. Faut-il pour autant ne rien faire ? Non. Les banques centrales et les autres autorités financières disposent au moins de deux autres moyens pour parvenir à casser les points de spéculation actuellement en œuvre, sans pénaliser toute l’économie par un relèvement des taux d’intérêt.

Le premier instrument est l’utilisation des réserves obligatoires non rémunérées à constituer auprès des banques centrales. Contrairement aux taux d’intérêt qui ont un effet sur tous les financements, les réserves obligatoires permettent des actions ciblées à l’encontre des opérations financières considérées comme sources d’emballements indésirables.//


http://europa.eu/legislation_summaries/economic_and_monetary_affairs/institutional_and_economic_framework/l25045_fr.htm

//Réserves obligatoires par la BCE
L’objectif principal des réserves obligatoires est la stabilisation des taux du marché monétaire. Les réserves obligatoires permettent aux établissements de crédit de lisser les fluctuations de liquidité telles que les fluctuations provoquées par la demande de billets. Par ailleurs, les réserves obligatoires de l'Eurosystème contribuent à faire apparaître ou à accentuer un besoin structurel de refinancement, ce qui facilite gestion des liquidités sur le marché monétaire par la Banque centrale européenne (BCE).//

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serves_obligatoires

//Les autorités monétaires peuvent faire varier le montant des réserves obligatoires en fonction de leur volonté de limiter l'expansion du crédit (voir effet multiplicateur du crédit) : Elles s'en servent comme un des instruments de leur politique monétaire.
Par exemple, en 2007 et début 2008, les autorités monétaires chinoises augmentent le montant des réserves pour limiter l’inflation. Puis, fin 2008, la banque centrale chinoise l'abaisse 4 fois pour compenser les effets de la crise financière mondiale. À partir de décembre 2009, elle recommence à relever le montant des réserves obligatoires qui était alors de 15,5%. Dans le but de réduire les pressions inflationnistes, ce montant augmente plusieurs fois en 2010 jusqu’à atteindre 18,5% fin 2010 pour les grandes banques, dépassant ainsi le niveau record atteint mi-2008 avant la crise.
Six nouvelles hausses de ce montant ont lieu au 1er semestre 2011, le portant en mars à 20% pour les plus grandes banques, puis à un niveau sans précédent de 21,5% le 20 juin 2011.//


BULLETIN DE LA BANQUE DE FRANCE – N° 92 – AOÛT 2001
//Les réserves obligatoires contribuent à asseoir l’Eurosystème dans son rôle de pourvoyeur de liquidité, assurant par là même l’efficacité d’une politique axée sur le pilotage des taux d’intérêt à très court terme (cf. encadré n° 1).
En effet, les réserves obligatoires s’additionnent aux « facteurs autonomes » pour accentuer le besoin des banques en monnaie centrale. Éléments figurant au bilan consolidé de l’Eurosystème et dont l’évolution est indépendante des décisions prises au titre de la conduite de la politique monétaire, ces facteurs autonomes recouvrent essentiellement les billets en circulation, les avoirs en devises et les soldes des comptes des Trésors sur les
livres des banques centrales nationales.
Les réserves obligatoires contribuent dans une mesure un peu plus large que les facteurs autonomes au besoin structurel de refinancement des banques de la zone euro (graphique n° 1) ; à s’en tenir aux établissements français, les réserves obligatoires auxquelles ces derniers sont assujettis représentent la source essentielle de leur besoin structurel de refinancement //

et

//Le fonctionnement efficace des réserves obligatoires est indissociable d’un réglage approprié de la liquidité bancaire
En l’absence de réserves obligatoires significatives et modulables sur le mois, tout choc de liquidité se traduirait par une forte variabilité du taux d’intérêt au jour le jour et la nécessité d’interventions fréquentes de la part de la banque centrale pour corriger les fluctuations de ce taux.//

Écrit par : A-J Holbecq | 16.09.2011

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